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L. pRÉCHETTE et M. M.^BCHAND

11 n'y a pas de théâtre canadien digne de ce nom. La censure ecclésiastique très sévère en a empêché jusqu'ici l'éclosion.

Nous avons déjà vu que L. Fréchette a écrit quelques pièces de théâtre qui furent favorablement accueillies. LTn autre écrivain, M. Marchand, se consacra à la littérature dramatique. Nous avons de lui des comédies qui font songer à une collaboration de Ponsard et d'Emile Avigier.

La Carte postale. Ce que pensent les fleurs et Rancune, trois comédies de M""" Daudurand, obtinrent, vers 1890, un grand succès au Canada. Représentées à Montréal et à Québec dans des fêtes officielles, ces pièces furent vivement applaudies et plurent beaucoup par leur verve comique.

Tout récemment, une pièce solidement construite, T^es Boules de neige, de M. Louvigny de Montigny, et un drame poignant. Le Secret pro-

(i) Spell of the Yukon.

(2) The Lani of beyond.

(3) Death in the Arctic.

(4) The Dreayner.

l.K Canada Ii.i.rsiRit

fcssioitiirl. de M. 1 .0 Ndhlct du IMcssis. manjucnl un ri'vl |)n>;^rès d.uis l'.irt dr.nn.it uiue canadien. Mais, faute d'un ihéàlic el d'une troupe régulière, ces œuvres, lout^es ])ar des amateurs, restent à l'état (le comédie de salon.

Les Canadiens, tant fronçais qu'anglais, sont cependant grands amateurs de théâtre. La plupart de leurs villes contiennent des salles de spectacle où des artistes français et anglais font applaudir !e> répertoires de leurs pa\-s. Montréal possède un théâtre français où les Canadiens peuvent écouler les queupies pières françaises autorisées par la censure.

De nombreuses représentations d'amateurs sont organisées dans tout le Canada. Ce goût très vif des Canadiens fera sans doute naître plus tard, lorsque la censure sera élargie, une littérature dramatique canadienne.

L'Hloqucnce.

.Mkfcieb, CH.vpi.tAU. Sir \\ . Laibieb, R. Dandlr.and, Henri Boi passa. G. Bolrassa, Galthier, R.-L, Bor- DEN, Joseph Howe, Sir John Macdonald, George Brown. Tho.mas .Me Gee, Orateurs indiens.

L'éloquence, qui s'est développée si tard en France, est le genre favori des Canadiens. Anglais ou Français, ils aiment passionnément la parole et s"}- exercent très jeunes. Dès le collège, les Canadiens commencent à faire des discours, ils parlent écoliers, ils parleront étudiants dans leurs clubs, leurs banquets, et arriveront ainsi à l'âge d'homme, préparés, du moins pour la parole, à la vie politique.

L'histoire du Canada depuis la conquête anglaise, les luttes politiques incessantes pour obtenir des libertés nouvelles ou pour défendre d'anciens privilèges ont favorisé le développement de l'art oratoire.

Le Dominion jouissait d'ailleurs, depuis 1867, du gouvernement parlementaire, ce qui a permis à plus d'un de ses orateurs de se former et de briller. Deux politiciens, Mercier et Chapleau ont laissé d'éclatants souvenirs oratoires.

Mercier, qui fut premier ministre de la province de Québec, était nommé le Gambetta canadien.

Voici l'opinion enthousiaste portée sur Chapleau dans le Catalogue annoté de bibliographie canadienne :

« Elégance de manière, distinction de ton et de geste, tenue toujours irréprochable, voix harmo-

nieuse et puissance extrême d'iin|)rovisatiùn et d'assimilation, tout était réuiu en Chai)leau i)Our en faire l'orateur le plus écouté el le plus choyé de la jirovince de Québec. »

La nouxelle génération ])Ossède également des orateurs de valeur.

Sir Wilfrid Laurier, qui fut si longtemps premier ministre de la confédération, a prononcé de forts beaux discours en anglais et en français.

Sir Wii KRii) Lmrikr.

Son talent clair et précis, la haute sérénité, l'élégance, la finesse soutenue et le charme de sa parole le font appeler par les Anglais Vhonune à la langue d\irgent i). Ses discours en langue française, qui ont été publiés dans un volume, Discours à V étranger et au Canada, contiennent de belles pages d'éloquence sincère et vraie. Les lignes suivantes, extraites d'un discours prononcé à un banquet organisé par les amis français du Canada à Paris, donnent une juste idée de son talent :

'< J'aime la France qui nous a donné la vie, j'aime l'Angleterre qui nous a donné la liberté, mais la première place dans mon cœur est pour le Canada, ma patrie, ma terre natale... Vous en conviendrez avec moi, le sentiment national d'un pays n'a de valeur que par l'orgueil qu'il sait inspirer à ses enfants. Eh bien, nous l'avons, nous. Canadiens, cet orgueil de notre pays. '>

Parmi les orateurs du parti libéral, nous ne devons pas oublier de mentionner le beau talent de ^L Dandurand. sénateur à vie. Sa parole claire, élégante et précise, sa voix ]:)uissamment timbrée

(i) Silvertlongued man.

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L'I loNouABLi-; Haoil Dandurand.

