‹ Le Canada [microforme]Chapitre 30 sur 40 · LE STAR TES AIRES. RME TZ · texte numérisé non relu

LE STAR TES AIRES. RME TZ

282 TROIS ANS DANS L'AMÉRIQUE SEPTENTRIONALE bordées de rangées d'arbres. Les maisons s’y trouvant toutes isolées sur leur carré de jardin, ces villes nouvelles présentent l’aspect d’une suite de chalets et de villas, de châteaux et de palais. Une conséquence de cette disposition est que les cités s'étendent à des lieues et des lieues, ce qui nécessite naturellement des chemins de fer et des street cars, ou tramways partout. Sur les trams tout est simple. Pour un réseau entier, quels qu’en soient le transfert et l’étendue, on paie vingt-cinq centimes pour toute distance. Sur la plupart des trams on y va de bonne foi. Une boîte est là, et chacun y jette ses « cinq cents. »

12 septembre. — Ja distance de Buffalo à Cleveland est de 301 kilomètres. Nons fîmes le trajet en 5 heures par train rapide. La vitesse est donc d’un kilomètre par minute. Les tarifs sont généralement les mêmes qu’en Belgique. Le voyageur a droit au transport gratuit de 50 kilogrammes de bagages en 1" classe et de 25 kilogrammes en 2° classe. La grande ligne appelée la « Lake Shore Line » ou «ligne du rivage des lacs», part de Chicago, métropole de l'Etat d’Illinois, et longe les lacs Michigan et Erié en traversant les Etats d’Indiana, d’Ohio, de Pensylvanie et de New- York pour aboutir à Buffalo. À Buffalo la Lake Shore Line se rattache au « New-York Central »

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pour aboutir enfin à la grande métropole des Etats- Unis. La distance de New-York à Chicago est de 1,468 kilomètres et le trajet s'effectue régulièrement en 24 heures. On le fera bientôt en 17 heures.

Pullman Sleeping car.

D'autre part, dé Chicago, l’express du « Union Pacific » transporte les voyageurs en 90 heures (soit 4 jours) à une distance de 3,792 kilomètres jusqu’au bord de l'Océan Pacifique, jusqu’à San- Francisco, la métropole de la Californie.

Ainsi, un voyage transcontinental de New-York

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à San Francisco, de l’un à l’autre Océan, s'effectue maintenant en l’espace étonnamment réduit de cinq jours, avec une vitesse sensiblement égale d’un kilomètre par minute, et pour la somme minime de 500 (ou de 750 francs, nourriture comprise et wagon-lit). Les trairs de plaisir sont à meilleur marché encore (1).

Il y a trois autres lignes transcontinentales principales : le Canadian Pacific à travers le Dominion, le Missouri-Pacific et le Texas-Pacific.

Cleveland est une ville qui compte à peine 25 ans d'existence et dont la population s'élève déjà à 262,000 habitants, y compris au-delà de soixante mille catholiques allemands, irlandais, canadiensfrançais et hollandais. La basse-ville est un Seraing doublé d’un Charleroi. La ville ouvrière s’allonge à perte de vue dans l’immense vallée d’une Meuse américaine. Par-dessus ce volcan de feu et de fumée, un pont d’un kilomètre relie la ville commerciale de l’ouest à la ville opulente de l’est. « Euclide Avenue » ressemble aux beaux quartiers d’Anvers, avec cette différence que chaque pavillon de l'Euclide Avenue est isolé, et assis sur son gazon

(1) Tout récemment un train-éciair a été organisé entre New-York et San-Francisco, via Chicago. Un service rapide de steamers transporte ensuite le voyageur, de San-Francisco à Yokohama, au Japon. Le trajet de Londres à Yokohama, via New-York, se fait en vingtsix jours aujourd'hui. — Il s'effectue en quarante-trois jours via Brindisi et Aden. On veut donc faire le tour du monde en soixànteneuf jours.

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d’un vert tout anglais, et que chaque « mansion » est parée avec une coquetterie, un luxe d’ornementation, une variété de moulures à défier les styles des grands ordres. Pas deux maisons semblables à trouver : Peu s’en faut que les rues d'Amérique ne reproduisent l’« Histoire de l’'Habitation ». On y voit des maisons gallo-romaines et normandes ; des habitations romanes, byzantines, romano-italiennes, gothiques, moyen-âge et renaissance; des façades arabes, moresques et tunisiennes, des chalets suédois, finlandais, tyroliens, — tous les genres possibles ; mais, surtout, des constructions d'un composite étrange et bizarre, qui tient de tous les styles, et qu’on fait passer sous l’étiquette anglaise de « Queen-Anne ». L'idéal de l’architecture utilitaire en Amérique, c’est de produire l'incroyable. C’est joli, c’est absurde; et voilà Buffalo, voilà Cleveland, voilà Toronto et voilà, je crois, toute l'Amérique yankee.

La sculpture, la peinture... O nobles sœurs, où vous trouver ! Nos saints dans les églises arrivent tout droit de l’archaïsme des dixième et onzième siècles. Les peintures sont froides à glacer les entrailles. Les autels sont des masses inertes de marbres. La sculpture est à venir. Les Yankees m'apparaissent comme des cyclopes dans les ateliers des muses, voulant tout créer avec le pilon « du tout-puissant dollar. » |

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