I.E Canada Ii.h stré
d'Ksl font descendre les froids dans l'Atlantique, les courants chauds du Japon et les vents chtnooks chassent le froid des côtes du Pacifique et modifient sensiblement le climat de toute la Colombie Britannique et même de rAll)erla.
Ce grand courant japonais qui vient des mers de Chine joue, au bénéfice de la Colombie Britannique, le rôle du Gulf Stream sur nos côtes bretonnes; il traverse tout le Pacifique pour se partager à Vancouver en deux branches, dont l'une remonte le long des côtes et réchauffe le golfe de l'Alaska tandis que l'autre va se perdre, à la hauteur du Mexique, dans le grand courant équatorial. L'influence du courant japonais rend libres de glaces pendant toute l'année les ports les plus élevés dans le nord de la Colombie Britannique : Prince-Rupert et Port-Simpson, qui sont sous les cinquante-quatrième et cinquante-cinquième parallèles, et c'est pourquoi le Grand Trunk Pacific a choisi Prince-Rupert pour point terminus de sa ligne.
Les vents de Chine sui\ent à peu près la même route que le courant japonais, mais, quand ils ont passé sur Vancouver et les rivages colombiens, ils se heurtent aux ^lontagnes Rocheuses qui, depuis la frontière des Etats-Unis, au quarante-neuvième parallèle, dressent leurs crêtes à 3,000 et 3,600 mètres, éta}ées par les Selkirk et les Montagnes de l'Or.
Col de la Tête-Jauxe.
Le système des Rocheuses est ici très puissant, mais à mesure qu'il gagne vers le nord en restant sensiblement parallèle à la mer, sa base s'amincit,
les Selkirk et les Montagnes de l'Or disparaissent. Elles laissent entre elles de noiiil^reux cols par lesquels les vents de Chine pénètrent en Alberta et, au nord des monts Cariboo, la rivière de la Paix brise la chaîne ])our aller se jeter dans le Matken/.ie; son immense Ijassin, tout entier sous l'influence du chinook, forme l'extréinité septentrionale du Corn-Bel t, cette fameuse ceinture du blé qui est, depuis le quarante-neuvième parallèle, sur une largeur de 1,000 kilomètres, la plus ])rf'cieuse richesse du Dominion.
C'est grâce au vent chinook qu'au-dessus du soixantième degré, à Fort Providence, sur le Mackenzie, la mission des Oblats récolte chaque année une moisson de blé. N'accusons pas Voltaire, les Canadiens eux-mêmes ignoraient encore en 1900 l'influence des vents de Chine. Maintenant, on laisse les bestiaux aux pâturages toute l'année à Fort Smith, sur le soixantième parallèle, l'orge et l'avoine mûrissent à Fort Norman, sur le soixantecinquièsne et d'excellents légumes sont récoltés à Fort Good liope, sur le Mackenzie. au Cercle Polaire Arctique '^i).
La Colombie Britannique mise à part, le climat du Canada est rude, les hivers sont longs et rigoureux; pendant quatre à cinq mois, la neige, en couches épaisses et gelées, couvre presque tout le pays, en exceptant toutefois la pointe sud de l'Ontario qui se trouve sous la latitude de Rome. Encore cette excei:)tion n'affecte- t-el le que la presqu'île de Toronto, où la neige tient peu, où certains hivers ressemblent à ceux du centre de la France. Les Canadiens s'en plaignent. Ils préfèrent beaucoup à cette humidité froide, à ces dégels fréquents, les froids secs et persistants de Québec et de Montréal. Dans cette province de Québec et dans le Canada central, le froid reste fixe avec une neige et une gelée continuelles ; presque toujours, le ciel est pur et le soleil brille. Pour le paysan, l'hiver est la saison des transports faciles sur les routes de neige; pour la population aisée, l'hiver est plein des distractions dont les Canadiens sont fanatiques ; les courses en traîneaux, en raquettes, en toboggans, le patinage, le hockey sur la glace et le curling sont pratiqués avec passion par de nombreux clubs.
A ce rude hiver que le clair soleil réjouit succède un printemps très court. Mars est encore l'hiver, mai est déjà l'été. Tout le printemps tient
(i) Essai gcogra-phique sur l Alberta. par M. Guenard (1910).
Ll: Canada Illustuk
dans ie mois ilu déj^el, mais le dé^cl lui iucuk' csl dos plus rapides; (juelqucs jours de pluies ciiaudes (.'I 1.1 licite coule aux ri\ièrcs, aux lacs ei aux fliuNcs; le ciel se colore d'un a/ur cchil.ml et de parUuit i.iillit une véy,él<ili(iii puissante \in (|uin/e jours, tout esl vert, car le priiileuips se prcpare depuis longtemps. Sous la neige, la sève est mon tée et déjà les Inlcherons entaillent le bois d'érable pour en recueillir le sucre (l).
La foret se peuple et s'anime; en mars, le rougegorge a déjà fait son nid et la bécasse revient du Sud; à la fm d'axril, tous les oiseaux chanteurs sont en famille et saluent l'été.
L'été est très chaud, très vif, mais [joint lourd. Sur les lacs innombrables passent des brises continuelles et les pluies sont fréquentes. La chaleur est rarement accablante et persiste plus longtemps qu'en Europe, mais elle cède, à la fm de septembre, au.\ pluies froides et aux gels des nuits. L'automne arrivé brusquement avec les teintes riches de la forêt et surtout des érables, l'arbre du. Canada. Les animaux migrateurs s'en vont, mais les derniers beaux jours de l'automne sont si doux que les Canadiens les ont nommés i'é/é des Indiens.
Quelques neiges légères, qui ne résistent pas au soleil, apparaissent en novembre ; en décembre tombe la neige c]ui dure quatre mois.
La presqu'île de Toronto demande une mention spéciale: Enfermée entre le lac Ontario, le lac liuron et le lac Erie, elle descend au sud jusqu'au quarante-deuxième parallèle, latitude de Rome. Les immenses nappes deau qui l'entourent lui donnent un climat très doux et humide, extrêmement favorable aux arbres fruitiers. Toute la rive nord du lac Erie n'est qu'un verger où prospèrent plus de 13 millions d'arbres et 2 millions 1/2 de plants de vigne. Cette richesse en fruits ne se retrouve au Canada que dans le sud de la Colom-
(i) Champlain a noté en 1624 les rapides progrès du printemps canadien : « Le 8 dudit mois (mai), les cerisiers commencent à espanouir leurs boutons... En ce temps mesme sortent de terre de petites fleurs de gris de lin et blanches qui sont les primevères... de ces lieux-là. Le 9, les framboises commencent à boutonner et toutes les herbes à pousser. Le 10 ou 11, le sureau montre ses feuilles. Le 12, il y a des violettes blanches... Le 15, les arbres furent boutonnés et les cerisiers revestus de feuillages et le froment monte à un ampan... Les framboisiers jetèrent leurs feuilles, le cerfeuil était bon à couper : dans le bois, l'oseille s'y voit à deux pouces de hauteur. Le 18, les bouleaux jettent leurs feuilles, etc.. » (Champlain, édit., Laverdière, t. VI, p. 74.)
bie l)ritanMi(|ue s(jus le quarante neuvième et ie cni- (|uaiitirme ])arall("le, oii (cnl mille acres de terrains sont en culture fruitière.
