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Au collèce, toute la communauté s’était mise en prière pour obtenir des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, la préservation des élèves. Les deux malades r’eurent qu’une légère atteinte de varicelle, et personne autre ne gagna le terrible mal.
Toutefois, par mesure de précaution, le R. P. Recteur prit le parti de renvoyer dans leurs familles, les élèves des Etats-Unis etides provinces lointaines qu’il n'aurait su héberger, si la maladie éclatait au collège, ou les atteignait eux-mêmes.
C’est ainsi que le 29 septembre, jefis mes adieux aux excellents Pères et à la brillante jeunesse du collège Sainte-Marie. Je m'en allai vers les Etats- Unis, emmenant avec moi les deux jeunes Farish, qui s’en retournaient à Saint-Louis du Missouri.
Nousarrivâmes à la station du « Pacific central » au milieu d’une bagarre des plus vives, occasionnée par la foule qui prétendait forcer le cordon sanitaire. Par raison d'hygiène dans ce temps d’épidémie, autant que par crainte d’être enfumé comme à ma venue, nous suivimes le conseil du bon P. Turgeon; nous ne montàmes ni en deuxième, ni même en première classe, mais bien aristocratiquement, dans le luxueux Pullman-Sleeping-Car. Malgré tout l'amour que je ressens pour les nègres et pour les pauvres, j'avoue que je m'y trouvai mieux que parmi les « Far Westera Emigrants ».
Mes jeunes compagnons étaient émus en quittant
leur collège de Sainte-Marie, et leurs vénérés maîtres, et la terre canadienne; ils fredonnaient tout bas ces vers de Crémazie :
» Salut, Ô belle patrie,
Salut, Ô bords du Saint-Laurent !
Terre que l'étranger envie
Et qu’il regrette en la quittant !
» Heureux qui peut passer sa vie Toujours fidèle à te servir,
Et dans tes bras, mère chérie, Peut rendre le dernier soupir.
» J'ai vu le ciel de l'Italie, Rome ei ses palais enchantés; J'ai vu notre Mère-Patrie,
La noble France et ses beautés !
» En saluant chaque contrée, Je me disais au fond du cœur :
Chez nousla vie est moins dorée Mais on y trouve le bonheur!
» O Canada ! quand sur ta rive Ton heureux fils est de retour,
Rempli d’une ivresse plus vive, Son cœur répète avec amour ::
». Heureux qui peut passer sa vie Toujours fidèle à te servir,
Et dans tes bras, mère chérie Peut rendre son dernier soupir!
Je quittai les charmants Farish à Toronto, non sans leur avoir dûment promis de les revoir à Saint-