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Sept ans plus tard, je passai près de la maison de ce même colon: c'était dans la vallée de la Grande-Rivière, dans le Haut-
‘Canada, non loin du présent village de Caledonia. La petite hutte
en bois rond servait de cuisine, derrière une jolie maison en bois carré, à deux étages, et peinte en blanc. Auprès était une grange spacieuse, avec des animaux de toute sorte dans la basse-cour, Les souches, autour desquelles les tiges de blé-d'Inde avaient tant de difficulté à croître, la dernière fois que j'avais vu l'endroit, avaient presque toutes disparu. Une moisson luxueuse de maïs était seule en possession de la place où les pommes de terre avaient eu à lutter si péniblement contre les ronces et les buissons. La forêt, quelqu'épaisse et impénétrable qu’elle parût, avait été reculée considérablement par le bras nerveux de l’homme. Un jardin, brillant de fleurs, et entouré d’une jolie clôture en piquets, ornait le devant de la maison ; un jeune verger s’étendait par derrière. Comme je quittais la scène, je rencontrai un fermier revenant de l’église avec sa femme et ses enfans. C'était un dimanche, et il n’y avait rien dans leur apparence, si ce n’est peut-être la couleur brune à air de santé de leurs visages, qui pût les distinguer des habitans riches des villes. Le waggon dans lequel ils étaient, leurs chevaux, leurs harnais, leurs habits, en un mot, tout ce qu'ils avaient ou portaient, indiquait le bien-être et l’aisance. Je demandai à
l'homme quel était le propriétaire de la ferme que je viens de
décrire ? “ Elle m’appartient, monsieur,” répondit-il; “il y a neuf “ ans que je m'y suis établi, et, Dieu morci, j'ai assez bien réussi.”
Tel était un des colons d’abord isolés du Haut-Canada: tels ont été ses fatigues, son énergie et son succès. Son histoire est ceile de milliers d’autres habitans de la même province.
LE CULTIVATEUR OU FERMIER DU HAUT-CANADA, EN TANT QUE DISTINGUÉ DU COLON PRIMITIF.
Il n’y a peut-être pas au monde de gens qui vivent mieux, —je veux dire, qui ont en plus grande abondance les douceurs de la vie, que ceux qui ont défriché des terres, et qui savent en faire un usage convenable, dans le Haut-Canada. Les marchandises
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