{'(•pendant, il ne faudrait |)as croire (]iie le (limai de 'r(H'oiit(j soit c(jmparable à celui des \illes d'Europe qui se trouvent s(jus la même latitude, ((jmme Marseille ou Florence, 'i'oronto et sa presqu'île font partie du système du Saint- Laurent, de la grande vallée par où descendent les frimas du Nord. La neige n'y tient ]jas toujours, mais au cœur de l'hiver elle y glace le pays tout entier et l'on ne sort ([n'en traîneau.
Au point de vue canadien, les hivers y sont très désagréables parce qu'ils sont trop doux. Du jour au lendemain, il faut abandonner les traîneaux jDOur patauger dans un dégel l)oueux, quitte à reprendre le traîneau quelques jours après.
Le sud de la Colombie Britannique, sous les qiuirante-neuvième et cinquantième parallèles, est exempt de ces inconvénients. Nous avons dit comment toutes les rives du Pacifique étaient réchauffées par le courant du Japon et les vents de la Chine. Cette influence se fait sentir dans toute la province, mais elle produit les effets les plus agréables dans les hautes vallées du Sud, sur les bords des grands lacs Kootenay, Arrow (La Flèche), Okanagan, situés à des altitudes de 300 à 600 mètres, où la température est douce, même en hiver et rafraîchie en été j^ar l'altitude et les brises des montagnes. Il y tombe 40 à 45 centimètres de pluie par an et un à deux pieds de neige. Le thermomètre ne descend au-dessous de zéro qu'accidentellement et pour de courtes périodes.
Dans ces grandes vallées du Sud-Colombien, les vergers, la pêche et la vigne sont comparables aux vergers et aux fruits de la presqu'île de Toronto. Lord Aberdeen, ancien gouverneur général, a créé dans le val de Coldstream une propriété de 5,000 hectares en vergers et en luzerne; Lord Grey, également ancien gouverneur général du Dominion, possède une magnifique propriété sur le bord du Kootenay, où l'hectare de verger rapporte près de 2,000 francs.
Le climat du Canada comporte donc une région continentale très vaste où les hivers sont très froids et secs, les étés très chauds, et deux régions maritimes, celle de l'Ouest, adoucie par les vents de Chine, qui pénètrent jusqu'à la ceinture du blé; celle de l'Est, refroidie par le grand courant du Labrador et les bises du Groenland.
Du sud au nord, son territoire va de la latitude de Rome à celle du cercle polaire, mais, comme la
Le Canada Illustri':
jmrtic la plus lurridionalc est clans l'est, c'est à peine si la presqu'île île Toroiiti», située au bout de la vallée du Saiut-I.aurent. jouit de la tciiipéralure du centre de la France.
Partout le climat canadien bénéficie d'un r.ire privilct^^e. le ciel est ^généralement jiur sous un brillant soleil et l'air est sec, bien que le sol soit sillonné de lacs et de rivières; le printemps dure un mois, l'été se ]îrolon<:^e loin en automne. Ces particularités constituent un des climats les plus sains qui existent. On \- \ it \ ieux et la race canadienne est très juolifique; malneureusement, la
mortalité infantile est considérable faute d'h\L'iène suffisante i).
(i) Les statisticjues municipales donnent coninrif» moyrnne de la mortalité chez les enfants au-dessous de cin(| ans, 56.31 0/0 pour l'année 1905. On voit combien la po])uIation augmenterait si on arrivait à éviter cette forte mortalité... Je crois, en général, que les Canadiennes nourrissent leurs enfants elles-mêmes. Mais ceux-ci sont sevrés de bonne heure et on leur donne alors du lait conservé en boîte et ce défaut d'alimentation est sans doute la cause de la mortalité infantile si élevée au Canada. {Canada et Canadiens, par le I)"" Adrien Loir, prf)fes^rur à la faculté de médecine de Montréal.)
Glacier du Moxt Robson.
CllAPlTKl: 111
Configuration du sol. — Montagnes, fleuves et lacs.
Confi;iuration du sol.
La grande prairie canadienne, qui occupe tout le centre du continent entre la baie d'Hudson et les Montagnes Rocheuses, sur une largeur de 2,000 kilomètres, est la continution, jusqu'à l'océan Glacial, des hautes vallées du Missouri et du Mississipi.
L'altitude de cette immense prairie est en moxenne de 200 mètres ; le sol, noir et profond, d'une richesse extraordinaire, formé de deux ou plusieurs pieds d'humus, de terreau, reposant sur un fonds d'argile marneuse qui retient pendant tout l'été l'humidité déposée par la fonte des neiges, est si fécond, qu'exploité sans fumure dans certaines plaines, depuis trente ans, il ne donne pas encore de signes de fatigue.
Entre cette grande prairie et l'océan Pacifique, s'étendent les chaînes des Montagnes Rocheuses constituant une limite régulière jusqu'à l'océan Glacial, mais à l'est la limite est plus sinueuse et moins élevée. Elle est formée par les Laurentides, longue chaîne de petites montagnes d'une longueur de 4.700 kilomètres, à laquelle les géographes ont donné ce caractère très particulier qu'ils ne la marquent sur aucune carte. On peut dire d'une façon générale que les Laurentides dessinent au sud de la baie d'Hudson un immense U dont la base trace le cours de l'Ottawa et dont les deux branches se relèvent, à l'est vers le détroit de Belle-Ille, à l'ouest vers le lac du Grand-Ours, séparant ainsi de la baie d'Hudson. d'une part le bassin du Saint- Laurent et des grands lacs, de l'autre la prairie centrale.
L'extrémité sud-est du Canada, formée des petites provinces maritimes, reste en dehors de ce grand système. L'île du Prince-Edouard et la presqu'île de la Xouvelle-Ecosse sont des terres d'une grande fertilité, constituées par une arête de collines d'oî: partent de chaque côté des rivières qui forment de
nombreux lacs. De grandes baies, des côtes dentelées y dessinent de magnifiques ports.
Le Xouveau-Brunswick est une grande forêt traversée de belles rivières et la partie méridionale de la province de Québec, sur la rive droite du Saint- Laurent, s'étend entre le fleuve et les montagnes du Maine jusqu'à la presqu'île de Gaspé, dont les hautes falaises dominent l'estuaire du Saint-Laurent.
RiviLre de la Paix au sortir des Rocheuses.
Montagnes.
A l'ouest de la prairie s'élève la haute barrière des Montagnes Rocheuses qui court parallèlement à la mer en s'abaissant peu à peu dans le nord, pour ne disparaître qu'au delta du Mackenzie, près de l'océan Glacial. Cette crête sépare la Colombie Britannique de la prairie jusqu'au cinquante-quatrième parallèle. Au point où ce parallèle cou]:>e le cent vingtième degré de longitude, la frontière colombienne se confond avec ce cent vingtième degré jusqu'au soixantième parallèle.
