U\ MAGASIN DES ÉTABLISSEMENTS RE VILLON
ioncé, presque noir, en passant par le jaune et le -roux ; l'espèce la plus foncée dont la ligne dorsale est noire est ia plus précieuse et se vend très cher.
Le pékan est de la famille des martres avec un pelage gris ou noir.
Xous avons parlé des phoques dans le chapitre des pêcheries.
Les putois, plus nombreux que les pékans et les martres, donnent de belles fourrures ordinairement teintes et transformées.
Les rats musqués, qui ressemblent au castor, forment une des familles les plus prolifiques des bètes à fourrure. On en capture des quantités énoriries. et les peaux, d'autant plus recherchées qu'elles
sont plus foncées, très légères et solides, forment d'e.\cel lentes fourrures de vêtements.
Les tenards sont très communs et aussi très rares. On en compte treize ou quatorze espèces, dont les fourrures sont de prix très divers. Le renard noir, lustré, à longs poils, est le plus recherché; une belle jjeau se paie jusqu'à 7 et 8,000 francs. Aussi des sociétés se forment pour en faire l'élevage qui» dit-on, réussit très bien. Puis viennent, par ordre de mérite : le renard noir, mat, à poil court, le renard noir argenté, le renard argenté, le renard double-croisé, fond noir avec deux raies transversales, le renard croisé noir double, le renard argenté croisé simple, le renard fauve croisé double et simple, le renard gris, le renard acajou ou rouge sombre, le renard fauve ou alezan, le renard jaune ou fauve clair.
(Cliehe communique par les EtabiisgemenU Becillon.)
Ste-amer des Etablissements Revtllox
D.ANS les glaces DU DÉTROIT D'HlTlSON.
Lk Canada Illustré
Pnul.iiit K)n.;lciii|)s, le t i uiiiiick c des loiinuics lut |)(.)iir ainsi dire entre les ui.iins de l.i |)uiss;inte ("on)iK\.q[nie de la liaie d'Iludson, dont nous avons parlé plus 11, ml Di-puis une di/aiiie d'années, la maison Re\dlon t ivres, de Pans, a créé dans la baie Saint-James, sud de la baie d'Iludson, les vastes entrepots des îles Si rut ton, où elle a centralisé son commerce (\r fourrures. Ses deux steamers
<|ui ont .ii(l(' les C.inadiens Tranchais dans les guerres (\u dix huitième siècle a\ aient, a\ec la passion • les grands bois et de la \ ie libre, un grain de poésie que les affaires à l'amérK aine ont tué. Ils ont laissé une race intelligente de métis, nés de leurs unions avec les Indiennes; les métis sont les uiei! leurs chefs de postes de MM. RevilUm frères, les Es(]uimaux sont leurs meilleurs chas-
A(i7rj////rret Vio/r/ y apporieul, au printemps, dès seurs. Quant aux Indiens, ils ne sont pas tels que que le passage du détroit d'Iludson est libre de glaces, tous les approxisionnements nécessaires jusqu'à l'année suivante à la population de chasseurs, de trap]>eurs et d'employés qui sont disséminés dans les postes principaux, dans les petits postes et dans les camps volants qu'entretient la maison.
Des îles Strutton, les approvisionnements sont portés dans toute la baie par des navires à vapeur, puis par des bateaux à voile qui remontent les cours d'eau aussi loin qu'ils peuvent naviguer, pendant que les deux steamers emportent en Europe la moisson de fourrures de la campagne précédente, avant que les glaces du détroit ne leur aient fermé la route
Les postes principaux, dont la plupart sont éta-
(Cliché commurnque par les Elablisseraents Reirillon.)
Les ballots de foi'RRures a la file indienne.
les représentent les nombreux livres d'aventures des auteurs favoris de notre enfance. Leur race se perd, blis sur les deux rives de l'immense baie d'Hudson, vaincue par l'alcool et la phtisie; leur nombre est sont facilement ravitaillés par mer, mais les postes très minime; les terribles Iroquois, Apaches et secondaires, parfois placés très loin dans l'intérieur Hurons des guerres d'autrefois sont réduits à queldes terres, nécessitent de longs voyages, assez ques familles dont la plupart se sont civilisées et faciles quand ils peuvent être faits par bateaux, habitent des villages semblables à ceux des colons, mais très pénibles lorsqu'il faut se servir de traî- Ils sont cultivateurs ou artisans. Les rares neaux a chiens. C'est le cas pour tous les postes Indiens qui vivent encore à peu près de la vie libre de 1 Ouest que la maison Revillôn a organisés au de leurs ancêtres préfèrent être d'excellents guimoyen d'un nombreux personnel composé d'an- des pour les riches chasseurs blancs qui viennent ciens coureurs des bois et surtout de métis et passer quelques mois dans les forêts canadiennes et d Esquimaux. bien peu d'entre eux sont au service de la Compa- Les coureurs des bois, successeurs d'Œil-de- gnie de la Baie d'Hudson ou de MM. Revillôn. Faucon, le type immortel créé par Fenimore Ceux-là sont trappeurs et chasseurs de père en fils, Cooper, sont de plus en plus rares; la civilisation mais tous, Indiens ou Esquimaux, connaissent la
et le bien-être des villes arrêtent les moins éner^jiques; les plus aventureux s'adonnent aux affaires et veulent faire fortune plus rapidement qu'en vendant des fourrures. Les célèbres coureurs des bois
valeur des fourrures dont ils trafiquent et, jusque
bien loin dans les forêts du grand Nord et sur la
banquise, les échanges se font au plus juste prix.
