‹ Le Canada illustréChapitre 33 sur 80 · IS · texte numérisé non relu

IS

l.i; C.WADA iM.rSlHK

I ..i Société il rlé fondée p.ii" le iiiêiiic ^^roupt: <iui avait fondé en ic)<xj la Western Canada Power à la tête (luciuel est M. C.-Il. Cahan, président des deux sociétés.

Deux petites eou)pa<^niies, la Tsini])ean Light & Power et la Continental Power, existaient déjà; en les achetant, la l'rince Rupert s'est assuré le monopole des chutes des rivières Khtada et Falls Rivers, tributaires de la Skeena, dont l'embouchure forme le port de l'rince Rupert.

et pour aider à l'extension de la \ille de PriiK e- Ru|)ert, (|ui s'auf^mente à vue d'œil, on a installé deux {générateurs à jjétrole de 750 HP chacun, du type Diesel, en attenchint (|u'on ])uisse construire une unité hydro-électrique de $,œxj HP, qui sera sans doute terininée au moment où les trains du (irand Trunk Pacific parviendront à leur jjoiiit l(M-niinus, sans doute en septembre 19 14.

La ville est à 64 kilomètres de l'usine, mais beaucoup d'établissements industriels seront cons

Une rue a rRIXCE-Rll'ERT.

La force hydraulique de ces deux cours d'eau est de 40 à 50,000 HP, mais les plans actuellement en exécution se bornent à une production de 15,000 à 20,000 HP au moyen de deux usines, l'une de 1,500 HP pour satisfaire les besoins immédiats de la ville, l'autre de 15 à 20,000 HP qui sera équipée au fur et à mesure des besoins futurs.

Cette seconde usine est en construction à 24 kilomètres en amont de Port Essington, au confluent de l'Ecstall River et de la Skeena, sur la rive gauche de celle-ci et en face du 42^ mille (67 1/2 kilomètres) de la ligne du Grand Trunk Pacific. Les câbles de transmission traverseront le fleuve et suivront la voie ferrée, mais on ne peut guère espérer que cette usine, dite de la Khtada, soit prête avant le second semestre de 1914.

Quant à la petite usine, on est allé au plus pressé

truits — plusieurs s'installent déjà — le long du fleuve, entre la ville et l'usine, ce qui diminuera la moyenne des longueurs de transmission.

La disposition des forces hydrauliques est avantageuse. La Khtada reçoit les eaux d'un bassin d'environ 45 milles carrés, sur lequel il tombe en moyenne 8 à 12 pieds d'eau par an. Ces eaux s'écoulent dans deux lacs, le supérieur et l'inférieur; le premier a 9 1/2 kilomètres de long et le second i 1/2 kilomètre, puis, sur une distance de 2 kilomètres à peine, la rivière tombe de 1 10 mètres jusqu'au point où se construit la grande usine qui est au niveau de la marée haute. Avec des barrages appropriés, ces deux lacs formeront d'excellents réservoirs qui égaliseront le débit de la chute pendant toute l'année.

Il est évident que ces forces hydrauliques sont

Lk Canada Ilustré

moins piuss.mlos (]uc celles de l.i Western (".in.ul.i Power et surtout que relies de la Sliawini^an W'ater & Power, mais la Prmce Rupert C" doit envo}"er son éncrj^ie électrique moins loin que la Shawinigan, située à 145 kilomètres de Montréal, son principal client. Enfin, elle s'est assuré le monopole de la production du ga/. et compte avoir celui de la force pour les tramways et les docks, et c'est précisément en quoi cette Société est particulièrement intéressante. Elle n'a pas été créée pour ce qui existe, mais pour ce qui existera le jour où le chemin de fer et le port prendront ensemble leur essor. Tout a été calculé pour grandir parallèlement, de façon que les développements successifs de la ville et du port soient servis aussitôt par les développements de l'énergie électrique et du gaz.

La Société de Prince Rupert n'a fait, d'ailleurs, qu'imiter le gouvernement colombien, qui a construit dans ce bourg de 6,000 âmes des monuments pour les services publics d'une capitale. Le Grand Trunk, de son côté, construit un vaste hôtel et des aménagements considérables pour le terminus de ses voies ; dans le port, on construit des cales sèches et des docks. Prince-Rupert est actuellement un des points les plus intéressants du Canada.

Electricité.

