‹ Le Canada, ses institutions, ressources, produits, manufacturesChapitre 19 sur 28 · OT · texte numérisé non relu

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£b outre des écoles él^ij^cint^îres» il y mskii à^^ylf^ Hui^tf-Canada :

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Elèves des Collèges^ etcu

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Elèves des Académies et des

Ecoles de grammaire

Elèves des écoles privées. . . .

Blèves des écoles Normale et

Modèles

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Oe qui porte le nombre des élèves, de toutes lea ipaisoos

d'éducation et écoles du H.-

Gaoada à

Les rapports officiels font Toir aussi que le montant consacré à, l'instruction publique dans le Haut-Canada s'est élevé à ô£154,218 eu 1851, à. 06196,074 en 1852, à 06199^674 en 18ôa; et que, du mois de Novembre 1853 à la fin d'Août 1854, le département de Téducatioa a. doté les bibliothèques, publiques de la même partie de la Province de 62,866 volumea.sur l'histoire, la zoologie, la botanique, les sciences physiques, la géologie, la philosophie naturelle, la chimie, la^ chimie agricole, l'agriculture pratique, les. manufactures, la littérature moderne, la littérature ancienne, les voyages, les romans, etc.

Sous le nom de '* Collèges et Universités," dans le dernier, ta^ bleau, se trouvent compris :

1**. L'Université de Toronto, qui est une oniversîtéprotestante mixte $QUS le ccmtrôle du gouvernement et est richement dotée des deniers de la Province ; elle a des Facultés, de Dxoit> de Médecine, des Arts* de Théologie, etc. ; un cellège en dépend ;

2*. L'Université du Collège Victoria, dans la Ville de Oobourg ; elle possède plusieurs Eacultés, entre autres une de Médecine et uqio. des Arts ;

3*. L'Université du Collège de la Trinité, dans la Cité de Toronto ; elle ne date que de 1852, et est une université anglicane, fondétt par l'Ëvêque anglican de Toronto au moyen des contributions généreuses de ses ouailles; elle possède des chaires de Théologie, dai Littérature, de Mathématiques, de Droit, de Médecine, etc. ;

A'*. Le Collège de Bégiopolis, à Kingstpn» collège catholique coi^ fié aux soins de membres du clergé ; il est fondé depuis plusieui» aiméas;;

134 INSTRI^CTIOX PUBLIQUE.

• 5".. Le Collège de la Reine (Queen's Collège), aussi à Kingston; c'est une institution presbytérienne ;

6°. Le Collège de St. Michel, à Toronto, institution toute nouvelle, mais qui parait devoir prospérer sous la direction supérieure de l'Evêque catholique de Toronto et les soins des Pères de l'Ordre de St. Bazile ;

7**. Le Collège de St. Joseph, h, Bytown ou Cité d'Ottawa, fondé par TEvêque catholique actuel de Bytown, et dirigé par des membres du clergé.

Le Haut-Canada a aussi l'avantage de posséder un journal de l'instruction publique, que rédige le Surintendant du Haut- Canada. H serait à souhaiter que le Bas-Canada eût aussi le sien ; l'instruction publique y gagnerait, et l'on connaîtrait mieux les progrès que font les écoles élémentaires.

Dans le Bas-Canada, en sus des écoles élémentaires, mais au nombre desquelles nous les avons mises, il existe 67 Ecoles-Modèles qui sont tenues sur un excellent pied, et dix-neuf Académies qui ne le cèdent en rien aux autres institutions du même genre de la Province supérieure.

Le Bas-Canada est en outre doté d'un très grand nombre d'institutions de haute éducation, et n'a sous ce rapport rien à envier aux pays les plus favorisés, comme on en peut juger par ce qui suit.

Depuis longues années, Montréal possède une université protestante ** l'Université du Collège McGill," qui est convenablement dotée et éans un état florissant. On y a établi des chaires de Droit, de Médecine, des Arts, d'Histoire, etc.

Montréal a de plus deux collèges catholiques, celui de Montréal sous la direction des Messieurs de St. Sulpice, et celui de Ste. Marie sous les soins des Eévérends Pères Jésuites. Ces collèges sont dans un état prospère, et sont fréquentés par un très-grand nombre d'élèves qui, outre le français, l'anglais, le latin et le grec, y apprennent la versification, les belles-lettres, la rhétorique, la géographie, l'histoire, les mathématiques, la physique, la chimie, la botanique et la géologie ; ils y suivent aussi un cours de philosophie, et y apprennent leur religion.

