‹ Le Canada illustréChapitre 52 sur 80 · I.K Canada Tlu'strk · texte numérisé non relu

I.K Canada Tlu'strk

vt'.uix pcK'tcs se rend. ml ((iiuple ([u'ils dcvaiciil avant Un\[ coiuiiicncer par assouplir leur laiij^uc et leur versification, se sont attachés à rendre leurs iiii|)ressions intimes dans des rythmes variés, entre autres ]iar des sonnets.

A hi tète de cette école, il ((.iivicnt de ciler les poésies de Nérée Beaucliemiii.

'Ncréc Beaitche))nn, né à \'aniachiche le 20 février 185 J, se livre d'abortl à l'étude de la médecine. Revenu dans sa ville natale, 011 il exerce sa ])rofession, il se délasse de ses falij^ues en écri- \ant des \ers. Ce]iendant, sa |)oésie très travaillée, d'une forme recherchée, n'a rien d'un amateur; son vers souple et chantant, son inspiration délicate, mais sans grandes envolées, rappellent souvent \'^erlaine, mais le Verlaine de Sagesse et non celui des Fé/cs gaUmtes. Son volume Floraisons mahitinales, paru en 1897, malgré ce titre un peu maniéré, est plein d'une inspiration délicate et franche. Ces vers empruntés à Y Avril Boréal sont d'une fraîcheur délicieuse et d'une forme charmante de souplesse et de grâce :

Est-ce l'avril .? Sur la colline Rossignole une voix câline

De l'aube au soir.

Est-ce le chant de la linotte, Est-ce une flûte, est-ce la note

Du merle noir.''

Pour décrire l'mipression que produit l'angélus sonnant dans le soir, il trouve des vers d'une harmonie imitative remarquable :

La cloche lente à voix éteinte Tinte au clocher paroissial Et l'écho tremblant de sa plainte Tinte et meurt dans l'air glacial.

Les allitérations dont il se sert dans La Mer évoquent fort habilement les murmures berceurs du large :

Loin des grands rochers noirs que berce la marée, La mer calme, la mer au murmure endormeur Du large, tout là-bas, lente s'est retirée Et son sanglot d'amour dans l'air du soir se meurt.

Parfois, Nérée Beauchemin trouve son inspiration dans les souvenirs des gloires nationales. Il chante La Cloche de Loiàshoiirg, souvenir précieux de la Nouvelle-France, vieille cloche qui sonna les victoires et les défaites des premiers colons du Canada :

Cette vieille cloche d'église Qu'une gloire en larmes encor Blasonne, brode et fleurdelisé.

Rutile à nos yeux comme l'or.

C'est une |)i('u->c iclic|uc. On peut la tjaiser à genoux, Elle est française et < atli()li(|ue ("(jmnic les cloche^ (\r ( hi-z nous.

Cette cl(Khe qui sur hi terre d'Amérique a sonné les fêtes de l*>an(c. dont la voix s'est jointe

Aux (iiiions des vjii'.si aux du Roy.

a traversé des heures douloureuses.

Cependant, aujourd'hui encore, nous sonnnes émus en écoutant son chant où dort l'écho des gloires passées :

En nos cœurs tes branles magiques, Dolents et rêveurs font vibrer Des souvenances nostalgiques Douces à nous faire pleurer.

Après la lecture de ces vers, il faut reconnaître que Nérée Beauchemin connaît son métier de poète et sait quelle est la valeur musicale des mots. 11 est surtout un auditif. Ses cloches branlent, sonnent et résonnent, ses oiseaux chantent ou gazouillent et sa source sourd sous les prèles. L'adjectif visuel est souvent moins heureux. Il est musicien et non pas peintre. Le choix de la forme rythmique est généralement excellent et s'adapte bien au sujet.

L'inspiration de ce poète qu'on lira et relira toujours avec plaisir n'est cependant ni neuve ni originale. Elle se distingue de l'école lyrique de Montréal par un pointe de mièvrerie qui évoque le souvenir de l'école symboliste française.