L'ne des questions les plus importantes est celle des canalisations électriques par câbles armés, posés sur poteaux ou simplement dans la terre ou, sous le sol, dans des caniveaux et même dans de véritables galeries.

Lorsque les lignes de transmission sont aériennes, montées sur poteaux de bois, les fils conducteurs se chargent parfois en hiver de verglas si épais et si lourd qu'il se produit des ruptures dangereuses et coûteuses à réparer. Il est vrai que ces inconvénients peuvent être évités en plaçant les canalisations sous terre, mais alors on augmente beaucoup le prix de premier établissement.

Il y a ensuite la question des câbles, qui se font en cuivre et en aluminium, soit nus. soit isolés et armés. Les câbles nus ne se posent guère que sur pylônes ou poteaux élevés et présentent toujours un certain danger. Pour les canalisations souterraines, on adopte presque toujours les câbles isolés et armés.

La conductibilité de l'aluminium est de 60 0/0

de (elle du ( ui\rc et les deux métaux se coiujjortcnt relatixenient comme suit :

Poids jjour une conductibilité égale :

Cuivre i

Aluminium o 500

Section i)our une conductibilité égale :

Cuivre i

Aluminium i 64

Diamètre j^our une conductibilité égale :

Cuivre i

Aluminium 1 28

La pose des câbles armés dans des tranchées est simple, rapide et peu coûteuse, mais l'entretien peut coûter fort cher quand les canalisations sont importantes ou placées sous des trottoirs possédant un revêtement en asphalte ou en dalles.

La pose des câbles dans des canalisations protectrices est indiquée dès que les canalisations sont un peu importantes; on emploie des poteries et même des caniveaux métalliques qui permettent l'accès pour les réparations au mo\en de regards placés de distance en distance.

Quand les canalisations sont très importantes, les galeries sont préférables parce qu'elles permettent les investigations rapides sur toute la longueur, qui facilitent les réparations immédiates. A Paris, plusieurs secteurs ont pu, malgré les égouts et les divers services publics, placer ainsi leur canalisation. Il faut conclure que, suivant l'importance des canalisations, on devra employer Tune ou l'autre de ces méthodes.

La plus grande partie de ce qui concerne, au Canada, l'application de l'énergie électrique aux services industriels publics ou privés est entre les puissantes mains de la Canadïan General Electric Cy.

La Cax.adiax Gexer.\l Electric C a été fondée

en 1891 par la General Electric de Shenectady

New- York), l'une des plus puissantes maisons des

Etats-L'nis; cette origine confirme ce que nous

avons exposé au chapitre précédent, que l'industrie

canadienne avait en grande partie sa source dans

l'industrie américaine déjà florissante de l'autre

côté d'une frontière plutôt idéale. Cette origine

devait se retrouver surtout dans les industries plus

recherchées, plus spéciales, comme l'industrie

électrique.

I K Canada Ii.i.isirk

Traiii>>ay.s.

On |HMit dire i\\\v l'applu alioii de l'énerf^Ie électriciuc à l.i Iraitiun des lr<uu\va)s est une s|)Crialilé de l'industrie canadienne. Jusqu'en I<S(>S, les hommes d'affaires canadiens n'osèrent pas utiliser les grandes forces li\(lraulicjues qui existaient sur toute l'étendue de leur pays, à cause de l'incertitude où ils étaient de la possibilité de transporter à de grandes distances l'énergie électrique que ces chutes produiraient. Les expériences de Marcel ])epre/. n'étaient parvenues qu'en 1886 à résoudre le problème; il axait pu transporter à 56 kilomètres une force industriellement utilisable de 52 chexaux, a\ec un rendement de 45 0/0. On était encore l)ien loin des distances atteintes aujourd'hui et surtout des rendements actuels, mais les progrès de la science marquaient le commencement d'une ère nouvelle jiour les ingénieurs canadiens. Une légion de spécialistes se forma bientôt au service de groupes financiers puissants qui entreprirent dans le monde entier la transformation des services publics de force, de lumière et de traction, au moyen de l'énergie électrique puisée à de grandes distances.

C'est ainsi que Rio- de Janeiro, Mexico, Sâo- Paulo, Toledo dans l'Ohio, Trinidad, la Havane, Détroit, Duluth, Puebla au Mexique, furent dotés de tramways et d'énergie électrique. Nous ne nommons ici que les entreprises étrangères ; au Canada, des sociétés analogues existent dans toutes les villes un peu importantes et nous avons vu, en étudiant les forces hydrauliques du Niagara, que le gouvernement avait provoqué la création d'une société hydro-électrique nouvelle pour desservir les municipalités de la presqu'île de Toronto.