Le Grand-Séminaire de Montréal est destiné aux élèves des collèges qui veulent étudier la théologie catholique pour entrer dans les ordres sacrés.

Le District de Montréal, qui est densement peuplé, n'a pas voulu demeurer en arrière de la grande cité dont il est si justement fier» n a fondé les Séminaires ou Collèges de Ste. Thérèse, Chamblyj^ L'Assomption, Terrebonne et l'Industrie, où la jeunesse canadiexme reçoit

une haute éducation, qui la prépare aux professions libérales, à Tétat ecclésiastique, etc.

Si du Diocèse de Montréal nous passons à celui de St. Hyacinthe, nous y trouvons une institution d'éducation très florissante, qui est en. même temps grand-séminaire et collège; c'est le " Séminaire de St. Hyacinthe." Le Grand-Séminaire prépare les lévites pour le sanctuaire, et dans le collège les jeunes gens étudient les lettres et les sciences profanes.

Dans le Diocèse des Trois-Rivières, se trouve le " Séminaire de Nicolet " qui est une pieuse fondation a'un jprêtre catholique et doit sa prospérité actuelle à la munificence des Archevêques de Québec» sous la jurisdiction desquels se trouvait naguère le Diocèse des Trois- Eivières. Cette institution est, comme celle de St. Hyacinthe, tant grand-séminaire que collège. Toutes deux donnent une instruction solide à un grand nombre d'élèves.

Enfin, à Québec, siège du Métropolitain catholique, l'instruction publique n'a pas été négligée. L'an dernier,, on jetait les bases de la grande Université-Laval, à laquelle Sa Majesté la Reine de. la Grande-Bretagne avait accordé des Lettres-Patentes, et que Sa Sainteté le Pape Pie IX venait d'approuver et bénir. Cette université, comme la plupart des séminaires et collèges du Bas-Canada, doit sa fondation au clergé catholique. Ce sont les Messieurs du Séminaire de Québec qui ont voulu se charger de pourvoir à tous les besoins pécuniaires de cette université, et ils s'acquittent de la tâche généreuse qu'ils se sont imposée volontairement, avec la même libéralité et le même dévouement dont ils ont fait preuve chaque fois qu'il s'est agi de contribuer à l'instruction du peuple ou au soulagement des grandes infortunes. Cette université, quoique de date toute récente, possède des facultés de droit et de médecine qui promettent déjà de donner de l'éclat et de la renommée à l'enseignement de cette université. Grâce aux soins des Messieurs du Séminaire, elle pourvoit depuis deux ans à l'entretien à Paris de trois jeunes Ecclésiastiques canadiens. Ces jeunes messieurs se préparent au professorat par de fortes études dans la belle institution des Carmes. Un des membres du Séminaire fait à Rome, depuis un an, de nouvelles études théologiques pour professer plus tard dans la faculté de théologie de la nouvelle université, qui sera pour le Canada catholique ce que doit être pour l'Irlande l'Université catholique de Dublin.

Le Séminaire de Québec, dont il vient d'être fait mention, est la plus ancienne maison d'éducation du Canada, puisqu'elle a ét^ fondée en 1663 par le premier Evêque de Québec, Mgr. François de Laval-Montznorency, qui lui légua tous ses biens. Lors de

lâ%8Qppre88i<m des J^oites est Oanada, le Séminaire de-Québee^.foif était destiné priDcipalement à l'instruction des jennea gens se prépararaat au sacerdoce, fut divisé en grand et petit séndnam, le premier OMksacré à Tinstruetion théologiqoet et le seeond itemplaçant le GoLlège des Jésuites. Le Séminaire à» Québec, depuis sa fondatirai, n'a) pas failli à sa mission. Son ensej^nement n'a fait que croître en importance, et aujourd'hui daais aucune maison d'éducation derAméiâquaon ne procure à la jeunesse studieuse une instruction plus solide etb pins durable. On y enseigne les langues française, anglaise, latine et grecquor la yersifioation^ les belks-lettres et la làétoiiqne ; on. y. bit suivre des cours de géograpMe, d'instoire, de géeiU^;ie, de betat' nique, d'Mstoire iMiturelle, d'arcfadtecture, d'astonomie, de musiqae^ de. dessin, de mathématiques, de physique, de chimie et de philo» a^thie, saitô compter des cours régulters d'instruction religieuse, dont sont exempts les élèves qui ne professent point 1» religion cathoUqi»^ la même exemption existant dans toutes les maisons d'éducation du Bas-Canada. Le Petit-Séminaire de Québec est. fréquenté par environ 350 élèves, dont 180 pensionnaires.