Alfred Garneaii, petit-fils de l'historien, est un poète canadien dont les vers révèlent aussi une connaissance approfondie de la littérature française du dix-neuvième siècle. Il suffit de parcourir son œuvre pour nous rendre compte que Lamartine, Victor Hugo et surtout Alfred de Musset sont ses poètes favoris. Il ne faut pas trop lui reprocher ses réminiscences qui ne diminuent pas sa personnalité réellement canadienne.

Son inspiration délicate, son rythme léger créent des vers vaporeux et frais. Quoi de plus délicieux que ces strophes toutes frémissantes de la joie de vivre et d'un souffle jeune et frais :

La montagne a le chant des pâtres, L'océan vert, les goélands, La grève, les galets bleuâtres, Et cette vie a son printemps.

O soleil d'or, jeunesse pure, Comme alors les sentiers sont verts, Les heures que cet âge azuré Ont le chant léger des flots clairs.

Le Canada Iliastré

Mais les hourcs sont fugitives.

Où sont-elles? dit-on un jour.

Or. la saison dos aubes vives Est aussi celle de 1 amour.

Malgré cette joie qui généralement emplit l'œuvre de Garneau, nous avons de lui des morceau.x d'une inspiration très grave et très noble. Dans Devant la grille du Cimetière, il chante la maison des morts. Son sonnet est empreint d'une foi ardente.

Sa! t, vallon sacré, notre terre promise.

C'est en ces termes que le poète parle du cimetière. Il y observe le fosso\'eur se livrant à sa funèbre besogne et qui, ayant fmi sa journée, sur le jioint de rentrer, s'incline devant la croix qui veille :

Et de loin, comme il fait sans doute tous les soirs, Cet homme la salue avec un geste immense... Un chant très doux d'oiseau vole dans le silence.

Ses sonnets, genre que la jeune école littéraire du Canada semble entourer d'une réelle prédilection, sont ciselés avec soin par Alfred Garneau. Outre le souci de la forme, et la recherche littéraire exigés par ces petits poèmes, il a soin d')' envelopper une [)ensée toujours existante, souvent jolie et parfois belle. Le sonnet, comme trop souvent chez Marie-José de Hérédia, n'est pas pour lui un pur jeu de l'esprit, mais un habit précieux destiné à envelopper une pensée.

Veut du Ciel, à côté d'un très beau tableau, renferme dans ses quatorze vers un drame entier :

Pâle, elle cria : (( Jean » du seuil de la chaumière. Lui chantait dans les ors lourds des épis penchants, Midi de son haleine assoupissait les champs. Un nuage, au loin, montait dans la lumière.

I-'n grand nuage trouble aux murmures méchants... Jean, le vieux entend-il sa femme et sa fermière << Ah! Jean ». — Les sombres feux qu'elle a vus la pre- Frappent ses yeux enfin, il a cessé ses chants. [mière

La faucille à son poing tombe, car la nuée

Accourt, — enfer de flamme à peine atténuée...

« Est-ce. Dieu, la ruine ? O Père, épargne-ncus ! »

Et le vent se déchaîne en fureur, et la grêle Fouette et vanne les blés autour de Thomme frêle Tombé sur ses genoux.

Cette coupe hardie du dernier vers exprime admirablement l'impression d'épouvante qui se dégage de ce petit drame simple et révèle un vrai poète.

Comme nous l'avons vu, Garneau puise géné-

ralement son mspiratK)n dans la vie ultérieure et dans Icn faits de chaque jour; il n'en est pas moins ardemment Canadien et Français, irance est une longue acclamation à la mère-patrie qui ne ]:)eut manquer de toucher un cœur français et devrait à elle seule lui mériter rang de poète en France :

I" ranci , Terre d'abondance Aux grands blés lourds, aux vignes d'or, A l'olivier plus blond encor ; P'rance !