Parmi les nombreuses sociétés de tramways électriques canadiennes, nous en choisissons trois, pour donner une idée des différentes exploitations : la British Columbia Electric Ry, la Toronto Ry et la Winnipeg Ry ; les deux premières sont parmi les Sociétés les plus anciennes de leur groupe et la troisième présente des conditions de constitution particulières dans la capitale des provinces du Centre.

La British Columbia Electric Ry (Compagnie du Chemin de fer électrique de la Colombie Britannique) a été fondée à Londres en 1897. Son siège social est à Londres, avec un bureau canadien à Vancouver. C'est une importante compagnie de chemins de fer électriques qui tient la tête des

compagnies ( anadiennes et dniil le cajjital actuel est de .( millions de livres sterling.

Constituée selon la loi anglaise, la Société a obtenu, depuis, une ( liarte du gouvernement de la Colombie Britannique.

Elle exploite un réseau de chemin de fer élec trujue de 376 1/2 kilomètres et iournil l'éclairage et l'énergie électrique aux villes de Vancouver, Yancouver-Nord, Westminster, Steveston, Victoria et autres.

Ui\E STATION ÉLECTRIQUE DC TRAMWAY UE WlXNIPEG.

La population de Vancouver a quadruplé dans les dix dernières années; il a fallu augmenter dans toutes les branches les moyens d'exploitation de la société et cela n'a pas été sans de grands frais, occasionnés surtout par les travaux de voirie à Vancouver et à Victoria où les canalisations ont été bouleversées et refaites.

La Société a élevé la digue du lac Coquitlam de façon à augmenter la hauteur de chute de 20 mètres; un tunnel de 4,258 mètres a été élargi; la production de force de l'usine hydro-électrique du lac Buntzen a été augmentée et a atteint en 1912 70,000 HP.

Dans l'île de Vancouver, on a installé une nouvelle force hydraulique à Jordan pour desservir la ville de Victoria, de façon que cette force puisse être plus tard augmentée parallèlement aux besoins.

Des négociations ont été entreprises entre la Société et la municipalité de \'ancouver dans le

Le Canada Illistré

Kiluint-lr*s

lie voifs

Voitures

en

eu

rxploitatiou

8*T\nce

but d'unilier les diverses concessions; >c> lu'-Lruciations n'ont pas encore abouti.

Enfin, une nouvelle ligne de ^2 kilunicircà a cté construite pour relier \'ictoria à la péninsule de Saanich. Ces extensions de la Société sont fidèlement exprimées par les chiffres suivants :

Plus ancienne que la British Columbia Electric Railway. mais moins importante, la TORONTO RaIL- WAY a été fondée en 1851 pour exploiter le monopole des tramways de la ville de Toronto jusqu'en 1921. Ce monopole a été accordé moyennant le paiement d'annuités à verser à la municipalité d'après l'échelle suivante : 800 sur un chiffre de recettes brutes non supérieur à $ i million. 10 0/0 jusqu'à $ 1.500.000, 12 00 jusqu'à $ 2 millions. 15 00 jusqu'à $ 3 millions et 20 0,0 au-dessus de $ 3 millions. De plus, la Société paye une taxe de 800 dollars par mille de voie simple en exploitation 1.609 mètres) et $ 1,600 par mille de voie double

A la suite d'une combinaison faite en 191 1. la Société contrôle les compagnies suivantes : la Toronto Power, dont elle possède les deux tiers du capital ; la Toronto and York Radial ; la Toronto Electric Light. dont la Toronto Power possède presque tout le capital; l'Electrical Development Cy cf Ontario, dont les actions appartiennent aussi à la Toronto Power.

La Toronto Ry a pour président sir William Mackenzie, qui préside aussi la Winnipeg Electric, la Brazil Traction et beaucoup d'autres sociétés. Sir William Mackenzie et son associé, sir Donald Mann, sont les propriétaires du troisième transcontinental, le Canadian Xorthem Ry. Quand sir \V. Mackenzie fondait en 1891 le Toronto Ry, il était déjà l'un des premiers promoteurs des affaires de ftJrce, lumière et traction par les usines h}-dro-électriques. que les spécialistes canadiens allèrent bientôt installer jusque dans le sud de l'autre Amérique. Il y avait à peine cinq ans qu'on avait réussi à transporter à distance l'énergie électrique et chaque jour voyait de nouveaux progrès réalisés dans la longueur des lignes de transmission et dans le rendement des forces utilisables.