Dans le Diocèse de Québec se trouve encore le Collège dé Ste« Anne de la Poeatière, fondé par uzl Prêtre catholique. Le cours des études s'y divise en deux parties distinotes» Dans le 1er cours ou cours préparatoire, on enseigne les langues anglaise et française, la géograï* phie, l'histoire, la géométrie pratique, le dessin linéaire, la tenue des Uvres^ l'horticulture et la: musqué ; ce cours est* de quatre années. Dans le second cours ou cours classique, on enseigne le latm, le grec, les belles-lettres^ la rhétorique,, la piiflosophie, les mathé^ mnjïiques, la chimie, la botanique, le dessin, la. musique ; ce cours est de six ans. Ce collège, comme tous» les autres ooUèges catholiques du Bas-Canada, est sous la direction du clergé.

La Paroisse de Ste. Marie de la Beauce possédera aussi sous peu un eoUège, gr&ce aux efforts généreux et intelligents de son curé et à la libéralité du Parlement. Il en est. de même de la Paroisse de SL Germain de Bimouski^ qui devra en grande partie au Député du Comté et au Curé de la Paroisse d'avoir bientôt un collège dont eette section du pays devra beaucoup profiter.

En parlant des institutions scolaires du Bas-Canada, il ne faut pas passer sous silence les nombreuses écoles des "Frères des Ecoles Chrétiennes." On les trouve dans plusieurs de nos campagnes^ dans toutes nos grandes villes et dans plusieuffs de celles de la Province supérieure ; et elles sont fréquentées avec autant d'empressement et de bonheur que celles que ces bons Frères possèdent en France, &Ek Angleterre, aux Etats-Unis et ailleurs. A la. fin de l'an dernier» ïi$

a^^ent euCaiiada lémaisons» habitées paor l^d firères, e^fréquentéw par 6,474 élèves. Ces chiffres sont presque c«ux.d€is Etats-Unis pour? la mên3;e an^ée» la B<^iiri>T$ de m^aisoum que les. Frères, y possédaient 6t£mt aussi de 14» le nj&mbre des i^'xèrea de lâOet eelm des élèycta iot 6,784.

.Il est boa aussi de mentionner qiit'en outre de l'Université MoGUl, les Protesîtants oat le Collège de LeauoxvHl^ appelé Biskop^s, CùUegtef dans. lequel, on enseigne la théologie protestante, les langues», la^ littérature^ les mathésûatiquesy etc.,, et qui; vient, dit-on, d^être érigâ. on Université ; ils possèdent, h, Québec,, h. Montréal et> dan» qnek ques autres endroits. du iBasrGanaâa^ des aoadémies et éeoles snpér^ rieuregfr que fréquentent \m graud: nombre de jeunes gens qui m destinent au commeree et même aux. professions libérales.

Les institutions créées- pour; l'instruction des jeunes filles ne sont guère moins nombreuses dans le Bas*Canada que celles destinées ai rinstruction des jeunes gejas. On les trouvée partout où les besoins des populations les requièrent. Québec, par exemple, aie couvent dea Ursulines, celui de rïïôpital-Générak et celui de la GongrégatioBi. Ces trois institutions sont pour les jeunes filles ce que sont les petits^ séminaires et les collèges pour les jeunes gens. On y. enseigne tout oe qu'une jeune personne apprend ailleurs dans les meilleures institit^ tions de oe genre. Le Couvent, des Ursulines est la plus ancienaa institution que nous ayons en Canada pour rinstruction des jeunes filles. Elle fut fondée par Madame de la Eeltrie en 1639,; la premièrei bâtisse fut complète en 1641, et. en 1650 la maison fut détruite pap incendie. L'établissaient n'en continua, pas moin^ h prospérer^ et aujourd'hui la communauté qui est composée de 56 religieuses pro« fesses, cinq novices et une postulante, donne l'instruction h. 120 pen* sionnaires, 87: demi-pensionnaires et 146 élèves externes ; en tout ^53 élèves. Depuis l'année 1650 jusqu'à Décembre 1854, il^y a. eu dans cette institution 6,011 jeunes filles pensionnaires, dont 260 Huronnes* Algonquines, Iroquoises et Abénaquises. Les Ursulines ne commencèrent à avoir des. demi-pensionnaires qu'en 1800, et depuis cette époque jusqu'à Décembre 1854 elles en ont eu 1,256^. Les classes externes furent ouvertes dès 1658i et ont. été fi-équentées jusqu'il Décembre 1854 par 8,364 élèves. En sorte que, de 1650 à 1854 inclusivement, cet établissement a donné l'instruction à 15,631 Jeunes filles^

Les Sœurs de la Congrégation ont à Québec un magnifique établis^ sèment, qui est dans un état très prospère. Elles ne bornent cepen* dant pas leur enseignement aux jeunea filles de la ville. Elles ont des succursales en huit ou neuf endroits différents du District de Québec, et

prennent actuellement des mesures pour en établir d'autres dans six différentes paroisses du District.

