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CHAPITRE IV

Les Français et l’Eglise catholique au Nord-Ouest

Les modestes dimensions d’une notice ne nous permettent point de narrer dans le détail les voyages et les travaux apostoliques des missionnaires catholiques, jésuites pour la plupart, dans l’Ouest canadien au XVIIIe siècle.

Ces travaux, d’ailleurs, laissèrent peu de traces. Les rares chrétiens, enfants perdus de la civilisation, qu’on trouvait dispersés dans ces régions inconnues, étaient presque tous des coureurs des bois et des voyageurs employés à la traite des fourrures avec les Sauvages.

On sait que, vers la fin du XVIIIe siècle et au commencement du XIXe siècle, deux puissantes corporations, la Compagnie de la Baie d’Hudson et celle du Nord-Ouest, se disputèrent âprement le monopole du commerce avec les Indiens.

La majorité des employés de la Compagnie du Nord-Ouest étaient des Canadiens français ; la plupart des serviteurs de la Compagnie de la Baie d’Hudson, au contraire, venaient des Iles Britanniques, particulièrement d’Ecosse.

Ces gens-là se marièrent avec des sauvagesses et eurent des enfants qu’on appela les métis.

Quelle était la population du Nord-Ouest au commencement du XIXe siècle?

Nous comptons actuellement, dans l’Ouest canadien, soixante-huit mille Sauvages. Ce chiffre n’a pas dû varier sensiblement depuis la découverte du pays. Quant aux Européens et aux Métis, on estime que leur nombre ne dépassait point un millier.

Les véritables pionniers de la civilisation dans ces régions sont un Ecossais, lord Selkirk, et un Canadien français, Monseigneur Provencher.

L’idée vint un jour à lord Selkirk, gouverneur des possessions de la Compagnie de la Baie d’Hudson, de fonder une colonie agricole dans la fertile vallée de la rivière Rouge. Il crut que ces vastes déserts qu’on disait incultivables et inhabitables, à cause de la rigueur du climat, étaient, au contraire, appelés à un grand avenir. Il conduisit donc par la voie de la Baie d’Hudson dans ces parages un certain nombre d’émigrés écossais

Mgr Provencher. Mgr Taché.

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