TE SEE
“vers la forêt, entreprend des travaux pour les grands propriétaires, ‘ gagne facilement ses cinq francs par jour, le logement et la nourritu- “re, et retourne après quelques mois avec de belles économies.”
— Est-ce cela ? demandai-je au jeune colon.
— Oui, répondit-il.
—Remarquez-vous qu'il s'agit ici de quelques mois et non de toute l'année ?.. avez-vous quelques instants à perdre.
—Oui.
— Venez donc avec moi.”
Nous nous dirigeons vers la forêt où travaillent mes bûcherons. Deux d'entre eux allaient justement attaquer une épinette très-grosse. Je leur fis signe d'attendre.
—Combien de temps, demandai-je à mon compagnon de promenade, vous faudrait-il pour abattre cet arbre, en supposant qu'un homme qui ne soit ni plus fort ni moins fort que vous, vienne nous aider ?
—AÀ peu près deux heures...
—Très-bien. Quelle heure est-il ?
—Cinq minutes avant deux heures.
—C'est correct...En avant !......”
Les deux haches tombent, se relèvent, tombent encore, mordent l'arbre, font sauter les copeaux et...vlan !...voilà le géant à terre.
—Quelle heure est-il ?
—À peine deux heures !......Je n'aurais jamais cru cela. En moins de cinq minutes, abattre un arbre d'environ huit pieds de circonférence !.…..”
J'étais triomphant.
—Eh'bien ! demandai-je, voulez-vous: travailler avec ces jeunes gens, faire la même besogne et gagner le même salaire, soit fr. 5,25 par jour, logement et nourriture ?...”
Non ; il ne voulait pas, ou plutôt, il dit avec beaucoup de bon sens et de sagesse :
—Plus tard, q'iand j'aurai appris le métier !”
Voilà un garçon qui réussira certainement : il a le courage de commencer par le commencement.
ires, r'tu-
Jute