Située à moins de 50 kilomètres à vol d'oiseau des chutes du Niagara, la capitale de l'Ontario

devait être une des premières villes du Canada à équiper ses ser\ices publics de traction, de force et de lumière; nous avons vu que sa municipalité avait été l'instigatrice des efforts faits au Niagara. La Toronto Ry Cy n'a pas manqué à sa tâche, augmentant ses ser\ ices au fur et à mesure des besoins de la population, modifiant ses lignes |x»ur décongestionner le trafic dans certaines parties de la ville trop encombrées, réunissant sous son contrôle les différentes entreprises de force et lumière existant déjà et contribuant de tout son pouvoir à l'e.xtension d'une ville qui, depuis plus d'un an, figure au premier rang des municipalités du Dominion sur la liste des demandes d'autorisation de construire.

Les annuités qu'elle a versées à la municipalité de Toronto en 191 1 sont en augmentation de 1302 0/0 sur celles de 1910. Leur total atteint $ 822,233.

Lac du Boxxet:

Barrage de la Wlnmpei^ Electric Radlwav.

La WnoaPEG Electric a été reconstituée en 1904 pour fusiormer la Winnipeg Electric Street Railway et la Winnipeg General Power. Elle possède le monopole des tramways, de l'éclairage et du gaz dans les villes de Winnipeg, capitale du Manitobei, et Saint-Boni face. Elle exploite directement 120 kilomètres de voie ferrée avec 204 voitures de voyageurs et 27 voitiu-es de ser\ices auxiliaires. Elle possède en portefeuille le capital de la Suburban Rapid Transit C qui exploite 2/ kilomètres de voies dans la banlieue et elle contrôle la Winnipeg Selkirk and Lake Winnipeg R}", qui possède un réseau de 35 kilomètres entre Winnipeg et Selkirk ; le capital-actions de cette société est presque en entier dans son portefeuille.

Les concessions de la Société, en ce qui concerne les services de tramways, de gaz et d'éclai-

ISÛ

Lk Canada Illustré

ra^'C, sont ii(M|t(i lU'l les, ni, ils suii un >ii(i|h i|c ne lui est .u'(iuis sur 1rs 1 1 ,iiu\\ .i)s (pic ]us(iu'cii U)-'/ à \\'imu|)c^ et )us(iu'cu n)4-; ii S.uiit-lJouilacc. A l'cxpiraticMi dos monopoles, les villes devroiil liuheler la concession ou prolonj^er le monopole.

La redevance payée par la Société à la \ille de W'innipeg est de 5 0/0 des recettes brutes et 20 dollars par voiture en service.

Le capital de la société est de 10 millions de dollars c\\ .ictions c\ de 5 millions en obligations.

Ses recettes sont en progrès constant et l'on annonce cjue pour les trois premiers mois de 1913, elles se chiffrent par -t^ 433.570, en augmentation de $ 18,232 sur celles de la même i:)ériode en 191 2.

Télégraphes.

Au Canada, les grands monopoles sont à peu près inconnus, et leur conception semble être diamétralement opposée au tempérament canadien. L'industrie des télégraphes et des téléphones y est donc libre comme toutes les autres et fait l'objet de nombreuses sociétés, dont les plus importantes sont les Sociétés Mackay pour les télégraphes et les téléphones, et la Bell Téléphone - Company pour les téléphones. Avant d'examiner rapidement ces deux sociétés, disons que presque tous les services publics de télégraphe électrique sont exploités par une grande société américaine, la Great North Western Telegraph Compan)'.

En 1879, une compagnie canadienne qui venait de se fonder sous le nom de Dominion Telegraph Company louait tous ses fils pour quatre-vingt dix-neuf ans à la American Union Telegraph Company de New-York. En 1881, celle-ci fusionnait avec la Western Telegraph, qui assumait toutes les charges du bail de 1879. En 1881, le bureau principal de la Great North Western Telegraph, qui était à Winnipeg, fut transféré à Toronto, et la Great North Western signa avec la Montréal Telegraph un bail de quatre-vingt-dixneuf ans par lequel elle prenait l'exploitation de ses lignes. Alors la Western Union Telegraph sous-loua à la Great North Western Telegraph les fils de la Dominion Telegraph placés à l'ouest des provinces du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse, en conservant pour elle-même les lignes existant dans ces deux provinces.

