BOIS DE CHARPENTE
Le pin blanc de VOiiest, qui se trouve à \'ancouver et dans les Selkirk, est inférieur au précédent et au pin rouge, qu'on confond souvent avec le pin blanc.
Le pin noir est un bois incorruptible qui se trouve sur les pentes des Rocheuses et en Colombie, on en fait des traverses de chemins de fer et il s'emploie dans la construction.
Déjà l'Irlande demande à la Colombie Britannique des plans d'épinettes et de sapins pour le reboisement de ses montagnes.
Un pays qui possède des bois aussi précieux et aussi variés ne pouvait pas se contenter de les exporter. Dès que la population fut suffisamment dense et groupée dans des villes, l'industrie du
lant essor. Les fabriques canadiennes, qui ne produisaient que pour le pays, exportent leurs produits depuis plusieurs années et certaines d'entre elles ne fabriquent même que pour l'exportation. Elles expédient leurs meubles en Angleterre, en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux Indes Occidentales, etc.
L'industrie qui a pris au Canada le plus prodigieux essor, à ce point qu'elle est appelée l'industrie nationale, est née de la forêt : c'est la fabrication de la pulpe ou pâte de bois "^pâte de cellulose) et la fabrication du papier. Son développement est dû à deux causes qui ne se rencontrent nulle part dans les proportions où elles existent dans la forêt canadienne : la richesse en bois à pulpe et les chutes d'eau qui facilitent partout
Le Canada Jlhjstrk
rmsl.ill.itidii (1rs usines. Nous cx.iiiiiiutoiis (cltc (liu'siidii iiulust ncl Ir (hiiis un cli.ipili'r sprcial.
Le Service des forêts.
Le ser\ ire des forets rforeslr)' depiiitiiicnt , ([ui dépend du nnnistère de l'intérieur, s'occupe activement ;i prévenir l'épuisement possible des richesses incalcul;il)les de la forêt canadienne.
En lyii, il a augmenté les réserves forestières déjà très considérables de 13,403,600 acres (5 millions 361,200 hectares).
A côté des mesures de préservation dont nous avons déjà parlé, outre les circulaires nombreuses (]ue le ministère répand chaque année pour instruire les colons des mesures à prendre contre les feux des forêts, ce service s'occupe du reboisement. Cette année encore, de nombreuses circulaires ont
été distribuées relatives aux plantations d'arbres dans la prairie. Jusqu'à présent, le cJépartement des forêts distribuait gratuitement les jeunes arbres destinés à reboiser la prairie. En 1910, 2,533,fxx) arbres ont été distribués et l'on n'a pas pu satisfaire à toutes les demandes.
Les pins conifères sont demandés en si grand nombre que le ministère a décidé de les faire payer $ 5 le cent. Même ainsi, on n'arri\c (]uc difficilement à satisfaire tous les habitants de la prairie.
Le service des forêts a également établi un bureau de renseignements gratuits, et les lettres y affluent.
Grâce à cette protection énergique, grâce à l'aide que le gou\ernement accorde aux colons désireux de créer sur leurs terres une réserve de bois, le (Canada conservera ses forêts et évitera l'épuisement de cette importante richesse naturelle.
CHAPITRH X
Le Ministère de l'Agriculture.
Service des termes expérimentales. — Service de l'industrie laitière et de la réfrigération. Service de l'hvuiène et de l'élevage. — Services divers.
Plus on avance dans l'étude du Canada et de ses richesses naturelles et plus on constate combien la nature a été généreuse pour ce pa}-s. dont les grandes plaines centrales occupées tout entières par les eaux pendant la période glaciale sont couvertes de i à 2 mètres d'alluvions qui lui constituent un sol d'une extrême fertilité.
Tandis que la prairie offre à la culture son immense Corn Belt, la forêt règne dans le Xord d'un océan à l'autre et le sous-sol recèle les mines les plus riches : à Cobalt l'argent, à Sudbury le nickel, en Colombie Britannique l'or et tous les métaux, partout le charbon et le fer.