Les Sœurs de la Charité ont aussi à Québec des écoles gratuites, où les jeunes filles pauvres reçoivent une instruction proportionnée à leur état.

De nombreux établissements du même genre se remarquent dans les autres parties du Bas-Canada, et tout spécialement aux Trois- Eivières où se trouve un Couvent d'Ursulines, dans le Diocèse de St. Hyacinthe où il existe aussi une communauté religieuse, et dans le Diocèse de Montréal qui, en outre du Couvent des Sœurs de la Congrégation et des nombreuses succursales qu'elles ont établies, possède deux maisons sous les soins des Dames du Sacré-Cœur, une maison sous ceux des Sœurs des Saints Noms de Jésus et Marie, un autre établissement sous la direction des Sœurs de Ste. Anne, et une dernière confiée à la sollicitude des Sœurs des Sept Douleurs.

Le Haut-Canada est moins favorisé sous le rapport des institutions pour l'instruction des jeunes filles. Il en possède néanmoins quelques-unes, entre autres à Toronto, à Kingston et à Bytown ou Cité d'Ottawa.

Les détails qui précèdent doivent convaincre quiconque ne le sait déjà que l'enseignement scolaire reçoit en Canada l'attentio/i toute spéciale de la Législature, du clergé et en général des hommes instruits ; qu'il a été fait depuis longtemps de puissants efforts et des sacrifices considérables pour procurer au peuple une instruction solide et appropriée à ses besoins ; que la Province est heureusement dotée de nombreux établissements de haute éducation, d'institutions scolaires supérieures, et d'écoles primaires qui promettent les plus heureux résultats.

Qui pourrait après cela douter du succès, surtout quand on voit les Universités, Séminaires, Collèges et Académies donner annuellement l'instruction à des milliers de jeunes gens, qui se trouvent ensuite en état d'occuper des positions distinguées au Barreau, dans la magistrature, les autres professions libérales, le commerce, etc.? Qui oserait le nier, quand on voit des milliers de jeunes filles fréquenter nos ' couvents et autres institutions d'éducation, puis en sortir tous les ans et emporter avec elles le goût de l'instruction qu'elles encouragent au sein des nouvelles familles qu'elles sont appelées à former 1 Qui enfin ne le croirait pas, quand on sait par des chiffres certains que 247,443 enfants fréquentaient les écoles en 1851, et que, notre population totale étant alors de 1,842,265 habitants, plus d'un huitième do notre population fréquentait nos écoles et collèges ?

En fait de journalisme, le Canada a suivi l'exemple des Etats- "Dnis. On sait en eflFet que, pour le citoyen de TUnion Américaine, le papier-nouvelles est un besoin, et que presque chaque petite ville possède au moins un journal, dans lequel la fraction du peuple américain qui habite cette petite ville exprime ses opinions sur les actes de son Gouvernement local, sur ceux du Gouvernement de la République toute entière et quelquefois des pays étrangers.

Le Canada a pris la même voie, en sorte qu'aujourd'hui on prétend que le Haut-Canada ne compte guère moins de. 80 journaux. Le Bas-Canada n^ pas été à ce pas de course ; il possède cependant de 30 à 35 journaux et revues, dont 12 à 13 sont publiés en langue française. Ces journaux français sont :

A Québec : Le Journal de Québec^ le Canadien et les Débats ;

A Trois-Rivières : Jj* Ere Nouvelle et le Cultivateur Indépendant ;

A Berthier (d'en haut) : UEcho des Campagnes :

A St. Hyacinthe: Le Courrier de St. Hyacinthe;

A Montréal : La Minerve, le Paj/s, la Patrie, le Moniteur Canadien, le Semeur, et la Ruche Littéraire et Politique,

Le Journal de Québec, le Canadien, la Minerve et le Pays sont publiés trois fois par semame ; les autres sont publiés semi-hebdomadairement ou une fois par semaine, à l'exception de la Ruche Littéraire qui parait une fois par mois.

