‹ Le Canada [microforme]Chapitre 7 sur 40 · CASE" PE · texte numérisé non relu

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et, suivant ma promesse, je consolai sa douleur maternelle en lui donnant « his love », c’est-à-dire l'assurance de toute l’affection de son fils absent.

Le lendemain, je déjeunai au consulat de Belgigique, où le bon Monsieur Lauwers (1) me reçut comme des Belges se reçoivent loin du petit pays qui est si grand dans leur cœur. À une heure, je dinai chez Son Excellence M. Schermbrücker, un fils de la catholique Bavière, devenu colonel, puis ministre des travaux publics et de l'instruction, et enfin commiss’ner of crownlands. Cet éminent fonctionna::: me questionne longuement sur les progrès des missions, sur l'instruction des noirs, sur les subsides requis pour les écoles catholiques nègres de la province de l’est. Dans la colonie du Cap, toutes les écoles primaires sont traitées avec une justice distributive parfaite, au prorata de la population scolaire.

Dans ce pays protestant, le gouvernement patronne l’enseignement libre comme l’enseignement officiel, et ne fait aucune distinction entre les diverses confessions religieuses. Après ces graves entretiens, la conversation tomba sur une question d’un autre ordre. Le ministre s’enquit de l’inoculation de la pleuropneumonie épizootique de la race bovine. Je pus lui apprendre que l’inoculation était

(4) Ce fonctionnaire, aussi serviable que méritant, est décédé en 1888,

pratiquée déjà parmi les Matabélé-Zoulous des bords du Zambèze, et que, malgré la défectuosité de son application, elle y opérait avec succès comme moyen préventif contre l'épidémie. Il rendit hommage à son illustre inventeur belge, le docteur Willems de Hasselt, et le vengea des attaques dont celui-ci avait été l’objet devant l’Académie, en me confirmant que « contrairement à certaines allégations jalouses, l’inoculation de la pleuropneumonie n’avait pas été appliquée au Cap avant 1850 », année où le savant spécialiste livra au public le secret de sa précieuse découverte, « mais deux ans plus tard, vers le commencement de l’année 1853. »

L’après-diner fut réservé pour la séance d'ouverture du Parlement. Les élections récentes ont été orageuses et l'opposition des « nationaux », appuyée par un bon nombre de nouveaux députés boërs, se promet de renverser le ministère, le parti anglais. Mon ami Stephen Johnson et les membres pour Grahamstown me conduisent à la Chambre. La lutte est chaude et courte; je ne puis pas dire qu’elle est aussi courtoise.

En vue du phylloxera, dont l'invasion est re-

doutée, un projet de loi radical fut déposé à l'effet de prohiber l'introduction, dans les ports de mer, de tous fruits, plantes ou céréales quelconques.

La langue hollandaise (afrikaander Deutch) fut ce jour-là admise pour la première fois dans les

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débats de la Chambre, où l'anglais avait été jusqu’alors la langue officielle.

Un orateur national ouvre le feu en sa langue sud-africaine. Elle fait l'effet des premières mitrailleuses ! La réplique du gouvernement est inintelligible, et l'opposition crie victoire. Deux ou trois orateurs boërs viennent compléter le triomphe au milieu des applaudissements frénétiques de leur parti; le gouvernement ne riposte plus. Une demi-heure après le ministère donna sa démission, et un ministère national tut formé par l’opposition victorieuse. Ce ministère compie deux catholiques, le Premier ou chef du cabinet, et M. Schermbrücker qui conserve son portefeuille.

Dans l’après-diner du 18, le « Grantully Castle » se trouva sous vapeur et nous rencontrâmes, à bord de notre vaisseau, Sa Grandeur Mgr Léonard et plusieurs ecclésiastiques, Son Excellence M. Schermbrücker, le consul de Belgique et quelques amis qui étaient venus nous faire leurs adieux. Dès qu’ils sont redescendus sur le quai, le « Grantully » se met en marche, au cri du « hip-hip-hourra » . national, trois fois répété du bord et du quai. Longtemps encore on agite les mouchoirs de part et d'autre. Enfin nous sortons de la baie de Bonne- Espérance, et dès le soir nous virons nord-ouest sur Sainte-Hélène.

Les jours suivants calme absolu, ner unie comme

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