La Colombie Britannique se trouve avoir ainsi
Lie ('ANAI)A ll.H'SlRK
5(X) ;i 600 kiloiurlrcs de largeur (Mitre le (|u,i ranle iKMU iriiic et le soix.uitièuie |).ii;illMe et coin preiul, en cmlre, les jurandes îles de Vancouver, de la Reine Charlotte et les archipels (]ui bordent le ri\a>;e du Paciluiue. Cette proNiiue est la ])artie nu>nl.i<4neuse (hi (".mada. Les l^oi lieuses en constituent la ch.iiiie la plus (Mevée ,3.500 mètres); elles sont (loul)l(''(>s de plusieurs chaînes parallèles moins h.iutes ([ui, |)rès de la frontière américaine, occupent ])resque toute la larj^eur de la province, ]iuis se séparent, laissant entre elles un vaste plateau élevé de i,i(X) à i,j()() mètres. Les Selkirk et les Montagnes de rOr se rajjprochent des Rocheuses, tandis que la chaîne côtière ou des Cascades accompagne le rivage. Tout le système s'abaisse progressivement en avançant vers le nord jusqu'à la grande vallée de la rivière de la Paix, qui coupe la chaîne des Rocheuses pour aller se jeter à l'est dans le Mackenzie.
Le haut ])lateau est interrompu ]y,\r les monts Babine et Omineca, lîerjjendiculaires aux deux grandes chaînes. Ces montagnes forment un nœud hydrographi(|ue d'où partent, vers l'est, la rivière de la Paix; vers l'ouest, la Skeena et, vers le sudest, les affluents du Fraser, le grand fleuve colombien qui, après avoir fait le tour des monts Cariboo, recueille, sur un parcours de i,2cx:) kilomètres, toutes les eaux du plateau, entre le cinquantième et le cinquante-cinquième parallèle.
Au nord des monts Babine, un second plateau se prolonge jusque bien au delà de la frontière du Yukon où se dressent, dans la chaîne côtière, les plus hauts sommets du Canada, le Logan (5.945 mètres) et le mont Elie (5,495 mètres).
La Colombie Britannique à elle seule forme le Canada de l'Ouest ; elle a ses affaires et ses hommes d'affaires profères qui sont rarement ceux du Centre ou de l'Est. Il est probable que l'ouverture du canal de Panama, en ouvrant ]5our cette province ime route de mer rapide vers l'Europe, y provoquera un énorme développement de richesses.
Les trois provinces du Centre : Alberta, Saskatchewan et Manitoba se partagent la prairie jusqu'à la baie d'Hudson.
La province d'Ontario, la première des provinces orientales, s'étend au sud de la baie d'Hudson, jusqu'aux grands lacs américains, dont elle possède la rive septentrionale. Nous avons parlé de la presqu'île de Toronto, de son climat et de ses vergers qui lui ont mérité le nom de ] ardin du Canada.
La nouvelle frontière d'Ontario s'étend aujour-
d'hui au nord pis(|u'au dessus de |)ort Se\erii, sur la baie d'Hudson. (''est le Ncnivcl (Jntario, qu'on a (ru longtemps aride et inculte jus(|u'à la grande forêt, mais oii des exjjlorat ions plus précises ont (lécoiucrt des parties très fertiles, commencement de la prairie, et de précieuses richesses minérales.
A l'est de la baie d'Iliidson, la province fie Ouébec s'étend maintenant de])uis le lac Saint- François, sur les deux rives du Saint Laurent, jusqu'au détroit d'Hudson, deux fois plus grande que la France. Elle englobera un jour le Labrador que Terre-Neuve réclame et que les géographes figurent sur les cartes par une mince langue de terre le long de l'Atlantique, sans lui donner des bornes h)ien définies.
La vallée du Saint-Laurent, l'ancienne Nouvelle- France ou vieux Canada, a été longtemps tout ce qu'on connaissait de cet immense pays. Elle est limitée par la chaîne des Laurentides sur la rive gauche et par la chaîne des Alleghanis sur sa rive droite. Ces montagnes sont peu élevées; les Laurentides se divisent en deux branches : l'une qui longe le Saint-Laurent, jiasse derrière Ouébec et Montréal : l'autre qui remonte au nord, pour contourner le lac Saint-Jean et former ensuite le versant nord du bassin de l'Ottawa, en marquant la ligne de faîte entre la baie d'Hudson et le bassin du Saint-Laurent.
Toutes deux ont une hauteur moyenne de 500 à 600 mètres, avec des sommets de 1,200 mètres dans la première, de 600 à 700 mètres dans la seconde.
Tout le nord de la province de Ouébec est, comme la prairie, une vaste plaine d'une altitude moyenne de 200 mètres semée d'innombrables cours d'eau et de lacs, mais ce n'est pas l'herbe qui couvre le sol, comme dans les provinces du centre, c'est la forêt, la forêt immense, sauvage, de 40 millions d'hectares,, qu'on ne parviendra à exploiter que dans un siècle peut-être, quand les chemins de fer auront pénétré ses profondeurs.
Près de l'embouchure du Saint-Laurent, les Alleghanis, qu'on nomme aussi Appalaches, bordent de près la rive droite du fleuve et dressent au bout de la presqu'île de Gaspé des falaises abruptes et sauvages qui semblent parfois surplomber les navires. De sombres bois de pins s'accrochent au flanc de la muraille, mais en automne leur aspect s'égaie des taches d'or qu'y mettent les érables, les chênes et les bouleaux. Leurs sommets, dans la presqu'île de Gaspé, atteignent 1,200 mètres, puis ils s'éloignent du fleuve jusqu'à 48 kilomètres
Le Canada Imistré
au sud (le Québec et So kilimiètrcs au sud de Montréal. La chaîne s'abaisse dans le Maine et se continue par les Montagnes \'ertes du comté de Vermont Etats-Unis!
riciiNcs et lacs.
1, 'immense vallée du Samt-Laurent forme tout le sud de la province de Québec. Les principaux affluents ont eux-mêmes d'énormes bassins: le cours de l'Ottawa est de 9S9 kilomètres ; celui du Saint- Maurice, 45(^; la rivière des Outardes. 37('); le Manicouagan, 360; le Xoisic, 255; au total, les principaux cours d'eau du liassm parcourent 1 1,755 kilomètres.
Le Saint-Laurenc lui-même, de sa sortie du lac Ontario jusqu'à la mer, a 1,247 kilomètres. La géographie jDubliée par le ministre de l'intérieur donne une longueur de 3.836 kilomètres à la voie maritime qu'on appelle le système du Saint-Laurent et qui s'étend de l'extrémité ouest du lac Supérieur à la mer. M. Buron, dans son livre Les Richesses du Canada, dit que, de sa source, en plein centre du continent américain, jusqu'à son embouchure, le Saint-Laurent compte 5,250 kilomètres. Larousse dit 3,070 kiomètres et M. Dodu 3,500 kilomètres Si l'on adopte le chiffre officiel de 3,836 pour le chenal du Saint-Laurent, il faudrait y ajouter le cours de la rivière Saint-T,ouis, source du fleuve, ce qui porterait la longueur totale à beaucoup plus de 4,000 kilomètres.
Le Yukon, célèbre par les mines d'or de son district, a 3,500 kilomètres de long: le Mackenzie, qui se jette comme lui dans l'océan Glacial, en compte 3,200. Ce sont les trois plus grands fleuves du Canada et ils peuvent être rangés parmi les plus grands du monde.