Mais la présence de ces richesses ne suffit pas pour expliquer le développement économique du Canada depuis le commencement du vingtième siècle ou. pour être plus vrai, depuis six ou sept ans. Auparavant, on connaissait en grande partie les richesses du sol et du sous-sol canadien, on commençait à les mettre en valeur, mais la rapidité de l'évolution canadienne n'apparaissait pas dans les mêmes proportions qu'aujourd'hui. L'élan n'était pas donné, la publicité n'avait pas encore répandu en Europe et en Amérique la réputation de cette terre canadienne où tout travailleur peut fonder un foyer et un domaine.
Aux conditions exceptionnelles créées par la nature, il fallait que l'effort humain vint s'ajouter, l'effort organisé, méthodique d'hommes pleins de bonne volonté, de prévo}ance et de ténacité. Ce fut la tâche du gouvernement fédéral du Dominion, tache difficile et longue dont les résultats ne pouvaient apparaître qu'avec l'aide du temps.
Xous avons le devoir de la faire ressortir.
d'expliquer comment les différentes administrations ont été créées à Ottawa et agrandies, développées, selon les besoins du pa)'s et non point selon des formules administratives. Faire l'histoire succincte des ministères canadiens, c'est indiquer les causes de l'épanouissement actuel et c'est en même temps rendre justice à l'initiative des hommes de mérite qui les ont créées.
Dans un pays essentiellement agricole comme le Canada, le ministère de l'agriculture assumait la tâche la plus lourde. Il fallait tout apprendre aux pionniers, aux colons venant de tous les coins du monde, sans aucune expérience agricole pour la plupart; il fallait lutter non seulement contre l'ignorance, mais aussi contre la routine.
Les uns, complètement ignorants des choses de la terre, entreprenaient des tâches au-dessus de leurs forces et de leurs moyens; on devait les guider, les encourager, leur fournir l'aide indispensable. Les autres arrivaient avec des idées faites d'avance, nées sur un autre sol, dans d'autres conditions. C'étaient les plus réfractaires, parce qu'ils cro}aient savoir. L'administration dut eu arriver à les convaincre par l'exemple.
Mais avant de devenir un des ministères les plus parfaits qui soient et un facteur important dans le développement agricole dont le Canada a été le théâtre, ce ministère a traversé un période d'apathie et de tâtonnements.
Le ministère fédéral de l'agriculture fut créé en 1852 sous le titre modeste de bureau de l'agriculture et des statistiques, mais son rôle demeura passif.
En 18S0. le Canada traverse une crise. L'ne
prriddf de \\\r\ru\c cl de inauviiiscs recolles ;i\;iit jotr les (ullnateurs cl.uis le dccoura^ciiiful. ( crt.iiiu's !nrcs de l'Est donnaient des sij^nes d'rpuiscmciit ; ]'{ )iiest n'rtail qu'an dohut de s;i coloiii satioii et le courant d'cnuj^ralion (nirojx'cnnc incu.ii^'.iil de se détourner d'un |);i)'.s (|ui ne paraissait pas de\oir réaliser les espérances conçues.
D'autre part, mille mesure efficace n'était encore prise pour aider le colon; personne ne le conseillait et les nouveaux venus n'avaient d'autre l^uide (|ue la routine et l'incurie de leurs devan- < iers. Le ininistcre fondé en 1852 n'existait (juc de
t.ird, la création des stations ngronoviiqnes ou fermes expèrhiienlales, cjui enlevait définitivement le ministère à la bureaucratie stérile.
Le déparlement ne s'écartera plus de cette \()ie nouvel 1(\ De nouveaux services relatifs aux différentes hranclics de l'aj^riculture y seront ajoutés constiimment et les anciennes sections seront étendues.
Le service de rinduslrie laitière et de la réfrij^ération est fondé en iHcjcj; en igcji, le service de l'hyjj^icne du bétail ; en 1903, celui de l'industrie iinimale. On y ajoute, en i()'>4, celui des semen-
FeRME expérimentale de GUELPH vue k VOL D'OISEAl
nom. Le Parlement s'émut de cet état de choses et se décida, en 1882, à nommer une commission spéciale chargée d'étudier l'état de l'agriculture et les mesures propres à la relever.
