‹ Le Canada illustréChapitre 34 sur 80 · I . I *'xj · texte numérisé non relu

I . I *'xj

CHAPITKl: W'I

I^ulpe et Papier.

L'industrie de la pulpe et du papier a été nommée, à juste titre, l'industrie nationale du Canada. Aucune autre n'a pris un développement aussi rapide ni une prépondérance aussi grande sur les autres pays et l'industrie de la pulpe et du papier continuera à y grandir parce qu'elle trouve au Dominion, dans des conditions inconnues partout ailleurs, une richesse inépuisable en bois à pulpe et partout la houille blanche, c'est-à-dire les forces h}drauliques qui permettent de fabriquer à bon marché.

La fabrication du papier avec de la pulpe de bois a pris naissance en Allemagne vers 1846; il y a deux méthodes pour transformer le bois en pulpe à papier : le procédé dit sulfite ou mécanique consiste à écraser les bûches en les faisant passer sous des meules qui les réduisent en pâte épaisse qu'on blanchit au bisulfite de chaux. Après lavage et tamisage, la pâte passe par des cylindres qui la sèchent, puis elle est mélangée à de la cellulose et arrive à la machine à papier.

Dans le procédé chimique ou sulfate, les bûches sont coupées en petits copeaux qu'on soumet à des réactions chimiques. Pour réduire les bûches en pâte, pour faire marcher ces lourdes meules et toutes ces machines, il faut disposer d'énormes forces à bon marché et de grandes quantités de bois dont le transport ne soit pas onéreux. C'est pourquoi l'on peut créer presque partout, au Canada, des fabriques de pulpe. Cependant, au début, les usines de pulpe ne se multiplièrent pas vite.

Dans le rapport officiel de 1871 les fabriques de pu]p>e à papier ne figurent pas. Le rapport de iSSi énumère cinq fabriques à papier, représentant un capital de $ 92.000 et fabriquant annuellement S 63,000 de pulpe. En 1891. ce chiffre s'était augmenté; il y avait vingt-quatre fabriques de pulpe représentant un capital de $ 2,900,910 et produi-

sant $ 1,057,070 de pulpe. Depuis 1891, la progression a été toujours plus rapide, mais le service des statistiques du ministère de l'agriculture eut quelque difficulté à faire la différence entre l'organisation des entreprises nouvelles et l'agrandisse ment des anciennes.

6û Cordes ue dols polr I'llpe av sn.FiTK,

USLVE DE RiORSO.V.

Au commencement du vingtième siècle il y avait trente-cinq fabriques de papier officiellement reconnues, ayant une capacité totale de 387,0(X) tonnes par an, dont 204,000 tonnes de pulpe mécanique, 17.750 tonnes de pulpe à la soude et i6o,ocki tonnes de pulpe chimique; ces fabriques produisaient à peu près 70 o o de leur capacité. A cette époque, les exportations de pulpe s'élevaient déjà à plus de $ 2 millions par année; à la fin de 1905, le Canada possédait cinquante-cinq fabriques, produisant 2,470 tonnes de pulpe par vingt-quatre heures et trente-huit plus petites produisant 854 tonnes par vingt-quatre heures. Le recensement de 191 1 releva cinquante- quatre usines, dont vingt-

Le Canada Illusirh

huit (l.iiis 1,1 pitixiiuf (le (Jik'^Ik'c, (|u;ili)r/c diius l'Ont. irio, (luiitrc en N()u\c;\u-15nnis\\i( k, sept (m\ Notnellc-lù iihsc et une en Colouiliie Britannique. Ce (l('"\elt)|)|ieinent industriel ne se ralentit ])as et (■ha(|ue année on annomc raj^randissenient des fabriques anciennes un la construrtion de nouvelles fabri(]ues.

En nyx), les exportations totales du Canada en pulpe, papier, imprimés et livres dépassaient 2 millions de dollars; il envoyait $ 562,178 de pulpe seule en An<;leterre et $ 1.193,753 aux Etats-Unis, $ 2,718 de papier en Angleterre et $ 48,05:^ aux Etats-L'nis.

Usines de la Riordox Pulp et Paper Milles. Rivière Ottawa.

En 1910, les exportations du Canada dans cette branche industrielle ont présenté les chiffres suivants :

E.Kpox'tations Eu

totales Aux Grandi-

101(1 tous pays Etats-Unis Bretagni-

Pulpe mécanique S 3.545.751 2.577.990 888. 898

Pulpe chimique 1.658.846 1.597.31g 42.252

Papier et produits en

papier 3.156.096 1.293.435 912.524

Livres et papeterie... 271.013 152.672 82.137

Totaux I 8.631.256 5. 621. 416 1.925. 811

En igio, également, le Canada a exporté aux Etats-Unis seuls 965,271 cordes de bois à pulpe valant $ 6,076,628.

On voit que les exportations canadiennes ont augmenté de plus de 400 0/0 en dix ans.

En 1911, la production canadienne du bois de pulpe s'est élevée, au total, à 1,520,227 cordes. ^La corde est de 3 stères 624), présentant une diminu-

tion sur 1'. innée KjKi, dont la |)rodu(tion ;ivait été de I , v| i,()J.S cordes.

La valeur de cette ])ro(iuction était de $ 9 millions ()78,()i() pour i()i I e1 $ (j,7(j5,ck)0 pour igio, la ((irde rliinl estmiéc en iiiox'cnne à $ '^'■37 en l()l(i et .$ (1.3^ en Kji i.

Ce Ixiis de pulpe a été utilisé, savoir :

Cordes manufacturées dans les usines

canadiennes 672.288 598.487

Cordes ex])ortées 847.939 943- '4'

On \oit fjuc l'exportation a (iiininué d'une année à l'autre de près de 100,000 cordes, qui ont été, à peu de chose près, manufacturées dans le pays.

De toutes les provinces du Dominion, c'est celle de Québec qui possède en même temps les plus grandes quantités de bois de pulpe et les forces hydrauliques les jolus nombreuses et les plus disséminées. Ses vingt-quatre usines ont absorbé 58 0/0 de la quantité de pulpe employée au Canada et, en 191 1, leur consommation s'est augmentée de 47,670 cordes.

La province d'Ontario et ses quatorze usines ont employé 33 0/0 de cette quantité avec une augmentation de 3,115 cordes; le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse et la Colombie Britannique n'ont pas beaucoup modifié leurs chiffres antérieurs, mais il semble que les nouvelles usines projetées dans le Nouveau-Brunswick vont donner un grand essor à l'industrie de cette province dont les forêts sont restées beaucoup plus intactes que celles des provinces situées plus à l'ouest.

En 191 1, les cinquante-huit usines canadiennes ont produit 496,833 tonnes de pulpe avec une augmentation de 22,229 tonnes sur 1910, dont 257,519 tonnes valant $ 4,872,790 ont été exportées aux Etats-Unis. Cette exportation est remarquable par ce fait qu'elle augmentait de 3,103 tonnes pour les Etats-Unis, tandis que le chiffre général de l'exportation canadienne diminuait de 69,463 tonnes.

C'est donc vers les Etats-Unis que s'achemine l'exportation des bois et pulpe canadiens et c'est la province de Québec qui en expédie le plus, toujours à l'état brut. En 191 1, plus de la moitié de la production canadienne, exactement 55 0/0, a été ainsi exportée.

Le gouvernement de Québec s'est ému de cette exportation à l'état brut de matières premières dont le façonnage aurait dû rapporter à la province de gros bénéfices, tant pour la pulpe que pour le pa])ier, d'autant plus que les industriels

Lt Canada Illlstré

.uiiéruains, ellra\és des expmiiitions i .in.uliniiies, avaient demandé la lixatiim d'uii droit à l'entrée des pa|)icrs d'imprimerie can.idiens. Le président Taft s'emjiressa de leur obéir en établissant un droit de douane de i}> ^./^ p.ir tt)nne, droit très fort et presque prohibitif. Le gouvernement de Quélîec rendit alors un décret qui prohibait l'exportation, hors la province, des bois à juilpe jiroxenant des forêts domaniales.

Naturellement, les Américanis réclamèrent et leur gouvernement, docile, entama des jjourparlers avec le gouvernement fédéral d'Ottawa; mais ces pourparlers n'eurent aucune suite, le gouvernement canadien ayant répondu que la province de Québec avait agi dans la jilénitude de ses droits.

La situation est donc devenue parfaitement claire et elle oblige les Américains à étudier la seule solution favorable ]:)Our eux : la création au Canada de leurs fabriques de pulpe. Ils ont hésité jusqu'en octobre 191 1, espérant que le traité de réciprocité pouvait les favoriser, mais le rejet par le Dominion de ce traité ne leur laisse plus que cette solution.

Les Etats-Unis consomment par jour 5,000 tonnes de pulpe de bois, soit 1,825,000 tonnes par an, et cette incroyable consommation, due à l'extension des journaux, ne fait que grandir et grandira aussi longtemps que la population des Etats- Unis augmentera.

Les réserves en bois à pulpe des Etats-Unis s'épuisent tous les jours, les forces hydrauliques y sont moins répandues, la main-d'œuvre }' est plus chère qu'au Canada ; tout fait prévoir que les Américains vont s'efforcer d'exploiter sur place les forêts canadiennes, qui leur offrent une matière première à peu près indéfinie, car on sait que les essences de sapin, d'épinette noire et blanche, de pins et de peupliers se reproduisent en vingt-cinq ans.

L'épuisement des forêts de bois à pulpe n'a pas lieu qu'aux Etats-Unis, les forêts de Norvège, bien que moins avancées peut-être, arrivent aussi à s'épuiser et menacent d'entraver l'essor de la presse en Europe. La menace est assez précise pour que MAI. Harmsworth and C". de Londres, propriétaires du Daiiy Mail et d'autres journaux, aient acquis, à Terre-Neuve, un immense domaine forestier, d'où ils tirent leur papier et qui garantit leurs besoins pour l'avenir.

