I.K Canada Ii.hstrf
plusiours (()llllr^ dr l.i NOuxcllr l-.(;)ssr, l.uulis i\u'\\ ;i en partie (lis|).iiu du rcslr du ("anada. C'est ce qui e.\pli(|ue ronuiieut l'inlen olonial .1 pris pour einolonie rémnine trte tlu uioose, ce <^cant des élans, qui fissure sur les titres, sur les ])ièces officielles, sur le papier à lettres du réseau de l'Etal r.uiadicn.
11 faut aller jusqu'aux Rocheuses pour trouver des paysages ])lus grandioses, des vallées plus solitaires et ])lus sauvages que les montagnes boisées où rintercolonial a tracé ses voies, et, grâce à ses lignes, le Nouveau-Brunswick est sans doute, de tout le Canada, la contrée de chasse et de jiêche la plus merveilleuse qu'on jiuisse atteindre sans fatigue. Les touristes américains commencent à le savoir et nous ne doutons jias que les touristes f ranimais en prennent bientôt le chemin dès qu'ils la connaîtront.
Déjà de nombreuses stations d'été deviennent célèbres dans tous les Etats-Unis pour le pittoresque du paysage et la variété des sports auxquels on ])eut se livrer. La pêche y est tout aussi variée et aussi vive que la chasse.
Dans les cantons de l'Est et dans le Nouveau- Brunswick, la ligne de l'Intercolonial franchit à chaque instant de belles rivières, où la navigation en canot au milieu des bois est des plus faciles. La sauvagine abonde dans toute cette contrée, comme elle pullule sur les rivages de la Nouvelle- Ecosse et de l'île du Prince-Edouard.
Aujoiird'hui encore, le Nouveau-Brunswick. malgré sa proximité de l'Europe, est un paradis terrestre pour les chasseurs, les pêcheurs, les amateurs de camping et de sport, mais ce privilège, dû sans doute à ce que cette province est en dehors des deux grandes routes qu'on suit d'ordinaire pour gagner le centre et l'ouest du Canada, ne résistera pas longtemps à l'assaut des touristes américains. L'orignal et les ours seront plus tard inabordables au Nouveau-Brunswick comme ils le sont devenus dans la plupart des provinces canadiennes.
Canadian Pacific Raihvay.
Le Canadian Pacific Railway est sans doute la plus grande entreprise de chemin de fer du monde entier. Au Canada, on la désigne par les trois lettres C. P. R., qu'on prononce ci, pi, ar, d'où le mot Cipiar par abrévation. Il est utile qu'on le sache en France, car le véritable nom français Chemin de fer Canadien du Pacifique est vraiment trop long.
Xoii sculfMiicnt le (J. P. R. est la |)lus grande entreprise de chemin de fer du monde, mais il n'en est pas qui ait grandi aussi vite.
La Compagnie fut fondée le lO lé\rier iSSi par des capitaux dont plus de la moitié étaient français. C'étaient, en effet, des hrançais qui avaient conçu le projet de construire un chemin de fer de pénétration vers les Rocheuses, et c'est un Français qui fut le premier directeur de l'entreprise. Un syndicat français acheta le premier lot de 2CX),ooo acres le long de la ligne, mais la voie fut tracée par des ingénieurs américains. Le premier Conseil d'administration fut composé d'Anglais et de Canadiens, mais l'entreprise fut très discutée. A Londres et à Paris, à Londres surtout, on regardait la construction du C. P. R. comme irréalisable et l'on croyait que le fléau des sauterelles empêcherait toujours de coloniser le Nord-Ouest. Le marché de Paris, troublé par le krach de 1S82, se désintéressa du C. P. R., tandis que celui de Berlin mettait cette valeur au ]:)remier rang de sa cote. En 1885, une première |)artie du réseau fut ouverte au trafic; en i88(3, lord Strathcona, qui s'appelait alors Donald Smith, inaugura 'a ligne et le premier train parti de Montréal parvint à l'océan Pacifique.
On doit être surpris de l'extrême rapidité avec laquelle fut construite la voie ; en voici l'explication.
