TERRES PUBLIQUES
La superficie totale du Canada étant de 155,188,425 acres et la population n'étant encore que d'environ . deux millions d'âmes, on conçoit facilement que le domaine public doive être considérable et que ce soit pour la province une importante source de richesses. Il ne faudrait cependant pas croire que les ressources si grandes, que la Province retire des terres, soient uniquement le produit de la vente du fonds et du bois de commerce qui le recouvre ; car ce n'est là qu'une partie du revenu que produit pour le pays l'immigré qui s'en vient parmi nous acheter une terre pour s'y établir. Non seulement il est par son passage une source de revenu pour le pays, mais il apporte encore souvent avec lui un petit capital qu'il emploie au défrichement de sa terre, dont il retire pour lui et par contre-coup pour le pays des produits qu'il vend au poids de l'or. Voilà bien pourquoi le Canada encourage de toutes les manières les émigrés de l'Europe à prendre la voie du St. Laurent ; l'expérience l'a convaincu que, tout en servant ainsi les intérêts de l'émigré, il sert aussi les siens.
En outre des facilités extraordinaires qu'oflfre à l'immigré la route du St. Laurent, au moyen de laquelle il atteint plus tôt et avec moins de frais le lieu de sa destination (*), l'immigré peut obtenir à son choix, dans le Haut ou dans le Bas-Canada, des terres riches et boisées à un taux incomparablement moins considérable qu'aux Etats- Unis, sans compter que, pendant qu'il paie 15 schellings de taxes aux Etats-Unis, il ne paie que 6 schellings et 3 deniers en Canada.
Les terres publiques en effet peuvent être obtenues aux prix et conditions qui suivent :
1**. Les terres situées à l'ouest des Comtés de Durham et Victoria dans le Haut-Canada, moyennant 7 schellings et demie par acre, payables avec intérêt en dix versements annuels, dont un lors de la vente;
2** Les terres à l'est du Comté d'Ontario dans le Haut-Canada, moyennant 4 schellings par acre, payables avec intérêt en cinq versements annuels dont un lors de la vente ;
(*) C'est ce qae nous démontrons au chapitre intitulé *< Voie du St. Laurent'*
44 TERRES PUBLiaUBS.
3°. Les terres situées dans Tancien Comté d'Ottawa, et celles situées au sud du St. Laurent dans les Districts de Trois-Eivières, St. François et Montréal, dans le Bas-Canada, moyennant trois schellings par acre, aussi payables avec intérêt en cinq versements annuels, dont un lors de la vente ;
4"* Les terres situées à l'est de l'ancien Comté d'Ottawa jusqu'à l'ancien Comté de Saguenay sur la Rive Nord du St. Laurent et toutes celles situées au sud du St. Laurent, mais à l'est de la Bivière Chaudière et du Chemin de Kennébec, moyennant un schelling et demie par acre, aussi payable avec intérêt en cinq versements annuels, dont un lors de la vente ;
5** Les terres situées à l'ouest de la Bîvîère Chaudière et du chemin de Kennébec dans le District de Québec, moyennant 2 schellîngsr par acre, payables aussi avec intérêt en cinq versements annuels, dont un lors de la vente ;
6**. Les terres situées dans le District de Gaspé et l'ancien comté dé Saguenay, formant aujourd'hui ceux de Saguenay et Ohîcôutîmî, moyennant un schelling par acre, payable avec intérêt en cinq versements annuels, dont un lors de la vente.
Celui qui achète doit, par lui-même ou par quelqu'un qui le reprééente, prendre possession immédiate de la terre et continuer d'y habiter ; il doit en outre faire, chaque année, par chaque cent acres, cinq acres de terre neuve, et se bâtir une maison qui n'ait pas moins de dix-huit pieds sur vingt-six. Il obtient un titre sous forme de " Lettres Patentes," lorsqu'il s'est conformé à toutes ces conditions,- dont la violation en tout ou en partie entraîne avec elle l'annulation de la Tente.