En vertu du bail primitif, la Western Union Telegraph sert à la Dominion Telegraph un dividende de 6 0/0 annuel payable trimestriellement et d'avance au capital de % i million de la Dominion.

Nous ne voyons pas d'intérêt à nous attarder dans ces combinaisons de sociétés qui aboutirent a mettre entre les mains des Américains, spécialistes émérites, l'exploitatitjn des lignes télégraphicjues canadiennes; le Canada et les Canadiens n'avaient qu'à y gagner.

Disons seulement un mot des Mackay Compaiiies, (]ui d'ailleurs sont américaines elles aussi.

Les Mackay Companies sont une affaire américaine régie par des lois du Massachussets, mais ses actions ont pris depuis longtemps une place importante sur les marchés financiers du Canada et sont considérées comme une valeur très sûre bien que la responsabilité des actionnaires ne soit paslimitée.

Poste Marconi.

I^es Alackay Companies ont acquis le contrôle de plusieurs des plus puissantes sociétés de télégraphes, câbles et téléphones aux Etats-Unis, mais elles n'ont jamais cherché à constituer un trust pour se saisir du monopole, et cette sagesse prudente les met aujourd'hui à l'abri des coups qui atteignent les trusts américains.

Elles possèdent la Commercial Câble Company, qui exploite cinq câbles transatlantiques depuis plus de vingt-cinq ans; la Postal Telegraph Company, qui a inauguré un service accéléré entre les plus importantes villes des Etats-Unis, permettant la délivrance d'une dépêche dans les vingtminutes qui suivent son expédition.

Les réseaux de la Commercial Cable Company et de la Postal Telegraph Company comprennent

Li-: Canada Ilu si ri:

eiuiiou 5(>3,i5o kiloiiutros de lils u'>K''^r<i))liKiucs cl 45.S5C) kilomètres de càliles iraiisiiil.nituiues et transp.iciriques. En ic)io, les Mackay Conipanies ont veiulu à un l)on ])rix Sj.(XX) actions de F American Téléphone and Telej^raph, qui cotaient à ce moment $ 140. Leur politique consiste à laisser autonomes les compayjnies contrôlées et à ne prélever sur leurs recettes que les sommes nécessaires pour payer les charges d'administration et les dividendes aux actionnaires des Mackay. 11 en résulte que les bilans des Mackay Companies sont des plus brefs et que les compagnies contrôlées mettent en réser\e une grande partie de leurs bénéfices. Ainsi, l'on sait que la réserve de la Commercial Cable se montait en i y 10 à $ 8 millions.

On sait aussi que les employés des Mackay Companies possèdent pour plus de $ 2 millions d'actions, ce qui augmente la confiance du public. D'ailleurs, les frais généraux ne comprennent que les loxers, les services de transferts et le prix des fournitures, papeteries, etc., nécessaires; ils ne dépassent pas $ 32,000.

Le capital autorisé est de $ 50 millions en actions de préférence 4 o/b totalement émis, et $ 50 millions d'actions ordinaires, qui paient un dividende de 5 0/0 en quatre termes.

Télégraphie sans fil.

Jusqu'à la lin de 1901 la télégraphie sans fil n'avait pas pu transmettre une dépêche plus loin que les 300 kilomètres qui séparent le cap Lizard de l'île de \\'ight. Les 11 et 12 décembre 1901, M. ^larconi réussit à percevoir à Terre-Neuve les premières ondes envoyées d'Angleterre à travers les 5,000 kilomètres de l'Atlantique.

Le poste de départ était l'établissement du Poldhu au cap Lizard Cornouailles' et le poste d'arrivée avait été établi à Terre-Xeuve, dans l'hôpital des Contagieux, d'où l'on avait lancé un énorme cerf -volant à 135 mètres de hauteur, qui recueillait les ondes hertziennes. Les 1 1 et 12 décembre 1901, à six heures du soir, le poste du Poldhu devait lancer, dans des conditions convenues d'avance, les trois brèves de l'alphabet Morse signifiant la lettre S.

