‹ Le Canada héroïque et pittoresqueChapitre 145 sur 225 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Les pionniers de la Saskatchewan L

Fondation de Willow Bunch. Les Buffalos. Les Cow Boys.

Nous sommes aux environs de l’année 1870.

Les métis s’ennuyaient dans le Manitoba.

Depuis quelques années, une foule d’émigrants venus d’Ontario, orangistes fanatiques, ennemis des catholiques et des français, envahissaient le pays en masses chaque année plus nombreuses et accablaient les pauvres métis de vexations odieuses. Ceux-ci résolurent d’imiter les Boers du Sud Africain dans leurs trekken loin des anglais. Il leur fallait, pour cela, abandonner leurs villages de Saint-François-Xavier, sur la Rivière Rouge, et de Pembina, à la frontière américaine ; mais le sacrifice était, après tout, peu douloureux. Leurs terres ils ne les cultivaient pas, et leurs maisons n’étaient que des loges misérables. De plus, les buffalos avaient disparu dans les profondeurs des prairies désertes de l’Ouest.

Chargeant donc sur leurs charrettes (chaque famille en possédait trois ou quatre avec une dizaine de chevaux) leur modeste mobilier et toute leur fortune, ils partirent dans la direction de l’Occident, par petites étapes d’une vingtaine de milles.

Après un long voyage de quatre cents milles, ils découvrirent enfin une coulée profonde, étroite et très allongée qui leur apparut comme un vrai paradis. Elle était, en effet, protégée contre les vents de la plaine, abondait en sources et en jeunes taillis. Ces taillis consistaient en touffes de trembles (willow-bunch) assez rachitiques ; mais, dans un pays où les forêts manquent totalement, on avait le droit de les considérer comme un trésor. C’est donc à Willow-Bunch que nos métis s’arrêtèrent. Les buffalos n’étaient point éloignés ; le lieu convenait ainsi merveilleusement pour l’érection d’un village plus ou moins temporaire. Les métis tiennent des

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