Le 'gouvernement n'accorde pas plus de 200 acres à chaque individu, à moins de circonstances spéciales. Il se réserve aussi le droit de vendre, à un taux plus élevé, des terres dont la valeur s'est accrue par des circonstances particulières.
A ces prix et conditions, le gouvernement ne vend pas le bois qui est sur le sol ; mais celui qui achète une terre peut la défHcher et se servir du bois pouî* les fins de son établissement, sans être > tenu à payer une somme additionnelle, qui ne lui est imposée que dans le cas où il fait commerce du bois qu*il coupe.
Comme le gotivemement possède et offre en vente des terres dans les différentes parties du pays, les immigrés peuvent facilement s'établir au milieu des populations qui parlent leur langue ou qui pratiquent leur culte religieux. C'est ainsi qu'un Français peut trouver, dans toutes les parties du Bas-Canada, des hommes qui parlent le f^'ançais, ont les mœurs et les habitudes de la Fraticei et pratiquent la religioil
7SKR9S PUBMO^BS.
efttiioliqae. L'IrUnâaia trouve âaas lea Cités de Québec et de MoBivéal, et dans quelques Towoships du Bas-Canada et une grande pa^rtie du Ha^t-Oanada, des hommes qui sont nés en Irlande ou deseendent d'Irlandais. Il en est de mên^ de r£oos82),is et de rAlle- Kiand.
C'est aux taux et ocmditidiis que nous venons d'énumérer, et le plms aouT^t à des prix et cionditLoiis moins avantageux» que le gouvernement a vendu de grandes étimdu^s de terres dans les différentes par*ti£» de la Provinee.
Le tableau suivant, tout en indiquant les ventes faites par le gour vemem^ et les octrois gratuits qu'il a accordés de 1836 à 1854 inclusivement, pourra faire juger des progrès de la colonisation du pays ;
màXJTOàXA^A*
BAS 0A1IAS4.
TOTAÏu
Acres.
Acres.
Aerea.
Aeheté«nl&36
Octrois gratuits eu 1836 .
Acheté en 1837
Octrois gratuits en 183'7 •
Acheté en 1838
Octrois gratuits ^ 1888 .
Aebâté «111838
Octrois gratuits ea 1839 .
Acheté en 1840
Oetrois gratuits en 1S40 ,
Acheté en 1841....
Octrois gratuits en 1841 .
Acheté en 1842
â86fil
Octrois gratuits en 1842 .
Acheté en 1843
Octrois gratuits en 1843 .
Acheté en 1844
Octrois gratuits en 1844 .
Acheté en 1846
Octrois gratuits en 1846 .
Acheté en 1846
Octrois gratuits en 1846 .
Acheté en 1847
Octrois gratuits en 1847 .
Acheté et accordé gratuitement en ]
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M it tt
Acheté et octroyé gratuitemen 1836 à 1868 inclusivement
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Les terres octroyées gratuitement sont situées le long des routes nouvelles que le gouvernement ouvre de temps à autre au milieu des terres publiques. L'octroi gratuit engage de pauvres gens ou des
46 TBRRBS PUBLIQUES.
personnes qui ont peu de ressources à aller s'y établir. Elles ont alors intérêt à entretenir les chemins en bon état, et bientôt ces colons nouveaux voient arriver, des anciennes Paroisses ou anciens Townsbîps ou des pays étrangers, de nombreux émigrés qui, en voyant la facilité des communications, n'ont pas hésité à acheter des terres et à les exploiter. Ce système des octrois gratuits est, il est vrai, momentanément une perte pour la Province, mais cette perte est bien vite compensée par les revenus et les richesses que le pays retire des terres qu'il contribue ainsi à fsdre vendre et à faire ouvrir. G'est néanmoins une question de savoir si l'intérêt de la Province ne serait pas mieux consulté en offrant en vente les terres dont le front se trouve sur les grands chemins ouverts aux frais de la Province, et en n'accordant gratuitement que la seconde rangée de terres.