Terre de plaisance Où se chantent, les nuits dété, Tant d'airs d'amour et de gaieté ; France !

Terre de vaillance, Toi dont les preux, dès Roncevaux, Furent si longtemps sans rivaux; France !

Terre de science,

L.a plus féconde en bons labeurs, O sainte terre des pasteurs ; France !

Terre d'espérance.

Quand verras-tu fuir sur le Rhin Les aigles d'ombre au bec d'airain ?

France !

Un autre jeune poète canadien, Emile Nelligan, dont l'œuvre étrange fait songer aux compositions les plus tourmentées de Baudelaire ou de \'^erlaine, a atteint là-bas une grande célébrité.

Réunissant en lui les deux sangs irlandais et canadien, ce tout jeune homme montre dès l'adolescence une nervosité et une mélancolie inquiétantes.

Les poètes de la névrose hantaient son imagination malade et, après avoir rêvé la fin tragique de Baudelaire et de Maupassant, il fut pris au mot par la destinée. Il vit encore, mais mort à la raison depuis sa vingtième année. Des mains pieuses d'amis ont récolté ses vers et publié les meilleurs d'entre eux dans un petit volume qui parut en 1903.

Cette œuvre contient, avec les germes du plus vif talent, bien des faiblesses et des obscurités. On y reconnaît les névroses et les exaltations d'un cerveau sans équilibre, et souvent un réel manque de naturel.

Des vers comme ceux-ci, où Nelligan prétend décrire des nuages dorés par le soleil couchant, ne peuvent être appelés que du galimatias :

De grands chevaux de pourpre erraient sanguinolents Par les célestes nefs.

Lk Canada iLi.rsTur.

M, lis, ;"i i-n\r ilr \rrs m;iii\ais on incdiocrcs, iKMis |uiii\(iiis ^l.iiicr dii'is son (rinrc des inorccaiix d'uiic MMisiltilitc cxtrcmcmciU allinée. Lui-mriiie lUMis dit :

Mil i^nM-c est ((Hili'iir des lumières lointaines.

II s'exerce à noter de cent manières le dégoût de la vie et la tristesse de la preiiiicre jeunesse envolée :

Ah ! \'()is svir la ])eiUe des années Choir mes illusions fanées, Toutes fanées (i)

Commi- dcN larmes d'or (|ui de mon cœur s'égouttent, l-"euille> de mes bonheur^ \ous tombez toutes, toutes (2).

Peu de poètes ont eu des notes aussi sincèrement navrantes. Dans le très beau sonnet du Vaisseau d'or, plein de vers éclatants, il semble ]^ressentir sa tra<.^ique destinée :

Ce fut un grand vaisseau taillé dans l'or massif, Ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues; . La Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues, S'étalait à sa ])roue au soleil excessif.

Mais il vint une nuit frapper le grand ccueil Dans l'Océan trompeur où chantait la Sirène El le naufrage horrible inclina sa carène Aux profondeurs du gouffre, immuable cercueil.

Ce fut un \aisseau d'or, dont les flancs diaphanes Révélaient des trésors que les marins profanes, Dégoût, haine et névrose, entre eux ont disputé. Que reste-t-il de lui dans la tempête brève? Qu'est devenu mon cœur, navire déserté ? Hélas ! il a sombré dans l'abîme du rêve.

Xelligan s'attache aussi à trouver dans la nature des symboles lui permettant d'exprimer les choses morales et les sensations les plus fines.

Après nous avoir décrit un lac aux eaux miroitantes et calmes, il conclut :

Ainsi la vie humaine est un grand lac qui dort. Plein, sous le masque froid des ondes déployées. De blonds rêves déçus, d'illusions noyées. Où l'espoir vainement mire ses astres d'or.