Une Société, la Canada Central Ry C", avait construit une ligne de Montréal au lac Supérieur en suivant la rive nord-est de la baie Géorgienne. I-.e gouvernement, en prenant en main la construction du C. P. R., fit de cette ligne le premier tronçon du grand transcontinental et, considérant que le lac Supérieur pouvait servir de lien intermédiaire, décida de porter tous ses efforts entre Port- Arthur et le Pacifique. Quand, en 1881, après des commencements plutôt malheureux, le Parlement confia l'entreprise à la Société du C. P. R., la construction était déjà avancée en Colombie Britannique (section de l'ouest), entre Port-Arthur et Winnipeg, dite section du lac Supérieur, mais la section du centre, de Winnipeg aux Rocheuses, restait en souffrance. En somme, les travaux étaient avancés sur 1.141 kilomètres et à faire sur 3.200. De 1881 à 1886, un travail acharné permit d'unir les sections de la ligne.
Il est difficile de dire tout ce que le C. P. R. a réalisé depuis cette époque. L'administration de cette Compagnie de chemins de fer, qui est aussi une grande Compagnie de navigation, de communications télégraphiques et téléphoniques, de colo-
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iiisation, d'exploitation criiùtols cl cnlm un des )(''.sc.ui du ( ", i'. R. alIcMnl ;u tucilcincnl près de
plus j^ros i)roprictaires fonciers du UKuidc, est un j(),()(K) kilomètres.
modèle d'act i\itc, d'initiatixes heureuses et i\v Connue point de c(jin[)arais(jn, il esl intéressant réussite totale dans toutes les directions {]u'elle a d'indiquer le déveloj)pcnienl de notre plus grand suivies. iCIle lai)ri(iuc tout son matériel dans les réseau français, le P.-I..-M., cjui atteint 9,214 kilousines d'An<:^res à Montréal et elle possède des mètres, mais cjui n'a ni vaisseaux, ni colonies a^riparticipations im]H)rtantes dans les mines et fon- coles, ni territoires fonciers. <leries i]c r.iils en Colomijic Uritannupic. Les recettes hrutes du C. P. R., pour l'exercice
Train de 63 wagons de marchandises quittant W'innipeg.
Chemins de fer. — Le réseau du C. P. R. s'étend d'un océan à l'autre sur le territoire canadien, parallèlement à la frontière des Etats-Unis à une centaine de kilomètres au nord de la frontière dans la plus grande partie de cette traversée : il comprend iS,8oo kilomètres de voies environ sur le sol canadien, mais il se prolonge aux Etats-Unis par plusieurs réseaux américains, dont il possède la majorité des titres et par conséquent le contrôle, comme le Minneapolis, Saint-Paul et Sault Sainte- Marie et le Duluth South Shore et Atlantic Rail- *vay. Si l'on y ajoute ces voies américaines, le
qui s'est termhié le 30 juin 191 2, atteignent $ 123,319,541, en augmentation de $ I9,500,CXD0 environ sur l'exercice précédent.
Les dépenses d'exploitation ont été de 64.89 0/0 de la recette brute, ce qui laisse 35-ii 0/0 aux recettes nettes.
Les ventes de terrains ont porté sur 669,639 acres pour le prix de $ 10,710,143, soit $ 15-99 l'acre en moyenne; sur ce total, il y avait 3,270 acres de terres irriguées qui ont été vendues $44.25 l'acre.
Les dividendes payés pour l'exercice 191 2 atteignent 10 0/0.
Lk Canada Illistré:
Le prciôdcnt exercice, celui de 191 1. avait aussi cté le meilleur qu'ait eu la Cunipa^nie. Les recettes brutes avaient atteint $ 104. !()7,8o8, les recettes nettes $ 37.81 8. iSc), les réserves $ i,o8o,ooc\ les recettes disponibles $ 3i.773.9<^>5 et le report à nouveau $ 44.732.9O0.
CiARE Dl CAXADIAN PaCIFIC A MEDICUŒ HAT.