Le Journal de Québec, le Canadien, là Minerve et la Patrie sont ministériels; les autres journaux français sont dans l'opposition.

Nous ne nommons pas les journaux anglais du Haut et du Bas- Canada, parce que la liste en serait trop longue. Nous indiquerions bien aussi les journaux anglais que nous croyons être les plus influents ou les plus importants ; mais nous préférons nous en abstenir, de crainte de blesser les susceptibilités des autres qui se croiraient et seraient peut-être aussi importants que ceux que nous aurions motionnés.

Nous nous contenterons donc de dire que, comme la liberté de la presse est très-étendue, messieurs les journalistes se donnent bien garde de n'en pas user, et lorsque quelquefois ils dépassent les bornes, les personnes qui se trouvent lésées peuvent s'adresseï" aux tribunaux soit criminels soit civils, pour faire condamner à la prison ou à l'amende les écrivains qui ont abusé de la liberté de la presse. Dans tous les cas, les gouvernants sentent le besoin d'avoir la presse avec eux, et ils essaient souvent par des faveurs, non pas de détruire la liberté du journalisme, mais de se rendre favorable ce " quatrième pouvoir de l'Etat." La tentation a quelquefois été si forte que le mot " indépendance de la presse " a perdu dans certains quartiers sa signifieation propre. Néanmoins il fiMit avouer que l'or et les honneurs ont souvent rencontré parmi les joiimalîstes canadiens pluo, d'un écrivain qui a^ri^eté bien loin, ce qui semblait être le prix de sa, conscience.

On n'a pas trouvé d'inconvénients^ graves à la liberté laissée au. journalisme, parce que, si les. opinions les plus avancées, ou mêmes les opinions, les plus subversives peuvent s'exprimer au. ^and jour, l'antidote se trouve dans le& journaux modérés ou conservateurs, qui rétablissent ain&i l'équilibre. Ce n'est pas à dire pour cela, que les autorités canadiennes désirent encourager les opinions lea plus, extravagantes de même que lea opinions les plus raisonnables; mais elles paraissent croire qu'il vaut mieux qu'un parti, quelque peu considérable qu'il soit, ait ses organes, que de lui imposer silence et rengager pour ainsi dire à tramer des complots dans l'ombre, persuadés que sont nos gouvernants que le bon sens public ferait bientôt justice des idées désordonnées qui pouiraient se produire ouvertement. C'est ipi matière d'opinion; et pour iwus, nous nous bornons à enregistrer les. faits tels qu'ils existent.

Quant aux matières religieuses, la loi n'empêche personne de faire valoir publiquement, par la voie de la presse, ses opinions et ses ' croyances. En sorte que le Catholicisme a ses organes haut et bascanadiens, nous voulons dire ses défenseurs. Le Protestantisme de. son côté possède de nombreux journaux au moyen desquels il essaie de battre en brèche l'Eglise catholique.

En supposant que le nombre des journaux du Canada soit de 110 (nous croyons qu'il n'est pas moindre), nous nous trouvons h avoir ur^ • journal pour chaque 16,750 habita^nts. La proportion est plus avantageuse encore pour le Haut-Canada seul* puisqu'il possède un journal pour chaque 12,000 habitants. .Le Bas-Canada n'en a qu'un par. ohs^que 29,000 habitants: néanmoins, le journalisme fait de rapide» progrès dans cette dernière section de la Province et le joum^ esi

^yetm presqa^Utte n^oefisité yoxtr la pta{)aft fiés hommes qui po^g^èdent de rinstruction. Nous pouvons «itér comme preuve de pt^giri^ le JisWnâ/ <!^e Qtt«'6ec qui, dtifaûît Toniiée Î8d4, a reçu en outre de >t<yate pertes 400 nouveaux aboim««aeiits. Un pin^rès semblable a -Su sre £aire sentir daàss les -autres étabHsdemeoitB tant de'Québeo qu» '<de MxmtréeA.

^Eti 'général, le prixd'aboimeme&t'^ux JioUmaiiK'fm&i^k qui paraissent trois fois pftr semaiiïe, estde qiratre pdastres pai: sttmée, celui des journaux quotidiens est de 6 piastres, celui des journaux qui paraissent deux fois par semaine de 3 piastres, et celui des journaux hebdomadaires 2 piastres.

Le tarif des annonces est aussi, en général, de 4 deniers par ligne pour la première insertion, et d'un denier par ligne pour chaque insertion subséquente.