Il aime à noter les sensations tenues, les nuances les plus délicates, ainsi dans Les Caruièlites :

Parmi l'ombre du cloître, elles vont solennelles Et leurs pas font courir un frisson sur les dalles Cependant que du bruit funèbre des sandales Monte un peu la rumeur chaste qui chante en elles. Parmi le froid du cloître, elles vont solennelles Et leurs pas font des chants de velours sur les dalles.

(^i) Tarentelle d,^ automne.

(2) Sérénade triste.

.Souvent le poète s'exerce à décrire les choses extérieures, et certains de ses sonnets, comme Vliventail ou les (aniélias, ne seraient pas désavoués par les maîtres de l'école parnassienne.

Malgré cela, les plus intéressantes des œuvres de Nelligan sont celles oîi il a laissé chanter son âme in.issouvie et triste, coinine la Prière du So?r, où se montre le fond de mysticisme inhérent à sa race, la Réponse du Crucifix ou encore Amour niiiJKiiulé, un sonnet qui fait scjngcr à l'idéale ligure décrite dans Le A'ére de Verlaine :

Je sais en une ('•glise un vitrail merveilleux

Où (|U(l(|ue arti>te illustre, inspiré des archanges,

A ])eint, d'une faron mysti((uc, en robe à franges.

Le front nimbe' d'un astre, une sainte; aux yeux bleus.

Le soir, l'esprit hanté de rêves nébuleux Et du céleste écho de récitals étranges, Je m'en viens la prier sous les lueurs oranges De la lune qui luit entre ses blonds cheveux.

Telle sur le vitrail de mon cœur je t'ai peinte. Ma romanesque aimée, ô pâle et blonde sainte, Toi, la seule que j'aime et toujours aimerai.

Mais tu restes muette, impassible, et, trop fière, Tu te plais à me voir, sombre et désespéré, Errer dans mon amour comme en un cimetière

Ce malheureux poète, si plein de promesses et auréolé par sa destinée tragique, est considéré comme un maître par les jeunes poètes canadiens.

Son influence n'est du reste pas uniquement salutaire. Si l'étude de Nelligan apprend à la jeune génération littéraire du Canada l'infinie délicatesse des mots, de leurs alliances ou de leurs répétitions pour rendre les pensées les plus subtiles, elle les incline trop à se contempler euxmêmes et les détourne des sources les plus larges de la vie.

De préférence à une poésie décadente, aussi subtile soit-elle, il faut souhaiter, surtout à un pays jeune comme le Canada, une poésie vivante, chantant les grandes idées et les belles actions.

Tous les admirateurs de. Nelligan ne lui empruntent heureusement ni son pessimisme ni ses excentricités, et nous avons parmi eux le poète Albert Loseau, qui joint à un verbe fin et subtil les idées larges et généreuses.

Tout jeune, comme il achevait des études commerciales, il fut pris par une terrible maladie qui le tint neuf ans couché. Il en resta paralysé. Un véritable cénacle littéraire se constitua autour de son fauteuil d'infirme et, tous les soirs depuis plusieurs années, les jeunes penseurs du Canada viennent y discuter les idées nouvelles et lire leurs œuvres.

Lk Canada Iliastré

l).in> los loiij^ues heures de soliliule que l'ab sence de ses amis laisse à l.u/e.iu, eelui-ei ciselle des vers fins et délicats l.ui-niêiiie avoue dans une prétace cjue l'.irt de muer h l'a arraché au désespuu- et à la uiort >>. Nous avons de lui deux volumes, r.l,v/<- soVilairc et le Miroir des jours, où le poète envelo])pc des pensées noI)les et élevées (l'une forme poétique et harmonieuse.

11 est humble et n'a pas confiance dans son talent : h je suis un ij^norant, écrit il dans sa |)réf ace ; je n'ai pas d'idées; je rêve et )e ne pense pas... J'écris des sonnets de préférence ])arce que j'ai l'haleine assez courte. » Et cette simili icité, cette sincérité, font le charme de L Ame solitaire. On sent que le ]:)oète y laisse libre cours au rêve. Il exprime, comme il le dit lui-même, des sentiments qu'il ressentira. La vie qu'il dépeint est la vie de son rêve; son livre est j^ro fondement humain.

