‹ Le Canada héroïque et pittoresqueChapitre 21 sur 225 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Le Canada au xvie siècle

Jacques Cartier et le Canada (1535) 1

Chacun sait que l’honneur de la découverte du fleuve St-Laurent revient à l’illustre navigateur malouin Jacques Cartier.

Ce hardi marin fit plusieurs expéditions dans nos parages. La seconde de ces expéditions seule nous intéresse.

Parti de St-Malo, en Bretagne, le 19 mai 1535, à la tête d’une flottille de trois navires : la Grande Hermine, la Petite Hermine et l’Emerillon, notre capitaine se vit obligé de s’attarder dans le Golfe pour reconnaître les côtes, ce qui le mit en retard et le força de passer l’hiver au pays. Il ne parvint, en effet, que le 8 septembre au pied de l’île d’Orléans. C’est là qu’il reçut, le lendemain, la visite du chef sauvage Donnacona. A la suite de cette conférence, il laissa ses navires à l’ancre et partit dans une barque pour une tournée d’exploration. Les rives de la grande île le remplirent de cet enthousiasme si naturel aux découvreurs. Il vit partout des pampres et des vignes sauvages, d’où le nom de Bacchus qu’il lui donna tout d’abord. La vue de la rade de Québec le saisit d’admiration.

« Au bout d’icelle (île), écrit-il, vers l’ouest il y a un affourc d’eau bel et délectable, pour mettre navires ; auquel il y a un détroit du fleuve fort courant et profond, mais il n’a de large qu’environ un tiers de lieue ; le travers duquel il y a une terre double de bonne hauteur, toute labourée, aussi bonne terre qu’il soit possible de voir, et là est la ville et demeurance du seigneur Donnacona... sous laquelle haute terre, vers le nord, est la rivière et le hâvre de Sainte-Croix. »

Telle est la première description connue du Hâvre et du Cap de Québec. C’est dans ce hâvre magnifique que Jacques Cartier se hâta de conduire ses vaisseaux. Le pays lui parut superbe. « La terre est aussi

Page 1