CHAPITRE XIV
Un voyage à la Guadeloupe,
Etude sur les Antilles.
Monsieur le Directeur1,
Appelé à prêcher le Carême à la Guadeloupe pour la seconde fois, à dix ans de distance, il m’a semblé que je pourrais être agréable et même utile à vos lecteurs en leur donnant, dans votre revue, quelques renseignements sur l’histoire politique, religieuse et sociale de cette île, et, en général, du groupe des Petites Antilles.
Mes nombreuses occupations et le peu de temps que j’ai passé à la Guadeloupe ne m’ont point permis d’étudier à fond mon sujet et de contrôler sérieusement les documents qui m’ont été fournis. J’en avertis candidement le public afin qu’il ne m’impute point les erreurs qui auront pu se glisser dans ces pages.
J’ajoute qu’on y chercherait vainement la description pittoresque des pays que j’ai visités ; au reste, les livres si intéressants des abbés Huard et Provencher donnent, sur ce sujet, aux lecteurs curieux, une ample satisfaction.
Le meilleur moyen de se rendre aux Indes occidentales, est de prendre, à New-York, un des bateaux de la Quebec Line qui partent assez régulièrement tous les dix jours. Cette ligne est fréquentée, l’hiver, par nombre d’Américains, en quête de sensations, ou condamnés au repos par les médecins. Le voyage est délicieux et dure un mois environ. On s’arrête un peu partout dans les îles, on a le temps de descendre à terre, et de faire, en voiture, une promenade de quelques heures ; puis l’on remonte à bord, bruni par le soleil, mais content ; et le bon navire que caresse la fraîche brise reprend sa course.