Le nombre des postes de la maison Revillôn,
Lk Canada Ii.i.rsTRi':
autour do la {grande H.iic et loin dans le Nord- Ouest jusqu'à reuihouchurc du Macken/ie, est d'environ 125.
Dans le Xord-Ouest. tous les ravitaillements se font au moyen d'attelaj^es de chiens fluides ]x\r le
GROL Pt D'ESQIIMAIX.
pilote, le chien de tête, le plus intelligent, qui sert de guide et sait éviter les passages dangereux et les crevasses des glaciers.
Les fourrures les plus précieuses, le renard noir et la martre-zibeline, deviennent rares et acquièrent de grands prix. Les castors eux-mêmes, dont les peaux encombraient autrefois les marchés de France, se sont retirés devant les progrès de la colonisation; on ne trouve plus leurs villages que dans les solitudes où ils peuvent travailler sans être troublés.
L n village de castors exige toute une construction industrieuse: il faut d'abord abattre de jeunes arbres en amont de la place choisie sur la rivière par le chef de la communauté. Les intelligents animaux les rongent de leurs puissantes mâchoires, et toujours l'arbre tombe dans la rivière; il faut ensuite le couper en pieux de la longueur voulue; puis, les pieux sont confiés au courant et arrêtés à la place qu'ils doivent occuper. Les castors les redressent et les enfoncent dans l'eau de façon à en faire de véritables pilotis qui assurent, au fond de la rivière, la stabilité de leurs cases. Celles-ci sont en terre battue, mais en terre argileuse choisie et ir^aniée ; aucune truelle ne vaut la queue plate du castor. Les cases sont rondes, entre i et 2 mètres de diamètre, surmontées d'un dôme parfaitement régulier et solide. La porte est sous l'eau, de façon que le castor entre chez lui et en sorte sans être vu.
On juge combien, |)()ur tout re travail, les castors ont besoin de solitude!
On a ménagé une réserve de castors à 4<K) kilomètres de Winnipeg dans le voisinage d'O.xb'nv (Saskatchewan), sur la rivière Souris. Il y a là des centaines d'animaux qui se multiplient en paix. Chaque couple a ordinairement quatre petits chaque année qui restent deux ans avec les parents et vont ensuite fonder une famille et bâtir leurs cases.
Nous avons lu des prophéties qui entrevoient le moment 011 la forêt canadienne aura disparu et avec elle les fourrures. C'est aller bien vite. Nous comprendrions encore qu'on parlât des 4 millions 856,000 hectares du Nouveau-Brunswick qui sont sous les 47* et 48* parallèles, limitrophes des Etats-Unis. On mettra sans doute quelques années à faire disparaître cette immense forêt, qui n'a pour ainsi dire pas été touchée depuis cent cinquante ans, mais parler de la disparition des 60 ou 80 millions d'hectares qui constituent la forêt du grand Xord, celle qui s'étend du Labrador à l'Alaska, nous parait un peu téméraire. Défricher entre le 60* et le 80"" degré n'est point une chose si facile et il faut compter que l'épinette se reproduit en vingt-cinq ans. D'ailleurs, si les terres à blé du bassin de la rivière de la Paix montent jusqu'au 62', disons même 65* degré, rien ne prouve qu'au centre du continent le blé pourra être rémunéra-
FEilMES t&yUIMAl X FLMA.M LEURS PIPES.
teur aussi loin dans le Xord; tout indique, au contraire, que, les conditions climatériques y étant beaucoup plus rudes, le défrichement serait peine perdue. ,
Xous croyons donc que la forêt régnera dans le
çb
Lk Canada Illustré
l'OSlE AVANCÉ DES ETABLISSEMENTS REVILLON.
};raiidc ilc dÙ ils pourraient vivre, la (pialilé de leurs peaux se perdraiL
Il faut, dil-on, à ces animaux les grandes courses à travers les bois et les grands espaces qui permettent les changements de milieu avec les saisons. Ce sont des conditions essentielles à la cpialité des fourrures.
La dernière, les ( Iianj^enients de milieu avec les saisons, est celle (jui nous touche le ])lus, bien que les animaux d'iùirope, loups et renards, fouines et loutres, ne chanj^ent |)as de milieu et (]ue le seul effet des saisons est de rendre leurs peaux moins belles en été. Il est entendu qu'au Canada, comme en Euroi)e, il ne faut ])rendre les fourrures qu'en hiver.