Le Canada trouvera, d'ailleurs, de grands avantages, ainsi que les industriels quels qu'ils soient, dans l'établissement chez lui de ces usines, les

ir.msports seront beau((jup moins onéreux sur les ])roduits fabriqués que sur la matière |)remière, et l'essor prodigieux que prend en général l'industrie canadienne lavorisera sur tous les points ies rapi talistes américains qui s'y eni|)loient.

Nous trouvons dans le comiJte rendu de la séance du 21 avril 1910 de la Chambre de commerce française de Montréal des explications intéressantes sur cette querelle des bois de pulpe et du papier, données par W. J -A. Dubuc, directeur de la Société Chicoutimi Pulpe, une des plus importantes pulj^eries de la province de Québec. M. Dubuc explique que la défense d'exporter le bois de pulpe de la province fut éminemment favorable aux producteurs canadiens qui se préparèrent aussitôt à accroître leurs productions, car il était probable qu'avant d'installer des pulperies au Canada les Américains commenceraient par acheter la pulpe aux Canadiens.

La pulperie de Chicoutimi qui, en 1903, ne produisait que 100 tonnes par jour, en fabriquait -1.00 en avril 1910, quantité qu'elle jiorta immédiatement à 500 tonnes, avec possibilité d'aller jusqu'à i,coo tonnes si c'était nécessaire.

La Société de Chicoutimi exporte ses produits aux Etats-Unis, en Angleterre et en France et elle a des agences dans ces trois pays. L'Angleterre importe annuellement 450,000 tonnes de pulpe, la France à peine 200,000, qu'elle prend, pour la plus grande partie, en Norvège et en Suède. La jiulpe de ces deu.x pays n'est pas exactement semblable à celle du Canada et l'on estime qu'on obtient les meilleurs papiers en les mélangeant en proportions égales.

Malgré de grandes difficultés, Chicoutimi parvint à faire pénétrer ses produits en France où elle expédie environ 20,000 tonnes. La cherté du transport est le principal obstacle. Le port de Chicoutimi est bloqué par les glaces, comme le Saint- Laurent, pendant quatre à cinq mois de l'année; il faut, en hiver, expédier par le port d'Halifax. Alême en été, les grands navires n'aiment pas s'arrêter à Chicoutimi où le seul fret consiste en pulpe; ils demandent, pour y charger, un supplément de prix. La Compagnie de Chicoutimi a été jusqu'à noliser un navire danois de 4,000 tonnes qui fit cinq voyages par an, partant trois fois de Chicoutimi et deux fois d'Halifax, mais le transport est encore ainsi trop cher pour faire concurrence à la pulpe Scandinave.

Il faudrait, pour diminuer son prix, qu'après avoir déchargé la pulpe à Rouen ou au Havre, le

Lk Canada li.i.rsTRi':

n.i\ irr piil lidincr tlii I ici de irloiir. Miiis c'est à (HMiic s'il peut se |)i(H mer le le-^l (|iii lui est iiulis peiis.iMe; il \r prend en s;il)le de !• oiil.imehleiin i]u'il re\end .iii\ verreries e;m,idieiiiies.

Mt \i)iei ciuavee l.i ptilpc nous revenons encore il celte deniiinde londameutaJe du connucrce canadien : une lif^ne directe de ii.i\ ires entre la I' rance et le Canada.

Quoi qu'il en soit, le Canada a t(nit intérêt à s'opposer à l'exportalion de ses bois de ])ulpe. afin que leur mise en \,ili'ur industrielle se fasse chez lui.

L'industrie de l.i pulpe et du ])a])ier a donc, au Canada, un a\enir luagnilique dont il est difficile aujourd'hui d'éxaluer la progression. On peut dire, cejiendant, que les usines canadiennes, qui sont déjà fondées dans des conditions tout à fait favorables, seront les premières à profiter de ce mouvement (]ue rien aujourd'hui ne peut arrêter, ni même ralentir.

Dans la province de Québec, on emploie quatre espèces de bois pour fabriquer la pulpe : le sapin, le balsamier, le sapin noir et le peuplier. En Ontario et en Nouvelle-Ecosse, on utilise le sapin, le balsamier et le peuplier, tandis qu'en Nouveau- Hrunswick on ne se sert que de sapin et de balsamier.

La loi U ndenvnod , portant modification du tarif douanier américain, qui a été présentée au Congres peu de temps après l'installation à la ]vIaison Blanche du président W'ilson, a été fort mal accueillie aux Etats-Unis par les industries qui bénéficiaient le plus des droits protecteurs américains et particulièrement par les fabricants de papier d'impression.

Déjà de grands industriels ont élevé de violentes protestations; des villes entières, dit le Financial Post of Canada, ont suspendu leurs affaires pour manifester leur mécontentement et l'on assure que si le papier d'impression, qui paye actuellement $ 3-75 P^'^ tonne à l'importation aux Etats-Unis, entre en franchise, les fabriques américaines devront émigrer au Canada.

M. P. -T. Dodge, président de Ylnternational Paper 6", une des entreprises les plus considé râbles du monde dans cette industrie, possède déjà une option de compte à demi sur une des princi pales entreprises d'énergie hydraulique canadiennes, et c'est, dit-il, le premier pas vers l'émigration au Canada. Tous les fabricants de papier américains en sont là, ajoute-t-il, le gouvernement canadien leur a offert de grandes facilités et

l'émigrat 11)11 de plusieurs labrupies iiii|)ortantes est déjà prép,ir(''e. I ,,i silii.itioii est de\enue des plus difficiles par la trop jurande réduction des pri> de vente; bien (jue le pn.\ du papier d'impression soit coté 2.15 cents par li\re, ce |)rix n'est |)as encaissé effectivement par l'industriel; il est réduit par les frais de transport et de magasinage et ress(jrt net a I.(J5 cents la livre.

(( Si les fabriques de jjapier américaines, dit le Financial Pusl, émigraicnl en masse au Canada où la loi Sherman contre les trusts n'existe pas, les journaux (|ui ont tant réclamé l'abaissement des prix du papier se trouvera ient exposés aux exigences d'un monoi)ole. h

Cette conclusion, qui sus|)end une épée de Damoclès sur la tête des jcjurnaux américains, semble dirigée contre la loi Underwood, dont le sort serait sans doute compromis si toute la ]:)resse américaine l'attacjuait ; la vérité est que les coalitions, les trusts et les monopoles sont beaucoup moins à craindre, avec ou sans loi Sherman, au Canada qu'en Amérique.

Pour en terminer avec la querelle douanière de la pulpe et du papier, il faut ajouter que le gouvernement de la province de Québec a levé l'interdiction d'exporter des bois bruts des forêts de l'Etat, mais le président Taft a refusé d'accorder l'entrée en franchise à la pâte de bois et au papier canadiens fabriqués avec les bois coupés dans les forêts de l'Etat, estimant que la concession du gouvernement de Québec n'est pas suffisante et que l'entrée en franchise de cette pulpe et de ce papier ne pourrait se justifier que par le traité de réciprocité (i).

(i) Le nouveau tarif douanier américain prévoit des diminutions importantes dans les droits d'entrée du papier et de la pâte à papier ; ces modifications intéressent particulièrement le Canada où cette industrie est florissante. Nous donnons ci-dessous l'ancien tarif et le nouveau ^^ctuellement en discussion pour les principales sortes de

papier et de pâte à papier :

Druit Droit actuel proposé

Papier de journaux provenant de: ~

i<^ Bois de propriétés privées % néant néant

2*' Bois des terres de la couronne 5.75 néant

Papier pour impression provenant de:

3" Bois de propriétés privées néant 12 %

4° Bois des terres de la couronne 10 » 12 %

Pâte mécanique provenant de:

5° Bois de propriétés privées néant néant

6" Bois des terres de la couronne i 67 néant

•j" Pâte non blanchie (bois de propriétés

privées) , néant néant

Li; Canada Illistré

l'ciul.int le >e( uiici sciiicstie i\c lijlJ, l'uuluslnc de la pulpe et du papier .i suhi des niodilications notables par la errai ion de nouvelles usines et par l'extension des usines déjà en exploitation; l'accroissement du connnerce avec les Etals-Unis a été général, les marchandises canadiennes étant plus demandées sur les marchés américains. Nous donnons en note la statistique des exportations du Canada en .Angleterre et aux Etats-Unis pour les années iQio à igi2 i).

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a décidé en ig!2 d'établir sur la rivière Saint-John une usine de pulpe et de papier qui coûtera plus de 25 millions de francs et qui aura, avec la matière première et l'énergie électrique à sa porte, des débouchés considérables aux Etats-Unis et en Europe.

Un grand nombre des usines de pulpe et i)a]ner sont des entreprises privées dont on ne connaît pus exactement les opérations; la plus ancienne et la plus considérable de ces entreprises est la Laurcjitïde Paper, dont la fondation remonte à 1887 et dont les usines sont situées à Grand-]\Ière, sur la rivière Saint-Maurice, dans la province de Québec. Xous étudierons donc cette entreprise, puis deux autres importantes aussi et particulièrement intéressantes, la L.ake Superior Paper, qui se spécialise dans le papier ;; journaux, et la W'ayaga-

])niil Droit aflucl proposé

8" Pâte blanchie ibois de propriétés privées) néant néant

9" Pâte non blanchie des provinces interdisant l'exportation de la pâte 1) "hli 2 »

10° Pâte blanchie des provinces interdisant

l'exportation de la pâte .5 » 2 »

Les chiflFrcs en dollars s'appliquent à une tonne. I,es articles 7 et 2 s'appliquent à des produits d'une valeur ne dépassant pas 2 cents 1/2 la livre ; les autres articles à des produits dont la valeur varie entre 2 cents 1/2 et 4 cents ; sur ce taux, le droit proposé sur les articles 3 et 4 variera, suivant valeur, de % 6.70 la tonne à S 10.75.