I..1 ruicriî Rouge cl la .S.isUati hcwan, (|ui se déversent. \yAX le fleuve XelsfiU, dans la baie d'iiudson, sont les deux plus grandes rivières du Canada central. La Colombie, le l-'raser et la Skeena se partagent les bassins de la Colombie lîritanniquc.
La svi])erficie des lacs du C'anada est de 84 millions 70o,ofKj hectares, alors que la surface totale de la France est de 53,646,400 hectares. Ces chiffres n'étonnent pas quand on étudie une bonne carte du Dominion. Ce qui frappe tout d'abord, c'est la quantité jirodigieuse des lacs qui émail lent les grandes plaines, les ])lateaux, la région montagneuse et ses hautes vallées, sans parler des cinq grands lacs qui séparent le Canad:i des Etats-Unis par une sorte de mer intérieure jiénétrant jusqu'au centre du continent; la terre canadienne est partout semée de lacs dont un bon nombre ont une étendue considérable.
Au nord, les lacs du Grand-Ours et des Esclaves; au centre, le Winnipeg, le lac des Bois, le Manitoba; dans l'est, le Misstassini et le .Saint- Jean; dans l'ouest, le lac Atlin, le Babine, le Stuart, le Kootenay, le Quesnel et l'Okanagan sont les plus importants; mais la caractéristique de la carte du Canada est le nombre presque incalculable des nappes d'eau moyennes et petites qui baignent le sol et servent de réservoirs d'où s'écoulent d'innombrables rivières. L'altitude moyenne des plaines dépassant 200 mètres, ces lacs et ces rivières offrent sur tout le territoire une différence de niveau utile de 100 à 150 mètres que l'industrie peut utiliser. Ces forces de houille blanche sont positivement incalculables et leur mise en œuvre durera aussi longtemps que la colonisation et le développement du Dominion.
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Rivière de la P.aix vue du Fort S.aixt-John.
CIIAPHKI-: i\'
Orscanisation politique. — Population.
Instruction publique.
Immijçration.
Organisation politique.
L'Angleterre a la sagesse de laisser à ses Dominions la plus large autonomie. Nul n'en était plus digne que le Canada, le plus vaste et le plus puissant d'entre eux, où le fond de la population se composait, en 1763, de 65,000 colons de race française. En 1841, les deux provinces canadiennes qui se nommaient alors le Haut et le Bas-Canada, la première formant une partie de l'Ontario actuel et la seconde formant une partie de la province de Québec, furent réunies en une seule province par le Union A ci.
En 1867, le Brithli Xorth Aiuerkan Act constitue les provinces canadiennes en Confédération : Québec et Ontario, qui avaient été l'objet de V Union Acf, la Nouvelle-Ecosse, ou Acadie, qui avait été cédée à l'Angleterre en 17 13 par le traité d'Utrecht, et le Nouveau-Brunswick, qui avait été constitué en province séparée en 1784. Dès l'année suivante, en 1868, la Confédération acheta à la Société de la baie d'Hudson toutes les terres qu'elle possédait en vertu d'une concession donnée en 1670 par Charles II à une Compagnie de marchands protégée par le prince Rupert. Cette concession s'étendait sur tous les terrains arrosés par les fleuves qui viennent se jeter dans la baie d'Hudson.
Le traité de 186S stipulait qu'en échange de ses terrains la Compagnie de la baie d'Hudson recevait £ 300,000 en espèces, le droit de choisir des emplacements autovir des postes qu'elle avait établis et une option, pendant cinquante ans, sur le vingtième des terres cédées par elle, comprises entre la frontière américaine au sud, les ]\Iontagnes Rocheuses à l'ouest, le soixantième degré au nord
et, à l'est, le lac Winnipeg, le lac des Bois et les cours d'eau qui les joignent. Ce vingtième était estimé à 2,800,000 hectares ou 7 millions d'acres.
En 1870, le Manitoba, constitué en province, se joignit à la Confédération du Dominion, puis, successivement, en 1871, la Colombie Anglaise et, en 1873, l'île du Prince-Edouard vinrent compléter le Dominion. En 1905, le gouvernement canadien organisa en provinces les territoires d'Alberta et de Saskatchewan ; en igii, il agrandit le Manitoba jusqu'au soixantième degré, l'Ontario jusqu'aux rivages de la baie d'Hudson en un point situé au nord de fort Severn, et la province de Québec jusqu'au détroit d'Hudson. Le Yukon et les territoires du Nord-Ouest ont une législation spéciale. Terre-Neuve est une colonie anglaise.
Le Canada se gouverne lui-même, selon une constitution imitée de celle de l'Angleterre.
Le gouverneur général, nommé par le roi, représente le pouvoir métropolitain avec droit de veto sur les votes des Chambres et les décisions du gouvernement, dont il n'use jamais. Il nomme les sénateurs sur la proposition du gouvernement ; la Chambre des communes est nommée par le suffrage universel constitué par les Canadiens âgés d'au moins vingt et un ans.
Le cabinet, conseil du gouverneur général, est choisi par le parti politique qui possède la majorité des voix à la Chambre des communes. Pour toutes les affaires qui regardent le Canada seulement, l'autonomie est complète. L'n tarif douanier plus favorable aux marchandises anglaises est le seul avantage que s'est réservé la métropole.
Le Canada est une fédération qui ne fut complétée qu'en 1895 par la création des territoires. Les neuf provinces confédérées se partagent en
Lk C'anada Illustré
]iii)\ iiu'cs 111, intimes, qui sont : la XiMiNcI le ICcossc, le Nouxeau- JirimswK'k et l'îU^ du Princel'.dou.ird ; en proxiiues orientales:
Ouéi)ec et Ontario; en provinces c-entrales : Manitoha l\ Saskalchewaii et Alherla, a\ec une pro- \ ince (n-cidcntale : la ("ulonibie l>rit.inni(]iie. Mlles ont chacune le.ir licuteii.uit j^ouxerneur, leur Sénat et leur ("hanibre des députés, avec un ministère responsable.
Par exceplujii, le Maniloba et le Xouxeau-iirunswick n'ont pas de Sénat, seulement une Chambre élue.
Les ])ro\iiices du Centre et de l'Ouest ont pour limite le soixantième parallèle, depuis que le Manitoba a été étendu jusque-là; l'Ontario s'étend vers le nord jus- (]u'à la baie d'itudson, dont la rive sud-ouest lui appartient depuis Moose Factory jusqu'au nord de Fort Severn, et Québec atteint le détroit d'Hudson. Au delà du soixantième parallèle et jusqu'à l'océan Arctique s'étendent les territoires du Yukon, du Mackenzie, de la Terre du Prince-Albert et de la Terre de Baf fin, qui n'ont pas d'organisation propre et dépendent directement du gouvernement fédéral.
Cependant, les territoires élisent une législature qui siège à Regina.
Ottawa est la capitale politique du Dominion oi^i siègent le Sénat, qui comprend environ /O membres nommés à vie, et la Chambre des Communes, qui compte à peu près 230 députés. Le Parlement fédéral se réunit à la fin de février.
Ottawa a été fondée en 1858 par la Reine Victoria pour couper court aux compétitions de Montréal, Québec, Toronto et Kingston, qui se disputaient l'honneur d'être la capitale politique du Dominion.