A l'heure convenue, M. Marconi et son aide reçurent à Terre-Xeuve la transmission et cette grande nouvelle fut aussitôt télégraphiée aux rois d'Angleterre et d'Italie, ainsi qu'au président des Etats- L nis. Les journaux sérieux discutèrent la portée de l'expérience, tandis que les feuilles satyriques

s'amusaient à des plaisanteries faciles, mais le succès fit taire cette polémique.

Le Canada établit bientôt une slatujii de télégraphie sans fil à Glace liay Cajj-Breton, en Nouvelle-Ecosse), d'où les premières déjjcches américaines furent lancées vers l'Europe.

Depuis cette époque la télégraphie sans fil n'a cessé de s'étendre sur la moitié orientale du Canada. Lorsque fin 191 3 les trois nouvelles stations des grands lacs seront achevées, le Canada possédera le réseau de télégraphie sans fil le plus important du monde entier. Les postes s'étendront de Port-.Arthur à l'ouest du lac Supérieur jusqu'à l'océan Atlantique, de sorte que la navigation de tout le chenal du Saint-Laurent, sur une longueur de 3,250 kilomètres environ, se trouvera aidée et contrôlée p^r la télégraphie sans fil.

Téléphones.

Le gouvernement fédéral a publié, dans le recensement de 191 1, un rapport sur l'exploitation du téléj^hone, qui est le premier sur cette matière. Les statistiques qu'on }■ trouve n'ont certainement ]vis la précision qu'elles auront plus tard, parce que les renseignements donnés par les compagnies pri\ées répondent parfois mal au questionnaire administratif, soit que les questions aient été mal comprises, soit que les sociétés préfèrent ne pas mettre le ministère trop au courant de leurs affaires. Tel qu'il est, le rapport est intéressant.

Au 30 juin 191 1, il y avait au Canada 537 compagnies de téléphone réparties de la manière suivante :

(',a]pilal iuvcsli

31g en Ontario § i .755.628

32 en Québec 18.281 .630

16 en Xouveau-Brunswick 1.3 13. 781

14 en Nouvelle-Ecosse 2.597.380

3 en Manitoba 8.315! 000

143 en Saskatchewan 1.959. 511

4 en Alberta 2 . 432 . 80 1

5 en Colombie Britannique 2.523.249

I dans l'île du Prince-Edouard... 165.000

Trois réseaux étaient exploités par les gouvernements provinciaux : en ]\Ianitoba, Saskatchewan et Alberta; vingt-cinq par des municipalités, dont vingt et un dans l'Ontario et quatre dans l'Ouest ; trois cent huit par des compagnies en commandite ; cent un par des sociétés coopératives ; quatre-vingtdeux par des particuliers et dix-huit par des maisons associées.

Lk Canada Ii.i-I'stré

1 c'> riinipaj^iiios iMi {■niiiin.iiulitc cxploilciil ])r('s <]iie toutes (les réseaux télé|)li()ni(jues ruraux, dont l'usaf^e s'est fort répandu dans les bourgs ou petites localités, à cause des facilités qu'ils apportent aux affaires et de leur bon marché.

("es très nombreuses exploitations se partagent un c.ipital de ])remier établissement relativement modeste de $ .|(i millions, dont prcs de moitié a été fournie par la province de Québec. Le chiffre import. mt de $ 18,281.630 tient en grande ])artie à la ("omp<ignie Bell Téléphone of Canada, dont le siège social est à Montréal, pour les deux provinces de Québec et d'Ontario.

Le matériel des compagnies a c()ûté $ 34,737.5 2(j pour 3(12,75'.) téléphones et i,K)7.55i kilomètres de longueur ':1e fils. La capitalisation totale revient à $ 132.26 par téléphone, et les téléphones ruraux se développent sur 178,623 kilomètres.

Le 4 mars 191 3, le câble hebdomadaire adressé par le ministère d'Ottawa à ses représentants en Europe disait qu'il y avait 370,884 téléphones e:n usage dans le Dominion du Canada, soit en moyenne un instrument pour vingt personnes.

La longueur des réseaux se répartit, par provin ces, de la façon suivante :

Kilomètres

Ontario 62 . 206

Québec 765 . 799

Nouveau-Brunswick 33 • 5 iQ

Nouvelle-Ecosse 38.412

Manitoba 29.951

Saskatchcwan 45 .045

Alberta 32 . 689

Colombie Britannique 96.310

Ile du Prince-Edouard 3-620

Les fils pour téléphones à longue distance s'étendent sur 152,452 kilomètres.