Pour faire face aux dépenses considérables que nécessitent le système des octrois gratuits et l'ouverture de grands chemins à travers les terres vagues, la législature accorde depuis quelques années des sommes très-fortes à même le revenu général du pays. Cette politique libérale a eu pour effet immédiat d'arrêter l'émigration déjà commencée d'une partie de la jeunesse canadienne, qui maintenant se dirige vers les terres publiques et consacre au pays cette énergie et ce travail qui lui sont si nécessaires. Elle aura encore pour effet d'augmenter l'immigration étrangère, et, lorsqu'elle sera plus connue en France, elle pourra et devra aussi attirer vers le Bas- Canada une partie notable de l'émigration française qui retrouvera sur les bords du St. Laurent une France nouvelle.
— «^^^Çà^^ft-*^-
Quoique le Canada soit situé au nord des Etats-Unis, il ne leur cède guère le pas pour les productions végétales. Il est vrai qu'en ce pays le climat est très-froid en hiver, mais par compensation les chaleurs décrété y sont très-fortes. Il n'y a, pour bien dire, dans une grande partie du pays, que trois saisons : l'automne, l'hiver et l'été. La transition de l'hiver à l'été est presque subite ; et quoique le premier soit long, le second est assez chaud pour permettre aux produits de la terre de parvenir à maturité.
Ce que nous disons là s'applique spécialement au Bas-Canada, qui, année commune, a^de quatre mois et demie à cinq mois d'hiver, du 1er Décembre au 1er Mai. Néanmoins la navigation continue souvent jusqu'au 10 et quelquefois jusqu'après le 15 de Décembre, et reprend très-souvent entre le 15 et le 25 d'Avril.
Le Haut-Canada est plus favorisé sous ce rapport que sa sœur-provînce. Son climat est moins sévère, son hiver moins long, sa navigation plus loBgtemps ouverte. Il ressemble davantage à cet égard à plusieurs des Etats septentrionaux ou occidentaux de la Bépublique voisine. Néanmoins beaucoup de personnes préfèrent le climat bascanadien qu'elles regardent comme plus salubre, et aussi l'hiver du Bas-Canada parce que la neige séjournant sur la terre protège celle-ci contre les fortes gelées de l'hiver.
Au reste, chaque section du pays vante son climat et peut dans tous les cas supporter la comparaison avec les contrées étrangères. Le Canada produit en effet les fruits des pays du midi, et les céréales, légumes, etc., que produisent les Etats-Unis.
StxfttSàz bn Canabs.
La supei^cie totale du Canada est de 242,482 milles carrés, dont 209,990 milles forment le Bas-Canada, et 32,492 milles constituent le Haut-Canada. Une grande partie du sol du Bas-Canada est montagneuse ou située dans des latitudes trop septentrionales pour pouvoir servir, au moin3 avant longtemps, aux fins' de l'agriculture. Néan-
48 ' PRODUCTIONS y£g£talbs et animales.
moins, tel qu'il est, le Bas-Canada est six fois et demie aussi étendu que le Haut-Canada, leur superficie en acres carrés étant comme suit:
Haut-Canada 20,794,825 acres carrés,
Ba8:Canada 134,393,600 acres carrés,
Total 155,188,425 acres carrés.
Le Canada eat donc plus de 4 fois aussi étendu que l'Angleterre» plus de 8 fois aussi étendu que TËcosse et l'Irlande prises séparément, et plus de deux fois aussi étendu que tout le Boyaume-Uni.