(i) Le mot Manitoba vient de la langue des Assiniboines ; ces Indiens habitaient, vers 1738, sur les bords d'un lac que La Verandrye nomme « le lac des Prairies », en langue assiniboine Alinne-Toba, de rninne, eau, et toba, prairie. Avec une légère variante, le nom indien est resté celui de la province canadienne.
S. A. R. LE Dlc UE CON.WI (.111', (;orVER.\EUR GÉNÉR.AL DU C.AN.AD.'V.
Fondée à dessein sur la limite des deux provinces Ontario et Québec, la ville, très vaste, est desservie par un bon réseau de tramways électriques ; ses plus beaux quartiers occupent un plateau au bas duquel la rivière et le canal de Rideau viennent se jeter dans l'Ottawa. Au loin, sur l'autre rive, s'élève le vaste château de Rideau Hall, résidence du gouverneur général. Ottawa a 87,062 habitants i) et sa population a augmenté de 26,000 âmes depuis dix ans; le monde officiel lui apporte une grande animation, surtout pendant les sessions législatives.
Montréal est la métropole commerciale du Dominion ; pendant les dix dernières années, sa popula-
fi) Tous les chiffres sont puisés dans le recensement du i^"" juin 191 i.
Le Canada Ii.ixsiri:
tion a augmenté de 232,270 habitants et compte, en 191 1, 470,480 habitants. C'est la capitale des affaires et des banques; elle a facilement détrôné Québec et ses 78,190 habitants au grand bénéfice des deux villes, car il est à désirer que l'ancienne capitale de la Nouvelle-France conserve dans son site incomparable tout le charme de ses vieilles maisons et de ses anciens monuments. Québec, avec un intense développement commercial, ne serait plus le Québec qu'on admire, tandis que Montréal, par son port, par sa position au débouché du futur canal de la baie Géorgienne, et dans une île au confluent de l'Ottawa avec le Saint-Laurent, est appelée à un développement indéfini.
La ville étale aux pieds du ]\Iont Real ou Montagne Royale, comme on dit aujourd'hui, ses longues rues coupées à angle droit qui peuvent s'allonger indéfiniment dans cette grande plaine parallèlement au fleuve. Le Mont Royal, forêt splend.ide semée de parcs, est la promenade de la ville d'où l'on jouit d'un panorama presque aussi beau que celui de Québec. Aux pieds, c'est la grande ville, pleine de monuments et de squares ; plus loin, le fleuve géant avec, en amont, le pont \'ictoria, long de 2 kilomètres 12 et, pour fermer l'horizon, bien loin sur la rive droite, les montagnes bleues des Etats-Unis.
Toronto, ville absolument anglaise, voulait être
en même temps la capitale politique et la capitale commerciale du Canada. Sa position au fond d'une baie à l'extrémité nord-ouest du lac Ontario est superbe à tous égards. Construite en damier, ses deux rues principales, King et Queen streets, sont parallèles au bord du lac, les autres, à angle droit, montent la pente douce sur laquelle s'étage la ville. Malheureusement, les chemins de fer. avec toutes leurs installations, sont venus s'interposer entre le lac et la ville, de sorte que les habitants ne jouissent guère de la vue du lac. Par un temps clair, on distingue le nuage de brume suspendu à 100 kilomètres de là, au-dessus du Niagara.
Toronto a 376,538 habitants et depuis six ans s'est plus que doublée. En face, à 4 kilomètres dans le lac, se trouve l'ile 011 sont les attractions qui attirent le public aux jours de fête. Au nord de la ville s'étend la presqu'île qui possède les terres les plus riches, qu'on a nommées le Jardin du Canada. Toronto est restée la capitale de l'Ontario, bien qu'Ottawa appartienne à cette province.
Dans la liste des grandes villes canadiennes, \\'innipeg, capitale du Manitoba, vient au troisième rang avec 136,035 habitants; Vancouver Colombie Britannique), au quatrième avec 100,401. Ottawa et Québec ne viennent qu'ensuite avec 87,062 et 78,190.
[.[■: Canada Ii.i.isiri
»^<-^ .■tg». •,
QrÉBEC EN 1912.
Population, Immigration.
Le ^ouvernenienl canadien s'est rendu compte que pour mettre en valeur le plus rapidement possible son immense territoire et les richesses incalculables qu'il renferme, le seul moyen pratique était de provoquer une immigration intense. La natalité des habitants est particulièrement forte, mais elle ne suffit pas. Les Etats-Unis sont moins grands que le Canada et contiennent aujourd'hui 90 millions d'âmes, grâce à une immigration de plusieurs siècles. Le Canada doit s'efforcer d'arriver à un résultat analogue dans les délais les plus courts.
Les recensements de la population prouvent que, pendant les dix dernières années, l'immigration a ■été en progression constante, et maintenant tout fait espérer que rien ne ralentira ce mouvement.
En 1763, au moment oii la Nouvelle-France devint anglaise, elle renfermait 65,000 Canadiens français. Pendant plus d'un siècle, la population augmenta lentement et, au premier recensement officiel, en 1871, il y avait 3,485,0.00 Canadiens au Canada.
L'histoire du peuplement au Canada a été faite ■dans un maître livre couronné par l'Académie française : La colonisation de la Nouvelle- France, par Emile Salone, docteur es lettres. Ce livre s'impose à tous ceux qui veulent connaître cette période attachante et dramatique comme le plus tragique roman. Ses 460 pages vont de 1535 à 1763, émaillées de récits captivants et d'appréciations définitives sur Champlain, les guerres des Iroquois, la fondation de Montréal, etc.. Notre cadre ne nous a même pas permis d'effleurer ce sujet.
A partir de 1871, les recensements sont faits tous les dix ans et la population devient successi- \ ement :
En 1881 4.324.810
En 1891 4.833.23Q
En 1901 5-37'-3'5
En 1911 7.204.838
Il est intéressant de comparer entre elles les populations des provinces; en voici un tableau
officiel publié par la Chambre de commerce française de Montréal :
PUOVIXCES ISSI -IS'.il l'.MIl lilll
Ile du Prince
Edouard.... 108.891 109.078 103.259 93.728 Nouvellc-
Ecosse 440.572 450-396 459-574 49--338
Nouveau -
Brunswick. 321.233 321.263 331.120 351.889
Québec 1.359.027 1.488.535 1.648.898 2.002.712
Ontario 1.926.922 2. 114. 321 2.182.947 2.523.274
Manitoba ... 62.260 152.506 255.211 455.614
Saskatchcwan j ^ ^ ^^ j 91-^79 49^.432
Alberta S ^ ' \ 73.022 374.663
Colombie Britannique.. . 49-459 98- 173 178-657 392.480 Territoire du
Yukon » » 27.219 8.512
Territoires du
Nord-Ouest » » 20.129 17.196
Il ressort de ce tableau que les provinces canadiennes se sont peuplées très irrégulièrement Tandis que l'île du Prince-Edouard a moins d'habitants en 191 1 qu'en 1881, les deux provinces du Nord-Ouest, qui en 1881 étaient encore des territoires, passent de 56,446 en 1881 à 762,590 en 191 1.
