‹ Le Canada héroïque et pittoresqueChapitre 49 sur 225 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

appartenait à la Compagnie du Saint-Sacrement, comme un grand nombre de notables de l’époque. Receveur de finances et père de famille, sa piété et la considération dont on l’entourait étaient telles qu’il avait réussi à fonder une Congrégation de religieuses hospitalières vouées au culte de saint Joseph. 11 avait pour commensal un ami, le baron de Fancamp, homme riche et plein de zèle pour toutes les œuvres de charité. La lecture des Relations des Jésuites l’avait intéressé au Canada. Mis au courant des affaires dans ce pays et du danger que courait la ville de Québec, exposée presque sans défense aux incursions des Iroquois, il était entré pleinement dans l’idée que plusieurs partageaient de l’utilité d’une colonie établie dans l’île de Montréal et servant de bastion dTavant-poste contre les Sauvages. Ce fut en 1636 que nos deux amis prirent enfin le parti de mettre leur dessein à exécution. Ils partirent pour Paris oh ils firent aussitôt la connaissance d’un homme qui allait devenir pour eux l’instrument de la Providence, nous voulons parler de M. Olier, l’un des plus saints personnages de l’époque.

On connaît M. Olier. Fils d’un Conseiller d’Etat, il avait dédaigné les honneurs civils et ecclésiastiques pour se consacrer aux pauvres. Missionnaire dans les campagnes, curé de la paroisse St-Sulpice, fondateur de Séminaires pour le clergé et de l’admirable Compagnie de Saint-Sulpice, il avait conquis, bien malgré lui, la vénération universelle.

M. Olier entra pleinement dans leurs vues. Ces vues étaient ambitieuses et, en apparence chimériques. 11 s’agissait de dépenser beaucoup d’argent sans espoir de revenu, sans espoir même d’honneur et de reconnaissance. On bâtirait une cité qui servirait de refuge aux Sauvages convertis et aux colons français, en cas d’alerte. On construirait une église, un hôpital, un collège pour garçons, un couvent pour filles. On jetterait, en un mot, les bases d’une société analogue à l’Eglise primitive.

Il fallait, pour réaliser un te! projet, .humainement si peu pratique, fonder une société d’hommes riches et généreux. On la fonda sans difficulté, et on la baptisa du nom de Notre-Dame de Montréal.

Ses membres cachaient leur nom par humilité. En 1642, leur nombre s’élevait à trente-cinq. Voici ceux qu’on connaît : le duc de Liancourt, l’abbé Barrault, de Montmort, de la Marguerye, Le Gauffre, de Renty, Barillon de Morangis, de Chandebonne, Duplessis Monbart, de Saint-Frenin, de Fancamp, de la Dauversière, Dirval, les deux frères Leprêtre, MM. Olier, de Bretonvilliers, de Queylus, madame la Chancelière, Mesdames de Villerchavin, Seguin, de Bullion, etc...

Il fallait ensuite acquérir l’île de Montréal qui, depuis 1636, était devenue la propriété de M. de Lauzon, intendant de la Compagnie des Cent Associés et de la province du Dauphiné. M. de Lauzon se fit tirer l’oreille, comme on dit, et vendit sa seigneurie, si nous en croyons les Annales des Religieuses Hospitalières de Montréal, pour la grosse somme

Jean-Jacques Oi^er Fondateur de St-Sidpice 1608-1657.

Paul Chomedey de Maisonneuve Fondateur de Montréal.

Jeanne Mance.

Fondatrice de l’Hôtel-Dieu de Montréal.

Marguerite Bourgeois.

Fondatrice des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame

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