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et de 3 kilomètres à sa naissance, à l’extrémité est du lac Erié.
Elle coule du sud au nord. Sa longueur totale est de 58 kilomètres.
Dans son cours rapide elle s’épanche en certains endroits jusqu’à mesurer 6 etmême 12 kilomètres de largeur, et s'étrangle ailleurs jusqu'à ne former plus qu'une gorge profonde d’une largeur de 282 mètres comme au passage d’eau en aval de la cataracte, et de 137 mètres à peine comme au « tour-
billon » un peu plus au nord.
Sa profondeur varie selon la largeur, de 20 à
300 pieds d’eau. La nappe liquide qui s’épanche
mèario à sa mité
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apide cer- 1squ'à 12 kiar, et jusplus fonde 2 mè- ASS a Le à catatres à k tour-
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par-dessus les crêtes des cataractes est d'environ 9 pieds d'épaisseur.
Dans son cours total de 58 kilomètres, le fleuve descend de 113 mètres. De fait le fleuve Niagara n’est qu’un tronçon d’un immense cours d’eau commençant aux sources du fleuve Saint-Louis à l’ouest du Lac Supérieur, pour se terminer aux bouches du Saint-Laurent, transformant, sur sa route, de vastes vallées en de véritables mers intérieures, comme sont les lacs Supérieur, Michigan, Huron,
Erié, Ontario et nombre d’autres de moindre étendue.
Le lac Supérieur mesure 739 kilomètres de l’est à l’ouest, sur 161 kilomètres du nord au sud. Sa profondeur est de 900 pieds.
Le lac Michigan a 483 kilomètres de longueur sur 81 de largeur et 900 pieds de profondeur.
Le lac Huron est long de 351 kilomètres et large de 289 kilomètres. Il a une profondeur de 900 pieds.
Le lac Erié mesure 467 kilomètres de l’est à l’ouest et 107 kilomètres du nord au sud. Sa profondeur est de 120 pieds.
Le lac Ontario a une longueur de 400 kilomètres et une largeur de 90 kilomètres à peu près. Sa profondeur est d'environ 550 pieds.
Une cinquantaine de lacs de moindres dimensions, alimentés par des centaines de rivières, dé-
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versent leur trop-plein dans ces mers intérieures ; ce formidable amas d’eau est charrié par-dessus les cataractes et, à travers les rapides du Niagara, vers l’Onts cio, d’où en frayant son passage par les Mille Iles du majestueux Saint-Laurent, il va se décharger dans l'océan par un chenal qui ressemble à un bras de mer.
Depuis les sources du Saint-Louis, à l’ouest du lac Supérieur, jusq.. à la mer, ce fleuve géant parcourt un espace de plus de 4,000 milles anglais, plus de 6,436 kilomètres.
Venons-en maintenant au phénomène de la nature, considéré longtemps comme le plus grandiose dans son espèce : les cataractes du Niagara.
Cataractes du Niagara.
Découvertes par les explorateurs français de la fin du dix-septième siècle, les proportions en furent naturellement fort exagérées. Le Franciscain belge Hennepin qui les visita dès 1676 en publia une description et une esquisse en 1697. L’esquisse qui nous reste montre que la scèné n’a guère changé depuis deux siècles. Mais, avec une imagination frappée, dépourvu d’ailleurs d’instruments de précision, le bon missionnaire prête aux diverses
cataracies une élévation de plus de 600 pieds, tandis que la cataracte canadienne, connue sous le nom de Fer-à-Cheval, n’a que 150 pieds de haut, et la cataracte américaine, ainsi que les quatre petites
chutes, seulement 165 pieds ou 49 mèêtres d’altitude. Les premiers visiteurs donnent également à l'étendue des nappes d’eau, des dimensions beaucoup trop grandes. La crête du Fer-à-Cheval mesure en réalité 2,000 pieds de longueur, le bord abrupt de Goat-Island qui le sépare de la chute américaine,
est long de 980 pieds; la chute américaine a une étendue de 1,100 pieds.
La ligne concave entière des cataractes est donc de 4,080 pieds environ, soit 1,224 mètres.
Que le lecteur veuille bien jeter un coup d'œil sur les trois plans ci-contre. La description des cataractes en deviendra plus saisissable.
Nousremarquerons que le chenal que nous nommons la rivière Niagara
É suit un cours direct du
N à sud au nord. La pente de NNla rivière est de 12 pieds
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3 lès sept 1e re) VW Island jusqu'aux chutes, Abords des chutes du Niagara. sur un parcours de 4 kilomètres, l’inclinaison du lit est de 90 pieds. Les chutes elles-mêmes plongent de 164 pieds. Depuis les cataractes jusqu’à la ville de Lewiston, sur un parcours de 12 kilomètres, la pente, de rapides en
rapides, est de 104 pieds — puis, de là jusqu’au
lac Ontario sur un parcours égal, le fleuve suit paisiblement une pente insensible de 2 pieds. Ces dépressions successives font donc une inclinaison totale de 372 pieds, soit 113 mètres, sur le cours entier de la rivière, qui est de 58 kilomètres depuis le lac Erié jusqu’au lac Ontario.
