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iixxxi Fdr cours du P/ioçue Croèrj/jndâ/l de/<3 âa/eine franche
Carte cynégétique du Canada.
d'autres réserves et notamment au parc Algonquin, au sud-est du lac Xipissing.
Les derniers bisons sauvages se sont perdus dans les territoires du nord, mais ils ne peuvent vivre au delà du soixante-cinquième degré, ainsi que l'indique la carte des migrations des grands animaux que nous publions. Plus loin, vers le nord, on ne rencontre plus que le bœuf musqué qui n'est pas un gibier du Canada, mais un gibier polaire.
Nous avons lu la date de 187S indiquée comme celle de la disparition des derniers buffles aux Etats-Unis et, sur ce point, nous possédons une indication personnelle. A la fin de 1882, les frères du D..., dont les exploits cynégétiques sont légendaires dans les châteaux du pays de la Loire, chassaient encore le bison dans le Wyoming, 011 ils possédaient un grand ranch de plus de 1,000 têtes de bétail. Si, comme nous le croyons, les bisons ont survécu au Canada plus longtemps que dans le Far-West, leur destruction doit être nécessairement postérieure à 1878.
De 1882 à 1885. les travaux du Canadian Paci-
fic traversaient la prairie et franchissaient les Rocheuses, les derniers buffles ont dû les voir. Ce qui est certain, c'est la rapidité avec laquelle s'est faite leur destruction. Quelques saisons ont suffi pour anéantir une race dont les individus se comptaient jjar millions et la cupidité, la conquête des peaux de bisons, firent organiser des expéditions de plus de cent chasseurs armés du Winchester à magasin et montés sur des chevaux dressés à éviter l'attaque de l'animal.
Les cavaliers partaient en file indienne et, au galop, traversaient le troupeau. Quand les animaux de tête étaient dépassés, on donnait le signal de la tuerie et chacun abattait autour de lui toutes les bêtes à sa portée ; le massacre ne finissait qu'avec la poursuite des derniers fuyards.
En quelques années, le bison avait disparu et l'Amérique du Nord n'en renfermait plus que quelques indi\idus errants sur la frontière septentrionale de la Saskatchewan et de l'Alberta ou recueillis par les gouvernements des Etats-Unis et du Canada. Ainsi le troupeau d'une vingtaine de
I K Canada Ii i.rsiRi:
Irtos ([111 lut iiis|,ill('' (l.iDs le |i.irc ii.itKMi.il prrs de nanll proNKMit (rnii ,u lui l.nl p.ii- le ('.\ii.i<l.i .iiix làats-Uiiis.
Maljrrc la (lisp.intioii (1rs hisons cl la r.irctr (le plus ni plus s(-iisil)l(- v-r.uilrf^s grands gibiers <aii.ulinis, le ( .uiad.i est eiudic un des plus beaux pays de chasse qui exisloiil ( )ii n'y rencontre pas les ^rancis famés du eeiilre de l'Africiue, mais on y trouve l'onj^ii.d ou luoose, le plus ^aaiid des élans, les ours, les caribous, les daims, les mouflons, les chèvres de montaj^ne, les lynx, le wapiti et les antilopes, sans coinpler une foule de gibiers moins importants et surtcnit une innombrable quantité de sauvagines de toutes sortes.
En ])arl.nit des bêtes à fourrures et de l'importance du commerce qu'elles re[)résentent, nous avons cité quelques chiffres qui donnent une idée des résultats obtenus |)ar les chasseurs et les trappeurs de la Compagnie d'Hudson et de la maison Revillon frères. Ces chasseurs et trappeurs opèrent tous autour de la baie d'Hudson et dans la grande forêt, au-dessus du cinquante-cinquième parallèle, mais les chasseurs amateurs n'ont pas besoin d'aller aussi loin pour jouir de leur sport favori. Les Compagnies de chemins de fer, les clubs de chasse, les particuliers et les colons leur facilitent de toutes manières leurs expéditions cynégétiques. Ajoutons
({•pend, ml (juc, pour un rtr.ingcr, la chasse au ( anada est un plaisir de luxe (jui c uûte assez cher a moins d'être l'invité d'un des nombreux clubs de (liasse (jui existent dans toutes les villes canadiennes.
