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DÉFAITE DES IROQUOIS .^^U L.4C CH.AMPLAIN

Le Canada Ili.istri.

dent un s)stèine parlementaire. A p.irlir de cette époque, des querelles incessantes divisent les Français et les Anglais, les catholiques et les protestants. Les prêtres encouragent cette lutte et retardent l'anglicisation du pa\s.

Craig. nommé gouverneur en i8og, doit lutter contre les Chambres, dont la majorité est française. Le Canada offre de pa\er ses frais et ses fonctionnaires et met ainsi ces derniers dans sa dépendance.

Craig dissout les Chambres qui sont réélues avec la même majorité française, et, découragé, retourne en Angleterre. En 1811, son successeur, Prévost, réussit à gagner les symjîathies des Canadiens et obtient d'eux, en iSig, le vote d'un fonds de guerre contre la République Américaine. Le clergé canadien encourage les habitants à lutter contre les envahisseurs et les séminaristes donnent l'exemple en partant comme volontaires. Le Canadien français Salaberry bat enfin les Américains à Chatangay et termine la lutte. L'évêque de Québec, qui, pendant les hostilités, avait ordonné des prières publiques pour le succès des armes anglaises, obtient, en récompense de son loyalisme, le droit de siéger en égal à côté de l'évêque protestant.

Le départ de Prévost rouvre l'ère des luttes parlementaires et, pendant les trente années qui suivent, nous voyons entre les Canadiens français et anglais, entre les catholiques et les protestants, une série de dissentiments qui ne disparaissent qu'à la longue.

Sous les gouverneurs Drummond, James Sherbrook. duc de Richmond, comte de Dalhouzie, les Canadiens français accusent sans cesse les Anglais de malversations, de partialité et réclament le contrôle des finances. Le gouverneur dissout parfois l'Assemblée, mais elle est réélue chaque fois avec une majorité française.

En 1S2/, le révolutionnaire Papineau est élu président de la Chambre; le gouverneur refuse de ratifier ce vote et dissout l'Assemblée.

La Chambre nouvelle est presque entièrement française et soutient des luttes ardentes contre le gouverneur Aylmer. Le choléra de 1830, qui décime les populations, ne calme pas ces haines politiques, et l'année 1837 est marquée par des révoltes sérieuses, surtout dans le Bas-Canada. A Saint-Charles, huit cents insurgés se battent contre la milice; Toronto est aux mains des révoltés, mais les troupes régulières dispersent bientôt ces mutins. A la suite de cette révolte, les Chambres sont supprimées. L^n conseil de vingt-deux membres, dont onze Canadiens, expédie les affaires du

pays. Le Canatla retombé sous le régime militaire du temps de llaldimand, telle est l'œuvre de Papineau.

Les années suivantes sont (lépiorables j)ar suite de mauvaises récoltes et laissent peu de temps aux luttes politiques. L'immigration anglaise devient très intense; les Canadiens français ne sont bientôt plus qu'un cinqincme de la population et l'Angleterre ne jjeut plus craindre sérieusement une révolte des Français. En 1840, par l'acte de l'Union, la fusion des deux provinces est décrétée, un Parlement est de nouveau constitué et l'anglais devient langue parlementaire . Cette dernière mesure ne dura pas. Les deux provinces ont un nombre égal de députés. Ceux-ci s'unissent bientôt pour former un parti libéral et obtiennent pour le Canada l'autonomie administrative ou self governvient et la responsabilité ministérielle.

Ce premier Parlement compte une opposition de quarante et un m.embres sur quatre-vingt-quatre. Ses sessions, cependant, sont calmes et les conflits de races définitivement apaisés. Les Canadiens français ont donné leurs preuves de loyalisme et c'est de concert avec leurs anciens adversaires qu'ils travaillent à obtenir des réformes et à faire la grandeur du pays. Sous le ministère Baldwin, Lafontaine, qui en fait partie, prononce le premier discours en français.

En 1857, après une émeute, le siège du gouvernement est transporté à Ottawa, qui restera la capitale fédérale. On commence à construire des chemins de fer et le Canada se développe rapidement.