Tous ces droits frappent également les produits importés d'une autre contrée que le Canada, sauf ceux de l'article 9. qui s'appliquent exclusivement au Canada, lequel interdit l'exportation de ce produit ; pour les autres pays, la pâte non blanchie est rangée sous l'article 7. Grâce au nouveau tarif, le Canada pourra se créer des débouchés encore plus importants aux Etats-Cnis, mais il y sera en concurrence avec les autres pays importateurs. On peut mesurer actuellement l'importance de ce débouché quand on songe que le Canada importe journellement aux Etats-Cnis 400 tonnes de papier de journaux.

mac k Pulp & Paper cjui ne prtjduil ()uc du papier d'eml)ali.ige.

La LaiRKMIDK PaI'ER C" a été au Canada le protagoniste de Tnidustrie de la pulpe et du papier. Les résultats magnifiques (lu'cllc a obtenus ont attiré l'attention des hommes d'aff.iires et des capitalistes de tous les pays et ont fort encouragé la formation de sociétés analogues. Etant données les conditions exceptionnellement favorables de cette industrie au Canada, ttjutes devraient réussir, mais il serait téméraire d'espérer un succès aussi grand que celui de la Laurentide, dont l'action ordinaire a reçu 7 et 8 0/0 de dividende pendant ces dernières années, après un doublement du capital qui a donné aux actionnaires un bénéfice de 100 0/0. Ce doublement de capital eut lieu en 1909 et, à ce moment, la raison sociale qui était Laurentide Pulp C" fut changée en Laurentide Paper G". Les bénéfices de l'entreprise étaient si considérables que le conseil résolut d')- faire participer les actionnaires en donnant gratuitement à chaque action ancienne une action nouvelle.

La Laurentide doit profiter plus que toutes les autres affaires de pulpe et de papier des circons-

(i) Exportation? canadiennes :

E\ Ancleterrk.

Articles HUil 101 1 V.Wl

Papier collé % 165 325 138

Papier d'imprimerie .. 527.851 306.248 255.212

Papier divers non spécifié 385-397 534.760 358.290

Papier peint 119 171 47

Livres et photographies 87.605 163.369 106.96a

Arx Etats-L'nis.

Papier collé S 5.381 2. 171 5.253

Papier d'imprimerie.. 1.246.822 1.962.832 1.989.863 Papier d'emballage... 104 1.183 68 Papier divers non spécifié 65.106 104.388 84.552

Papier peint 2.128 5.315 6.508

Articles de librairie... 8.156 10.909 11.638 Pâte de bois chimique 1.597. 319 1.298. 162 1.585. 615

Pâte de bois mécanique 2.577.990 3.796.427 2.834.329

La corde est de 3 stères 624. Il faut environ 2 cordes pour fabriquer une tonne de pulpe mécanique et un peu plus pour fabriquer une tonne de pulpe chimique. La tonne de pulpe mécanique vaut environ S 25 et la tonne de pulpe chimique ^ 35 : mais le papier à journaux se vend % 60 la tonne aux Etats-Unis.

Lk Canada Ii.i.rsrRF.

I.mics .11 hu'lK's, c\ sdii .iX'.Mnr scr.i s;ms doiilc di^nc (.le St.)!! passé.

I.a rhiitc (le (jr.iiul Mî-rc, située sur le (ours du S. mit M.iuiMCO, à -I 1 kilduutres de son eniljou cliu!'e d.ius le Saint L.iui-eiit, i>st une inaj^iufitiue

M. nie, silures vis-à-\is l'une de riiutre, sur la rivière S, mile .M;iri(', qui déverse dans le lac 1 luron les c.iux du lac Supérieur, l'une sur la rive américaine, l'autre sur la ri\c raiiadienne. Nous avons dit ailleurs que pendant les sejjt à huit mois pendant les-

cascade de 15 mètres de li.nilcur, du haut de (juels la navijj^ation est possible, le trafic qui passe

laquelle \c .S. mit Maurice tombe prescjue tout d'une par Sault Sainte-Marie atteint le tri])le du trafic du

j^ièce. I .e r.ipport de la commission de conserva- (anal de Suez. Les deux villes sont reliées entre elles

tion lui .ittnbue une force de 40,0(X) HP, mais la p<ir un grand ]3ont métallique sur lequel convergent

Société peut trouver /.(XX) TIP de ])lus dans le six lignes de chemin de fer t|ui desservent les grands

rapide des Hêtres. marchés du Canada et des Etats-L'nis : Montréal,

Usines de la Laurentide Paper a Gr.and-Mère.

L'établissement de la Laurentide Paper C° est construit au bas des chutes, le long du rivage, et les bâtiments s'étagent sur la colline où toute une ville s'est peu à peu bâtie, vivant de l'usine et des industries qu'elle attire. Grand-Mère a aujourd'hui plus de 6,000 habitants.

Les concessions forestières de la Laurentide Paper C", situées dans la province de Québec, s'étendent sur 3,298 kilomètres carrés et l'on annonce que la Société va créer, à proximité de ses usines, une nouvelle station hydro-électrique pouvant fournir 50,000 HP, dont elle utiliserait 20 à 30,000 HP pour ses besoins et vendrait le reste aux usines ou aux populations des environs.

On sait que la plupart des arbres à pulpe se renouvellent en quinze à vingt-cinq ans. On peut donc dire que les propriétés forestières de la Laurentide Paper C suffiront indéfiniment à son exploitation.

Nous devons dire quelques mots d'une ville qui, par sa situation géographique, a pris une grande importance, notamment dans les industries du papier et du fer. C'est la ville de Sault Sainte- Marie.

Il y a deux villes portant le nom de Sault Sainte-

Toronto, Détroit, W'mnipeg, Duluth, Saint-Paul, Chicago. Les mines de fer du lac Supérieur, celles de nickel à Sudbury sur le lac Huron, les productions agricoles du Canada central font de Sault Sainte-Marie une des portes principales entre les deux pays où se croisent leurs richesses. C'est le point de jonction économique où toutes les lignes de navigation font escale, où tous les transports aboutissent.

Vers 1894, M. Clergue, un Français qui avait l'appui financier de gros capitalistes de New- York, voulut exploiter cette situation unique et fonda une usine hydro-électrique sur la rive canadienne de la rivière. L"ne charte fut accordée le 16 avril 1895 à la Lûke Siiperior Power C° pour un capital de $ 400,000. Une filiale, la Tagona ^Yatcr and Lig/it C°, fut immédiatement formée pour bénéficier de fournitures d'eau et de lumière électrique et de la construction d'un réseau d'égouts dans la ville canadienne de Sault Sainte-lMarie.

Deux ans après le même groupe obtint sur la rive américaine la concession d'une seconde station électrique qui s'appela Michigan Lake Superior Poiver C.

Les trois entreprises furent cédées, le 18 avril

Ll Can.\da Illlstré

filiales : Y Al go nui C entrai Telegraph Lines C" et VAlgowa Central Steamship C" .

Nous n'avons pas à raconter ici par le menu les créations multiples de sociétés faites par le groupe Clergiic; nous en avons assez dit

En mai 1901. huit sociétés nouvelles avaient été édifiées pour des chemins de fer, pour des usines métallurgiques, pour cooj^érer aux premières et, à la tête de tout ce merger, se trouvait la Consolidated Lake Superior C". dont le capital pouvait être porté à $ 117 millions, dont 35 millions en actions de préférence et 82 millions en actions ordinaires.

Lenormité des besoins de toutes ces Sociétés, dont aucune ne pouvait entrer dans l'ère des bénéfices avant plusieurs années, conduisit à une situation inextricable.

En mai 1903. le gouvernement d'Ontario dut

.\.\CIEX Block house \ Sault S-UXIE-ALaRIE.

1897, à «ne Société créée ad hoc sous la raison sociale The American Lake Superior Power C°.

Cette Sociéîé-mère devait fournir aux trois filiales les fonds nécessaires à leur déve]opp)ement par des émissions de papier. M. Clergue obtint du gouvernement de l'Ontario deux concessions : celle de la coupe des bois sur plus d'un million d'hectares et celle des mines de fer situées près du p>ort de Michipicoten lac Supérieur^.

Pour exploiter les bois, on créa la Sault Sainte- Marie Pulp and Paper C°, puis, en 1899, îkl. Clergue obtint la concession à perpétiiité d'une ligne de chemin de fer partant de Sault Sainte- ^Nïarie et se dirigeant au nord vers le CcUiadian Pacific Ry et la baie Saint-James. Pour l'exploitation de cette ligne, on constitua YAlgonza Central Ry C°, et pour assurer des services accessoires liés à la ligne, l'Algoma Central Ry C° créa deux

Derrière lx v:i :. : •: - -i:.

LES USKES DE LA L-AKE SCIERIOR P.APER.

Li: Canada Ii.i.i sirk

mUMxciur <i .ix.iiKcr .' iiiillioiis putir ('-vilcr l.i t.ullilr

Imi (>(t(i!)i(> KH'-;, un svikIk.iI ImiiDcici- i\c l'Iiil.i (Iclpliio (Mil i('|)iil Ui r('()r};anis;it idii ilc idiilc l'ai l,im- au nu))'ci) de la J.(//cr Sii/yrrior i Or por(ttion <(mstiUicc au ra|)ital de $ 40 luillions. La réorj^Mnisatioii (UMiianda 1)imu((iii|) dr t(Miii)s et la crise de lyo/ conlrai^nil le syndicat à ])asser la main à un troisième «groupe où les (.ipitaux anj^lais sont représentes jiar l.i Canadi.in Aj^eiuy Ltd. Cette troisième ct)m!)inaison recevant Imit le uierger à des conditions très fa\-orables p(Mit profiter des nombreuses concessions obtenues par AL Cler<:,aic et des énormes dépenses laites par deux grandes Sociétés successives.

Parmi toutes les Sociétés créées au début par M. Clergue, aucune n'était mieux placée et ne lit aussi vite des bénéfices que la Saiilt Saint e-Mctr'ie Piilp and Paper C°. En quelques années, elle put distribuer à ses actions ordinaires des dividendes rémunérateurs, après avoir jiayé 8 0/0 à ses actions privilégiées. Mais elle suivit le sort des autres filiales du merger et ce ne fut qu'en igii ciue la Lake Superior Corporation put s'oc(U]:)er de sa réorganisation.