Le papier, sur lequel les journaux sont imprimés, se fabrique en grande partie dans la Province, ainsi qu'une portion des caractères d'imprimerie, dont on fait venir le reste de New- York ou de Paris (France). Il est question depuis quelque temps d'un nouveau papier que l'on fabriquerait avec de l'immortelle, afin de remplacer le papier fait au moyen de chiffons. Aucun journal que nous sachions n'en a encore fait un usage permanent.

Avant de terminer ce chapitre, nous croyons devoir à la presse canadienne-française de dire pourquoi elle n'a pas suivi la même progression que la presse anglaise. Il est bon en effet que l'on sache que, si la population française de cette Province n'a pas donné au journalisme un encouragement ai^ssi grand que l'autre population, il ne faut pas s'en prendre à elle, mais au mauvais Gouvernement qu'on lui a infligé si longtemps. Ne participant pas aux emplois publics, vivant tantôt sous le règne du sabre tantôt sous un régime qui n'était représentatif que de nom, le Canadien qui est naturellement attaché à son clocher demeurait privé des moyens d'instruction et d'activité dont les autres profitaient. Il ne sortait guère de sa paroisse, et ne prenait intérêt à la chose publique que quand ses chefs ayant besoin de son coucours allaient faire appel à ses sentiments patriotiques. On conçoit qu'avec ces dispositions naturelles et surtout avec le simulacre de représentation qu'ils avaient, les Canadiens ne dussent pas s'oecuper beaucoup des affaires publiques.

Mais depuis la crise de 1837, le Canadien a changé uii peu ses allures ; il a pris part au gouvernement de l'Etat, il a pu exprimer ses opinions sans crainte, il a pu dire ses besoins, et dès lors il a compris que pour faire valoir ses prétensions et ses volontés il devait

avoir des organes ; de là est sortie la presse française du Canada telle que nous la voyons aujourd'hui.

Nos journaux ne sont pas, tant s'en faut, parvenus à leur plus haut point de puissance et de perfection ; mais du moins ils ont surmonté le plus formidable obstacle à leur propérité, et avec de la persévérance et une rédaction habile, prudente, intelligente, nos journaux pourront atteindre à un degré bien plus élevé d'autorité et se maintenir toujours à la tête du journalisme canadien.

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INSTITUTIONS LrrrÉRAIRES OU SGIENTIFIQUEa

Dans un pays nouveau comme le Canada, îl n'est pas étonnant que les institutions littéraires ou scientifiques ne soient pas aussi avancées que celles des vieilles contrées de l'Europe qui ont eu des siècles entiers pour consolider leurs institutions de littérature ou de sciences. D'ailleurs, en Amérique chacun gagnant son pain à la sueur de son front, il est presqu'impossible pour les hommes d'études de se faire exclusivement littérateurs ou de se livrer entièrement à l'étude approfondie des sciences. Il en résulte que nous avons en Canada un assez grand nombre d'institutions littéraires ou scientifiques, mais aussi qu'aucune n'a encore obtenu cette supério- . rite qui ne s'acquiert que par des travaux longs, et pénibles et par l'étude sérieuse et prolongée des œuvres des maîtres en littérature et dans les sciences.

Ce n'est pas à dire que le Canada ne renferme pas d'hommes réellement instruits. Au contraire, le nombre de ces hommes est assez considérable, mais l'obligation constante qui existe pour la plupart d'entre eux de pourvoir à leur subsistance et à celle de leurs familles, les empêche le plus souvent de mettre leur science à profit, et retarde ainsi le progrès de nos institutions littéraires et scientifiques. Il est néanmoins de fait qu'il y a depuis plusieurs années un progrès réel dans ces institutions, et il semble exister une détermination bien arrêtée de ne pas cesser de marcher dans cette voie progressive, avant d'avoir atteint une position plus stable et plus élevée.

L'institution littéraire la plus connue et la plus populaire est celle qui porte le nom à' Institut Canadien, L'Institut Canadien n'est pas comme celui de la France, un seul et même corps ; au contraire, il y a parmi nous presqu'autant d'Instituts 'Canadiens qu'il y a de villes un peu importantes, et chacun de ces instituts est indépendant des autres et n'a aucun rapport avec eux.

Tous ces instituts ont à peu près le même but, en sorte qu'il nous suffira de reproduire ici l'article second de la constitution de celui de Québec pour faire connaître les autres. Le voici : " Le but de l'Ins- " titut Canadien de Québec est : " 1*. d'avoir une salle de lecture qui

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