A l’île de la Chèvre ou Goat-Island, à peu près au milieu de son cours, la rivière Niagara se partage en deux bras, et heurtant ensuite de front les rochers calcaires du plateau canadien, elle fait un coude subit et s'enfuit au nord, à angle droit, par un ravin étranglé qui porte ses eaux vers l'Ontario.
C'est dans ce coude, c'est aux deux côtés de Goat-Island que nous admirons le spectacle grandiose des deux cataractes qui, partagées par des blocs énormes à leur crête, forment en réalité quatre ou même six chutes.
La cataracte de l’ouest, allant de Goat-Island à l’angle de la côte canadienne, affecte la forme d'un hémicycle et présente au mieu une édenture profonde en retrait, qui lui donne la forme d’un immense fer à cheval : c’est la chute canadienne. De l’autre côté de l’île, la chute ‘ite américaine présente une arête presque droite.
Les cataractes réunies, vues du pont suspendu des Rapides, se confondent en un seul .et grand spectacle, ressemblant à un rivage abrupt, où la mer se soulèverait et écumerait contre des falaises
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énormes et où une colonne épaisse de vapeur et de fumée s’élèverait sans cesse par-dessus les crêtes liquides en montant jusque dans les nues. Mais, à cette distance, tout le vaste spectacle paraît immo- tr bile, et ressemble à un phénomène coulé en verre.
Sur le rideau vaporeux qui monte sans fin du ! gouffre, les arcs-en ciel se multiplient et se dépla- je cent à mesure que le soleil s'élève et tourne dans d sa course, offrant ainsi à l’œil émerveillé un spec- du tacle changeant à l’infini, un jeu de lumière dont j st une aurore boréale peut seule retracer la mobilité. je
Vu de haut et de loin, tout ce merveilleux échappe ri au regard de l'observateur. C’est du niveau du fleuve qu’il faut l’admirer, et c’est de là que le Nia- le ;
gara est vraiment grandiose, la nuit comme le dal
jour, alors qu’il pèse sur vous de tout le poids de lés son immensité. k
Disons toutefois que ce grandiose spectacle, n’est er, point une de ces merveilles dont l’admiration ne se pas lasse pas. Il ne revêt pas en vérité la sublime et so- st lennelle grandeur de l’océan luttant et gémissant rot dans une éternelle commotion contre un invincible
rivage. Il ne reflète point non plus la mystérieuse majesté des vastes cathédrales d'Anvers ou de Tournai, d'Amiens ou de Séville.
Vu de loin la vie manque au tableau; vu de près le calme fait défaut à la mobilité de cette grande œuvre de la nature.
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Des voyageurs ont écrit que le tonnerre du Niagara se prolonge de lac en lac, de forêt en forêt à travers l’immensité des déserts! Je me suis trouvé quatre fois sur le lac Ontario à 30, à 20 kilomètres des chutes; j'ai prêté l'oreille, durant la nuit, au vent venant des cataractes, quand je me trouvais à 16 kilomètres de là au presbytère de New-Germany; j'ai écouté derrière les collines du fleuve lui-même, et j'ai écouté des hauteurs du rivage américain : je dois avouer qu’à ces distances, je n’ai pu saisir. « !e sourd grondement » des cataractes.
Les aigles non plus ne sont pas entraînés dans le gouffre, aspirés par le courant d’air des formidables chutes! J’ai vu des tourterelles même passer les cataractes à tire d’aile.
Quant aux caribous, aux cerfs et aux sangliers emportés par les rapides dans leurs tentatives de passage, selon les histoires d’autrefois ; je n’ai pu en voir, parce qu’il n’y en a plus à cent lieues à la ronde. J’ai vu au ceatraire le superbe terre-neuve noir du couvent ües Carmes, passer les rapides depuis les falaises situées au pied du monastère jusqu’au Long-Island et au Cedar-Island. On m’a dit que ce viroureux animal se risquait même à quelque cinquante mètres dans les grands rapides au-dessus du Fer-à-Cheval.
Il n’est pas nécessaire du reste à la juste renom-
mée du Niagara qu’on le festonne et l’enguirlande de vaines et légendaires exagérations.
Les cataractes dit-on, marchent à reculons. Ceci est bien vrai. La marche en arrière de ce grandœuvre de la nature a du être comme suit.
Dans les âges préhistoriques le fleuve Niagara roulait ses eaux tantôt à plein bord, tantôt pardessus les rapides, mais sans former aucune chute formidable, jusqu’au plateau du mont de calcaire qui lui barraït le passage devant la ville actuelle de Lewiston. C’est là qu'ont dû être les cataractes primitives du Niagara, se déversant vraisemblablement en une nappe unique et non en plusieurs, comme dans le phénomène actuel. Cette cataracte a du être en cet endroit d'environ 250 pieds d’élévation, la hauteur du rocher étant de 300 pieds audessus dela pente douce qui part de Lewiston vers l'Ontario.
L’érosion graduelle a ramené les chutes du nord au sud, — à raison d’un à 3 pieds par an. Des catacly:mes ont pu précipiter cette marche rétrograde à diverses époques, en sorte qu’il n’y à pas à s’en tenir aux calculs hypothétiques de la science.
Charles Lyell qui adopte l’hypothèse d’un pied de rétrogradation par année, ce qui ramènerait l’époque de la cataracte primitive de Queenstown et