La fabrique de pulpe et de papier prit le nom de Lake SuI'ERIOR Paper C" et les anciennes installations de la Sault Sainte-Marie Pulp and Paper furent complètement remaniées; on construisit de nouveaux bâtiments en matériaux ignifugés et trois fabriques, l'une de pulpe mécanique, la seconde de pulpe chimique et la troisième de papier.

La Lake Superior Paper passa deux traités avec l'Algoma Central Railway et avec l'Algoma Steel Corporation; le premier lui assure le monopole de la coupe des bois sur 670,000 hectares de forêts aux prix de 55 centimes par stère de bois coupé pendant les dix premières années, et 70 centmies par stère après dix ans. Ce traité la dégage du risque des incendies de forêts.

Par le second traité, l'Algoma Steel Corporation s'engage à lui fournir l'énergie électrique au prix de 25 francs le HP de force hydraulique et de So francs le HP de force électrique jusqu'à concurrence de 11,200 HP force h)'draulique et de 4,000 HP électriques.

L'outillage de la Lake Superior Paper mérite ime mention spéciale.

La Société utilise surtout le sapin blanc. Les arbres, débarrassés de leur écorce et sciés, leurs tronçons sont appliqués, par pression hydraulique,

contre de-, uiciiics louni.iiit d.ms l'eau. Celte opéra lion ddiiiic 1,1 pulpe iii(''( ,iiii(|iic qm, passée au l'iiiii'^. c-^i pictc ,1 (■trc v\\\<.\\vv ,1 1,1 inacliine a I ),ipi('r.

Camp dans i/O.ntario.

Pour préparer la i)ul])e chimique ou ])ulpe au sulfite, on débite le bois en morceaux d'un centimètre seulement de longueur, puis on les place dans une solution de bisulfite de chaux qu'on tire des pyrites provenant en grande abondance des mines de la région. Chauffée à la vapeur, en vase clos, pendant huit à dou/e heures, cette solution donne une pâte épaisse qui, lavée et tamisée, est livrée aux machines à papier. Les installations de la Lake Superior Paper ]jeuvent produire ]iar iour 160 tonnes de pâte mécanique et 70 tonnes de pâte chimique.

En juin 191 2, la Société a installé deux machines à papier produisant ensemble 100 tonnes de papier par jour et en décembre de hi même année deux autres machines semblables.

Pour le papier à journaux, on emploie une pâte composée de 70 0/0 de pulpe mécanique et 30 c/o de pulpe chimique. La matière première est amenée par un tamis métallique roulant qui lui fait perdre une partie de son eau; elle passe de là sur plusieurs feutres de plus en plus chauds, puis entre deux cylindres qui achèvent de la sécher et la transforment en papier brut. Ce papier passe ensuite aux calendres, puis est enroulé sur des dévidoirs pour être vendu.

Avec les déchets inutilisables pour le papier à journaux, la Société fabrique du papier d'emballage. Elle estime que ses bénéfices nets atteindront .$ 10 à 12 par tonne de papier.

La force hydraulique est fournie par un canal de 800 mètres de longueur qui amène l'eau sur les

Le Canada Ii.i.i

turl)incs avec une liniie de () nu'trcs (Itmii.iiil ij,(xxi IIP. I,a Société rec^oit en outre 4.(X)() IIP électriques. A l'exception des défibreurs et des machines à ])apier. toute la lal)ri(]ue est actionnée par l'électricité au moyen d'un courant triphasé de 2.200 volts et d'un courant continu de 500 volts. Huit «générateurs fournissent chacun 5(X') IIP. En mars 11)13, la j^roduction de jiapier a atteint 4,45 !.() tonnes, soit, pour vinj.it-six jours de travail, 17 1.2 tonnes ]iar jour. Pendant les dix ])remiers jours d'avril, elle a été en moyenne de igo tonnes et l'on espère que la cai)acité maxima de 2cx) tonnes sera bientôt atteinte.

L'ingénieur qui a fait les ])lans de l'usine compte sur un bénéfice annuel de /Cxd.cxjo dollars.

A l'est de Sault Sainte-Marie, la rivière Spanish se jette dans le North Channel, vis-à-vis de l'île Manitoulin, a]irès avoir traversé le sud du district de Sudbur}-. A Espanola, station du Canadian Pacific Ry, la .Spanish River forme une belle chute de plus de 20 mètres de haut, donnant au minimum tme force constante de 10,145 HP.

Spanish Rivkr Pclph. isink kt mai-^on dk dief-ction.

Dès 1899, une Compagnie s'était formée sous le nom de Spanish River F ni p and Paper C°, qui avait obtenu, le 21 septembre de la même année, une concession du gouvernement de la province de l'Ontario. En vertu de cette concession, elle pouvait couper et enlever les bois à pulpe et l'épinette tout le long des rivières Spanish, Vermillon, Onaping et de leurs tributaires, jusqu'à une distance de 8 kilomètres de chaque rive. Cette première concession fut renouvelée, en octobre 1909, pour une période de vingt ans avec quelques avantages supplémentaires. On estime qu'elle couvre 6,000 milles carrés, ou 1.554,000 hectares.

En 1910, la Sl'A.MSH Rl\i:R Pi Ll' AND PaI'KR Mills fut fondée pour racheter la .Spanish Ruer Pulp and Paper, ses concessions de bois, ses usines, les chutes de l'Espanola et tout ce qui constituait son actif. La nouvelle .Société, après a\<)ir commencé son ex])loitation, s'est dernièrement fusionnée octobre 1913,^ avec la Lake Superior Paper.

Spa.m^h Rivkr Pim'. moimn kt dkpot dk i;ois.

La \\'AYAGAj\LACK PlLP AND PapeR est une société intéressante à étudier parce qu'elle est une des dernières qui se soient équipées avec tous les perfectionnements industriels conquis par la science et aussi parce qu'elle est une innovation; elle ne fabrique que du ])apier d'emballage. Ce n'est pas un détail de mince importance; le papier d'emballage est brun ou jaune foncé, jamais blanc, de sorte que sa fabrication n'exige pas la première opération qui précède la fabrication des autres papiers de pulpe, l'enlèvement de l'écorce des tronçons d'arbres. Les arbres à pulpe sont présentés aux meules avec leur écorce qui entre, avec les fibres de bois, dans la composition de la pâte. Il y a donc là une première économie de fabrication qui n'est pas à dédaigner.

J. N.Greenshields, qui est le créateur de cette affaire, choisit pour y placer l'usine une position particulièrement avantageuse, celle de l'île Batiste, qui forme, avec la rive gauche du Saint-Laurent, le port de Trois-Rivières, situé au confluent du Saint- Maurice et du fleuve.

La Société possède la concession de 2,869 kilomètres carrés ou 286,976 hectares de bois de pins et de sapins, dans la vallée du Saint-Maurice, connue sous le nom de Batist Liiuits, qui comprend des terrains de construction, des magasins d'approvi-

Lk Canada Ii.i.i;iTRÊ

sioiuu'iiuMit^, (les scieries cl des éciuipeiiiciits de <lcl)ii,i^es tle bois.

I c Saint -Maurice et ses altlueiils portent les b(jis i\c llntta<.j;e jusqu'à l'usine prcscjuc sans frais et réleiidue de la concession est assez grande pour tiue r.ippro\ isionnement de l'usine soit assure pour une i)criode indéfinie, à condition que l'exploitation des bois soit normale ]iar couj^es de viny;t-cinq ans.

Nous avons déjà parlé de la situation de la ville de Trois-Rivières à propos des usines de Shawinigan. En se jetant dans le Saint- Laurent par une sorte de delta, le Saint-Maurice forme plusieurs îles qui le divisent en deux courants principaux, de sorte que les premiers explorateurs ont cru à l'existence de deux rivières et ont nommé Trois-Rivières l'endroit où elles se réunissaient au fleuve. L'agglomération qui s'est formée à cet endroit est devenue une ville de 13,000 âmes, centre manufacturier des plus importants. Au point de vue des transports, l'usine est très bien placée pour profiter du bon marché des frets maritimes; le Canadian Pacific et un embranchement vers le Grand Trunk mettent la ville en communication avec tous les centres du Dominion et des Etats-Unis.

La région du Saint-Maurice renferme dans toute son étendue du pin, du sapin, du cèdre et du bois dur

La scierie de la \\ ayagama( k, à Trois-Rivières, est la seconde en importance du Canada; son outillage est du dernier modèle, elle débite en moyenne 20 millions de pieds cubes par an de bois de ( harpente manufacturé. Partout où cela a été possible, la machine remplace la main de l'homme, ce qui a entraîné de grosses dépenses, d'ailleurs très économiques.

Le paj)ier Kraft ou papier d'emballage brun de première qualité est le seul papier fabriqué dans l'usine. Jusqu'à présent, cette sorte de ])apier a été très peu produite au Canada; son prix est presque le double de celui du papier blanc ordinaire pour journaux, il se vend de $ 80 à lOO la tonne.

L'usine est en exploitation dei)uis novembre 191 2 et lorsqu'elle sera complètement équipée, elle produira 200 tonnes de papier Kraft par jour et sera alors, pour cette spécialité, la plus importante usine qui existe.

La consommation en papier Kraft est à peu près illimitée au Canada et aux Etats-Unis et déjà, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l'Afrique du Sud, des commandes ont été faites et seront probablement suivies de transactions commerciales régulières.

CHAPITKH XVII

Dominion Steel Corporation. —

Métallurgie.

Al^onia Stccl Corporation, (>anadian Locoiiiotiv C*^'.

— Canadian Car & Fonndr\ G"

Les sables de fer mni^nétique qui se rencontrent sur la plage de la baie Sainte-Marie, dans le comté de Digby, au sud-ouest de la Nouvelle-Ecosse, y firent découvrir le fer dès l'année 1604, mais ce n'est que vers 18 10 qu'on chercha à l'exploiter. Sir William Fairbairn, dans son livre sur le fer, dit que certains des plus riches minerais de fer qu'on a découverts jusqu'à ce jour se trouvent en quantité illimitée dans la Xouvelle-Ecosse et que le fer qu'on en extrait ne le cède en rien au plus beaux fers suédois.