Cette enquête amena la constatation de l'extrême fertilité des terres canadiennes. Le climat était en tous points favorable à la grande culture et à l'élevage, tout le mal venait de la routine des cultivateurs. Il s'agissait donc d'éclairer ces derniers, de dissiper l'ignorance et les préjugés, non seulement par l'enseignement théorique, mais par des exemples pratiques. Il fallait que le gouvernement fît, sur divers points du Dominion, des expériences trop coûteuses aux particuliers, qu'il leur évitât les tâtonnements et les recherches et entreprît la diffusion rapide de ses démonstrations.
Le résultat de cette enquête fut, deux ans plus
ces; l'année suivante, le bureau des recensements et statistiques, et enfin, en 1907, le service des tabacs.
D'autres sections qui ne sont pas proprement agricoles relèvent encore de ce ministère, telles que le service des expositions, la surveillance de l'hygiène publique et des quarantaines, les arts, les archives, les brevets d'invention, les droits d'auteur, les dessins industriels et les marques de commerce. Il comprend aujourd'hui douze bureaux distincts. Le personnel ne cesse de s'accroître en raison directe de l'importance croissante de sa tâche; on y compte maintenant plus de 530 employés permanents. Les subsides que le gouvernement lui accorde s'élèvent à $ 1,930,794, dont $ 905.794 sont attribués à l'agriculture proprement dite.
Nous allons examiner ces différents services et leur rôle dans les progrès aj^riroles du Canada.
Service des l-crmes expérimentales.
Les fermes expérimentales sont, sans contredit, les principaux agents des progrès réalisés par l'agriculture. Ces fermes ne sont pas seulement chargées de faire des expériences pratiques, elles sont aussi un exemple de culture intelligente et lucrative. Ce sont elles qui évitent au colon les tâtonnements et les expériences malheureuses.
Elles sont, jiour le cultivateur, un bureau général de renseignements absolument certains, parce qu'ils sont basés sur l'expérience. Le propriétaire canadien comprend, du reste, parfaitement l'aide qu'il peut tirer de ces informations. Quelques chiffres le prouvent clairement.
En 1889, le nombre des lettres reçues jjar ce service était d'environ 8,000; en 1894. on en compte 25,000. Dans l'année 1909-1910, le nombre total des lettres adressées au bureau de renseignements s'élève à 102,651 et le nombre de bulletins et rapports expédiés atteint le chiffre de 305,150.
Le gouvernement n'a pas cessé de multiplier les fermes et stations agronomiques.
La loi de 1886 créait cinq fermes expérimentales. Ottawa devint le siège d'une ferme centrale et directrice. Les stations secondaires ou annexes étaient : Xappan (Nouvelle-Ecosse^, Brandon '!Manitoba), Indian-Head 'Territoires du Nord- Ouest' et Agassiz ^Colombie Britannique). Actuellement, le Canada possède treize stations ou fermes agronomiques, sans compter diverses stations temporaires établies sur différents points du pays et destinées à en étudier les ressources. Chaque province possède maintenant une ferme qui lui est propre; l'Alberta et la Saskatchewan en ont chacune deux (i).
(i) Xous donnons ici, à titre de renseignement, la liste complète de ces fermes et stations :
Ferme expérimentale d'Ottawa à Guelph :
— — de Nappan (Nouvelle-Ecosse) ;
— — de Brandon (Manitoba) ;
— — de l'Indian-Head (Saskatchewan ;
— — - d"Agassiz (Colombie Britannique); Station expérimentale de Charlottentown (Ile du Prince-Edouard') ;
— — de Rosthern (Saskatchewan) ;
— — de Lethbridgc (Alberta) ;
— — de Lacombe (Alberta) ;
— — de Scott (Saskatchewan);
— — de Cap Rouge (Québec) ;
— — près de Wilmer (Colombie Bri-
tannique) ;
— — de Sainte-Anne de la Pocatière
(Québec).
Les problèmes que ces fern)es s'atta( hent à étudier comprennent : l'entretien de la fertilité du sol, le choi.x des variétés et des semences, l'époque des semailles.
