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CHAPITRE XIII. — LA LOUISIANE

l’archevêque de Paris, le confesseur du roi, et le marquis de Seignelay, ministre de la marine, laquelle, donnant malheureusement gain de cause à l’évêque de Québec, fit révoquer les bulles d’érection des vicariats apostoliques. Grave erreur dont les conséquences furent déplorables pour l’Eglise de la Louisiane. Pendant cent ans, en effet, aucun évêque ne visita le pays, la division se mit entre ses divers missionnaires, et les fidèles, victimes de l’anarchie religieuse, s’abandonnèrent aux mauvaises mœurs.

Les premiers prêtres attachés à la colonie furent des membres de la Société des Missions Etrangères, à laquelle, comme on sait, appartenait le séminaire de Québec.

Nous trouvons, à la date de 1702, un de ces prêtres, M. Huré, chargé d’une mission chez nos alliés les Appalaches, lesquels, poursuivis par les Anglais, s’étaient réfugiés sous les murs de Mobile où ils édifiaient par leur piété les colons et les soldats français.

A la même époque, des pères Jésuites vivaient échelonnés le long du fleuve. Le Père Davion, chez les Tunicas, disait la messe au point nommé longtemps la Roche-Davion, aujourd’hui Fort Adams. Nicolas Foucault, établi chez les Arkansas, était assassiné par ses guides en descendant à Mobile. Plus haut, aux Illinois, le Père Gravier, successeur du Père Allouez, exerçait chez ces Sauvages les fonctions de vicaire-général de Québec.

Ce fut l’année suivante que commença formellement l’organisation paroissiale en Louisiane. Le 20 juillet 1703, en effet, Monseigneur de Saint- Vallier érigea officiellement en paroisse le poste de Mobile, et l’unit aux séminaires des Missions Etrangères de Paris et de Québec, avec charge, pour ceux-ci, de la fournir régulièrement de clergé. Deux prêtres furent chargés de la nouvelle paroisse : M. Henri Roulleaux de la Vente, curé, et M. Alexandre Huré, vicaire, dont nous avons dit un mot plus haut.

Mais on ne tarda point à comprendre qu’il était prématuré de confier au clergé séculier, isolé de sa nature, des missions si nouvelles et si dépourvues. Aussi lorsque, en 1717, la Compagnie des Indes eut pris possession de la Louisiane, elle se hâta de s’adresser à des Ordres religieux.

Mgr Duplessis-Mornay, capucin, gardien du couvent de Meudon, venait précisément d’être sacré, 1714, évêque coadjuteur de Québec, avec charge de gouverner, depuis Paris, en qualité de vicaire-général, les régions mississipiennes. Le nouveau prélat songea donc naturellement à envoyer en Louisiane des religieux de son ordre.

Plusieurs arrangements furent faits avec la Compagnie, successivement, depuis 1717. Tout d’abord, la même ordonnance royale qui divisa la Louisiane en neuf districts civils la partagea en trois provinces ecclésiastiques, sous la juridiction de trois ordres religieux.

L’évêque de Québec donna aux capucins tous les établissements et missions à l’ouest du Mississipi, depuis le delta du fleuve jusqu’à l’embouchure de l’Ohio. Leur supérieur, le Père Matthieu, qui arriva sur les lieux

le 18 janvier 1721, résidait à la Nouvelle-Orléans et jouissait des pouvoirs de vicaire-général.

Les territoires à 1 est du Mississipi, depuis 1 Ohio jusqu au Golfe, avec résidence principale à Mobile, étaient dévolus aux Carmes. Enfin, les Jésuites étaient chargés des pays du haut Mississipi.

L’impossibilité où se trouvèrent les Carmes, faute de sujets, de satisfaire à leurs engagements les fit promptement évincer ; et leur territoire fut donné aux Capucins, 19 décembre 1721. Ces derniers durent renoncer, à leur tour, et pour la même cause, à étendre leur juridiction au-dessus de Natchez, décembre 1722. Le reste de la province passa donc aux Jésuites, avec lesquels travaillèrent deux prêtres séculiers.

Nous avons le plaisir d’offrir ici au lecteur le texte de l’acte de concession finale de la Compagnie des Indes aux Capucins, avec la sanction royale datée du 15 juillet 1725. Ce texte n’est point malheureusement celui du document original, c’est une version abrégée d’un texte latin fort embrouillé que nous avons découvert dans le Bullaire de l’Ordre, Rome 1752, tome septième, page 328.

Ordonnance de la Compagnie des Indes

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