Tous les minerais de fer existent en Xouvelle- Ecosse, depuis les hématites et les magnétites jusqu'au fer des marais, mais la première forge catalane ne fut construite à Pictou que vers 18 10 et l'exploitation se borna à quelques tonnes de fer en barres.

En 1825, une Société au capital de £ 10,000 établit une fonderie sur la ]\Ioose River; trois années plus tard, la General ]\Iining Association fit quelques efforts pour fondre le minerai de fer dans la région de Pictou, mais les fourneaux construits près des mines Albion ne donnèrent pas de résultats encourageants. Plusieurs années s'écoulèrent ensuite avant que des tentatives sérieuses fussent faites. En 1853, l^^ Acadia Iron Works, après avoir utilisé une forge catalane pendant quelques années, construisit un haut fourneau et, entre 1853 ^^ 1874, produisit en tout environ 45,000 tonnes de fonte. Cette usine fut achetée en 1873 P^i" l'i Steel C" of Canada et environ $ 2,500,000 furent dépensés dans la construction de hauts fourneaux, de laminoirs et dans l'agrandissement général de l'usine ainsi que pour l'achat de mines de fer et de charbon. Bien que cette Compagnie réussit assez bien, elle ne réalisa pas les succès qu'on pouvait

esjjérer et en 1887 cette cntrej^rise fut réorganisée sous la raison sociale London Derry Iron C°, qui agrandit considérablement l'usine et la relia par différents embranchements aux grands réseaux de chemins de fer.

L'industrie ne prit cependant une importance réelle qu'à partir de la formation de la Dominion Iron Steel C° à Sydney (Cap-Breton), qui fut organisée au capital de $ 28 millions en 1899.

Elle acquit les mines de fer de Wabana (Belle- Isle) et construisit des fonderies et des aciéries à Sydney, puis elle fit un contrat avec la Dominion Coal pour assurer ses approvisionnements de charbon.

En 1905 et en 1906, les deux Sociétés entrèrent en discussion sur l'interprétation de leur traité et une guerre sérieuse s'ensuivit qui ne fut terminée qu'au début de 19 10 par la fusion des adversaires dans la Dominion Steel Corporation, dont nous parlerons plus loin.

On peut s'étonner que l'industrie du fer et de l'acier se soit développée si lentement et si tard au Canada, pays immense où le fer était l'élément le plus nécessaire aux chemins de fer, aux constructions, à la colonisation même. Cependant, on doit reconnaître que le gouvernement du Dominion fit toujours les plus grands efforts pour aider au développement de cette industrie, soit par des primes, soit par l'établissement de droits d'importation. Mais si l'on considère la date de 1881 ^création du Canadian Pacific Railway) comme le moment oti le besoin de fers et de rails se fit plus vivement sentir, il faut se rappeler que le grand transcontinental canadien fut fondé par un consortium international où figuraient de hautes personnalités anglaises et américaines, et que, par

Lk Canada Ii. lustré

suite, iiii(> |).irlit" idui ,111 iiidiiis des Wesoins de cotte lij^iie, (lui se roiisl niis.iil ,i ])i( imiimIi- des }^r.uKlcs usines américaines, lui lnuriiic p.ii- It^s lùats-Unis et l'/\nj4"leterre

Quoi (lu'il en soit, dès (|ue la uiélallurj^ie canadieinie eut pris son essor, elle in,ir( li.i \ île vers le point où elle est arrivée .lU |ourd'liiii ; cWv luarch.i niêuie beaucoup plus \iie coninie production de la fonte que coiniue extraction du minerai de fer.

Nous axons ciil i\\\c les minerais de fer sont très nombreux d.ins {)u,itre provinces : en Nouvelle- Ecosse, en Québec, en Ontario et en Colombie ]?rilanni(]ue, la partie mise en \aleur jusqu'à ce jour est relativement très faible. Voici qu'un livre de M. Eugène Rouillard nous révèle les richesses inconnues d un pixys presque ignoré, celui qu'on désignait autrefois sous le nom de Cô/e du Labrador, et qui s'étend de la rivière de Portneuf, affluent du Saint-Laurent, à 234 kilomètres en aval de Québec, jusqu'à Blanc-Sablon. Après avoir parlé de la chasse et des fourrures, de la pêche, des forêts, de la houille blanche qui se trouve partout, M. Rouillard dit que la côte nord-est est abondamment pourvue de minerais de fer, justifiant ainsi son surnom de côte de fer. Le territoire du Mingan, qui appartient à la Compagnie du Labrador (300,000 hectares, vis-à-vis l'île d'Anticosti), est renommé pour ses mines de fer, et le temps est proche où, grâce à la houille blanche, on tentera l'exploitation de ces richesses. Ajoutons que, sur une faible étendue de cette côte, il y a une quinzaine de grandes chutes d'eau encore disponibles.

D'après les rapports publiés par le département des mines, l'extraction du minerai de fer était de 64,000 tonnes en 1886, de 122,000 tonnes en 1900 et de 259,400 tonnes en 19 10, très inférieure aux besoins des usines canadiennes, puisqu'elles importent, en 19 10, 1,400,000 tonnes de minerai. Il est vrai que 800,000 tonnes viennent de Terre-Neuve, mais 600,000 tonnes proviennent presque exclusivement des Etats-Unis.

L'exportation des minerais se réduit de plus en plus; de 114,000 tonnes en 1910, elle tombe à 37,500 tonnes en 191 1.

La fabrication de la fonte dans les hauts fourneaux canadiens suit une progression plus rapide. En 1887, il y a trois hauts fourneaux au Canada qui produisent 25,000 tonnes. En 1900, la production est de 96,500 tonnes, et en 191 1 douze hauts fourneaux à feu sur les dix-huit qui existent produisent 917,500 tonnes. I^es importations de fonte

ont proi^res-ié de 5o,(x)() tonnes en 1H87 à 208,000 l( limes en Kj 1 I .

I .'iiidusl ne de l'acier a sm\i des ))rr)grcs très rapides. !',ii l<S().j, le ( anatla n'avait |)roduit c]ue 28,700 tonnes d'acier; en l'ju, il en a produit 861,500 tonnes et cette (abriiatioii reste très infé rieure aux besoins, puis(|u'en mjII il a été importéenviron un iiiillion de tonnes d'(jbjets divers en fer et en a( ler, malgré les droits de douane s'éle- \anl à % () à 7 |)ar tonne.

La moitié environ de l'acier fal)riqué au Canada sert à fair(> des rails, dont la demande reste supérieure à la produrtion (]ui a atteint 400,000 tonnes en 19 10.

En 1912, le Grand Trunk a rlû passer des coni niandes aux Etats-Unis, faute de ])Ouvoir les faire exécuter dans les usines canadiennes.

Aussi, le monde des affaires au Canada s'intéresse-t-il particulièrement aux aciéries. La Société la plus puissante, la Dominion Iron & Steel Corporation, a provoqué la réunion de ses Compagnies subsidiaires au mois de février 191 3 pour émettre $ i7,8cx),ooo en actions privilégiées 6 0/0 afin de pouvoir racheter les actions de préférence de la Dominion Coal et de la Dominion Iron, et réaliser l'unité complète.

Elle estime, en effet, que les aciéries du Canada vont avoir à lutter contre la concurrence du trust américain tout-puissant, la Ihihed States Steel C orporatwn, et que les aciéries canadiennes, même prises toutes ensemble, ne peuvent lutter de puissance avec le trust américain. Les chiffres, en effet, sont concluants :

Capital payé .4rtir

Dominion Sterl f 42.656.800 76.566.341

Nova Scotia Steel 7.030.600 16.815.246

Steel Comp. of Canada... 17. 996. 300 28. 915. 549

Canada Iron 7.741.800 14.602.765

Canada Steel Foundries. . 9.690.000 20.797.211

Algoma Steel Cor]j 25.000.000 40.575.000

f TT0.024.000 198.272.112

U. S. Steel Coiporation. .f) 868.583.600 1.739.288.534

Cependant, les aciéries canadiennes déclarent qu'elles préfèrent la concurrence du trust américain installé au Canada à celle qu'il peut leur faire par le procédé dit dmupin^, qui consiste à vendre à perte pour tuer l'adversaire.

On a, en effet, prétendu que le grand trust américain allait installer une immense usine métallurgique à Sandwick, en Ontario, sur des terrains qu'il possède, mais ce bruit répandu en janvier 191 3 ne paraît pas se confirm.er. Les terrains en

Lii Canada Illlsiri.

tiucsliun appartiennent au Steel Trust depuis sept ou huit ans et jamais il n'a témoigné l'intention de les employer, bien qu'au temps des primes rana diennes l'occasion fut be.uicoup plus favorable qu'.uijourd'hui. On pense cjue ce bruit est une m.inœuvre faite en vue du tarif en discussion à W'.ishmgton ou visant les ])oursuites que le trust redoute.

Les primes sur l'acier produit au Canada, ..ujourd'hui sus]^ndues, ont en effet joué un rôle important dans le développement de cette industrie. Inaugurée en 18S4 pour vingt-huit ans, les ]irimes accordées par le gouvernement étaient fixées à 90 cents par tonne et donnaient un avantage que le Monetary Tiuies évaluait comme suit en 19 12 pour les différentes Compagnies :

Tonnes proJuite.s Primes

Dominion Steel Corporation.

Xova Scotia Steel & Coal...

.•Mgoma Steel

Stei-1 Cy of Canada Hamilton Canadian Irnn Corporation..

Desronto

Atikokan Iron

QO.OOO

Si

aucune installation au ("anad.i et iiiéine les directeurs des aciéries canadiennes semblent avoir abandonné le ])rojet de demander au gouvernement le rétablissement des primes. On ne réclame même |)lus l'augmentation des tarifs de ])rotection cpie redoutent les fermiers de l'Ouest, convaincus qr.'une guerre de tarifs s'ensuivrait qui nuirait à leurs céréales.