L'entretien de la fertilité de la terre est un des problèmes les plus importants de l'agriculture. L'humus ou matière végétale décomposée est le principe actif, l'âme même du sol. Il s'agit donc de conserver intacte la provision d'humus que renferme le sol et de lui restituer les éléments vilau.x qm le constituent au fur et à mesure de leur déperdition. Les meilleurs moyens ]iour amener ce résultat sont l'emjiloi du fumier de ferme et de l'engrais vert. Les fermes expérimentales ont fait, en matière de fumure, une expérience des plus importantes. 11 est généralement admis que le fumier de ferme est d'autant plus efficace qu'il est décomposé. Or, une expérience de vingt-cinq ans a démontré que le fumier frais est l'égal du fumier décomposé. Si l'on songe que le fumier perd de 50 à 60 0/0 de son poids en se décomposant, on se rend facilement compte de la valeur pratique de cette démonstration.
Une autre méthode pour renouveler la fertilité du sol consiste dans l'assolement. Les fermes expérimentales ont victorieusement démontré les avantages que l'on obtient à faire suivre différentes cultures sur le même champ, de manière à réaliser un rendement maximum dans chaque culture, à éviter les mauvaises herbes et à tirer le meilleur parti possible de la richesse du sol. La culture périodique du trèfle enrichit la couche superficielle du terrain par l'azote que cette plante tire de l'atmosphère, par les principes minéraux qu'elle puise dans la terre et par les débris végétaux qu'elle laisse dans le sol. L'assolement raisonné, le labour d'automne qui permet d'avancer l'époque des semailles, les jachères d'été, qui entretiennent l'humidité, se répandent de plus en plus dans la culture privée après avoir été expérimentés dans les fermes modèles et donnent les résultats les plus satisfaisants.
Les fermes agronomiques ont encore victorieusement prouvé que l'époque des semailles influe sur la récolte. Le meilleur moment serait une semaine après qu'il est possible de mettre les machines agricoles en marche. Une semaine de retard peut amener au Canada une diminution de 13 à 30 0/0, deux semaines de 22 à 40 0/0, trois semaines de 30 à 56 0/0 sur la récolte, parce que la végétation prend, dès la fonte des neiges, une intensité si rapide qu'il n'en faut pas perdre un seul jour.
Lu Canada Illustrk
Mais kl ioiu:lion ki plus iinporliiutc des Icniics agronomiques est certiiincnu'iil l.i rcc iicrc lie des semences U^s plus j)réroccs, les plus productives et possédant îcs meilleures ciualilés. Un seul (liillre ({(''iiioiitre rmipurtance de ce service: une .luj^nientatioii d'un boisseau d'avoine par acre «ipporlerait un hénéfice de $ 2 nnllions aux agriculteurs canadiens.
Le minislcrc a si bien com])ris celle importance qu'il a affecte une section s})éciale au service des semences.
Le service des semences a débuté en 1900 par un concours de semences triées et sélectionnées à la main. Il comprend aujourd'hui deux laboratoires spéciaux, à Ottawa et Calgary, qui expérimentent gratuitement la faculté germinative et la pureté des semences qui lui sont soumises. En 19 10, le laboratoire a examiné 2,527 échantillons.
La section des semences organise des concours annuels de semences sur pied et des expositions. Elle fait une guerre énergique aux mauvaises herbes, répand les moyens de les détruire et encourage les cultivateurs à améliorer leurs semences par une culture spéciale et la sélection.
La ferme centrale d'Ottawa distribue chaque année 40 millions d'échantillons de semences. Ces grains, soigneusement choisis par une sélection de plusieurs années, sont bien supérieurs à toutes les semences que l'on peut obtenir dans le cornmerce. Si un cultivateur cultive soigneusement l'échantillon de 4 livres d'avoine qui lui est remis, il peut en deux ans obtenir non seulement assez de semences pour ses champs, mais il peut même en vendre à ses voisins.
Sur les 467 acres de la ferme centrale d'Ottawa, 200 acres ont été organisés en ferme modèle. Le reste de l'établissement est divisé en parcelles d'expériences. Il comprend aussi des jardins d'horticulture, une pépinière, des pelouses, des vergers et un terrain boisé.
A l'établissement central d'Ottawa sont encore joints certains autres services. Le service de la chimie analyse gratuitement les fourrages et détermine la valeur des substances fertilisantes qui lui sont soumises. Il s'occupe aussi d'analyser les eaux des puits et des fermes. Cette section a rendu des services très importants par ses expériences sur la composition et le traitement du fumier de ferme, sur la valeur fertilisante des eaux de pluies et des neiges, sur les facteurs dont dépend la
< om|)()sili()n (lu l)lr, sur les inoc ulalioiis de nitragine dans la culture des légumineuses et sur les valeurs nutritives des racines fourragères.
