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CHAPITRE III. — LA COLONISATION FRANÇAISE

Que ce tableau est suggestif et plus éloquent que des discours ! Il nous montre, en effet, que, dans l’espace de cinquante ans, tandis que la population d’Ontario n’a pas doublé, que les catholiques ont plus que doublé, les Canadiens français ont plus que triplé.

Il nous reste maintenant à étudier dans quelles portions de la province ces augmentations s’opérèrent.

Nous comptons, à la date de 1921, une vingtaine de comtés où la population canadienne-française dépasse le chiffre de mille habitants. En groupant ces comtés et en comparant avec les totaux du recensement de 1871 ceux de 1921, la chose nous sera facile.

Groupe de l’Est

Années

Totaux . 35,190 104,936

Groupe du Sud

Années

Totaux . . 20,615 52,429

Groupe du Nord et de l’Ouest

Années

Totaux . 5,428 79,979

De ce triple tableau ressortent les faits suivants :

1° La population du groupe de l’Est, comprise dans les diocèses d’Ottawa, d’Alexandria et de Kingston, aurait triplé en quarante ans, par la seule puissance de sa natalité, sans immigration sensible, sauf pour la ville d’Ottawa dont la prospérité croissante a attiré beaucoup d’étrangers, si', dans le diocèse de1 Kingston, nous n’avions à constater un véritable recul, dû manifestement à l’ambiance protestante. Les Canadiens dispersés

semblent fatalement destinés à disparaître.

2° Le groupe du Sud a vu sa population se doubler dans le même

espace de temps, sans immigration d’aucune sorte.

3° Enfin le groupe du Nord et de l’Ouest est sorti, pour ainsi dire, du néant. La population a décuplé et a trouvé la fortune dans le défrichement des terres nouvelles.

De telles constatations sont bien faites pour ranimer notre confiance dans la Providence. Aucune puissance humaine n’est capable, semble-t-il, de changer le cours de nos destinées.

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