La métallurgie canadienne n'est d'ailleurs pas aussi menacée que certains pourraient le croire. Il faut, en effet, distinguer la production du métal brut de celle des fers travaillés. Pour la première, soumise à une marge de prix très étroite par la concurrence, on j^eut es|)érer que les Compagnies réaliseront d'importants bénéfices en exportant du minerai aux Etats-Unis, car le tarif américain a été réduit de 50 à 35 0/0 sur le fer et l'acier d'im- ]:)ortation, ce qui permet au Canada de faire concurrence à l'importation d'Angleterre et d'Allemagne.

Pour les fers tra\ail]és, la consommation canadienne en constructions publiques ou privées, en essieux, boulons, etc., grandit chaque jour; sur ces objets, la marge des bénéfices est suffisamment Large et les Compagnies canadiennes paraissent

Kaits Fourneaux a Svd.nev (Xouvelle-Ecosse).

Le cabinet conservateur de iNL Borden, lié par ses précédents engagements, avait d'abord manifesté l'intention de rétablir provisoirement lès primes sur la base de $ i par tonne de fer en gueuse provenant de minerai étranger et $ i 12 par tonne de fer provenant de minerai du pays. La commission du tarif devait plus tard statuer sur la question.

A la fin du premier semestre de 19 13, la question n'avait pas fait un pas. Les primes n'étaient pas rétablies, le Steel Trust n'avait commencé

capables de lutter, puisque tel est l'avis de leurs directeurs.

Xous nous en rendrons mieux compte en étudiant quelques-unes des Sociétés principales.

La Do]MiNioN Steel Corporation est la plus importante affaire métallurgique du Canada, mais elle n'exploite pas elle-même. Elle a été créée au début de 19 10 pour opérer la fusion de trois Sociétés canadiennes : la Domimon Iron and Steel, la Doinmion Coal et la Cuinherland Ry and Coal

]j: Canada Ti.liisirk

(liml rWc (l(-lK'iil c-ii |>(iilckMiil le l,i |)ics(iiic tcil.iiilr clos aclioiis; les trois ( "(nup.i'^iiics (oiil iimciit leur exploitation iiul('i)CMulaiiiiiu'iit les unes des autres, sous le contrôle et la li^ne dn-ertrice fie la Dominion SitrI ( orporation.

La lh>iiiiiiioii Iran & Steel possède au nord de Terre-Neuve, dans l'île de Belle-Isle, à Wabana, des gisements de minerai d'hématite rouge de fer qui sont considérés eomme inéiniisables. Il y a deux xenie-^ : l'une, (jui affleure sur Tile et se prolonge sous la mer, appartient à la Nova Scotia; l'autre, inférieure, est la ]iropriété de la Dominion Iron & Steel.

Les deux couches se prolongent nu loin sous la mer et, sur une distance d'environ i mille, ap- })artiennent à cette dernière Société; au delà, les gisements sousmarins ai)partiennent à la Nova Scotia. En 1907, la Dominion Iron & Steel permit à la Nova Scotia de construire une galerie à travers ses travaux sous-marins pour atteindre ses propres gisements. Ils furent atteints à la fin de igo8 et l'on ])ut constater que la couche avait la même puissance et la même qualité que sur l'île. Des explorations ultérieures ont démontré que le gisement de Wabana contient des quantités d'hématite qu'on n'épuisera peut-être jamais.

Les mines de la Dominion Iron & Steel sont équipées pour une production d'un million de tonnes à Wabana et l'on pourrait extraire davantage.

Les établissements métallurgiques de la Société, ainsi que son siège social, sont situés à Sydney, dans l'île du Cap-Breton (Nouvelle-Ecosse). On y a fait de notables agrandissements et, pour l'exercice 191 3, leur capacité annuelle peut être portée à 400,000 tonnes de produits finis ; la production de 191 2 a été de 290,000 tonnes.

Des chargements de rails d'acier ont été vendus au gouvernement australien après une sorte de concours auquel tous les pays producteurs pouvaient prendre part. Ces livraisons, partant de Sydney, font le tour du cap LIorn pour atteindre les ports australiens du Pacific, montrant ainsi avec quelle facilité les usines de Sydney peuvent vendre leurs produits dans l'Amérique du Sud et

dans le monde entier. Le londanl nécessaire aux liants loiinieaux .se trouve à 14^) kilomètres de Sydney, si ))rès du grand lac du liras d'Or (ju'on ])eut l'embarciuer là (jii on l'extrait de la Marble Mountain.

La Doininion Coal Cy est, au dire des ex])erts canadiens, la plus belle propriété de charbonnages i\\\\ existe au monde. Elle possède un gisement énorme de charbon en exploitation et des réserves

Fabrication de rails d'acier a Svdnkv (Nocvelle- Ecosse).

tout aussi considérables qui pourront être exploitées par les générations futures.

La Compagnie a douze mines de houille en exploitation dans l'île du Cap-Breton, deux en exploitation à Springhill, deux dans le district Lingan, qui seront prêtes en 191 3, deux en construction dans le district Morien, qui seront équipées en 1914, et deux autres nouvelles qui doivent être en exploitation au moment où ce travail paraîtra, ce qui porte le nombre des exploitations à vingt.

En 1911, l'extraction a été de 4,251,063 tonnes et, en 19 12, elle dépasse certainement 4,500,000 tonnes.

La Cuviberlaïul Ry & Coal Cy a apporté à la Corporation un chemin de fer et le gisement de houille de Springhill.

Les avantages résultant de cette réunion de Sociétés sont remarquables. Le minerai de fer en quantité illimitée se trouve à 587 kilomètres par mer des usines de Sydney, c'est-à-dire moins loin que ne le sont les minerais du lac Supérieur des

Lk Canada li.i.i sirT;

usines do Pittshoiii}^ , \c l()n(i.\nt se troiixi' prcscjuc sur place et la houille est à l'usine uiênic. La maind'œuvre est abondante à S) dnc}', les ouvriers, descendants des colons écossais de la Nouvelle-Ecosse ou cie la rude rare de Terre Neuve, sont dif^nes de confiance et intelligents. Toutes les conditions se réunissent pour f.iire de S\ (liie\- une situation tout à fait privilégiée pour la jurande industrie du fer et les chanj^enients connuerciaux déjà survenus montrent l'importance que Sydney pourra avoir par la suite sur les marchés du monde.

Le jiort de Sydney comprend deux jetées d'embarquement munies de tout l'outillage d'un grand port, et sa position dans une baie bien abritée permet tous les agrandissements possibles.

Après la Dominion Steel Corporation, mais tout de suite après elle, V AI go ma Steel Corporation occupe dans l'industrie de l'acier une situation prépondérante.

A propos de la Lake Superior Pulp & Pa])er. nous avons raconté les vicissitudes des grandes créations de M. Clergue à Sault-Sainte-Marie; de toutes ces créations, l'Algoma Steel Corporation, fondée le 10 mai 1901 sous le nom de The Algoma Steel C°, fut la plus importante et la plus prospère.

Pour s'assurer tous les éléments qui lui étaient nécessaires : matières ]iremières, énergie électrique et usines métallurgiques, elle absorba plusieurs autres sociétés filiales de la Lake Superior Corporation et prit en juin igi2 son titre actuel :

Algoma Steel Corporation. — L'Algoma Steel Corporation s'est assuré un approvisionnement inépuisable de minerai de fer de première qualité par les concessions qu'elle possède de la mine Helen et de la mine Magpie, dont nous avons parié dans notre chapitre des mines. Ces exploitations, situées à proximité de Sault Sainte-Marie, ont un chemin de fer minier qui aboutit au port de Michipicoten et sont susceptibles de productions intensives.

Depuis igoo, la mine Helen a donné 2,005,400 tonnes, dont la moitié environ a été consommée par les hauts fourneaux de l'Algoma Steel et le reste vendu sur le marché.

La mine Helen est outillée pour une production de 200,000 tonnes par an et ses réserves de minerai sont estimées à 5 millions de tonnes d'hématite ou de sidérite. Elle possède, en outre, des pyrites de fer avec 45 0/0 de soufre qui sont absorbés par les fabriques de produits chimiques de Sault- Sainte-Marie.

I..1 mine Magpie ronticnt jo iinllions de tonnes de sidérite reccjnnues et a été outillée en \ uc d'une production annuelle de 4(K),fK)() tonnes.

D'autres gisements miniers tjue possède la Société et qui sont seulement prospectés forment une réserve d'ensemble de 70 millions de tonnes de minerai de fer.

L'Algoma Steel Corporation possède une mine de houille dans la Virginie occidentale ''Etatsl'nis), pour l'exploitation de laquelle elle a constitué la Cannelton Coal and Coke C", dont elle ])OSsède toutes les actions. Ce charbonnage a plus de 1,200 hectares, comprenant trois couches estimées à plus de 61 millions de tonnes. L'exploitation se fait en deux groupes distincts produisant ensemble 2,7»^ tonnes par jour.

Le charbon, amené presque uniquement par eau à Sault Sainte-Marie, est en partie transformé en coke par les fours à coke qui fabriquent 36,000 tonnes de coke par mois. Tous les sous-produits de la fabrication sont récupérés et vendus : 1,800 tonnes de goudron par mois vont aux fabriques de produits chimiques, 450 tonnes de sulfate d'ammoniaque sont absorbées comme engrais par les provinces agricoles, 210,000 mètres cubes de gaz sont recueillis par vingt-quatre heures.

Les minerais de la Helen, étant siliceux, exigent peu de fondant; cependant la Société possède de grandes carrières de pierre à chaux dans le Michigan, à 80 kilomètres de ses usines, et d'autres carrières situées dans les îles à l'est de Sault Sainte- Marie. La Ftborn Limestone C° a été créée par la Corporation pour exploiter ces carrières selon ses besoins.

Usines métalhirgiques. — La Corporation a trois hauts fourneaux dont deux ont chacun une capacité de 7,500 tonnes de fonte par mois et le troisième une capacité de 13,500 tonnes, soit en tout 28,500 tonnes. Cette production ne suffit pas aux besoins toujours croissants des aciéries et la construction d'un quatrième haut fourneau de grande capacité doit être commencée.