La st^clion de l'horticulture s'occupe uniquement de la culture des fruits et des légumes. On lui doit la création de nouvelles variétés de pommes et de légumes précoces, ainsi que des expériences intéressantes sur la culture des pommes de terre et sur la j^ulvérisation conlrc les maladies fongueuses.
L'étude des maladies des plantes et des moyens de les en guérir est le but ])rincii)al du service botanique.
Ce service a découvert à Terre-Neuve la maladie verruqueuse ou gale noire qui détruisait la pomme de terre et a enseigné aux cultivateurs les moyens de la combattre. Les plantes vénéneuses, nuisibles au bétail, sont aussi l'objet d'une étude spéciale.
Le service de l'entomologie s'occupe de prévenir les méfaits des insectes. Souvent il a pu, par des mesures efficaces, empêcher l'entrée au Canada d'insectes ayant causé de vrais ravages dans les pays voisins.
La section des céréales étudie les espèces de grains et essaye de créer des variétés plus hâtives et plus productives. Bien que de création récente, elle a déjà obtenu des résultats intéressants. Elle a successivement préconisé les espèces dites Marquis et Prélude. Le blé Marquis a déjà obtenu un prix en Amérique, la variété Prélude est plus hâtive de quinze jours et, par conséquent, plus apte aux régions de l'Extrême Nord. La section s'occupe encore des effets de l'emmagasinement sur le blé et la farine, de la valeur du blé humide et de la farine blanche.
L'aviculture s'occupe spécialement de la volaille. Elle vériiie la ponte et, par l'emploi d'une nourriture raisonnée, elle a largement augmenté les bénéfices des éleveurs. Chaque année, elle publie un rapport de plus de 600 pages qui est distribué gratuitement à ceux qui en font la demande.
Tous ces services étaient, depuis leur fondation, sous la direction du D'' W. Saunders. Depuis sa démission, ils sont sous le contrôle de l'agronome M. J.-H. Grisdale.
Les différents établissements agronomiques s'occupent de déterminer, sous la direction de la ferme centrale d'Ottawa, les procédés de culture les plus avantageux dans les différentes conditions climatériques du Canada.
Le Canada Ilustrk
Si
Service de l'industrie laitière et de la rétri^ération.
Ce ser\ icc icniiprcncl (jualrc sections : l'industrie laitière, les fruits, l'extension des marchés, la réfrigération.
Le bureau de l'industrie laitière s'occujje avant tout de faire appliquer les lois qui touchent à la production. Elles sont strictes et énergiques, et l'on en exij^e minutieusement l'observation, i" Les lois défendent de fabriquer, d'importer ou de vendre au Canada de la margarine ou toute autre contrefaçon du beurre ; 2° le fromage de lait écrémé doit porter la mention « lait écrémé », et tout fromage doit indiquer le mois exact de sa fabrication avec l'inscription ((Canadien»; 3° la limite légale de la teneur en eau du beurre est fixée à 16 0/0; 4° le beurre provenant d'une fabrique centrale ou beurrerie doit porter le titre (( beurre de beurrerie )i, et celui qui provient de la ferme doit être marqué (( beurre de ferme ou de laiterie ».
On doit encore à la section de l'industrie laitière une œuvre très importante : le contrôle du rendement individuel de chaque vache.
Grâce à ce contrôle et à la réforme des bêtes faibles productrices, on est parvenu à élever de beaucoup le rendement du lait dans un troupeau. Le service de l'industrie laitière aide les cultivateurs à s'organiser en Sociétés de contrôle. Ces Sociétés s'engagent à peser, à intervalles réguliers, le lait de leurs vaches et à évaluer le poids de la matière grasse qu'il contient. Plus de cent Sociétés semblables ont été fondées et on leur doit un notable accroissement dans la production laitière.
Les chambres froides pour la maturation et l'amélioration des fromages sont aussi l'œuvre de la section de l'industrie laitière et leur emploi se répand tous les jours.
