CHAPITRE VIL
Marie de l’Incarnation et les Ursulines de Québec (1639) L
La Vénérable Mère Marie de l’Incarnation naquit à Tours, le 22 octobre 1599. Son père était un tout petit bourgeois sans fortune, marchand de soie, selon certains auteurs, boulanger selon d’autres ; mais il partageait avec sa femme les sentiments de la foi la plus vive. Ne pouvant enrichir sa famille, il, eut, du moins, le bonheur de procurer à ses filles une éducation soignée. Notre héroïne suivit les exemples de sa bonne mère et grandit dans la piété. Elle eût voulu prendre le voile ; mais, cédant aux désirs de ses parents, elle épousa, à l’âge de dix-sept ans, un fabricant de soieries nommé Martin, lequel, mourant prématurément (1620), laissa à sa jeune veuve un fils unique et des affaires en mauvais état.
Or, Madame Martin était douée de talents supérieurs et en apparence contradictoires ; elle unissait au don de la contemplation un véritable génie pour les affaires. Elle n’eut pas de peine à liquider sa maison de commerce le plus honorablement du monde. Seulement, pour payer toutes ses dettes, elle épuisa ses ressources.
Dans cette occurrence la Providence lui vint en aide.
Elle avait une sœur dont le mari, homme important, était directeur des Messageries de Tours et de la région circonvoisine. Ces gens-là, connaissant les aptitudes de 'leur sœur, la supplièrent de venir travailler avec