L^ne installation complète de récupération du gaz alimente une station de force électrique de 19,800 HP qui approvisionne ses usines à un prix de revient très restreint.

Les aciéries comprennent six fours Martin et des convertisseurs Bessemer. Les fours Martin produisent ensemble 180,000 tonnes d'acier et les convertisseurs 250,000 tonnes. L'acier fabriqué par les deux procédés est de qualité semblable. Les installations des aciéries sont complétées par un

Lie Canada Ii.i.isirk

nu''lan;^(Mii" cl Imis i oiiix ll<'■^ «ini iciiuM Iciil l.i lunlc eu liiMMp avant son iiilrixliK t nui dans les tours

(II! (l.Uls l("s COUNTli ISSCIUN ; <ill iil>ll('!ll aillSl UllC

^rancir rcom unie de UMiips cl le m iinhic i l(>s ((uilcc's ■ 1 pu rtrc auj^UKMité.

I .es laminoirs sont à côli'- des acirncs c\ l'AIgouKi Slcrl ( OrporaliDii s'ost sprcialisro dans la faliriration des rails de chemin de fer, dont elle produit 4(H"!,(XX) tonnes ])ar an. Elle vend même aux lùats-l'nis, niali^ré la ( oncurreiu o.

L'iMj^oma Steel ("orporation a absorbé la I.akc Superior Power et produit i8,cxx^ IIP par la puissance du courant i\c la rivière Sainte-Marie, l^llc \cnd iJ,(nu) IIP à la Pake Superior Pai)er et le reste aux tramways électriques et à la ville de Sault Sainte-Marie. Ces i8,ooo IIP sont indépendants des 19,800 HP fournis pRV les gaz récupérés des hauts fourneaux.

La Société possède en outre trois docks accessibles aux bateaux d'un tirant d'eau de 6 m. 50, se développant sur gito mètres, un dock à charbon, un dock à minerai et un dock à rails; tous trois sont outillés avec tous les progrès modernes.

Le capital de l'Algoma Steel Corporation se monte à $ 25 millions émis en actions et $ 13 millions 560,000 émis en obligations 5 o/o.

La Dominion Iron & Steel Corporation et l'Algoma Steel Corporation sont les deux plus forts producteurs de fer et d'acier du Canada, mais elles ne se font pas concurrence, la zone de la première étant dans l'est du Dominion, celle de la seconde dans le centre. Toutes deux sont de taille à résister à la concurrence américaine.

Après avoir examiné les deux plus fortes Sociétés métallurgiques du Canada, il nous reste peu de chose à dire sur les autres. Citons cependant les deux plus intéressantes, la Steel Cy of Canada et la Nova Scotia Steel and Coal.

Nous ne devons pas oublier la Canadian Car & FOUNDRY C°, qui est une des plus importantes affaires du Dominion.

Elle résulte aussi d'une fusion qui a réuni, en octobre 1909, trois Sociétés de construction de matériel de chemins de fer : la Doniinioii Car â^ Foundry C", la R/iodes Curry 6"" et la Canada Car C". En 191 1, pour compléter son organisation et se fournir d'acier fondu et laminé, elle a acquis le contrôle de là Canadian Steel Foundries C° qui était elle-même le résultat de la fusion de YOnta- 710 Steel et de la Montréal Steel Works. Enfin, en 19 12, elle a acquis le capital de la Pratt and

l.i-ti /ii<.'(ir//i, (le lliMiil t Mil ()!ilano (|u'ellc a l'in- Icnlmn de beaucoup «lugmenter.

(es lusions, ( (>s mergers (jne nous tr()U\()ns à ( li,i(|ue pas d.ins toute l'iiisloire mdusinelle du Canad.i, scjiil caraclérist ujues. Ils montrent le besoin de faire grand, d'élexcr la production indus Iriellc CMK ore |eune au.\ pi'oportion^ (|ue demande l'esscjr extraordinaire de ce grand pays. Mais ce n'est pas l'histoire des grands trusts américains et rien ne prenne jusqu'à jjrésent que le Canada marche sur les traces de son voisin sous ce rap])ort. Les lusions entre sociétés canariiennes se font pour ainsi dire par c-onsentement mutuel et dans un but d'amélioration commune. jus(|u'à ])réseat, nous n'aNons \u aucune \ictinie, aucun écrasé, comme il }■ en a tant dans l'histoire des trusts américains.

La Canadian Car & Foundry possède actuellement, pour la c-onstriict ion des wagons, les usines de Turcot et Dominion à Montréal et de Amherst dans la Nouvel le-Ecosse; pour le travail de l'acier, les fonderies de la Pointe-Saint-Charles, de la Longue-Pointe à Montréal, et les fonderies et laminoirs de Welland.

A Turcot, à Dominion, à Amherst, à Longue- Pointe, on a agrandi les ateliers, fait de nouvelles constructions, relié des usines ])ar une voie ferrée. A Fort-William, on construit une usine nouvelle: à Brantford, le contrôle de la Pratt & Letchworth 1 permet à la Société de s'affranchir du marcdié des Etats-L^nis pour le fer malléable.

Quand les usines de Fort-\\'illiam seront terminées, la Canadian Car & Foundry aura huit usines complètes entre S\'dney et l'extrémité du lac Supérieur et elle occu]:)era 8,000 ouvriers.

Nous ne pou\-ons pas parler de toutes les grandes entreprises métallurgiques du Canada, mais il faut cependant mentionner une des plus anciennes, la Kiuf^ston Loconiotiv Works, qui est devenue, en juin 191 1, la CANADIAN LOCOMOTIV C.

La Kingston Locomotiv Works datait de 1855, elle était la plus ancienne fabrique de locomotives du Dominion et ses usines étaient admirablement placées à Kingston, sur le lac Ontario, près de l'endroit où le Saint-Laurent sort du lac parsemé des célèbres mille îles. Possédant de grands quais sur le lac et des raccordements avec le Grand Trunk et le Canadian Pacific, à deux pas de la frontière américaine, la Société prospéra si bien qu'à plusieurs reprises, elle dut refuser de grosses commandes, faute de pouvoir les exécuter.

L'ne réorganisation s'imposait, elle eut Heu le 9 iuin 191 1 dans d'excellentes conditions. La nou-

I,K Canada Ilustré

voile Sdciélé, ( >iiiij(//(iii J.oioiiiol'i:' C y, possi-dc (l.ins 1rs iDiiics cl londcnes de rails de Ja Coloiiiljie

sur le l.ic. en \ ne d'.ii^randissiMiienls liiturs, des Hnlanni(]uc.

terrains beaiuou]) trop \asles pour ses installations 11 y a, en effet, de beaux {gisements de fer en

actuelles. Des maintenant, elle construit des hâti- Colombie Hritanni(|ue, mais les mineurs les ont la

ments noiuc.iux et y installe un nouxel outil plu])int du tcin|)s iié^lij^és pour reclierc lier l'or

laj^îe qui \a beaucoup accroître sa force de pro- et l'arf^ent qui abondent dans les minerais com-

duction. l'Jlc produisait cinq locomotives par ])lexes des innombral)les mines de cette ijrovince.

mois; elle arrivera à en i)roduire dix huit. Cependant, dans la vallée du Bas-Kootenay et

Locomotive de 8i tonnes enlevée par une grue mobile.

On peut remarquer que toutes les entreprises métallurgiques dont nous avons parlé sont situées dans les provinces de l'est ou dans les provinces maritimes, c'est-à-dire entre l'océan Atlantique et le lac Supérieur.

Cependant, la Colombie Britannique, appelée à juste titre la -province ruinihe du Canada, possède beaucoup de mines métalliques et nous avons dit, en parlant du Canadian Pacific Ry, que cette Compagnie avait d'importantes participations

de son affluent, la rivière de la Chèvre (Goat River), par oii débouche de l'est la voie du Crows Nest (C. P. R.), on a reconnu d'importants gisements d'hématite, dont le centre est à Kitchener, sur la rivière de la Chèvre. Une Compagnie américaine de Saint-Paul et Cleveland avait acheté, à la fin de 1905, une grande partie de cette mine pour y construire un haut fourneau et produire la fonte et l'acier nécessaires aux usines de moulage de Fernie, Cranbrook, Nelson, Rossland, etc.,

Ll; (Janaua li-usiRii

mais CCS projets n'onl eu (lu'uiic suite rphriuère, car le reeeuseuient ofliciel de i()il (onslale (pic, depuis l(H)S, 1,1 ('(il(>iiil)ic Hril.iiiiiKpic ne prnduit plu^ de minerai de ter, m de tcuitc.

Les clîilTres de la production de minerai de ler de cette province de i<SS6 à i()<)3 varient l^eaucou]) depuis le plus fort, 15,41^7 tonnes en 1889, jusqu'au plus faible, lyO tonnes en 1896. En 1904, la production cesse complètement et ne reprend qu'en 1907 avec 2,500 tonnes qui, sans doute, proviennent de la tentative américaine dont nous venons de parler. Deiniis 1908, toute production cesse, tandis que celle des autres métaux grandit.

Pour le Canada tout entier, la situation de l'industrie du fer se trouve décrite de la façon suivante dans les rapports du recensement de 191 1 :

(( En 1910, la marche de cette industrie fut continue et calme, comme elle l'est d'ailleurs depuis une dizaine d'années. Après avoir peu souffert de la crise américaine de 1908, la production de la fonte et de l'acier a augmenté plus encore en 1909 qu'en 1910. En 1909, le Canada a exporté un peu plus de fer qu'en l'année 19 10, dont l'exportation est de 259,418 tonnes. »

En 19 10, les hauts fourneaux canadiens, au nombre de dix-sept, ont absorbé 1,548,266 tonnes de minerai produisant 800,797 tonnes de fonte, mais la production des minerais canadiens reste très inférieure à l'activité des hauts fourneaux, ainsi qu'on le constate depuis une dizaine d'années. L'extraction du minerai de fer est restée à peu près stationnaire, tandis que la production de la fonte est huit fois plus considérable. On s'explique ainsi que 1 1 0/0 seulement des minerais fondus proviennent du Canada, tandis que 89 0/0 viennent des grandes mines de Wabana, situées dans l'île de Belle-Isle (Terre-Neuve), dont nous avons lon-

guement i)arlé, et des mines américaines de la rive sud (lu lac Supérieur.