Les vers qu'il consacre à la femme qu'il aimera, à celle qu'il attend dans l'ardeur de son âme, sont charmants d'émotion \raie et contenue. Dans l'attente de l'aimée, il dit :

Mon attente d'amour fera de telle sorte

Çue mon lointain bonheur en deviendra ])lus doux.

Et plus loin :

J'aurai pour vous aimer des tendresses nouvelles.

C'est un timide rêvant de l'aveu qu'il n'ose, et cette note de sentimentalité discrète fait songer a Sully-Prudhomme :

Elle est venue hier et, timide, interdit.

Comme ivre de son charme, hélas! je n'ai rien dit.

Il note dans un rythme berceur les idées les plus délicates, il chante ces pauvres mots d'amour si souvent profanés ;

Les mots d'amour ne meurent pas, Ils vivent au fond des mémoires Comme les anciennes histoires Qu'enfant on nous contait tout bas.

Son âme, sans fiel, ne contient pas d'amertume contre le sort qui le traite si ngourement. Son infirmité ne l'aigrit pas et c'est à peine si nous pouvons la deviner entre les lignes de son œuvre. Parfois, cependant, il aspire aux grands bois qu'il ne peut contempler que de sa fenêtre.

Dans Uîîe Valseuse, nous trouvons un regret de ne pouvoir suivre l'aimée dans les bals et un

peu de laluusie de saNoir (ju'elle passe d'un <l<iii seur à un .lutre :

Mais moi (jui vous adore et tremble de le dire,

Qui vous aime comme de loin, (Jui connais la vertu de votre cher sourire,

Hélas! moi (jui ne danse point...

Je ne mérite jjas cette faveur insigne

De: jjresser vos petits doigts blancs

Kt je n'ai pas le droit, moi, l'ami trop indigne, Qu'a le dernier de vos galants.

En dehors de l'amour, A. Lozeau chante des idées d'ordre général. Souvent, après une description minutieuse et jxjétique, il tire de son tableau une idée ou un enseignement moral.

11 étudie les fines fleurs de givre que le froid dessine sur sa vitre, puis il conclut :

Dans l'âme humaine, ainsi toujours se résoudra En eau vaine, la joie éphémère du rêve, Que l'espoir éternel demain refleurira.

La musique l'inspire souvent ; il aime à observer les doigts agiles courant sur le clavier. Cette vue lui inspire un retour sur lui-même de la plus délicate mélancolie :

Telle mon âme a des notes d'ivoire l.'ne petite gamme y Aibre, blanche et noire, Mais quel amour saura jamais, sans dévier, En faire largement chanter tout le clavier !

Pour peindre la fuite du temps, il trouve des rythmes subtils, et sa Chanson grise rappelle \^erlaine par la facture plus encore que par le titre :

Puisque tout périt ou pleure Au vent flétrissant de l'heure.

Demeurons en la maison Car dans notre chambre grise Le souvenir s'éternise De la dernière saison.

L'inspiration de Lozeau s'élève parfois à des conceptions nobles et élevées. Après avoir chanté la gloire des moissons d'or, il termine son poème par une invocation d'une très belle envolée :

O Déesse, par qui les épis lourds sont faits, !Mûris pour mon cerveau le blé d'or des idées. Sur la gerbe, à genoux, frappé du plein soleil, La lèvre habituée aux prières ardentes, Je viens, triste, troublant les cigales stridentes, Mendier un froment nouveau de blé vermeil.

Comme nous venons de le voir, Lozeau est un vrai poète, d'une inspiration saine et élevée, d'une forme délicate et harmonieuse. Ses vers émeuvent et touchent le lecteur. On \- sent frémir une âme

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