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trier pour améliorer le sort des pauvres Indiens. Mme de
Bullion offrait soixante-deux mille livres pour l'hôpital de Montréal ; M": le Peltier, jeune veuve d'Alençon, plus riche encore des dons spirituels que des biens de la terre, devenait l’une des fondatrices d’un couvent d’ursulines vouées à l'éducation des filles; Marie Guyert, surnommée Marie de l’Incarnation, arrivait de Tours au Canada en 1639, gouvernait le couvent avec une grande sagesse, et composait des traités spirituels, un livre intitulé l’École chrétienne, destiné à former les novices, etc.: œuvres précieuses inspirées par une piété fort éclairée.
Comment ne pas citer Marie Morin, la première sœur d’origine canadienne, qui servit les malades à l'Hôtel- Dieu de Ville-Marie *? Elle y entra comme novice dans sa treizième année, y vécut jusqu’à quatre-vingt-deux ans, et a écrit sur l’hôpital des mémoires d’un touchant intérêt. Pendant vingt-huit ans la maison de planches où demeuraient les sœurs était tellement exposée aux intempéries de la saison, que l’hiver elles devaient chaque matin secouer la neige qui couvrait leurs lits. « Pensez, mes sœurs, vous qui lisez ceci, dit la bonne sœur Morin dans ses annales, pensez que celles qui vous ont précédées ont cueilli bien des épines où vous ne trouverez que des fleurs ; mais sachez aussi que tous ces fondements sont appuyés sur la croix, et que vous y aurez part, puisque vous avez l'honneur d’appartenir à Jésus-Christ en qualité d’épouses. »
Comment ne pas nommer encore Marguerite Bourgeois, originaire de la Champagne, digne coopératrice de M'ie Manse? Elle devint pour la colonie naissante un ange de miséricorde. À propos de sa vocation, et en faisant allusion à son départ pour l'Amérique, elle écrivait plus tard des lignes qui révèlent la vivacité de sa foi: « Je me dis alors en moi-même : « Si c’est la volonté de « Dieu que j'aille au Canada, je n’ai besoin d'aucune « chose. » Et je partis sans denier ni maille, avec un petit paquet que je pouvais porter sous mon bras. » Elle habitait Troyes, et y faisait partie d’une congrégation fondée
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par les religieuses du bienheureux P. Fourier; c'était une association de jeunes personnes qui, sans contracter
aucun engagement, se fortifiaient dans la piété par la
pratique des bonnes œuvres. Mais ces actes de charité
ne suffisaient pas à son amour des âmes; elle travaillait
à réunir les éléments d’un nouvel institut qui élevât la
jeunesse sans être astreint à la clôture, quand M. de
Maisonneuve vint lui révéler les besoins du Canada.
Arrivée à Ville - Marie en 1653, Marguerite parcourait chaque jour les maisons pour instruire les enfants, ser-
vir les malades, assister les pauvres, visiter les affligés :
à force de dévouement, de prières et de privations, elle parvint à fonder une nombreuse communauté. Ses religieuses ont traversé les siècles; elles élèvent de nos jours six mille jeunes filles externes ou pensionnaires, et ont propagé leurs établissements dans cinq diocèses.
M. Hawkins, auteur protestant, dit à ce sujet: « L’htstoire du Canada, dans les premiers temps, abonde en exemples de courage religieux, de zèle et d’héroïsme. Des femmes jeunes et délicates, s’arrachant aux douceurs de la civilisation, vont rendre aux malades les services les plus bas ; elles apportent à ces sauvages étonnés les secours de la médecine pour les corps, et les enseignements de la foi pour les âmes. »
M. Olier, toujours préoccupé du salut des sauvages, envoya au Canada plusieurs prêtres de sa compagnie. Quand il leur proposa cette périlleuse mission, tous s’offrirent à l’envi. L'un des premiers élus, M. le Maître, ne tarda pas à payer de sa vie son zèle pour le salut des sauvages. Une troupe d'Iroquois, cachés en embuscade, s’'empara de lui tandis qu’il était seul à surveiller la moisson ; ils lui tranchèrent la tête et l’emportèrent dans leur pays. Un autre prêtre de l’association, M. Vignal, subit le même sort. Après l'avoir tué, les sauvages firent rôtir sa chair pour s’en repaître. Mais la férocité de ces cannibales ne décourageait pas des âmes énergiquement résolues à propager le règne de Dieu.
Quand Ville-Marie fut construite, les Iroquois vinrent souvent l’assiéger, et parmi leurs nombreuses attaques