I.;i pro.Miiiité de ces minerais étrangers explique suflisaumient cette situation et l'on sait que les mines de Wabana appartiennent aux établissements métallurgiques de Sydney.

Pour l'alimentation des hauts fourneaux, 49 0/0 du coke utilisé sont de provenance étrangère ou faits avec des charbons importés. On se rappelle que l'Algoma Steel Corporation est propriétaire de houillères à coke dans la Virginie occidentale, dont le charbon lui arrive par ses bateaux du lac Supérieur.

En résumé, le fer produit au Canada, de 1900 à fin 1910, atteignait le total de 5,250,000 tonnes, avec une consommation de minerai de 11,732,336 tonnes.

Pour l'année 1910 seule, 1,377,035 tonnes ont été importées de Terre-Neuve et de la rive sud du lac Supérieur.

Enfin, les primes payées par le gouvernement aux établissements sidérurgiques canadiens depuis 1895 jusqu'au 30 décembre 19 10 se sont élevées à $ 16,485,078. On sait que ces primes ont été supprimées le 31 décembre 1910, sauf celles sur les barres d'acier qui ont été payées jusqu'au 30 juin 191 1.

Il résulte d'ailleurs du développement progressif des chemins de fer que la demande d'acier dépasse de beaucoup les facultés de production du Canada, ce qui explique l'augmentation considérable des importations de ce métal pendant le premier trimestre de 191 2. Malgré des droits de douane très élevés, 46,000 tonnes de rails d'acier ont été importées pendant cette période, ce qui représente une augmentation de 200 Oy'o sur la période correspondante de 191 1. Presque toute cette importation vient des Etats-Unis.

ciiAiMTKi-: wm

Industries agricoles.

Minoteries. — Filatures. — Industrie laiticre. — Ralfincries.

Minoteries.

Le Canada étant le pays du blé et des bois, la première industrie florissante devait être celle de la minoterie. Dès que la production du blé commença à devenir importante, des moulins, des entrepôts s'établirent et plusieurs établissements de minoterie se fondèrent qui devinrent de plus en plus considérables. Les farines canadiennes se traitèrent sur tous les marchés et la marque la plus connue fut celle de W. W. Ogilvie MilHng C°, dont le passé commercial a une réputation mondiale.

Les agriculteurs et le gouvernement se sont toujours efforcés d'améliorer la qualité des blés et les procédés de mouture. Pendant longtemps, le blé du ^lanitoba a été le plus estimé, surtout la qualité appelée Red-Fife; nous avons vu que, dans ces dernières années, les fermes modèles de l'Etat et les grands fermiers de l'Ouest et du Xord-Ouest avaient trouvé des variétés plus précoces, convenant mieux aux vastes étendues du bassin de la rivière de la Paix, qui montent dans le nord jusqu'au 62^ parallèle.

Depuis plusieurs années, la production en blé du Canada prend une extension telle que le Dominion va devenir bientôt l'un des pays du monde qui produira le plus de blé. Les provinces de l'Ouest en fournissent déjà 200 millions de boisseaux, c'est-à-dire 72 millions d'hectolitres, et cette production sera probablement doublée avant dix ans, dépassant alors de beaucoup la production de la France pour se rapprocher de celle de la Russie.

La minoterie est donc l'industrie nationale même avant celle de la pulpe et du bois, qui ne

s'est développée qu'après l'invention allemande de la pulpe appliquée à la fabrication du i^apier.

Cette récolte de blé, déjà considérable, est recueillie dans un pays peuplé seulement de 7 1/2 millions d'habitants, de sorte que la plus grande partie est exportée, bien différente en cela de la récolte de la France qui, même quand elle atteint 118 millions d'hectolitres, est consommée complètement à l'intérieur.

On peut dire que les fermiers canadiens apportent à peu près toute leur récolte aux élévateurs qui appartiennent en grande partie aux minoteries et aux Compagnies de chemins de fer.

Les minoteries canadiennes constituent ainsi de grands entrepôts qui exportent des blés et des farines suivant une progression assez régulière, la consommation intérieure s'augmentant beaucoup moins vite que l'étendue ensemencée, de sorte que, pendant longtemps encore, leurs exportations varieront sans doute avec les variations des récoltes, mais en suivant une progression assez rapide.

Les exportations de blé canadien se tiennent, depuis trois ans, entre 7 et 9 millions d'hectolitres; elles sont dirigées vers les ports suivants, par ordre d'importance : Londres, Liverpool, Glascow, Bristol, ^Manchester, Anvers. Rotterdam, Hambourg, Belfast, Dublin, Mexico, le Havre, Hull, le Cap, Dundee et Cardiff, c'est-à-dire en grande majorité sur le marché anglais et ensuite sur le marché allemand.

Quant aux exportations de farines, elles sont faites en sacs ou en barils. En 1910, il a été expédié 1,638,000 sacs et 140,107 barils; en 191 1, 2,318,955 sacs et 186,470 barils; en 1912, 3,739,710 barils, valant $ 16,037,992.

Quelques nombreuses qu'elles soient, les minote-

Elévateurs sur le lac Ontario.

Lt: Canada Ili.i si ri.

ries canadiennes ne manqueront donc pas de tra- \ ail ; nous nous bornerons à examiner les deux plus importantes qui sont : la Ogilvie Flour Mills et la l.ake of thc Woods Millin<j.

Un des :Moi lins ut la Ogilvik Mili .> a \\'ix.\ipeg.

La Société des Moulins d'Ogilvie, ou OOILVIE FLOm Mills, a été créée en 1902 pour reprendre les établissements de la W. W. Ogilvie Milling Cy, bien connus sur le marché mondial des blés et farines.

Cette Société possédait les moulins de Glenora, Royal et City, à ^klontréal. et les moulins de Winnipeg, avec magasins, élévateurs, fabriques de barils, etc., à ]^Iontréal et à Winnipeg. Elle possédait, en outre, soixante et un élévateurs reliés aux voies ferrées dans le Manitoba et dans le Nord- Ouest.

La Société nouvelle construisit immédiatement vingt et un élévateurs là où ils étaient devenus nécessaires et continua depuis à en édifier dès que le développement de ses affaires lui indiquait une localité favorable. Actuellement, elle possède cent dix-neuf élévateurs d'une capacité de 6 millions de boisseaux de blé, disséminés dans le Centre et l'Ouest du Canada, et sept moulins, dont la production est la suivante :

Baiil s ] ar jour

3 moulins à Montréal 10. 500

3 moulins à Winnipeg 5 . 500

t moulin à Fort- William 3.000

Au total 19.000

barils de farines de blé, maïs et avoines.

Grâce à ses puissants moyens de production, à ses réserves disponibles, à son crédit, la Société l^eut ])rofiter des fluctuations de cours des blés et des farines pour régulariser le travail de ses usines, augmenter ou diminuer ses exportations et conserver partoul une influence prépondérante. Llle maintient avec beaucoup de soin la qualité de ses farines et son vice-président annonçait à l'assemblée de 1912 qu'il com]îtait acheter une grande partie de ce qui restait en blé dur n" i.

En vue de l'augmentation probable du trafic des farines quand le canal de Panama sera ouvert, la Compagnie construit un nouveau moulin à Medicine Hat, dans le Sud de l'Alberta, sur la Saskatchewan du Sud. Ses diverses propriétés ont acquis une valeur considérable qu'on estime à plus de 4 millions de dollars. En somme, les Moulins d'Ogilvie constituent une des entreprises les plus anciennes et les plus solides du Canada et leur fortune ne fait que grandir avec le développement de la production canadienne en blé.

La Lake of THE Woods IMilling C Ltd, ou Minoterie du lac des Bois, a été créée pour exploiter des moulins situés à Keewatin (Ontario) et à Portage-la-Prairie (Manitoba). Les deux moulins de Keewatin ont une capacité de 9,000 barils par jour et celui de Portage-la-Prairie fabrique 1,500 barils par jour, en tout 10,500 barils. A Keewatin, la force motrice est fournie par une chute d'eau qui réduit le prix de revient.

Moulln de la Saskatoo.n" MnXLXG C°.

La Société possède quatre-vingt-dix élévateurs répartis dans les lieux de production du Centre et de l'Ouest. Ses biens en terres, usines et machi-

ncs sont ostmirs, tl.uis \c \)\\.\u social, $ 3.">t>. ^55 cl valent hcaucoui) plus.

Ses Ik'ik'Iiccs oui hcaucoup van'r, scKni les années, avec les \n-\x des hlrs; au liilan de kjk», il y avait un surplus (lis|)()nil)lo de $ 1,059,807 après dislril)uli(.)n du di\i(lcndc à un caijilal de $ 2,100,000 d'art Kiiis (irdinaircs, ce {]ui conduisait la Société à une future distribution de bonus sous forme d'auj^uiciil.ition de cipital. La direction très prudente de M. Aleighen, mort depuis cette époque, a préféré prélever sur ces bénéfices disponibles de gros amortissements qui ont encore affermi la situation sociale.

.\u iiKJMienl où fut créée la DoMIXION TEXTILE ('" l;il), c'est-à-dire le 4 lanvier U)<>^, il y a\ail au Ciiiada cint] Sociétés te.xliies qui se faisaient nue ( oiK iirreiK <• arliarnéc et, à force de baisser leurs pri.v, arri\aient à diminuer leurs bénéfices d'une facçon ruineuse. Ces cinq Sociétés étaient : la I3ominion Coltons Mills, la Merchant Cotton, la Montmorency Cotton Mills, la Cok)nial Blcaching and Printing et la Montréal Cfjlton.

La Dominion Textile fut fondée p(jiir actjuérir le contrôle des quatre ])remicres Sociétés, la Montréal Cotton ayant refusé d'entrer dans le merger et continuant toute s^eule son ex|)]oitation.

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