Le rapport officiel ne cache pas qu'il a été difficile de connaître les chiffres des dépenses d'exploitation et plus encore ceux des recettes, surtout dans les compagnies rurales. Cependant, il donne les chiffres suivants, qui paraissent très près de la vérité.

Les dépenses totales d'exploitation sont de $ 6,979,045, et les recettes de $ 10,068,220, laissant un bénéfice global de $ 3,089,174.

Ce revenu correspond à $ 33.25 par téléphone et à $ 9.09 par kilom.ètre de réseau.

Ces données statistiques officielles suffisent pour montrer avec quelle rapidité le Canada

.idoplc tous le.-i pcric( tHMiiiciiK^nls iiouxcaux de la civilisation. L'automobile et l'électricité sont les magiciennes modernes qui bouleversent les anciennes conditions de l'existence; elles péiutrcnt dans les \ ieux ])ays d'Iùirope avec une certaine lenteur, résultant d'habitudes ancestrales et de la méfiance commune aux paysans de tous les jjays très civilisés. Au Canada, pays neuf où tout est à faire, oii rien ne s'oppose à l'établissement d'habitudes et de mœurs nouvelles, les hardis colons qui sont venus y chercher fortune adoptent de prime abord et sans hésitation tout moyen nouveau, si étonnant qu'il leur paraisse, qui peut augmenter leurs bénéfices ou hâter leur bien-être. Les fermiers ont des automobiles pour les transporter vite et pour labourer vingt sillons à la fois; ils ont le téléphone, et pour le payer moins cher ils créent des réseaux ruraux. Non seulement nos jxiysans de France n'ont pas l'idée d'en faire autant, mais ils ne le pourraient pas s'ils le voulaient, car ils se heurteraient au monopole de l'Etat.

La Bell Téléphone Company of Canada est la plus importante des entreprises de téléphone canadiennes. Créée il y a plus de trente ans sous la protection de X American Téléphone & Telegraph Company, qui possède encore 38.58 0/0 de son capital-actions, elle exploite plus de 87,000 kilomètres de fils téléphoniques. On ne ])eut ])as dire que l'American Téléphone & Telegraph C" exerce un contrôle complet sur la Bell Téléphone Company of Canada, puisqu'elle ne possède qu'un i)eu plus du tiers du capital, mais en fait elle a sur la société une influence prépondérante et qui est toute à l'avantage de la Société canadienne, car il est reconnu que la compagnie américaine est une des sociétés les plus sagement conduites des Etats- Unis.

Cette gestion sage a eu ce résultat que les recette^des deux sociétés ont suivi une progression régulière qui n'existe que bien rarement dans les autres industries. ^lême la profonde crise américaine de 1907 et la période de dépression qui l'a suivie n'ont pas influencé les deux compagnies comme elles ont influencé les chemins de fer et les entreprises métallurgiques des Etats-Unis et du Canada. En igo8, les recettes nettes de la Bell Téléphone ont été, malgré les circonstances générales, en augmentation sur celles de l'année précédente, quoique les recettes brutes fussent en diminution. Cette exception a été très remarquée; elle prouve l'excellente gestion de la Compagnie et tient à ce que l'usage

Le Canada Illistrk

du téléphone, beaucoup jilus répandu dans le Nouveau Monde que dans l'Ancien, est tellement entré dans les niœuis des honunes d'affaires et des particuliers qu'il ne dépend i:)our ainsi dire plus de la situation économique.

Les proj^rcs de la Bell Téléphone sont attestés par le nombre croissant de ses abonnés et la longueur plus grande de ses lignes. En 1904. elle a (K),i(xi abonnés et 51,537 kilomcties de lignes; en 191 1, les abonnés sont 153,959 et les lignes atteignent 93.280 kilomètres. Les chiffres sont à j^eu prôs doublés en sept ans, bien que, dans cette période, la Société ait cédé, en 1908 et 190^, aux gouvernements canadiens, des réseaux entiers dans le Manitoba, la Saskatchewan et l'Alberta.

La Compagnie a des contrats avec plus de 433 compagnies indépendantes desservant 45,ocxj abonnés.

\'oici les résultats obtenus depuis k/jô par la Bell Téléphone Company of Canada :

Années Recettes brutes Recettes nettes Abonnés

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