Il faut aussi se niettre en règle avec la loi. Pfjur éviter la disparition des espèces d'animaux et de gibiers, le gouvernement canadien ;i édicté des règlements sévères auxquels il faut se soumettre. Pour chasser au Canada, il faut obtenir une ])ermission taxée de certains droits, qui vous autorise à tuer un certain nombre d'animaux de chaque espèce et non davantage; mais ces règlements pouvant varier, nous n'entrerons pas dans les longs détails qu'ils exigeraient.
VOrignal ou Mouse est le plus grand des élans, sa taille est celle d'un cheval, son poids peut dépasser i,ocx) livres, l'envergure de ses bois énormes a parfois plus de 6 pieds; il est le roi de la forêt canadienne et, pour le chasseur, il est le coup de fusil désirable entre tous. Sa fourrure est celle du cerf, sa chair est excellente, ses bois sont utilisés dans la coutellerie et son poil sert à faire des matelas. Il abonde dans certaines parties du Canada et précisément dans les plus accessibles comme le Nouveau-Brunswick et la Nouvel le-
Orign.^l traversant une rivière.
Ecosse. Sa force est prodigieuse et, l)icn (juc d'un naturel craintif, il devient très dangereux quand il est blessé. Les coups qu'il donne avec ses pieds de devant sont terribles.
On a essa\é à plusieurs reprises de le domestiquer; une seule fois, on réussit a en apprivoiser un à Frederickton (Nouveau-Brunswick), et tout le pa)s a conservé le souvenir de cette énorme bêle courbée sous le joug.
ro)'.ilc de I-oiidres une trcs btjune descrijjtion de l'orignal, dit que les chasseurs en tuèrent un qui était haut de plus de lo i)ieds. Sa vue est extrcnienient perçante, son ouïe et son odorat sont tellement fins qu'on l'approche difhcilement.
On le chasse de plusieurs manières, à la pipée, à l'approche et à l'affût; l'éjooque oîi il se laisse atteindre le ])lus facilement est l'hiver quand la neige fraîche l'empcche de fuir aussi rapide-
l.NDIEX APPELANT LORIGXAI. i Xouvelle-Ecosse).
Sur ia rivière Ottawa, dans la maison du gouvernement, on essaya aussi d'apprivoiser deux jeunes orignaux. L'expérience ne fut pas couronnée de succès. L'équipage attelé de ces deux grands animaux provoquait de véritables paniques chez les chevaux qu'il rencontrait. Les jeunes orignaux s'emballaient volontiers et semaient en route, dans un galop furieux, cocher et voiture, ordinairement fort endommagés. On se décida à les rendre à la vie libre des grands bois.
Le nom français d'orignal vient du mot basque orignac, qui veut dire cerf. Les premiers Basques venus au Canada donnaient à l'élan le nom d'orignac i . M. Dudlay, qui a envoyé à la Société
(i) Lesc.arbot. Histoire de la S oiivelle-France, i6i^.
ment. Pendant l'hiver, l'orignal adopte pour lui et sa horde un fort dans un endroit abrité, où il tasse la neige de ses pieds et d'où il ne sort guère.
Ce fort est ordinairement entouré d'arbres, surtout de saules, dont les orignaux mangent les pousses et ils écartent la neige de leurs pieds pour atteindre les herbes et les mousses dont ils se nourrissent. Les guides indiens savent découvrir ces forts, habités parfois par vingt ou trente individus, et y mènent les chasseurs.
La pipée ou appel se pratique au Canada pour l'orignal exactement comme en Autriche et en Bavière pour le chevreuil. A l'époque où le jeune orignal suit encore sa mère, on imite son cri de détresse, le mâle accourt aussitôt pour le défendre. Les guides indiens ont des cornets avec lesquels
f.K Canada Ii.i.ustric
ils imilriit cil |um1("( 1 K m \c ni de r;i!iiiii;il. M. Nicclick pirlciicl (ju'il viriit cii tmit t(Mii|)s à l'appel jiar simple curiosité.
