CHAPITRE XIII
Monseigneur François de Montmorency-Laval (1659-1688).
Nous n’avons pas l’intention d’écrire ici la biographie du premier Evêque de Québec. Le sujet est devenu banal. Tout le monde sait que ce grand homme, issu d’une des premières familles de France, renonça pour l’amour de Dieu aux honneurs de la terre ; qu’il fut l’un des fondateurs de la Société des Missions Etrangères et qu’il faillit partir pour l’Extrême Orient en qualité de Vicaire Apostolique du Tonquin. Finalement, le Vicariat apostolique de la Nouvelle France lui échut, 1658 ; et il l’accepta volontiers parce qu’il n’avait que souffrances et pauvreté à en attendre. Sa carrière fut héroïque et sa cause de béatification est introduite en cour de Rome.
Nous voulons simplement attirer l’attention de nos lecteurs sur la portée patriotique et nationale de l’œuvre de Mgr Laval.
Il a fondé le Séminaire de Québec ; il a créé le clergé canadien. En créant un clergé national il a pétri l’âme d’un peuple. Pour nous, Mgr Laval mérite d’être appelé le Père de la patrie canadienne française.
Nous avons dit ailleurs que Champlain avait droit au titre de Père de la patrie ; nous parlions ainsi en nous mettant au point de vue de la race. C’est au point de vue de la mentalité que nous attribuons le même honneur au premier évêque de Québec.
S il est réel que nous possédions les caractères qui constituent une nation, c’est-à-dire une forme spécifique et une mentalité distincte, il nous semble hors de doute que c’est à notre clergé national et à Mgr Laval, son auteur, que revient le mérite de les avoir formés.
De 1 âme française qui leur fut confiée ils ont fait une âme canadienne. De notre fidélité à leur idéal dépendront nos destinées.
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