P.ARLEMENT DE LA COLOMBIE BRITANNIQUE
A V1CTORI.4 (Ile de Vancouver).
La baie d'Esquimalt, longue de 5 kilomètres et large de 3, très bien abritée, offre un excellent mouillage, avec 1 1 mètres d'eau à mer basse, à 1.200 mètres du rivage, sur plus de 4 kilomètres 1/2 de long. Esquimalt et les autres faubourgs de Victoria sont reliés à la ville par des tramways électriques.
La rade de Victoria est moins spacieuse, expo-
Le C.a.v\da Illlstré
sée aux coups de vent du sud-ouest, et n'a que 8 m. 85 de mouillage aux quais; le port intérieur, bien abrité, est peu profond; les grandes lignes de (Kiquebots qui vont à Vancouver y font escale.
La ville, absolument anglaise, est construite en damier sur une des rives d'une petite rivière qui s'élève en pente douce; sur l'autre rive sont construits les magnifiques palais du gouvernement provincial renfermant le Parlement et les ministères.
Victoria possède aussi son parc qui couvre plusieurs collines orientées vers la mer où, avec quelques beaux échantillons des arbres géants du pays, on a surtout planté des chênes, comme en Angleterre.
géants et au dessus la longue barrière des pics étincelants de neige, depuis les monts Olympiens et le Baker, jusqu'aux sommets de la chaîne côtièrc. bien loin vers le nord.
Si, venant de la haute mer, l'entrée de Victoria est facile par le détroit de luan-de-Fuca, il n'en est pas tout à fait de même lorsqu'on y arrive de \'ancouver-City. Dès que le vapeur est sorti du port de \'ancouver, on passe entre les superbes montagnes de l'entrée de Burrard et le parc Stanley, on navigue au milieu de bateaux de pêche et, après avoir passé devant la large baie de Howe, on tourne vers le sud. laissant à gauche le delta du Fraser et courant droit à la chaîne majestueuse des
pt'ITS X-' I. A X ANAIMO Ile DE Va>'COI~VER
La campagne de Victoria est extraordinairement anglaise; si l'on ne regarde qu'elle, on est tenté de se croire dans un comté anglais, aux habitations pittoresques entourées de bois décoratifs et de pelouses, avec leurs chaumes et leurs prés où le bétail est soigneusement parqué. Depuis plus d'un siècle, les fonctionnaires en retraite, les anciens militaires et marins anglais qui se sont fixés autour de Victoria ont façonné la campagne à leur goût et fait disparaître la grande forêt jusqu'à une certaine distance de la ville, de sorte qu'on peut se croire dans un paysage anglais; mais, si l'on porte le regard au-dessus du détroit, l'illusion cesse, on se trouve devant le plus magnifique panorama qu'on puisse voir. Au delà d'un bras de mer un peu plus large que le Pas de Calais, mais que la transparence de l'air fait apparaître plus étroit, on voit la forêt sombre et immense des cyprès et des sapins
monts Olympiens. On s'engage bientôt au milieu des îles et le chenal serpente dans des passages très resserrés. Presque toutes ces îles sont boisées et quelques-unes sont très hautes et portent de magnifiques forêts. Beaucoup sont fertiles, avec des rivages verdoyants semés de belles fermes. On navigue ainsi pendant près d'une heure avant d'arriver au détroit de Haro et de trouver l'entrée du port de Victoria.
L'extrémité méridionale de l'île de Vancouver est seule cadastrée, défrichée et véritablement habitée. L'n chemin de fer d'une centaine de kilomètres unit Victoria à Xanaïmo, en traversant Duncan et Il région du lac Cowichan. si enviée des Anglais dont l'espoir est de faire valoir tranquillement une bonne terre, à proximité d'une capitale bien anglaise, en jouissant de tous les agréments de la chas.=e et de la pêche.
Lk Canada Illustré
Nanaïmo ((),(-XX) habitants), sur un excellent jxirt, est le {^jrand entrepôt des mines de ch.irhoii qui fournit tout le combustible à l'arsenal de Ksquimalt et aux villes du littoral. Tout ce district du sud qui porte le nom de Nanaïmo et se Ircnivc entre le détroit de Cieorj.,nc et celui de Juan-dc l-uca est bien connu, mais à partir de la rade de Barclay, qui s'ouvre sur le Pacifique et jiénètre par le canal d'Alberni jusqu'aux deux tiers de la largeur de l'île, on jieut dire que le centre de Vancouver est une des régions les moins explorées du Canada. Entre Alberni et Nanamio, les hauteurs de l'arête centrale atteignent i,8c)0 à 2,000 mètres et empêchent le canal de couper l'île en deux; l'arête continue vers le nord pour atteindre au mont Victoria (2,280 mètres) sa plus grande hauteur et se terminer au cap Scott. Tout le rivage occidental sur le Pacifique est dentelé par des fiords et des entrées comme l'est le rivage colombien sur le détroit de Géorgie. La rade de Ouatsino menace de couper l'île au nord comme celles de Barclay au sud ; les navires en ont exploré les sinuosités, mais la grande forêt qui couvre tout le massif intérieur reste à peu près inexplorée. C'est là que se rencontrent à chaque pas les pins Douglas et les cèdres blancs de l'Ouest ou thuyas géants qui atteignent 50 mètres de haut et dépassent 3 mètres de diamètre. Les minces pruches ou hemlocks y dépassent 60 mètres de hauteur.
C'est aussi dans les solitudes intérieures de l'île qu'on rencontre le grand cerf wapiti et le puma qu'on trouvait autrefois facilement dans les Montagnes Rocheuses, depuis la frontière américaine jusqu'à l'Alaska.
Les gisements de charbon et de calcaires de l'île Vancouver et des autres îles, le commerce de leurs bois animent le détroit de Géorgie par le mouvement des gabarres de transport, mais l'île de Vancouver et l'archipel de la Reine-Charlotte ne sont guère habités que par les diverses tribus d'Indiens qui ont conservé là leurs mœurs intactes.
Les Indiens. — Le recensement de 1901 comptait, en Colombie, 25,488 Indiens; celui de 191 1 en compte 25,000. Ils habitent la côte et les îles d'une part, la région sèche de l'intérieur de l'autre.
Les races Tsimshian, Haïda, Kvvakiult, Nootka et Seliche habitent les côtes et les îles: les Seliche
intérieurs, les Dené et les Kootenay habitent les régions de l'intérieur. Tous ces Indiens sont toténiiques ou fétichistes. Le totem est une série d'animaux ou d'ol)jcts ( onsidcrés comme sacrés, le lou[) chez les uns, le corbeau clic/ les autres; des êtres fabuleux, des plantes sont totems. Des ])oteaux sculptés, ordinairement en cèdre et parfois très élevés, surmontent l'entrée des maisons, les tombes, l'entrée du village. Les populations côtières construisent de grandes maisons de bois où logent plu-