I .a chasse />nr approche est, sur une plus «^^raiidc échelle, ce qu'on a|)pelle la piirsch-jagdt dans riùnope centrale. Dans les grandes projiriétés d'Autriche, où toutes les choses de chasse sont parfaitement organisées par tradition, les gardes font des sentiers autour des coupes nouvelles à un ou deux mètres à l'intérieur des grands taillis qui les entourent. Les branches sont soigneusement élaguées et le sol du sentier débarrassé des branches sèches. Le chasseur, muni d'une jumelle et chaussé de semelles de caoutchouc, s'approche de la coupe au-dessous du vent et ex]olore le jeune taillis; si une famille de chevreuils ou de cerfs s'y trouve, il calcule la direction de sa marche et, par un des sentiers latéraux, en tenant compte du vent, se porte à un point d'où il ]wurra envoyer une balle au chef de la horde. Il ne faut faire aucun bruit, éviter tout bris de branche sèche, tout pas retentissant et bien souvent, malgré toutes les précautions, les animaux prennent l'éveil et fuient avant qu'un coup de fusil ait pu être tiré.
Pour approcher l'orignal, les précautions sont les mêmes, mais il n'y a pas de sentiers tracés d'avance à l'abri du regard des animaux et d'où les branches sont balayées; il faut, dans l'approche, une attention minutieuse et beaucoup d'adresse et, si l'on suit une piste, on n'arrive souvent à rejoindre la horde qu'après de longues marches.
L'orignal pait en marchant contre le vent ; on n'arrive à l'approcher qu'en suivant sa piste et sans trahir sa présence par le moindre bruit. Il faut bien placer sa balle pour l'abattre et un orignal blessé est presque toujours perdu tant est grande sa force de résistance. La trace du mâle est plus ronde que celle de la femelle et un bon chasseur ne doit se tromper au pied ni sur l'âge ni sur le sexe de l'animal. En raison des facilités qu'offrent les nombreux lacs et cours d'eau du Canada, la chasse à l'approche se fait le plus souvent en bateau.
UaffiU est pour l'orignal, comme pour tous les autres gibiers, basé sur ses habitudes. Au bord des rivières et des lacs, il vient boire à certaines heures, toujours les mêm-es. Lorsqu'on a étudié les habitudes d'un animal, on l'affûte en conséquence.
C'est en Nouveau-Brunswick et notamment dans les forêts du Miramichi, du Tobique et du Nepissigit qu'on trouve l'orignal le plus facilement.
A l'"rc(lcrikt(jn, deux guides : Henry iiraithwaite et llarr)' y\llen, s(jnt particulièrement renommés. la (ontrcc est d'ailleurs si vive en grand gibier (]uc, dans la saison de H)ii, vingt-sept chasseurs accompagnés de leurs guides ont tué 24 orignaux, 15 caribous, 10 curs, 31 daims, etc.
Dans la |)rovince de Québec, on trouve beaucoup d'orignaux à l'ouest du lac Saint-Jean où le grand nombre de lacs et de rivières qui les unissent permettent de chasser prcscjue constamment en bateau.
En Québec, la rive gauche de l'Ottawa, à i)roximité de Quipawa, et, en Ontario, la rive droite de la même rivière, du lac Nipissing au lac Abitibi, offrent de beaux territoires de chasse; plus à l'ouest, le lac Nipigon et le lac des Bois sont les régions favorites de l'orignal, des daims et des ours. On trouve à Fort-William d'excellents guides.
En 1903, le plus grand bois d'orignal tué dans l'Alaska mesurait i m. 96 d'envergure entre ses pointes extrêmes. A partir de i m. 52, les bois d'orignaux sont qualifiés forts. Il n'est pas rare de voir dans la même clairière des orignaux et des ours manger tranquillement des baies. La salmonberry, sorte de mûre rouge qui a le goût de l'abricot, est le légal de l'ours; les orignaux préfèrent les baies du saule et les nénuphars.
Les tétras abondent dans le Cassiar et ne s'enfuient pas; on les abat à coups de pierre pour la table où ils forment un délicieux rôti.
Le Caribou est défini dans le dictionnaire de l'Académie française : (( Animal sauvage du Canada qui a de très grands rapports avec le renne. )> Il ne faut donc pas en faire un élan comme certains auteurs anglais. On distingue au Canada deux espèces de caribous : celui des bois et celui de la prairie.