En 1869, le Dominion acquiert les propriétés de la Compagnie de la baie d'Hudson. Ce sont d'immenses espaces, surtout en forêts, encore presque déserts. Le long de la rivière Rouge, les Bois Brûlés et des métis indiens, français ou anglais, ont quelques établissements; leur unique occupation est la chasse et la traite. Leurs petits villages ne sont guère qu'un groupement de huttes autour d'une église catholique ou protestante. Ils constituent le futur Manitoba.

Le major Dougall, nommé gouverneur de ces déserts, en fait commencer le cadastre et effraie les Bois Brûlés qui craignent de voir restreindre leurs territoires de chasse. Ils se révoltent et élisent un gouvernement provisoire présidé par l'Ecossais Bruce, avec le catholique Louis Riel, métis canadien français, pour secrétaire. Les colons anglais et bientôt les métis anglais soutiennent le Dominion, et la révolte, sous les ordres de R.iel, reste sur-

loul i .inadiiMiiic Ir.nu^aisr. I^icl lait s.usir cl lusillcr le (hct lies colons aii<,flais ScoU. Le j^ouvcrnciiiciil envoie ^<h) soldats et nx) volontaires contre les révoltes. Apres trois mois de luarclie pénible, ces troupes atteij^nent Winnipcy; en août iS/t). Les métis se sont dispersés avant leur arrivée et Riel a fui aux iJ.ils l 'nis. Toute la réj^Mon est alors annexée au C'.inada ; la rivière Rouj^e et le lac de Winnipej^- deviennent le Manitoba, le cnujuième Etat du Dominion, avec un Parlement et un ministère responsable sous un lieutenant gouverneur. La nouvelle pr^)vince est rei)résentée dans les Chambres fédérales d'Ottawa. Le Manitoba, peuplé surtout d'Ecossais et d'Américains, est démocrate cl libéral. 11 ne ])osscde i)as de Cham-

APRÈS h.\ l'REMIKRE RKBEIJ.ION DE RiEL.

bre Haute, demande le suffrage universel, la séparation des Eglises et de l'Etat et se prononce contre les subventions aux écoles confessionnelles.

Les autres propriétés de la Compagnie de la baie d'Hudson furent divisées en cinq districts: le Keewatin, administré par le lieutenant gouverneur du Manitoba; l'Assiniboine, la Saskatchewan, l'Alberta et l'Athabasca, gouvernés par une assemblée représentative sans ministère responsable, et un lieutenant-gouverneur siégeant à Regina.

La partie déserte et glacée du Canada est dési-

gner sous le nom de teri''iton'es du Nord-Ouest et (li\isée, depuis i8(jO, en (juatre districts.

L'annexif)!! de ses régions presciue inhabitées donna cependant lieu, en i<S(S5, à une nouvelle révolte.

Les chasseurs métis avaient quitté le Manitoba depuis cjue le gouvernement s'était emparé, moyennant indemnité, des terres vacantes pour les vendre aux colons; plus de 4,000 d'entre eux vivaient de leur métier en Saskatchewan, lorsqu'ils virent arriver des employés chargés de i)réparer la division et la mise en lots du sol.

Ils se révoltèrent sous la conduite de Dumont et de Louis Riel et battirent la police à cheval et les volontaires près de Batoche. A l'autre extrémité du territoire, les Indiens, excités par les métis, se soulèvent aussi, massacrent plusieurs Européens, des missionnaires catholiques et s'emparent du fort Pitt. Les ultra-catholiques étaient certainement du parti de Riel, mais les hommes politiques, même français et catholiques, se déclarèrent contre lui. La répression fut dirigée par l'un d'eux, Caron, ministre de la police. Il envoya par le chemin de fer du Pacifique, alors à peu près terminé,

SiR WILFRID L.A CRIER.

un corps de 4,000 hommes et, un mois après les premières victoires de Riel, les troupes enlevaient Batoche et soumettaient les tribus indiennes révoltées. Riel fut pris, condamné à mort pour le meurtre de Scott et, malgré les pétitions des catholiques, pendu à Regina. Les auteurs du massacre

Le Canada Ii.i.rsTRK

des missionnaires furent exécutés et deux (liefs indiens condanniés aux travaux forcés.