L'autre école affirme au contraire que l'élevage des animaux à fourrure est facile; qu'on y parviendra tout aussi sûrement j^our les renards que pour l'autruche, et il semble que les faits le prouvent. Vers le lo mars 191 3, le càblogramme officiel adressé chaque semaine i)ar le ministère d'Ottawa à ses agents en Europe signalait que l'industrie des renards noirs faisait des progrès dans la province de Québec et surtout à Gaspé. A la fin de novembre igi2, la même communication officielle apprenait qu'un propriétaire russe avait payé $ ioo,oco douze renards noirs que lui avait vendus la Ran-
Nord pour les mêmes raisons qui ont assuré son règne jusprésent.
L'Elevage des animaux a FOURRURE. — Quant aux fourrures, c'est une autre affaire.
La chasse les épuise, mais l'élevage peut les reconstituer.
No'us parlons, bien entendu, ■des fourrures les plus précieuses, car, pour les autres, le prolifique lapin et l'art de la teinture se chargent de les remplacer.
Nous nous trouvons en face de deux écoles. L'une prétend que toutes les tentatives faites pour élever les bêtes à fourrure ont été vaines; que la nature reprend toujours ses droits et que si l'on parvenait à parquer le renard, la martre et l'hermine, même dans une
(Clirlic cviiiiiiKiiiiiuc par les ICUihlisnemL-ni}, R
Quatre modèles de chiens esquimaux.
l.M Canada TLi.rsTRf,
< hinj^ (\>m|>an\' de i'ilc du Prinrc ICddU.ird. ( c i\\n maux; avec les rennes, qui se nourrissent de ukjusniet le couple à $ i(),()(»'.). ses et de lychens, on \oyaj^e Ix^aucoup jilus vite
Il nous paraît que réleva<^e du ren.ird noir est et deux rennes tirent un traîneau que 12 à i^ on train de f.iirc ses prcu\cs. et le lait (juc la Ran chiens traîneraient à jîeine.
chin^ C" a pu \endresix couples de renards vivants On croit que la région de Fort-Sniith, située
prouve que son élevage de l'île du Prince-lldouard sur la rive droite de la Slave River, au nord du réussit et qu'elle )• trouve des bénéfices. lac Athabasca, sous le (x>' |)arallèle, sera aussi
Le docteur W'ilfrid Grenfell a parfaitement favorable aux rennes que le Labrador; le pays réussi à acclimater le renne au Labrador; son trou- abonde en mousses, qui constituent leur aliment peau, qui était à l'origine de 300 têtes, atteignait préféré. Cet essai d'acclimatation est un des résul- 1,500 animaux à la fin de 191 1, de sorte que la tats du voyage fait dans le grand Nord par le domestication du renne est acquise aujourd'hui au ministre de l'intérieur, ^L Frank Oliver, en 19 10. Labrador avec tous les avantages qu'elle rejiré- En octobre 191 1. le gouvernement canadien a
sente. acheté cinquante rennes au D"" Grenfell, au ])rix de
51 dollars par tête, pour les envoyer à Fort-Smith.
Les Américains ont aussi réussi à acclimater le renne dans l'/Vlaska. Ils ont choisi une station de pêche à la baleine qui se trouve dans le nord-est de la baie de Port- Clarence, c'est-à-dire par le travers du détroit de Behring.
Port-Clarence est à plus de -\(XX) milles jjar mer de Sitka, capitale de l'Alaska, et à 816 milles d'Ounalaska, le princi- ])a1 port des îles Aléoutiennes.
Le gouvernement de Washington y a mis 400 rennes en 1910 et constitué une ferme d'élevage; il a en outre mis des rennes en ]:»etit nombre dans plusieurs endroits et enfin des troupeaux en liberté dans les îles Aléoutiennes.
Ces faits établissent que le Pour ces contrées stériles, le renne est une res- renne se domestique assez facilement avec du temps source presque universelle. La femelle donne un et de l'argent, mais il n'est pas généralement comlait excellent et si les jeunes animaux offrent seuls mode à atteler. une chair délicate, il n'est pas douteux que la l^ Biilleûn de la Société de géographie de
(Clichi- coiiihiiiuiqué par les Etablissenieitls Rucula,.
Chiens des Etablissements Revillon.
domestication arrive à faire du renne un animal de boucherie presque égal au bœuf.
Toute crainte de famine se trouve donc écartée dans ces pays désolés, si loin qu'on aille dans le nord, mais l'avantage peut-être le plus pratique est la possibilité et la rapidité des transports.
Les longs voyages dans le Nord par traîneaux à chiens sont difficiles à cause de la masse de viande qu'il faut emporter pour nourrir ces ani-
Ouébec a publié un récit de ^L Bruce, surintendant du poste américain de l'Alaska, qui ne manque pas de couleur :
« J'ai toujours eu une faiblesse, celle de rouler (( derrière un attelage fringant; l'expérience que « j'ai pu faire de bronchos, de ponies indiens et (i de bœufs sauvages, à travers la prairie plate et (( sans fin, a été de nature à satisfaire tous mes
Lk Canada