Le caribou des bois est plus grand; sa fourrure brune, marquée de blanc, est plus foncée que celle du caribou des prairies ; leur taille varie de 4 1/2 pieds à 5 1/2 pieds de hauteur 'i m. 35 à I m. 65) et leur poids dépasse souvent 600 livres. Le caribou des bois vit en familles de cinq à sept individus; l'autre vit en troupeaux qui comptent parfois plusieurs centaines de têtes et effectuent des migrations comme autrefois les bisons.
Le caribou est très sauvage, très difficile à approcher et se distingue du renne en ce que ce dernier est en train de devenir un animal domestique, tandis que le caribou ne s'apprivoise jamais. Ses allures sont très rapides et élégantes, il peut faire
Le Canada li.i.rsTRit
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des bonds éiionncs et fournir de lonj^ucs traites sans fatigue apparente. En hiver, il campe sur des étendues désertes et «placées oii jioussent les liciiens qui font sa principale nourriture.
CARII!OLî5 TRAVERSA.Vr UN LAC.
Le caribou est nombreux à Terre-Xeuve, au Labrador, dans le nord de Québec et de l'Ontario, en Nouvel le- Ecosse et au Xouveau-Brunswick, dans les provinces centrales et en Colombie Britannique. On le trouve pour ainsi dire partout au Canada, sauf dans le sud de l'Ontario.
Les meilleurs cantons du Xouveau-Brunswick sont ceux du centre et du nord-ouest, aux sources du Miramichi. du Tobique et du Restigouche.
En Québec, le pa\-s de la haute Murray, dans le district de Charlevoix, est très habité par les caribous. Il y a là de gras pâturages semés de bouquets d'arbres, qu'on a nommés (( Les Jardins », où ils se plaisent beaucoup et qui sont maintenant enclavés dans le parc national desLaurentides. Les caribous y vivent en troupeaux importants dont la présence est constatée chaque hiver.
Le Bulletin de la Société de Géographie de Québec racontait en igii que les caribous pullulent en nombre incalculable dans la région du nord, c'est-à-dire entre le fleuve Mackenzie et la baie d'Hudson. Au commencement de novembre, ils commencent à descendre vers le sud ; on les trouve aussi dans les environs du lac des Bois, mais
c'est un gibier très sauvage et difficile à ajjprocher, unissant à uiiC grande défiance une rapidité extraordinaire. L'n chasseur européen ne peut guère en abattre s'il n'est pas conduit par un guide du jDays.
C'est peut-être en ('olombie Britannique que le caribou est le moins difficile à aborder; les environs de Rexelstoke, le district de Kootenay et celui de Lilloet sont de bons terrains de chasse, mais ce sont les monts Cassiar, sur la frontière de la Colombie Britannique et du \'ukon, qui ])araissent rtre la région préférée des caribous.
La chasse en montagne doit suivre ])0ur le caribou, comme pour les autres gibiers, une tactique guidée par les accidents du terrain. Le plus sou- \ent, a])rès avoir reconnu la j^résence des caribous, on les rabat sur des ])assages connus où les tireurs les attendent. Quand le terrain s'y prête, on essaye de les approcher au-dessous du \ent.
La chasse du Wapiti, le plus grand des cerfs, a été interdite absolument en igi2, le nombre de ces superbes animaux a)-ant tellement diminué que le gouvernement a craint la disj^arition complète de i espèce. Depuis que cette protection a été décrétée, le wapiti, qu'on ne rencontrait plus guère que dans l'île de Vancouver, commence à reparaître dans quelques parties des Rocheuses, en Alberta, dans le nord de la Saskatchewan et dans le bassin de la Mackenzie. Les journaux ont dit qu'on pensait à rouvrir cette chasse en 191 3, mais nous ne croyons pas que l'on s'y décide à Ottava ou à Victoria. Le wapiti est devenu trop rare et l'animal est trop beau pour qu'on lui retire, sans de grandes précautions, la protection qui lui est nécessaire. Presque aussi grand que l'orignal, il a les formes les plus élégantes et les plus gracieuses et ses bois magnifiques atteignent un développement qu'aucun cerf d'Europe ne peut ambitionner. Sa robe est d'un gris blanchâtre teinté de fauve.
