‹ Le Canada héroïque et pittoresqueChapitre 182 sur 225 · CHAPITRE XIII. — LA LOUISIANE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. — LA LOUISIANE

aurait alors été transféré au siège de Tarrazona ; selon d’autres, il n’aurait jamais été consacré ; d’autres enfin, prétendent qu’il fut sacré à Rome en 1802, mais qu’il mourut au moment où il se préparait à rejoindre son diocèse.

Quoi qu’il en soit, le diocèse de la Nouvelle-Orléans tomba pendant quelques années dans un état de complète anarchie. Les légendes nous rapportent que le parti créole se groupait autour du Père Antonio de Sedella, le dernier des capucins, mieux connu sous le nom de Père Antoine, tandis que les américanisants avaient le Père Walsh pour porte-étendard.

Le Père Antoine a laissé une mémoire fort discutée. Tandis que le peuple le vénérait comme un saint, les autorités ecclésiastiques avaient de lui une opinion toute contraire. Elles finirent même par l’interdire. Il mourut en 1829, et la population lui fit de magnifiques funérailles.

A la mort du Père Walsh, 1806, et sur les instances de la Propagande, l’archevêque de Baltimore, Mgr Carrol, prit en main la direction du diocèse, et nomma sucessivement administrateurs apostoliques l’ab'bé Olivier, 1806, et l’abbé Dubourg. Mais leur autorité fut méconnue par une partie de peuple.

Dans ces circonstances, M. Dubourg, laissant des lettres de vicairegénéral à l’abbé Sibour, prit le parti d’aller à Rome rendre compte au Saint Père de l’état de son église désolée, veuve de son premier pasteur et presque totalement dénuée de clergé.

Le pape, voulant mettre un terme à tant de maux, nomma l’abbé Dubourg lui-même évêque de la Nouvelle-Orléans, comme le plus apte à remédier aux désordres, Mais la tâche sembla au nouvel évêque au-dessus de ses forces. Sacré le 24 septembre 1817 il s’attarda deux ans en France malgré les objurgations de la Propagande, sous prétexte d’y chercher des ouvriers apostoliques. Puis il s’arrêta à Saint-Louis ; et ce ne fut que la veille de Noël 1820 qu’il fit son entrée dans sa ville épiscopale. Il est vrai qu’il amenait avec lui un certain nombre de prêtres et de jeunes clercs qui furent les prémices de ce clergé séculier français auquel la Louisiane est redevable de la conservation de sa foi.

Cependant l’immense région baignée par le Mississipi se peuplait rapidement. Mgr Dubourg, qui ne parvenait point à surmonter les difficultés qui se présentaient devant lui, se choisit d’abord un coadjuteur dans la personne de Mgr Rosati 26 mars 1824 ; puis, perdant courage, il donna sa démission, et partit pour la France, où il mourut archevêque de Besançon, en 1833.

Mgr Rosati, à son tour, ayant fondé l’évêché de Saint-Louis, 20 mars 1827, le siège de la Nouvelle-Orléans échut à Mgr de Neckere : 4 août 1829 — 4 septembre 1833. A la mort de ce dernier Mgr Blanc lui succéda, 22 novembre 1835.

En 3850, 19 juillet, le siège de la Nouvelle-Orléans fut érigé en arche-

vêclié et en métropole d’une province ecclésiastique. Mgr Blanc mourut le 20 juin 1860.

Il eut pour successeur Mgr Odin, évêque de Galveston. Ce dernier étant mort en France, 25 mai 1870, Mgr Perché, son coadjuteur, qui venait d’être sacré le 21 mars précédent, lui succéda. Lui-même mourut en décembre 1883. Il avait pour coadjuteur, depuis plusieurs années, l’ancien évêque de Natchitoches, Mgr Leray, qui prit naturellement en mains les rênes du gouvernement.

A la mort de Mgr Leray, 23 septembre 1887, Mgr Janssens, évêqqe de Natchez, fut promu au siège de la Nouvelle-Orléans. Il mourut le 10 juin 1897, et eut pour successeur, 1er décembre 1897, l’ancien arches vêque de Santa-Fé, Mgr Chapelle.

Mgr Chapelle mourut le 9 août 1905 et fut remplacé par Mgr J. Blenk, lequel décéda à son tour le 20 avril 1917. L’archevêque actuel de la Nouvelle-Orléans s’appelle Mgr J. Shaw.

On compte dans l’Etat de Louisiane 3 diocèses catholiques divisés comme suit :

La Nouvelle-Orléans 326.000 fidèles,

Alexandria ' 42.000 »

Lafayette 175.000 »

Total catholiques 543.000 »

Clergé séculier en Louisiane 217

» régulier » 228

Total 445

Les institutions religieuses sont nombreuses dans l’Etat. Citons les communautés d hommes suivantes : Bénédictins, Dominicains, Sainte- Croix, Saint-Esprit, Jésuites, Joséphites, Lazaristes, Maristes, Oblats, Rédemptoristes, Frères Maristes, Frères du Sacré-Cœur, Frères des Ecoles Chrétiennes.

Comme toujours, les communautés de femmes sont encore plus nombreuses que celles des hommes.

Il existe actuellement dans la seule ville de la Nouvelle-Orléans cinquante-deux paroisses catholiques.

Page 1