CHAP. IV. — LES FRANÇAIS ET L’ÉGLISE CATHOLIQUE AU NORD-OUEST
Ces âmes étaient distribuées entre 870 familles, comme suit :
Métisses
Canadiennes-françaises
Ecossaises
Anglaises
Diverses
Depuis longtemps, les catholiques du Nord-Ouest soupiraient après l’arrivée parmi eux de religieuses qui fussent capables de donner à leurs enfants une éducation convenable et à leurs vieillards, un asile. En 1844, leurs vœux furent enfin comblés. Les vaillantes Sœurs Grises de Montréal débarquèrent à Saint-Boniface au milieu de l’allégresse universelle.
Le 10 avril de la même année, les liens de dépendance qui rattachaient le district de la Rivière-Rouge au diocèse de Québec furent définitivement rompus et Monseigneur Provencher reçut le titre de vicaire apostolique du Nord-Ouest.
Le pauvre évêque, après vingt-cinq années d’ingrat ministère, ne comptait encore que quatre prêtres et 2,800 fidèles, blancs et métis, dispersés dans un pays grand comme un empire.
C’est alors que la Providence vint enfin à son secours et lui procura les auxiliaires qu’il avait si longtemps et si vainement demandés.
La congrégation des Oblats de Marie s’établit au diocèse de Montréal en 1841, grâce aux instances et à la paternelle protection de Monseigneur Bourget.
Ce n’est point ici le lieu de faire l’éloge de ces excellents religieux. Disons simplement que, après de longs pourparlers et de pressantes sollicitations, ils acceptèrent de fonder des missions dans le Vicariat de Saint-Boniface. Le 25 août 1845, deux missionnaires, dont l’un n’était encore que sous-diacre, débarquèrent à la Rivière-Rouge. Le premier s’appelait le Père Aubert, le second était le Frère A. Taché qui était destiné à une si glorieuse carrière. La mission du Nord-Ouest était sauvée et les Indiens avaient enfin trouvé leurs apôtres.
Monseigneur Provencher, usé par les soucis et les infirmités, mourut le 7 juin 1853. Mais il s’endormit en paix, car ses vœux étaient accomplis, et, depuis trois ans, 24 juin 1850, il avait en Monseigneur Taché un coadjuteur selon son cœur. Lorsque, en 1853, le premier évêque oblat prit en ses mains vigoureuses les rênes de l’administration, le vicariat apostolique du Nord-Ouest comptait en tout 11 prêtres : 4 séculiers et 7 oblats. Lorsque, le 22 juin 1894, il rendit à Dieu sa grande âme, la province ecclésiastique de Saint-Boniface possédait 5 évêques, 147 prêtres et 150 religieuses.
Quant à sa population catholique, elle s’élevait, sept ans plus tard, au chiffre de 68,311 âmes.
LE CANADA HÉROÏQUE ET PITTORESQUE. — LIVRE ï
C’est l’ouverture du chemin de fer Pacifique Canadien qui rendit possibles, à partir de 1886, cet envahissement du Nord-Ouest et les progrès merveilleux que tout le monde connaît.
Arrêtons-nous donc et contentons-nous de donner, en terminant, quelques statistiques.
Population du Nord-Ouest, c’est-à-dire des provinces actuelles du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta, de la Colombie-Britannique, du Yukon et des Territoires, d’après les recensements officiels :
Popul. totale catholique française
En 1871 En 1921
Parmi les catholiques du Nord-Ouest il faut compter environ 35,000 Indiens.
Colombie Britannique
Ce pays, séparé des autres provinces canadiennes par l’énorme massif des Montagnes Rocheuses, semble définitivement soustrait aux influences de notre race. On n’y compte, en effet, que 11,000 Canadiens français perdus dans une masse de 524,000 habitants.
Récapitulation
Puissance du Canada
Recensement fédéral de 1921.
Popul. totale 8,788,483
catholique
française
Chef Indien.