^L Paul Xiedieck raconte, dans son livre Mes Chasses dans les cinq parties du monde, qu'il a tué dans les Rocheuses, près de la frontière canadienne, un wapiti dont les bois portaient neuf andouillers sur une perche et sept sur l'autre; c'était donc un cerf dix-huit corps irrégulier. Il reste muet d'étonnement devant les dimensions énormes de ce bois qui, comparé aux plus grands cerfs de Hongrie, paraît du domaine de la fable. Sa longueur est de i m. 41, le pourtour aux pivots est de o m. 39. Dans son musée de chasse, il donne à ce wapiti le n° 2, immédiatement après son tigre royal.
T.l': (\\NAI)A Tl.HISTRK
L'HAbbt AL' MOUFLON.
(lien lier s.i iiDiinil ure ; c'est ;i \)vm |)ros le seul inoineiil où l'on ])uisse le tirer d'une place bien choisie à l'avance, ajjrès une étude très minutieuse de ses liabitudes. Il est assez. iK.inhrcu.x dans la chaîne des Cascades, sur les b(.)rds du lac et de la rivière Chileo d'où l'on peut atteindre assez facilement ses retraites favorites. On le trouve sur les deux rives du I^>aser, vers C.'hilcotin, dans le Lilloet et près d'Ashcroft. La montagne est là d'un accès relativement facile et l'on peut monter à cheval jusqu'à quelques milles des cantons qu'il fréquente. On trouve de bons guides à i.illoet et à Ashcroft.
Au sud-est de la ])r()\incc, dans le Kootenay, il )' a beaucoup de moulions, mais la montagne y est plus difficile et seuls des al])inistes c])rouvés pourront y pratiquer cette rude chasse.
Beaucoup plus haut dans le nord, les monts Cassiar, d'accès relativement facile, mais situés près de la frontière du Yukon, sont assez riches en mouflons. Ces animaux herbivores vivent à environ 300 mètres au-dessus de la limite des bois; ils sont moins agiles que la chèvre, mais plus méfiants et plus rapides; les conditions de leur chasse sont naturellement dictées par la saison et la disposition des lieux, mais une expédition aux monts Cassiar est toujours plus coûteuse et, dès qu'on chasse en montagne, un guide est indispensable.
f.a Rocky Mountain Goal, ou Chèvre des Montagnes Rocheuses, est un gibier particulier à ces montagnes et qu'on ne trouve nulle part ailleurs. C'est un superbe animal pesant de 200 à 250 livres, à la robe blanche et soyeuse, qui porte sur les épaules une sorte de crinière dont les soies
Le Bighorn ou Mouflon n'habite que les Montagnes Rocheuses et les chaînes qui s'y rattachent. C'est un des animaux les plus méfiants et les plus difficiles à atteindre. Il ressemble tout à fait au mouflon d'Europe dont la race aurait déjà disparu des Alpes si les souverains d'Italie et d'Autriche n'avaient pas pris des mesures radicales pour sa conservation. On sait que le gouvernement français vient d'interdire pour quatre ans la chasse du mouflon en Corse.
Pour tuer un mouflon, il faut que sa vigilance ne s'éveille pas un instant. S'il se doute du voisinage de l'homme, il s'enfuit avec la rapidité de l'éclair par des escalades de rochers où aucun chasseur ne peut le suivre. Le matin, à l'aube, il descend des retraites inaccessibles dont il fait sa demeure pour
AlOCFLON A GRAXDKS CORXKS.
uni jusqu'à So ccnlwnilrcs de lun^fucur. La tclc .illonjjée el intelligenle est armée de cornes noires, presque droites, très ai<juës et dont l'animal sait admirablement se servir. Très brave, il ne redoute ]ias les chiens et accepte souvent un combat cjui donne le temps aux chasseurs de le tirer, mais, si le chien est très mordant, il paie souvent son ardeur de la \ ie.
Ex QIÈTE DE LA CHÈVRE DES MONTAGNES.