I -o •( liaiioiiie (jaiilhier sciiiMc un oralcur canadien français de grand avenir. Il sait éclairer d'une parole nette et irnpcv-cable les esjjrits avides de \ ('rites dans de «.grands discours savamment préparcs DU dans de jolies homélies dominicales.

Les (Canadiens anglais comptent aussi de nombreux orateurs de valeur. I ,eur talent, peut-être moins oratoire, mais précis et limpide, convainc les auditeurs à force de logique et de dialectique savantes. Parmi cu.\, il faut citer Josejjh llowe (1804- 1873;, ^^i<^ ^Ics discours sur la liberté de la presse et les traités de réciprocité ont rendu célèbre. Sir John Macdonald ;i) se distingua dans les luttes parlementaires de 1865, plus par la force de sa dialectique que par une réelle éloquence.

George Brown (2) et Thomas Me Gee (3) défendirent avec fougue les intérêts canadiens et anglais devant le Parlement . La génération actuelle < ompte aussi de nombreux orateurs canadiens anglais dont les succès sont mérités et dont l'avenir consacrera le nom.

Parmi eux, M. Borden, premier ministre actuel et chef du parti conservateur, apporte, dans ses remarquables discours, une note d'équité et de modération et s'efforce d'apaiser les conflits des deux races.

et la chaleur de ses convictions lui font une place en vue dans le groupe des hommes politiques canadiens. Les Français ont été à même de l'entendre; M. Dandurand a pris plusieurs fois la parole à Paris et il fut chargé de représenter le Canada à l'inauguration à Vauvert (Gard) du monument de Montcalm. Le beau discours qu'il prononça à cette occasion fut applaudi par la France entière.

Henri Bourassa, véritable orateur d'opposition, a un talent logique et net. On a l'impression d'écouter un professeur de droit qui s'animerait par instants. Il arrive à convaincre par la précision et la sûreté des statistiques, par des arguments historiques dont une phrase mordante ou un noble mouvement augmentent tout à coup l'effet.

Son frère, l'abbé G. Bourassa, mort en 1905, fut un orateur sacré de réelle valeur. On peut se rendre compte du prestige qu'il sut acquérir en lisant un volume, Conférences et discours, qu'il a laissé. Une conviction ardente, l'amour des âmes, une éloquence nourrie et abondante furent ses principales qualités.

R. !.. Borden.

Il est curieux de noter que les Indiens, ces frères déshérités des Canadiens, s'exercèrent parfois dans l'art de la parole. Nous avons parmi eux des orateurs comme Tecumseh, la Grande-Gueule, Logan,

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dont les discours on l.uv^uc ani^l.iisc, colon's et (ani[),i^nc de publicité pour leurs candirlals. Leurs convaincus, sont d'une réelle orii^nnalité et d'une photojj^raphies, celles de leurs femmes, de leurs

curieuse couleur locale.

Ce COU]) d'oeil très rapide sur la littérature canadienne, malgré de nombreuses omissions, montre que le Canada possède une réelle activité littéraire. 11 faut \- voir de précieuses promesses pour son dévelojijiement futur, car un pays possédant l'orgueil de son histoire et une culture originale a des garanties sérieuses de durée et de prospérité.

Le lournalisme.

^L^L Brown et Guilmour, Hugh (jrah.am. Olivikb AssEi.iN, O.MER Herons, Chapl IS.

On ne peut pas étudier le développement intellectuel d'un pays sans parler du rôle de la presse. Au Canada, il faut bien l'avouer, la presse, loin d'être un agent de culture intellectuelle, est plutôt un obstacle à son développement littéraire. Il ne manque cependant pas de journaux, tant anglais que français, et si le nombre des publications signifiait quelque chose, on pourrait parler du développement de la presse au Canada On y compte 1,288 journaux anglais et 122 français, sans parler des journaux allemands, japonais, suédois, chinois, etc., dont le total s'élève au chiffre de 46. Sur cet ensemble, on compte 136 quotidiens. Mais ces journaux sont, dans leurs seize à trente-deux pages, des paquets d'annonces qui coupent les dépêches, voire les articles de fond.

La presse canadienne est bien moins un moyen d'information, un agent de culture intellectuelle qu'un organe de publicité. Les magasins annoncent leurs expositions, leurs ventes par des affiches qui parfois occupent plusieurs pages. Ces annonces remplacent les catalogues de nos grands magasins. Un produit, aussi bon soit-il, ne réussira pas au Canada s'il n'est annoncé à grands coups de publicité.

Hors du domaine commercial, le rôle de la publicité est le même. Un acteur en tournée, une pièce nouvelle seront annoncés à l'avance avec force détails sensationnels. On nous montre l'artiste dans son intérieur, on présente sa biographie au public; un conférencier venu au Canada ne réussira pas si son succès n'est pas préparé par une campagne de presse, si le public n'est pas informé à l'avance de ses goûts, de ses opinions, même de ses plats favoris. Au moment des batailles électorales, les journaux mènent la même

enfants, de leurs maisons, tout cela est mis sous les yeux du public.

TliE WIl.Kli: PHESS

BLRLAU DUN NOLVEAi: JOLRX.AL

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