LOUIS
Enfin un dernier et définitif arrangement fixa la double juridiction des Jésuites et des Capucins. Ces derniers cédèrent aux premiers toutes les missions sauvages et se consacrèrent exclusivement au ministère parmi les colons.
Nous avons dit que les Capucins arrivèrent à la Nouvelle-Orléans en 1721. Les Jésuites ne tardèrent point à les suivre dans cette ville. Quoiqu’il leur fût interdit d’y exercer aucun ministère sans l’autorisation des Capucins, on comprend que les besoins de leurs missions dans le haut du fleuve leur rendirent indispensable l’établissement d’un pied-à-terre dans le port de débarquement et d’embarquement de la colonie, soit pour y recevoir leurs confrères venant de France, soit pour leur Procure, soit, enfin, pour entretenir le gouverneur et son conseil des affaires chez les Sauvages.
Ils s’installèrent donc à la Nouvelle-Orléans en 1727, en même temps que les Ursulines.
Le malheur voulut que des malentendus allumassent une longue querelle entre les deux ordres rivaux. Les Jésuites avaient obtenu des évêques de Québec des lettres de grands vicaires ; les Capucins prétendaient jouir des mêmes droits. Bref, il y eut conflit, les habitants prirent à l’envi l’un ou l’autre parti, et la querelle se prolongea jusqu’en 1763, date de l’expulsion des Jésuites, chassés par l’impie Choiseul.
Ces malheureuses contestations n’auraient jamais eu lieu si un vicaire apostolique eût été établi dans le pays.
Nous avons vu que les Ursulines arrivèrent à la Nouvelle-Orléans en 1727. Le 13 septembre 1726, en effet, la Compagnie des Indes avait signé un traité avec les ursulines de Rouen par lequel ces religieuses s’engageaient à envoyer en Louisiane six de leurs sœurs qui devaient prendre charge de l’hôpital et ouvrir des écoles. Telle fut l’origine de