La chèvre des montagnes est le plus audacieux et le plus habile des grimpeurs. Elle vit sur les plus hauts pics des Rocheuses où aucun ennemi ne peut la suivre; elle monte ou descend souvent par bonds énormes au milieu des précipices et défie alors toute poursuite. Sa chasse est certainement la plus difficile qui soit au Canada, aussi tous les vrais chasseurs ambitionnent-ils de tuer une chèvre.
Pour elle comme pour le mouflon, on organise de vraies expéditions à cheval, avec chevaux de bât et provisions pour plusieurs semâmes. On campe auprès des neiges et, avec les meilleurs guides et les meilleurs chiens, on ne réussit pas toujours. Cependant, la chèvre des montagnes n'est pas rare, on la trouve dans toutes les chaînes de la Colombie Britannique, depuis la frontière américaine jusqu'au nord de la Skeena et de la rivière de la Paix.
Nous devons mentionner le Bœuf viusgué, proche parent du bison, mais il est difficile de le
compter p.irmi les gibiers canadiens. Connue l'ours blanc, il n'habite qu'au delà du cercle iirctique, d.ins le nord-est du lac des Esclaves, au nord du Labrador et du Groenland et pour le chasser nous ne connaissons qu'un moyen : s'adresser à la Com pagnie de la baie d'IIudson pour obtenir des trai neaux, des chiens, tout l'équipement nécessaire et des guides, ordinairement des Esquimaux. C'est entreprendre quelque chose comme une expédition l)olaire. D'ailleurs, l'animal est un superbe adversaire qui pèse 800 livres et davantage, monté sur des pattes courtes et très puissantes; la tête porte de fortes cornes dont la partie inférieure s'abaisse pour se relever ensuite par une pointe acérée. Sa robe varie du noir de jai au brun fauve, selon l'âge de l'animal et la saison; la fourrure est très fine et très so}'euse, son du\et donne la meilleure de toutes les laines.
On a toujours attribué le nom du Ixcuf musqué à une odeur spéciale due à des glandes. Rien n'est moins sûr; nous avons rencontré des chasseurs professionnels qui, sans décider la question au point de vue anatomique, déclaraient avoir souvent rapporté des peaux fraîches n'ayant aucune odeur.
Quand nous aurons mentionné les ours, le puma et le lynx, nous aurons passé en revue tous les grands gibiers du Canada.
Le PiiJiui, ou lion d'Amérique, et le haix sont les seuls représentants, au Canada, de la famille des félins. Le premier existe en assez grand nombre dans l'île de Vancouver et se chasse avec des chiens. Il fuit toujours, mais acculé ou blessé, il devient dangereux. Sa robe est d'un fauve uniforme.
On trouve le puma dans les Montagnes Rocheuses, au sud de la Colombie Britannique, près de la frontière américaine et il semble augmenter dans rOkanagan, mais c'est dans l'île de \"ancouver qu'on le rencontre le plus facilement.
Le Lynx est un grand chat dont la poursuite est du domaine des trappeurs et des chasseurs de fourrures plutôt qu'une chasse, mais en Pologne, la chasse du lynx est pratiquée comme un sport très intéressant. Nous en parlerons d'autant moins qu'il existe à peu près partout au Canada ; dans les provinces maritimes, en Québec et en Ontario, il est très répandu, mais il se garde avec soin, grâce à son ouïe, qui est aussi fine que son œil est perçant. Sauf dans le cas où on peut le chasser avec des chiens spéciaux, sa rencontre est ordinairement fortuite; son pelage gris jaunâtre est épais, fourni, et forme une superbe fourrure très recherchée.
l.'ihos, \\\cc \'nv\'^u,\\, son! les deux j^r.iiuls le Xoiivc.ui Hniiiswick ou l'ours se multiplie assez
.1111111. lux i\[\r roi) peut chasser dans prcsc]ue toul |)our devenir une ^cne ])Our les colons.
'p Cm. 1(1.1. H >■ a plusieurs variétés d'ours, la Au printemps, a|)rcs leur hivernaj.îe, les ours ont
plus (•Diiiiiiuiic et celle (|uc les sporlsmcn recher 1rs p;illes tendres et sensibles, ils marchent diffi-
chenl le pins li;il)iliiel Icinciit est le ^^rand ours noir, ( lUMiient sur l;i nei-^e durcie. C'est le moment que
superhe .miiiKil a l.i roiimirc épaisse et lustrée cpii \\,n choisit pcnir les attaquer le i)lus facilement,
atteint plus de S pieds de long (2 m. 50) et dépasse d'autant plus ([ue la fourrure est alors très belle et
lacilcnuMit ji H ) li\ res.