Lk Canada Ii.i.rsiRi':
I .a r.iison est facile à ai)(M\r\(iir Les i)iti\ nu c-. iiiaritunes ont vu alxtrclcr (lie/ elles les preiuiers eiilons; elles ont aiij^iucnté leur population plus farilcnient (pie le> autres, mais elles ndlt raient pas des (■liance> d'éLiblissenient aussi helU^s cpie la réjj^ion (lu Corn Helt Aussi, dès (pie l'extivuie fertilité du Nord-Ouest fut connue, tous les inimi jurants s'y portcrenl et môme (ies colons déjà fixés (fans les provinces maritimes et orientales gagne
(pie depuis ( in(] ou six ans, pro\()(pu' par les eff(jrts de propagande du gouvernement d'Ottawa faisant connaître au monde entier les magnificpies résultats des récoltes et les facilités que les lois ( anadiennes donnaient au travailleur pour se constituer un io\er.
Celte ])ropagan(le a été faite princi|)alement en Angleterre et aux Etats-Unis, mais aussi dans la plupart des pays d'Europe. Elle a produit, siirl(jut
MOMRKAL VIE Dl MO.M ROVAL.
rent le Manitoba et la Saskatchewan par groupes pour )• fonder, sur des (( homesteads » gratuits, des embryons de villages et de petites villes. Plusieurs paroisses de la province de Québec ont ainsi formé des agglomérations de Canadiens français dans les meilleures régions agricoles au delà de Winnipeg.
Au contraire, on comprend difficilement que le Nouveau-Brunswick n'ait pas attiré plus d'immigrants; sa population s'est augmentée fort peu depuis 1881, bien que son sol soit encore couvert d'immenses forêts des plus belles essences d'arbres, comme le cerisier noir, le merisier rouge, les chênes, le noyer, le cèdre blanc. La grande valeur de ces arbres devrait attirer les spéculateurs.
Le grand courant d'immigration ne s'est formé
cJans les deu.x ou trois dernières années, des résultats auxquels on ne s'attendait pas.
Des fermiers américains établis dans le Far West ont vendu leurs fermes et ont gagné le Nord- Ouest Canadien avec leurs trains de culture et leurs machines agricoles pour acheter des terres plus étendues, beaucoup plus fertiles et beaucoup moins chères. En 1907-1908, l'émigration américaine au Canada a atteint 58,312; en 1908-1909, 59,832; en 1909-1910, 103,798; en 1910-1911, 121,450, et en 1911-1912, 133,710, soit au total, depuis 1901, 752,120.
Les autorités américaines se sont émues de ce mouvement, dont la A'ew York Tribune disait, le 30 aoiît 19 10 : (( Des citoyens américains, en grand nombre, traversent la frontière et enrichissent le
Lie Canada Ii.f.i strk
< .ni.ul.: à nos drpnis. » M;ns rini w'v l.iit cl , nu une ici oiiiin,iii(l;i1 ion nViuprc Iumm les Icniiicrs (lu l'.ii \\(->l. |i(Mi ((iiilcnts (les t(MTcs (in'ils ont en partie cpvusôe.s, d'aller ( licrchn- dans la f.iiiicuse ichttnre de hic uuo fiuiiinc dont ils p(Mis(>nt avoir iiii(Mi\ {\\\c pcr-.oiuir la ((M-tittidc.
caiiadicMis, (|iril \iciidr.i encore un afflux énorme d'ninni-^ratK.n et de richesses non seulement des Liais l iiis, mais aussi des Etats de l'Europe sep- 1( iilrioiiale, (]ui serviront au dé\elop|)cmcnt du Canad.i.
Dans toutes ses |)ul)lications (l(> |)ro])a<4ande, le
il est un lait des plus sij^mificatifs : sur cette gouver;icmcnt canadien ne (herche à attirer dans masse d'innnigrés américains, il n'en est pour ainsi le pays que les agriculteurs, les fuivriers terrassiers dire pas qui reviennent \i\re sous le drapeau élodé. et les domestiques femmes. Il recommande exprès- En l()l(\ on n'en a compté en tout c]ue i(S4. sèment aux innnij^rants d'autres catégories rie
Rivière Cornwallis (Kentville, Nouvelle-Ecosse).
Les fermiers américains constituent la classe de beaucoup la plus aisée parmi les immigrants. Les Anglais possèdent, par tête, de 700 à 8cx) francs et les immigrants des autres pays une somme beaucoup moindre.
Des statistiques ont été soigneusement relevées par le département de l'immigration, elles montrent que les colons américains apportent avec eux au Canada des marchandises et du bétail pour une valeur qui n'est pas inférieure à $ i,Oûo par personne. En 191 2, 130,000 de ces colons se sont établis dans l'Ouest Canadien et l'on peut considérer qu'il y a eu ainsi un transfert de richesses des Etats-Unis au Canada atteignant pour les provinces de l'ouest une somme de $ 139 millions. Ces chiffres sont très élevés et étonnants, mais ils confirment ce que savent tous les hommes d'Etat
s'assurer préalablement d'un emploi au Canada et d'avoir en poche assez d'argent pour subvenir à leurs besoins pendant quelque temps. D'ailleurs, les règlements qui concernent les immigrés sont assez sévères et l'administration exerce un contrôle actif sur toutes les arrivées. A l'exemple des Etata- Unis, elle refuse maintenant les indésirables qu'elle a trop facilement accueillis lorsqu'ils étaient de langue anglaise.
Le gouvernement canadien a d'autant mieux le droit d'exercer ce contrôle qu'il accorde aux futurs colons des avantages importants.
Tout homme âgé de plus de dix-huit ans peut obtenir la concession d'un ce homestead » de 64 hectares pris parmi les terres disponibles du Dominion dans le Manitoba, la Saskatchewan et l'Alberta, à condition de résider sur sa terre pen-
lil Kl- \l \ liK I 1\IM1(.R\II()X \ QlKHKC;,
(ianl six mois au moins par an. Pendant les six j3remicres années, il doit arriver à cultiver 50 acres ,'20 hectares) et construire une maison valant au moins 1,500 francs. D'après les statistiques établies très soigneusement au ministère, le bétail et les instruments qu'il faut pour cultiver un homestead exigent une dépense de 5,250 francs.
Le nombre des homesteads concédés en 1909- 1910 a été
En Manitoba 2 . 529
En Saskatchewan 21.575
En Albcrta '7-187
En Colombie Britannicjuc 277
En 1910-11 les homesteads concédés atteignirent 44.479 •et en 191 1- 12 39- 151
Il est très probable que l'immigration augmentera encore beaucoup pendant les prochaines années et, sans doute, l'ouverture du canal de Panama, qui va considérablement rapprocher la Colombie Britannique de l'Europe et créer une nouvelle route d'exportation aux blés du Nord- Ouest, sera le signal d'un fort courant d'immigration vers cette province.
Depuis quelques années, le développement économique du Canada prend des proportions vraiment extraordinaires. En même temps que l'ensemencement des terres nouvelles augmente en proportion des progrès de la population, les chemins de fer et les industries de toutes sortes marchent à pas de géant et cette transformation de ce qui a été la Nouvelle-France commence à être connue et remarquée de la France actuelle.
