‹ Le Canada illustréChapitre 5 sur 80 · I.K CANADy\ Il.l.l'SI RK · texte numérisé non relu

I.K CANADy\ Il.l.l'SI RK

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l'.iiiin, f>u peut roniparer la distance de Québec. à \', mil nu cr à celle de Sain(-Pétersl)our<4' à Gibraltar.

Ces (|iiel(iiies coiiipar.iisons uDul pas la précision d'une c.irte, mais elles servent à guider rinia<4!nation la moins familiarisée avec les degrés de latitude et de longitude. Le plus utile à retenir est ceci: Le Canada est di.x huit fois ])lus grand que la France et il a 7 1/2 millions d'habitants, tandis que la l'rance en possède 39 millions. Ainsi sont justifiées ces paroles de Lord Grey, gouverneur du Canada en 1900 : Quand je parcours le Canada, je suis sans cesse étonné de voir ce qu'a pu 1 accomplir une population égale à celle de Londres sur uu territoire aussi étendu que VEurope.

En 1900, la population de Londres était, comme celle du Dominion, d'environ 5 millions d'âmes; le mot de Lord Grey était d'une exactitude absolue et, aujourd'hui que le Canada a 3 millions d'habitants de plus, il est peut-être encore plus vrai, car les preuves de l'activité des Canadiens ont grandi plus vite encore que leur nombre.

Climat.

On peut dire que le Canada possède tous les climats des pays tempérés et glaciaires, depuis les plus douces températures de notre Côte d'Azur jusqu'aux froids les plus rigoureux de la Sibérie, mais les rigueurs climatériques ne suivent pas également, sur tout le territoire, la gradation des latitudes. D'une façon générale, sur la côte de l'Atlantique, les froids sont beaucoup plus rigoureux que sur la côte du Pacifique et deux points situés à six degrés de latitude de différence, sur les deux rives, jouissent à peu près du même climat. Cet écart extrême de l'un à l'autre bord du Continent disparaît peu à peu au fur et à mesure qu'on s'éloigne des côtes et les provinces centrales sont sous le régime d'un climat absolument continental caractérisé par un long hiver et un long été avec un printemps et un automne qui durent à peine un mois chacun.

Ces conditions très particulières ont deux causes différentes dont les effets s'additionnent. Dans l'Atlantique, le grand courant du Labrador descend le long du Groenland, portant les glaces

de 1.1 l).iii(|iiise cl les icebergs au large de Terre- Neuve et uiéiiie dans le détroit de Bellc-lsle.

Belle Isle a porté longtemps sur les vieilles cartes le imiii de l'ile aii.\ l)éiii()iis (|iie lui a\aient donné les navigateurs du seizième siècle, \\ cause des bruits infernaux qui les terrifiaient, produits par le choc des icebergs et le grincement des rliami)s de "■lace.

EiNTRKE Dr FORT DE SAI.\ I - j OH.N.

Le courant du Labrador glace l'estuaire du Saint-Laurent et les côtes de l'Atlantique jusqu'au-dessous du cap Breton, ne laissant au Canada que deux ports d'hiver : Halifax, en Nouvelle-Ecosse, et Saint-John, au Nouveau- Brunswick, situés tous deux sous le quarante-cinquième parallèle, c'est-à-dire à la latitude de Périgueux et de Libourne. Toutes les baies, toutes les criques au nord de ces deux ports sont à peu près inaccessibles aux navires pendant les quatre mois d'hiver et les bateaux qui, en automne, prennent la route la plus courte d'Europe au Saint - Laurent, par le détroit de Belle-Isle entre les falaises désolées de Terre-Neuve et du Labrador, ne s'en approchent que lentement au milieu des icebergs qui glissent sur la mer. Ce spectacle, par une nuit calme qu'éclairent les lueurs boréales, est un des plus beaux qu'on puisse voir.

Tandis que le courant boréal et les vents

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