I.A (;ra.\de Avenue de Winnipeg a minuit
Avec la construction du Canadian Pacific, une fièvre de spéculation intense fit monter les terrains à des prix de fantaisie qui n'eurent naturellement qu'une durée éphémère. Des fortunes furent édifiées en quelques semaines dont la plupart disparurent aussi vite qu'elles étaient venues; on lotissait des villes sur un tracé de chemin de fer où la voie ne devait pas passer et les ruines causées par cette spéculation firent le plus grand tort à la colonisation. Cependant, la terre était si fertile et les facilités offertes par le gouvernement aux immigrants si grandes que les provinces centrales et d'abord le Manitoba se peuplèrent de plus en plus. On sait les immenses progrès réalisés depuis
Winnipeg est aujourd'hui une grande ville d'apparence américaine, très propre, desservie par un réseau de tramways des plus perfectionnés et d'un développement que rien n'arrête. On y parle toutes les langues, on y coudoie les immigrants de tous pays. La municipalité de Winnipeg conserve dans le jardin public de la ville la vieille porte de pierres de Fort-Garry, qu'on entoure de
terie, qui contribue beaucoup à répandre au Manitoba les industries du lait et, par suite, la culture mixte.
Au point de vue des blés, Winnipeg est le principal marché du Canada, il s'y traite actuellement 70 millions d'hectolitres par an.
De Winnipeg pour gagner les Rocheuses et le littoral du Pacifique, nous suivons la voie principale du C. P. R., par Portage-la-Prairie, Brandon, Régina, Medicine Hat, Calgary et Banff. Jusqu'au delà de Calgary, c'est la prairie, la prairie ondulée indéfiniment, partagée entre les herbages et les champs de céréales.
Autour de Portage-la-Prairie, le sol a une réputation de fertilité particulière, c'est la vallée de l'Assiniboine où de plus en plus, obéissant aux conseils du ministère de l'agriculture, les fermiers abandonnent la culture unique du blé pour la culture mixte des céréales et des pâturages. Les grandes fermes se succèdent continuellement, vastes, bien construites et donnant l'impression d'une aisance générale ; les pâturages, où paissent les bestiaux, sont bordés de fils de fer et jusqu'à l'hori-
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ton se succèdent les n)u leurs de la terre noire, des bl(5s jaunes et des prés verts. Les larges routes en ligne droite ménagées entre les townships ont en été leurs bas côtés couverts d'herbes folles et de fleurs aux mille couleurs, tandis que la poussière noire des chaussées se coupant à angles droits forme de grands encadrements à ce riant tableau. Portage-la-Prairie est un point important ])ar les diverses routes qui s'}" croisent. Le Canadian Northern a ici multiplié ses cmi)ranchements ; l'un remonte droit au nord pour toucher le sud du lac Manitoba, plusieurs autres inclinent au nord-ouest vers Sandy-Ba\-, \ers Dauphin, vers Minnedosa. Plusieurs lignes du Canadian Pacific se détachent de la grande ligne que nous suivons et le Grand Trunk contniue tout droit sa route vers l'ouest pour ne se relever vers le nord qu'au moment où il rencontre l'Assiniboine et remonte son cours jusqu'à la frontière de la Saskatchewan.
et (jui déterminent le bassin des grands lacs du Manitoba. On aurait donc tort de se ligurer la prairie comme un tapis vert plai indéfiniment; les trois provinces centrales ont, dans le sud, des hauteurs qui dessinent les rives du fameux lac glaciaire d'Agassiz et le Manitoba est partagé par une chaîne basse parallèle aux Rocheuses, qui borne la prairie à l'est, le long du lac W'innipeg et de ses voisins.
Les côtes de Brandon, comme les hauteurs (\m les prolongent, sont en ])arlie boisées; on y retrouve l'érable et le bouleau, les pins, les épinettes, et, dans la prairie, des fermes sont souvent ombragées d'un bouquet de bois qu'y ont jolanté les premiers colons.
Brandon est, après Winnipeg, la principale ville du Manitoba; le recensement de 191 1 y a constaté 12,000 habitants. Construite au flanc d'une colline sur le bord de l'Assiniboine, ses maisons descen-