Le public anglais s'intéresse de plus en plus aux affaires canadiennes; on s'attend en France à
\()ir <c (ouranl d'.illaircs passer la .Maiuiic et se répandre de ce ( ôlr ( i du détr(jit. Disons bien il. Mil (jiic SI le Canada a besoin 'le loiuls considérables pour iiicUrc en \ a leur ses immenses richesses nalurriles, si les capi t.iu.x français ])euvent y tr(ju\cr (les emplois très sûrs et avantagcu.x, l'émigration des Français au (".inada n'est ni désirée ni désirable.
D'accord entre eux, les gou-
\ernements des deux ]iays s'y
opposent; le ministère français
parce que la ])opulation de la
France n'augmente pao assez
vite, le ministère du Dominion parce que les émi-
grants français ne seraient précisément pa.s ceux
qu'il désire.
En 1909, M. Briand, ]:)résident du Conseil adressa une circulaire aux préfets les invitant à s'opposer à l'émigration des nationaux français au Canada, circulaire qui provoqua au Parlement d'Ottawa une question d'un député canadien français ; M. Lemieux, ministre des postes, répondit qu'il avait lui-même discuté cette question à Paris avec M. Briand et qu'en effet, dans les circonstances actuelles, le gouvernement français ne pouvait ni favoriser ni permettre l'émigration de ses nationaux. M. Lemieux expliquait, d'ailleurs, que l'immigration française, presque inconntie auparavant, s'était manifestée, de 1902 à 1910, par l'arrivée au Canada de 15,000 Français environ. Il s'étonnait de ce chiffre comme d'un fait presque incroyable.
II nous semble, au contraire, que l'exode de 15,000 Français en huit ans, Bretons ou Vendéens pour la plupart, coïncidant avec la séparation des Eglises et de l'Etat et l'expulsion des ordres religieux de France, est bien inférieure à ce qu'elle aurait pu être.
En somme, de 1900 à 191 2, 18,330 Français ont émigré au Canada.
Les circulaires et les conseils administratifs ont en général peu d'effet dans ces matières, et si les paysans bretons qui sont allés au Canada y font fortune, ils engageront leurs parents et leurs amis à les rejoindre, que ce soit agréable ou non auxautorités.
La bonne ém.igration française au Canada est celle des capitaux, des directeurs d'entreprises, des
Lk Canada Ii.i.isiri
inj^énicurs, des cliiinistes. I .'iiilliuMice des uns et tlos autres scr;' éniincuinioiil hieii faisante pcjur les deux |)a\s.
Le dernier recenseuient étal)lil (lu'au l'"' |uiii ii)il 1.1 |)()[)ulati()n du Dominion atteij^nail 7 nul lions 204,838 habitants. 11 \- a auj^nientation de 1,833.523 ou 34.13 (V^^ ^i^"' '^ recensement de i()()i. Si on le eonipare au reeensemenl de 1S71, on xoit qu'en quarante ans la population a prestpie douhlé. Celte rapidité du peuplemenl e^l due en partie à rimmii^rat ion, mais il iaul tenir comjjle que rimmij4r.1t ion n'a dépassé le ehilTre de 200,000 qu'en icj()8 ; en 191 1, elle s'élève à 31 1,084; en 191 2, à 354.237, et en 1913, à 402,432 (i). Sur les 354,237 immigTants de 1912, il y avait 2ii,2()() hommes, 82,922 fennnes et 60,049 enfants. L'augmentation sur 191 1, daiiN chat une de ces catégories, se chiffre par 26,068, I 1,884 et 5,201. Il est probable que le gr.uul mou\ement vers l'Ouest ne s'arrêtera pas et que de 191 là 1921 la population canadienne s'augmentera de 3 à 4 millions d'mimigrants.
Dans quelle mesure s'accroîtra-t-elle par les naissances ?"
En 1905, on comptait plus de 3,490 familles ayant au moins douze enfants vivants; en 191 1, le recensement ne donne aucune indication de ce genre (2).
On peut estimer l'accroissement des naissances pendant les dix prochaines années à 2,500,000. En y ajoutant les accroissements dus à l'immigration, il ne semble pas téméraire d'admettre que de 191 1 à 1921 la population canadienne aura presque doublé.
Nous avons indiqué plus haut les chiffres de
(i) Les statistiques d'immigration vont, comme Tannée fiscale, du i*"" janvier au 31 mai. Du i®"" janvier au 31 décembre 19 13, l'immigration a été de 417,709 personnes, dont 156,873 d'origine britannique.
(2) Cette puissante natalité des Canadiens a toujours existé. En 1670, Louis XIV voulait qu'on établît quoique peine pécuniaire contre les pères qui ne marient pas leurs fils à l'âge de vingt ans et leurs filles à seize. Par compensation, il distribue des primes aux nouveaux époux et des gratifications aux familles qui ont dix et douze enfants vivants. Les jeunes Canadiens n'ont d'ailleurs pas besoin d'être encouragés ; les jeunes filles se marient à quatorze ans, même à douze, et l'intendant Talon dit que le pays est fécond en hommes français naturels ; les femmes y portent presque tous les ans. D'ailleurs la moralité est telle que, de 1621 à 1661, sur 674 naissances enregistrées à Notre-Dame de Québec, l'abbé Ferland n'a pu relever qu'une seule naissance illégitim^e.
Dans son livre Canada et Canadiens, de 1908, le docteur Adrien Loir, professeur à la faculté de médecine de Montréal, écrit :
l'émigration américaine; il faut noter (jue brusfjue ment, de 1908-1909 à 1909- 1910, cette émigratior» vers le Nord-Ouest canadien a pres()ii(' doublé, passant de 59,832 à I03,7(j8 cl dé|)assant de beaucoup le noml)re des éniigrants d'Angleterre. On a ( raint (|ue ce courant n'en\aliil la ])rairie canadienne et c|ue le l'ar-VVest p,ir\iiil a américaniser le nord ouest i\\\ Dominion. Hicn (]ue l'immigration américaine augmente encore, toujours vers le nord-ouest, c'est-à-dire vers les terres à blé, la progression s'est calmée. En 1910-1911, l'immigration a été de 121,451 et en 1911-1912 de i 33,710. Mais il semble que la terre saisit l'homme et que le ranchcr du har-West, peu soucieux de politique, devient facilement un libre citoyen de la C'onfédération canadienne.
In.struction Publique.
Le British Korth America Acl laisse la direction de l'instruction publique sous le contrôle des provinces. Le fonctionnement des écoles diffère donc légèrement suivant les régions, mais il est basé, jjour tout le Canada, sur le ]:)rincipe de l'éducation libre payée par des subventions du gouvernement et des taxes locales.
Dans certaines provinces, l'éducation est obligatoire. Dans l'Ontario, les enfants doivent aller à l'école entre huit et quatorze ans. En Nouvelle- Ecosse, l'instruction est obligatoirs de sept à douze ans, et les enfants doivent fréquenter l'école au moins cent vingt jours par an. Le système scolaire en vigueur dans l'Ontario est excellent et donne des résultats particulièrement satisfaisants. Dans
(( Les familles de six à douze enfants sont la règle. Rarement il y a moins de six enfants. On peut compter autant de familles qui ont dix-huit enfants et plus que de foyers canadiens en ayant seulement deux ou trois.
ic En feuilletant le livre de visites d'un médecin exerçant dans un centre manufacturier, je constatai qu'il faisait un très grand nombre d'accouchements. 460 cette année-ci, me dit-il, et, depuis trois à quatre ans, j'en ai toujours à peu près le même nombre. En voici le relevé. Et je voyais les noms des mêmes femmes revenir périodiquement tous les ans. L'une était à son dix-septième enfant, l'autre à son vingt-septième, et enfin une troisième à son trente-deuxième.