L'ne série de recherches entreprises sur le traitement du lait vient de révolutionner les données acceptées jusqu'ici. L'aération, tant prônée, a été reconnue nuisible. Ces divers enseignements sont répandus par de nombreux bulletins, conférences, articles de presse, etc.
Le bureau de l'extension des marchés surveille l'embarquement et l'expédition des produits canadiens, surtout des fruits et des produits des laiteries. Des inspecteurs suivent ces derniers depuis leur départ jusqu'à leur arrivée. La température des beurres est constatée, au départ, dans les stations, sur les paquebots, et des inspecteurs examinent les produits canadiens sur les principaux ifiarchés anglais, font sur ces derniers un rap-
port envoyé à Ottawa, et indiquent les perfectiomiements qu'ils jugent nécessaires. Ces mêmes inspecteurs visitent les marchands de gros et de détail, se renseignent sur les besoins du marché et ont ainsi rendu le système de l'mdustrie laitière un des plus parfaits qui soient.
Le bureau des fruits veille à l'application de la loi concernant les marques de fruits. Des inspecteurs ouvrent à l'arrivée dans les ports et marchés canadiens nombre de caisses et de barils, et s'assurent que leur contenu correspond à l'étiquette. Les délinquants sont poursuivis. Cette section publie encore des bulletins mensuels sur l'état des récoltes, permettant ainsi aux cultivateurs de vendre leurs produits à des prix avantageux, et elle leur fournit les renseignements nécessaires pour l'entretien des vergers et la meilleure production des fruits.
Service de l'h^f^icne et de l'élevage.
Ce double service a été réuni récemment en un seul sous la direction du D"" J.-G. Rutherford, directeur général vétérinaire.
Le bureau de l'hygiène des animaux est chargé de prévenir l'introduction des maladies contagieuses au Canada et le contrôle le plus sévère est exercé dans ce but. Des inspecteurs vétérinaires surveillent les animaux qui entrent ou sortent du Canada, ainsi que ceux qui le traversent; d'autres inspecteurs voyageurs parcourent le pays pour découvrir les cas de maladies contagieuses qui pourraient s'y manifester.
L'importation d'animaux est limitée à certaines villes et à certains ports, et les bestiaux peuvent }• être retenus jusqu'à ce que leur état sanitaire ait été reconnu parfait. Les chevaux venant des Etats- L'nis sont soumis à l'épreuve de la malléine, à moins qu'ils ne soient accompagnés de certificats dignes de foi affirmant que cette épreuve a déjà été faite. Tous les chevaux atteints de dourine, les porcs affectés par le choléra, sont immédiatement abattus, et une indemnité est payée à leurs propriétaires.
Des stations expérimentales chargées de rechercher les maladies contagieuses sont établies sur divers points du pays. La malléine, la tuberculine, les vaccins contre le charbon symptomatique et la fièvre charbonneuse sont fabriqués à Ottawa dans un laboratoire spécial, et vendus à prix coiitant aux propriétaires de bétail.
L'inspection de- la viande et des matériaux destinés aux fabriques de conserves et de salaisons
Le Canada Illustrk
dépend (Muorc de ce bureau, et les animaux juges impro[iics à la coiisoinmalion en sont écartés.
Le service de l'industrie animale s'occupe de développer l'élevage au Canada. 11 encourage les e.\|)ositions, les concours cl propaj^o, par des ventes aux enchères, des annn.iux de race pure et de bonne souche.
Les vaches de race pure, dont la production a été contrôlée au moins un an sous la surveillance d'inspecteurs du doi)artemenl, et qui remplissent les conditions d'élevage et de production requises, sont inscrites sur le livre d'or. Ce livre permet aux cultivateurs d'acheter des taureaux provenant de bonne famille laitière, car l'aptitude laitière transmise par le taureau est en raison directe de l'aptitude de sa mère.
Les livres généalogiques, qui dépendaient des diverses sociétés d'élevage, ont été réunis à Ottawa et placés sous le contrôle du ministère. Tous les pedigrees doivent porter le sceau du ministère et les animaux de race importés au Canada n'ont droit à l'entrée en franchise que s'ils sont accompagnés d'un certificat canadien d'enregistrement ou d'un certificat d'importation émis par le bureau des livres généalogiques.
Services divers.