Un Ours bl.\nc hissk a bord.
L'ours noir est un animal timide qui mange de tout, mais surtout du poisson, des petits animaux et des fruits. Sa grande force le rend redoutable quand il est blessé et parce que sa taille, l'épaisseur de sa peau, la résistance de ses os et sa grande vitalité en font un animal difficile à abattre. Les plus grands individus se rencontrent plutôt dans le nord, mais il y en a partout et notamment dans
ne mue (|ue j)lns tard. Les ours bruns et noirs sont très friands de lard frit et de sucre d'érable, mais ils sont faciles à écarter et même à apprivoiser Comme dans les Karpathes et en Russie, les sportsmen ne chassent guère l'ours qu'avec des professionnels cjui sont d'ordinaire, au Canada, des guides indiens connaissant bien les repaires et les habitudes de ces grands animaux. La chasse de l'ours au printemps se combine facilement avec la pêche du saumon; à l'automne, on l'affûte sou vent avec, pour appât, un quartier de cerf.
On ])eut chasser l'ours blanc dans les glaces du détroit d'Hudson. Notre gravure représente un de ces animaux tué par ]'équi]jage d'un steamer des Etablissements Revillon.
h'0//rs Grissly est un animal à part et un adversaire digne des plus grands chasseurs de fauves. Un collier d'ongles de grizzly est, chez les Indiens, une marque de bravoure et d'adresse, bien justifiée par les difficultés de cette capture.
Le grizzly est le plus fort des animaux canadiens; il le sait et ne craint rien, sauf l'homme qu'il évite ordinairement. Sur dix grizzly rencontrés, un ou deux seulement ataquent le chasseur, les autres fuient. Mais en montagne, le grizzly ne fuit guère qu'en descendant, de sorte que la plupart du temps les chasseurs que le grizzly attaque de prime abord se sont trouvés ou au-dessous de lui ou sur son chemin de retraite. Il a attaqué par tactique ou par nécessité plutôt que par goût, mais alors il attaque furieusement.
Sa course est très rapide ; un homme à pied ne l'évite qu'en montant sur un arbre, car, contrairement aux autres ours, le grizzly ne grimpe pas A cheval, un temps de galop peut mettre le chasseur à l'abri de son atteinte, encore faut-il éviter le premier bond et le premier coup de griffe, la patte du grizzly étant aussi puissante sinon aussi rapide que celle du tigre.
A cause de toutes ces difficultés, la chasse du grizzly est passionnante et comme cet animal devient extrêmement rare en Amérique, les chasseurs américains viennent au Canada pour le chasser.
Le Canada Illlstrk
Le y;ri//.I\' alloinl loutc sa taille à sept ans; sa robe est alors peu différente de celle de l'ours noir, mais elle a des reflets mordorés ou rou^eâtres. Chez le grizzly, la base des longs jîoilsest grise, la partie supérieure, seule visible, est d'un beau noir brillant surtout sin- l'épine dorsale; il pèse de 5 à 700 livres; un griz/ly mort au Lincoln-Park, à Chirago, pesait 1,153 livres. Il vit presque toujours solitaire, cependant on en a vu plusieurs ensemble cherchant leur nourriture lorsque les baies sont mûres.
On a rciucjnlré parfois le griz/.ly dans les bassins des grandes rivières, qui descendent des Rocheuses ])our se jeter dans le lac W'innipeg. Le duc de Ruhemond est un des rares chasseurs qui puissent se vanter d'avoir tué un griz/ly à Fort- Carleton, d'un seul coup de fusil et à cheval.
Dans son livre : Mes chasses dans les cinq partics du monde, M. Paul Niedieck raconte que, i^arti de Fort-W'rangel le 30 avril 1904, il a chassé jusqu'au 26 octobre dans la contrée montagneuse des affluents du Stikine rencontrant beaucoup de
Trx.vsi'ort de vr-res en forêt.