Depuis cette dernière rcNolte, les territoires ne sLint plus agités. Les métis diminuent et les Indiens sont parqués dans des réserves où ils peuvent chasser, mais dont ils ne doivent pas sortir. Des missionnaires essayent, sans beaucoup de succès, de les instruire et de leur ai:)prendre à cultiver l;i terre.

La Colombie Britannique avait d'abord fait partie des territoires de la baie d'Hudson ; en 1858, après la découverte des mines d'or, elle devint une colonie de la couronne et. en 1866, fut réunie à la colonie de \'ancouver. Le Dominion ne pouvait, à cette époque, communiquer avec cette province qu'en passant par les Etats-Unis. Le gouvernement provnicial décida de se réunir au Dominion à condition que l'on construirait un chemin de fer en territoire anglais.

En 1S73, ^'îls d" Prince-Edouard, la plus petite des colonies maritimes, adhéra au Dominion à condition que les finances fédérales avanceraient les fonds nécessaires pour racheter aux squatters (colons sans titres) leur droit d'occupation. Le Dominion fit un prêt au gouvernement local et s'engagea à construire une ligne de chemin de fer dans l'ile.

A partir de 1873, le Dominion fut donc constitué comme il l'est aujourd'hui. L'expédition de 1S85 a définitivement pacifié le pays. Les querelles anglo-canadiennes disparaissent de plus en plus et les débats qui agitent le Canada ont maintenant un caractère parlementaire ou économique. La question qui domine la politique fédérale est celle des tarifs douaniers d'où dépendent les rapports avec les Etats-L'nis. Selon les ministères libéraux ou conservateurs, les tarifs ont été abaissés ou relevés.

Les périodes de tarifs élevés ont eu l'avantage de donner une grande extension au commerce avec l'Europe qui augmente chaque jour. En ce moment, le Canada est protectionniste et développe puissamment ses rapports avec l'Angleterre.

Cne autre question qui troubla le Dominion fut celle des écoles au Manitoba. L'instruction au

Canada n'est pas un service public; le gouvernement accorde des subventions aux écoles privées (le toutes confessions afin de les rendre à peu près gratuites. Les catholiques du Manitoba avaient obtenu le droit d'avoir des écoles subventionnées tenues par des ecclésiastiques, où les enfants catholiques étaient seuls reçus.

En iS;)0, le gouvernement déclara qu'il ne suij \entionnerait pas les écoles purement catholiques, le pays comprenant 13,200 protestants contre 20,000 catholiques.

Le conflit s'enveninm par la résistance des évéques et le Manitoba menaça de s'unir aux Etats- L'nis; la querelle se prolongea jusqu'à l'arrivée du ministère libéral de M. Wilfrid Laurier, en i8g6, qui trouva une solution amiable.

Le Manitoba eut des écoles subventionnées presque neutres. L'enseignement est français dès qu'il }• a dix élèves français, et un enseignement religieux n'est donné dans les campagnes que sur la demande d'au moins dix parents et de vingtcinq dans les villes. Les enfants, en dehors de l'instruction religieuse, ne ])euvent être séparés par confessions.

Le ministère Laurier a duré seize ans; il n'a été renversé qu'en 191 1 sur la question du traité de réciprocité de tarifs avec les Etats-Unis, traité que Sir Wilfrid Laurier avait préparé et que le suffrage universel a repoussé pour sauver les industries encore jeunes du Canada oriental, menacées de succomber sous la concurrence des industries américaines. En 191 1, la partie des territoires du Xord-Ouest située au-dessous du soixantième parallèle fut comprise dans les provinces de Manitoba, d'Ontario et de Québec.

Le long règne de sir Wilfrid Laurier a été le commencement de la prospérité canadienne dans toutes les branches de l'activité humaine, mais il est trop près de nous pour être entré dans l'histoire. M. Borden et le cabinet conservateur ne peuvent, sur la plupart des points, que continuer les efforts de leurs devanciers, et le magnifique essor que prend le Canada sous l'impulsion d'un peuple tout entier va renouveler au vingtième siècle les merveilles que le dix-neuvième a réalisées aux Etats- Unis.

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