Les frais d'exploitation absorbaient 64.77 0/0 des recettes brutes, faiblement augmentés j^ar des augmentations de salaires et diminués par une réduction des frais de traction de 40 00 à 36 0;'o.
Le coefficient d'exploitation restait à peu près le même avec de très fortes augmentations de recettes, de sorte que la prospérité de la compagnie augmentait sans cesse.
Il, résulte de ce rapide exposé que, pour le C. P. R., les années record succèdent aux années record, sans qu'on puisse raisonnablement assigner une limite à ce développement formidable qui ne fait, d'ailleurs, qu'accompagner le développement du pa}s tout entier.
On peut dire que le Canadian Pacific a été le plus grand ouvrier de la prospérité du Canada. Le gouvernement et la Compagnie ont dépensé sans compter pour faciliter la colonisation, l'immigration, la mise en valeur des terres et le transport des produits obtenus. Les magnifiques résultats actuels ne sont que la conséquence rationnelle d'un travail constant, effectué dans les meilleures conditions, dans un pays privilégié. Ils peuvent se produire longtemps encore.
Le Canadian Pacific joint l'Atlantique au Pacifique par son réseau ferré et ses paquebots sur les grands lacs; par ses navires il unit le Canada d'une part à l'Europe et de l'autre au Japon. Une partie de sa flotte fait le cabotage sur la côte américaine du Pacifique et sur les grands fleuves canadiens.
Propriétés fonxières. — Le rôle du C. P. R. comme propriétaire foncier est de premier ordre.
Au moincnl de sa constitution, il recrut du gfju\ernenient I(),()84,(xk) hectares de terres le long de son tracé au fur et a mesure de l'établissement de ses lignes. Par suite d'achats ou d'absorptions successives, ce chiffre fut porté à plus de 14 millions d'hectares, que la Compagnie administra de la façon la jdIus heureuse pour le pays et pour les colons auxquels elle vendait des terres.
Sa dernière initiative, due à son président, sir Thomas Shaugnessy, est celle des ready niade farvis, c'est-à-dire des fermes où tout est préparé de telle sorte que le colon qui l'achète n'a qu'à s'y installer et commencer ses semailles.
Dans certains endroits, la Compagnie procède à des irrigations qui portent la valeur de l'acre à $ 33 et davantage, tandis que la moyenne de ses ventes en 191 2 est de $ 15-99 l'acre.
Actuellement, le domaine de la Compagnie est diminué des deux tiers, mais grâce à la hausse des terrains, les 4,595,000 hectares qui lui restent valent beaucoup plus que ne valait autrefois tout son domaine. En 1910, elle a vendu 390,000 hectares '975,030 acres} pour $ 14,468,564, ce qui donnait la moyenne de $ 1484 par acre.
Habitations sir ixe ferrie du Cax.adian P.acific (Readv Made Farm;.
Et nous ne parlons pas de ses propriétés urbaines, qui prennent une valeur énorme avec la création et le développement de certaines villes. Plusieurs villes de l'Ouest, et notamment Vancouver, appartiennent en grande partie au Canadian Pacific.
Capital- ACTIONS. — Le capital du C. P. R. était, au 30 juin 1912, de $ 200 millions d'actions ordinaires représenté par 1.980,000 actions de lOO dollars en circulation, qui se négocient sur la plupart des Bourses du monde, notamment à New- York, Londres, Berlin, Montréal, Amsterdam et Genève, et 20,000 à la souche. Depuis l'émission du 3 jan-
vicr igij, le capital du (J. 1'. U esl de 2Cx) millions de dollars. Un certain nombre de ces actions figurcnl dans les portefeuilles français, qui proviennent tlii marche de Londres, mais l'action C. P. R. n'est pas cotée à Paris, bien qu'elle y donne lieu à de fréquentes négociations. Cette fâcheuse omission sur notre cote d'une des plus grandes valeurs mondiales, créée en grande partie avec l'argent fr.in(;ais, provient des attaques dont la valeur fut l'objet à sa naissance et surtout de la profonde ( rise tiue traversait le marché français à cette époque.
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