M. A. Bryan-Williams, garde général en Colombie Britannique, qui a beaucoup écrit sur la chasse, dit que les bords de l'Iskut, rivière qui se jette dans le Stikine, non loin de son embouchure, au sud du mont Turner, sont le canton le plus riche en grands ours noirs et grizzh'. 11 faut remonter la rivière en canot le plus loin possible vers le milieu d'avril ; à ce moment, la neige a généralement fondu sur les pentes, mais elle tient encore dans les bois. Les ours quittent leur hivernage, affamés par leur long jeûne, et cherchent avec avidité leur nourriture, creusant le sol pour trouver des racines, des pousses et aussi des insectes. A l'aube ou vers le soir on peut, avec de bonnes lorgnettes, les apercevoir sur les pentes et, si vous ne faites pas la conquête de superbes peaux, conclut M. Bryan, ce sera de votre faute.
On trouve aussi des grizzly plus au sud, dans les vallées de la Nass, de la Skeena, dans le Lilloet; dans certaines parties de l'Okanagan et jusque dans le Kootenay-est. Sur le Stikine, les ours quittent leur hivernage à la mi-avril; dans le Kootena}', on ne les voit pas avant mai.
grand gibier, ours noirs, élans et caribous, mais ce ne fut que le 4 octobre qu'il put abattre son premier grizzly au bord du fleuve. Le surlendemain 6, il tua le second, et le 16 octobre, sur la berge de l'Iskut. il tua le troisième.
Le baron de Plessen, son ami, avait eu la chance d'engager le seul guide indien connaissant bien la région et, en septembre, il avait abattu trois grands mouflons mâles et quatre grizzly.
Pendant cette campagne de près de six mois, M. Xiedieck a été poursuivi par la mauvaise chance, il qualifie lui-même son expédition de fiasco parfait qu'il attribue aux informations défectueuses, à la mauvaise foi des Indiens et au manque de gibier.
Le nombre des Loups a augmenté au Canada jusqu'à ces dernières années et leurs dégâts sont devenus sensibles dans les fermes. Les gouvernements provinciaux offrent des primes pour leur destruction mais leurs dévastations continuent, bien qu'on leur fasse une chasse incessante. Leur poursuite en raquettes est une chasse d'hiver qui
jSf)
II': C.WADA li.i.rsiRi-,
Chasse au canard avec appelants au lac Salnt-James.
.1 de luiinhivux .Klcptcs; les l(ni|)s {^ris sont d'.iil liMirs (le puissants .un ui.iu.x dont le |)()i(ls alleint souvent Sd livres; ils se réunissent en lrou])e de 40 à 50 tètes pour chasser le j^rand gibier (]u'ils détruisent en partie. On les trouve dan^ tout le Canada.
Les variétés d'/l iitilopcs sont très nombreuses dans toutes les parties du Canada, depuis les gran des espèces comparables aux cerfs d'Europe jusqu'aux chevreuils; on les désigne généralement sur les cartes cynégétiques anglaises par le nom gé nérique de dcer.
Autrefois, une gracieuse espèce d'antilope habitait les plaines du Dominion. Sa fourrure, très maintenant que dans les parcs réservés de l'Etat, fme, servait de vêtement aux femmes indiennes. Nous ne parlons pas des renards, lièvres, lapins
Les chasseurs européens eurent vite exterminé et autres petits gibiers dont la chasse ne diffère cette bête inoffensive, qu'on ne peut apercevoir pas de celle d'Europe. Au Canada, ces animaux
ne sont chassés que par des 1 professionnels pour leur fourrure.
Lorsque l'on chasse en forêt, il faut avoir bien soin de se munir de provisions suffisantes et ne pas compter sur les oiseaux pour servir de rôti.
Excepté en certaines saisons, il y a peu d'oiseaux comestibles clans les forêts du Canada, et, à moins de tuer un gros gibier, on y pourrait fort bien mourir de faim. Les pigeons, qu'on y voyait autrefois par milliers, ont presque complètement disparu. Il y a de nombreuses variétés de grouses dans les forêts canadiennes; mais, bien qu'elles soient un appoint excellent pour un dîner de chasseurs, elles ne sont pas un manger délicat comme
Trappeurs et leur canot dans un portage.