Le service des tabacs essaye d'améliorer et de ré]3andre cette plante au Canada. Trois stations
expérimentales établies à Saint-Jacques, à Saint- Cesaire, à ilarrow, un champ de démonstration à la ferme centrale d'Ottawa, recherchent les meilleurs priKrdrs {[c culture et ont déjà obtenu des résultats niipcjrtiints par l'hybridîition et la sélection.
Le bureau des recensements et des statistiques fait tous les dix ans le recensement de la population el des produits du Canada. Des bulletins mensuels renseignent les cultivateurs sur le rendement probable des récoltes.
Le service des expositions s'occupe de faire connaître les produits canadiens au Canada et à l'étranger. Dans toutes les expositions récentes, le pavillon canadien a été l'objet de l'intérêt général et aucune propagande n'a attiré plus de colons.
A ces services s'occupant plus directement de l'agriculture, il faut ajouter le bureau des archives^ le service des quarantaines , qui s'occupent de prévenir l'entrée des maladies contagieuses au Canada, Vhvgicne des travaux publics et la protection des arts.
Les brevets (ïinventïon, les dessins de fabriques, les marques des bois, le bureau des droits cl auteur et marques de commerce dépendent encore du ministère fédéral de l'agriculture.
Après ce coup d'œil sur l'œuvre du ministère fédéral de l'agriculture, on s'explique plus facilement la rapidité de la colonisation canadienne.
CÎ^AIMIKI: XI
Les Pêcheries Canadiennes. — Pêcheries maritimes. — Pêcheries d'eau douce.
Les Fourrures et la Faune.
Après le blé et les bois, la pêche est une des richesses naturelles les plus importantes du Canada. Ses pêcheries maritimes sont probablement les plus vastes du monde, car le développement des côtes canadiennes dépasse 20,000 kilomètres.
Les pêcheries fluviales et lacustres sont certainement plus étendues et plus riches que dans aucun autre pays ; le total des lacs canadiens atteint une surface de 84,700,000 hectares, plus d'une fois et demie celle de la France.
Pêcheries maritimes.
La pêche dans les mers canadiennes peut être divisée en deux classes distinctes, la pêche en eau profonde et la pêche sur les côtes. La pêche en eau profonde se fait sur des vaisseaux de 40 à 100 tonnes montés par un équipage de douze à vingt hommes, et elle a lieu à une distance de 20 à 90 milles de la côte canadienne.
La ligne de fond et le filet sont généralement employés pour cette pêche et l'amorce la plus usuelle est le hareng, le squid et le capelin.
La pêche le long des côtes est faite sur de petites barques portant deux ou trois pêcheurs, ou sur de petits bateaux dont l'équipage varie entre quatre et sept hommes. Les engins les plus usités sont le filet, la ligne, la ligne de fond, l'épervier, la seine et la nasse.
L'importance des pêcheries canadiennes est
suffisamment démontrée par la valeur en dollars des prises des trois dernières années :
On voit que l'année 191 2 est en progression importante. Le saumon, péché en très grandes quantités sur les côtes de la Colombie Britannique, entre comme facteur principal dans cette augmentation.
Il est assez curieux de constater que jusqu'en 1908 le Canada importait des Etats-Unis 2 millions de livres de poisson frais, faute de transports rapides et de wagons frigorifiques pour le transport à l'intérieur des poissons péchés sur les côtes. Les populations du sud de l'Ontario et de Québec faisaient venir leur poisson frais des Etats-L'nis par les wagons frigorifiques américains.
Le gouvernement canadien remédia, en 1908, à cette anom.alie en accordant des subventions et des primes aux compagnies de messageries, et l'importation du poisson frais cessa aussitôt. La consommation du poisson de mer est cependant loin d'atteindre, au Canada, les proportions qu'elle pourrait avoir. Il faut en accuser la routine, l'habitude du poisson fumé et salé et le manque d'organisation des marchés dans les villes. La densité de la population qui augmente sans
cesse cl 'les pcric'i tioiuiciiicuts des Ir.uispoiis Imit (Iisp.ir.iîlrc, (le lotir en jour, ces iiicoin éiiietils.