(( J'eus la curiosité d'aller en voir. une, âgée de soixantedouze ans, qui avait eu trente-trois enfants à terme. Elle avait l'aspect d'une femme de soixante-cinq ans, et avait conservé sa taille qui n'était pa^ le moins du monde déformée.
a L'infection par suite de couches est, pour ainsi dire,, inconnue. »
Lk Canada Illlstrk
retlr pr()\iiu"(.\ toutes les écoles i)ul)liqiies sont desservies p.ir des ])rofesseurs diplômés et choisis j);ir le jj[ouveriieincnt provinci.il. Un même examen est exij^é pour entrer dans toutes les universités de la province.
La première école est le kinder^i^arlen, destinée aux petits, âj^és de quatre à cinq ans. Les enfants ]iassent ensuite dans les écoles publiques ou séparées, où ils restent jusqu'à quatorze ans. Ces écoles séparées sont destinées à recevoir les enfants catholiques ou ]iroleslants, selon qu'une de ces reli- «.i^ions est pratiquée jiar la majorité. Les écoles supérieures hiq/i SiliooT conduisent l'instruction justju'à l'âge de dix-huit ans et correspondent à jieu près à nos établissements secondaires. Les Universités provinciales reçoivent les jeunes gens ayant environ dix-huit ans. Toutes ces écoles, indépendantes les unes des autres, sont cependant soumises à un contrôle unique et présidé par le ministre de l'instruction iiublique.
Les écoles de l'Ontario sont dirigées par des Conseil de Trustées : le Conseil des écoles supérieures, le Conseil des écoles publiques et le Conseil des écoles séparées. Les Conseils de direction des écoles supérieures sont nommés ]:)ar le Conseil municipal, ceu.x des écoles publiques et séparées par les contribuables.
Ecole communale dans la prairie.
Il }■ a des écoles séparées dans la province de Québec, dans l'Ontario, la Saskatchewan et l'Alberta. Dans la province de Québec, les écoles publiques appartiennent naturellement à la majorité catholique. Jusqu'en 1905, le Manitoba possédait aussi des écoles séparées, mais après une longue lutte parlementaire, ces écoles ont été abolies et les enfants catholiques et protestants sont élevés dans les mêmes établissements. L'instruction religieuse est donnée en dehors des heures de classe et les enfants sont seulement alors séparés par religions.
L'instruction publique canadienne est largement
subventionnée par les g(ju\crncmcnts [provinciaux et les allocations a< cordées aux écoles absorbent de y à 39 0/0 des revenus des |)rovinces. Environ 1,250,000 enfants \ont ( haque jour à l'école au Canada et le service de l'instruction publique emploie ])lus de 3o,0()() professeurs.
Ecole normale a C.aix.arv (Alberta).
Le réel obstacle à la diffusion de l'instruction au Canada est dans l'indifférence des parents. Le cultivateur et l'ouvrier canadiens n'ont souvent pas le désir d'envoyer leurs enfants à l'école. Ils préfèrent les garder à la maison et les employer à de menus traxaux manuels. L'influence de l'instruction sur l'avenir des enfants n'est pas assez connue au Canada. Les contribuables qui ]:)ayent les écoles ne se font pas faute de protester énergiquement contre ces impôts. Cependant, en ce moment, le gouvernement fait de grands efforts pour diffuser l'instruction publique dans le pays.
Les maîtres d'école ne sont pas toujours aussi instruits qu'il le faudrait ; la faute en est au traitement trop minime. L'instituteur canadien est souvent mal payé et peu considéré, ce qui détourne de l'enseignement un grand nombre de jeunes gens et de jeunes filles capables de faire des professeurs excellents. Dans la province de Québec, le traitement des instituteurs est parfois de 560 francs et celui des institutrices inférieur à 500 francs par an. Les gouvernements provinciaux font, du reste, de réels efforts pour améliorer cet état de choses.
A côté de l'instruction proprement dite, les autorités canadiennes s'efforcent de faciliter l'instruction professionnelle.
Xous avons déjà parlé dans un chapitre précédent des écoles d'agriculture et de leur influence sur la prospérité agricole du pays.
LK CaNAIJA ILLUSIRK
A colé de ics ctabrisseninits d'une (hisse déjà plus élevir, on .1 cssa}'o de donner des notions d'instru<-tion prolcssionnellc aux enl.inls l'ré(]uentant les écoles publiciues. Dans les centres ruraux, sous l'inipidsion de sir W'illiaui Macdonald, des j.irdnis ont eti'^ ajoutés aux ('coles; on \' ap])rend aux enlanls les meilleurs procédés de culture, les avantaj^es de la sélection des semences, etc. Des travaux manuels pour les garçons, pour les filles des notions d'économie domestique sont aussi ajoutés aux progranniies de ces écoles. Les résultats semblent très satisfaisants et les enfants qiu ont été élevés dans ces écoles rurales forment plus tard des cultivateurs i-)lus capables et plus ouverts aux méthodes et aux perfectionnements de l'agriculture moderne.
Les écoles secondaires sont très nombreuses et l^ermettent à tous ceux qui le désirent sérieusement de profiter des bienfaits de l'instruction sans être obligés de s'éloigner par trop de leur ville natale. Les professeurs qui enseignent dans ces écoles sont généralement instruits, au courant des nouvelles méthodes pédagogiques, et le fonctionnement des établissements d'instruction secondaire est en tous points satisfaisant.
Le Canada ne compte pas moins de dix-sept universités d'importance différente et dont dépendent
de iiomhreu.x ccjllèges, écoles de médecine, éccjles dentaires, collèges d'agriculture, écoles de musi- (jue, etc.
Les universités de Toronto et M( dill de Montréal sont les deux établissements de langue anglaise (lui peuvent prétendre au ])remicr rang. Elles sont fameuses sur tout le continent américain et le jiersonnel enseignant est com])osé d'hommes d'une com])étence universellement reconnue.
L'université de Toronto fut fondée en 1827 par une charte royale et porta d'abord le nom de Collège du Roi. Elle jouit d'une subvention de ^ 25(),cx)() et s'est affiliée à presque toutes les universités anglaises. Elle forme un corps enseignant autonome, ayant ses programmes et délivrant des diplômes qui lui sont propres.
Un grand incendie l'ayant partiellement détruite en 1890, elle a été reconstruite avec tous les ])erfectionnements, tout l'outillage et tout le confort modernes. Son revenu total pour 1909 a été de $ 754,504 et ses cours ont été suivis par 3,9<JI étudiants, dont 918 femmes.
L'université Mc-Gill, fondée en 1821 par Me Gin, ne se développa réellement qu'en 1852, sous l'impulsion donnée par le gouverneur général sir Edmund Head, qui s'intéressa à son développement.
Université de Toronto, fondée en 1827.