‹ Le Canada héroïque et pittoresqueChapitre 157 sur 225 · CO · texte numérisé non relu

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argenté

Comme on le voit la valeur des renards noirs et argentés dépasse infiniment celle de toutes les autres fourrures. Quelques peaux sans défaut se vendent même régulièrement de $600 à $2.000, selon les caprices de la mode.

Ce fait extraordinaire a provoqué la création d’une industrie toute nouvelle, celle de l’élevage des renards, et, en général, des animaux sauvages.

Inaugurée aux environs de 1910, l’industrie de l’élevage des bêtes à fourrure a fait des progrès étonnants dans les provinces Maritimes, particulièrement dans l’île du Prince Edouard. Elle s’étend chaque jour davantage, et on commence à la pratiquer même en Europe.

Elle est certainement destinée à révolutionner le commerce des peaux de prix et à en multiplier l’usage.

Le menu gibier.

Nous venons de le dire, le Canada, avec ses vastes régions incultivables, constitue le véritable paradis terrestre du gibier et du chasseur. L’Afrique centrale, seule, offre au sportman un champ plus vaste à ses exploits, à cause des lions, des panthères, des éléphants, des hippopotames, des rhinocéros et des crocodiles, tous individus dont la présence fait naître ces fortes émotions si appréciées des snobs. Chez nous les bêtes féroces et les serpents venimeux manquent presque absolument ; mais l’idée ne nous vient point de nous en plaindre.

On comprend que, dans de telles conditions, le menu gibier soit sans attraits pour nos nemrods. Personne ne gaspille sa poudre aux lièvres. A peine si quelques garçons oisifs daignent les prendre, l’hiver, aux collets. Leur chair, d’ailleurs, n’est point appréciée.

La perdrix, en revanche, est très recherchée. Cet oiseau qui, de son vrai nom, s’appelle gelinotte, se fait remarquer par une innocence voisine de la stupidité. Il perche sur les branches, et si l’on abat ses compagnons au-dessous de lui, l’idée ne lui vient pas de s’envoler. C’est du moins ce que l’on dit, quoique, personnellement, je puisse témoigner du contraire.

Dans les cantons reculés, la perdrix ne craint pas l’homme. J’ai vu, un jour, mon cocher en chasser une à coups de fouet. L’unique ruse qu’on lui reconnaisse c’est de se cacher sous les feuilles avec une maestria accomplie.

On ne saurait donc s’étonner que la race soit en voie de disparition. Aussi bien la chasse à la perdrix est-elle prohibée depuis quelques années.

Il y a cinquante ans, les tourtes, palombes ou pigeons sauvages traversaient, à la saison, le pays en troupes si nombreuses qu’elles obscur-

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