( )n .1 reconnu ([ue le courant arctic]ue ou du Lahrador est l'hahitat des poissons couunerciaux. Ce courant arrose toute la côte orientale tlu Canada, où il occupe une superficie de 33 niil-
ESQLIMAUX HALAM UNE BALKLNE A FORT-CHURCHILL.
lions d'hectares, tandis qu'il ne s'étend que sur 7,500,000 hectares dans les mers américaines. C'est dans ce fait que réside la grande supériorité des pêcheries canadiennes.
Les pêcheries de la Nouvelle-Ecosse tout entières dans le courant du Labrador ont été pendant longtemps les plus productives du Dominion; elles sont rejointes et même seront bientôt dépassées par celles de la Colombie Britannique. Le Nouveau-Brunswick vient en troisième ligne et ensuite la province de Québec.
En Nouvelle-Ecosse, les poissons de mer pêches en 1903 ont rapporté plus de 7,500,000 dollars. La pêche la plus lucrative est celle de la morue; viennent ensuite la merluche, le hareng, le homard et le maquereau.
La configuration des côtes de la Colombie Britannique lui assurera la supériorité parmi les pêcheries canadiennes dès que la pêche y sera puissamment organisée. Ces côtes sont dentelées, séparées par de nombreux détroits des grandes
îh's de V'an(()uver et de la Reine-Charl<jtle et de (cnl aines de petites îles groupées en archipels; des baies nombreuses s'enfoncent dans le littoral, d'iiiiKinil ral)les canaux favorisent la vie des poissons (jui ne; soiil nulle part aussi nombreux. Le sauuKjn y domine, représenté par de nombreuses variétés : le qiànnat ou saumon de printemps, qui pèse jusqu'à 75 livres, le saumon argenté ou coho, le sokeye dit dos bleu ou œil -de-chaussette, préféré ]iour la mise en conserve, le saumon-chien ou bécard, le bossu...
Le flétan ou halibut, le plus grand des poissons l)lats, fait concurrence aux saumons et atteint le poids de 200 livres. Il se trouve surtout au nord de l'île Charlotte, et, par temps calme, un petit \apeur peut en prendre de 10,000 à 30,000 livres en un jour. On le pêche à l'aide de lignes de fond, sur des vapeurs et des grands voiliers bien équipés. Le hareng, très abondant sur la côte du Pacifique, sert en général d'appât.
On pêche encore sur ces côtes la morue noire ou skil, les autres variétés de morue, le bar, l'esturgeon, etc.
Les usines de conserves se multiplient en Colombie Britannique; la nouvelle ville de Prince- Rupert en compte déjà sept.
Sur les côtes du Nouveau-Brunswick, on pêche surtout le hareng, puis le homard, la sardine, l'éperîan, la morue, le saumon et la merluche.
Dans l'île du Prince-Edouard, on pêche le homard et l'huître principalement, mais les pêcheries de harengs et de morues sont susceptibles de grands développements. L'huître de l'île, surtout la inalpeqiie, est très recherchée à Montréal. Les huîtres canadiennes sont très fines; elles ont formé autrefois des bancs énormes dont les couches se superposaient et finissaient par atteindre la sur face; les glaces de l'hiver détruisaient alors le banc définitivement. On a exploité le calcaire de ces bancs détruits, sur des épaisseurs de 30 pieds, pour en faire de la chaux et des engrais. Actuellement, des lois spéciales protègent les huîtrières et l'on ensemence des parcs à huîtres aux endroits reconnus les meilleurs.
La province de Québec pourrait avoir des pêcheries maritimes extrêmement riches dans l'estuaire du Saint-Laurent et le long du Labrador. Le Saint-Laurent contient de nombreux bancs d'excellentes huîtres qui ne sont pour ainsi dire pas exploitées. Faute d'une organisation suffisante, la pêche y est plutôt en décroissance.
Les pêcheries de saumon de la Colombie Britan-
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iiuiuo sont, sans (louto, uniiiuos d.uis le monde. Les h.mrs rpais de s(H-kc\es arrivent du Nord-Ouest e<. coninienrent en mars à remonter la Skeena et les autres lieux es du nord de la province; plus tard, ils apparaissent au sud de l'île Vancouver, mais on ne les aiiert^oit pas dans le détroit de Fuca qu'ils suivent certainement pour atteindre l'embouchure du Fraser, remonter le fleuve et aller frayer en eau douce.