Le Canada est loin d'être peuplé et cultivé selon son étendue, mais les progrès ocmstants que l'agriculture fait parmi nous depuis plu-^ sieurs aimées, joints à l'augmentation prodigieuse de la population pax des causes naturelles et par immigration, fcmt entreyoir l'époque, qui n'est pas éloignée, où le Canada devra veiller à la conservaiâoii de forêts publiques, comme Vomi fait de tous temps les différents gou^ vemements qui se sont succédés en France.
L'état suivant des terres cultivées et non cultivées, possédées par des particuliers en 1851 (date du dénier recensement), donnent une idée de l'état de l'agriculture en Canada :
HA17T-C14VAAA.
9AS-<UHA]>A.
lOKAK.
ÏTombre total d'acres eeoi^» ....
Kombre d'acrescultivés ....
860507ft
Nombre d'aeres non eolti-vés, mais
occupés
Nombre d'acres cultivés par chaque
diaoeu
habitant, .
plus de 8
en moyenne, 4 £86879048
Valeur cotisée des terres oocnpéefl.
je8W70890
Nombre des occupants de terres . ,
Nombre d'acres possédés par chaque
occupant .... ....
eamoreDae, 98
Valeur des terres occupées, par acre
Valeur moyenne des terres de cha-
que oc^upaot
Ce tableau fait voir : 1°. que la valeur des terres occupées est d'environ un septième plus grande dans le Haut que dans le Bas-Canada, la différence étant néamniÛBS moindre â l'on prend la vdeur de chaque acre en particulier, puisqu'elle n'est que de deux scbellings et sept deniers par acre; 2\ que la valeur cotisée des 18 miili(»8 â'a<^e8 ee* eupés est de près de 66 Baillions de louis, ce qui fait une valeur teni* tonale d'^vixw ^35 par efaAque habitant du Canada.
Voyons maintenant ce qu'ont prodidt ces 18 millions d'acres de terre :
Nombre d'acres ensemencés et produits récoltés en 1851 dans le Haut et le Bas-Canada.
HATJT-OANADA.
BAS-OAKADA.
TOTAL
Nombre d'acres de blé
Nombre de boisseaux de blé ....
Nombre d'acres de maïs ,
Nombre de boisseaux de mais ....
Nombre d'acres de seigle ^ ....
Nombre de boisseaux de seigle ....
Nombre d'acres de pois
Nombre de boisseaux de pois ....
Nombre d'acres d'avoine
Nombre de boisseaux de blé sarrazin .
Nombre d'arpents d'orge
Nombre de boisseaux d'orge ....
Nombre de tonnes de foin ....
Nombre de boisseaux de trèfle et
graines de fourrage
Nombre de livres de chanvre et de lin
Nombre de livres de houblon ....
Nombre de livres de tabac ....
Nombre de boisseaux de patates . , . .
Ce tableau nous apprend qu'en 1851 la récolte de blé a été d'un peu plus de seize millions de mlnots, et d'autres statistiques font voir que la consommation intérieure, jointe au total de la semence de blé durant fa même année, a été de 10,885,791 boisseaux ; en sorte que le surplus a été d'environ 5,300,000 boisseaux, qui représentent le profit net de la Province.
Le Secrétaire du Bureau des Statistiques, qui a pris l'Ohio comme terme de comparaison avec le Canada, parce que c'est l'Etat qui présente la comparaison la plus favorable aux Etats-Unis, remarque qu'en 1851 l'Ohio cultivait 1,231,437 acres en blé, tandis que le Canada n'en cultivait que 1,136,311, et que cependant le Canada récoltait la même année 1,668,595 boisseaux de blé de plus que l'Ohio. n ajoute que, durant les 10 dernières années, la production du blé a augmenté aux Etats-Unis d'environ 48 pour 100, tandis qu'en Canada, durant la même période, l'accroissement a été de plus de 400 pour 100. En 1850, la récolte de blé aux Etats-Unis donnait 4 minots et un tiers par chaque habitant, et en 1851 celle du Canada donnait un peu plus de 8 minots de blé pour chaque habitant, ce qui est presque le double de la récolte des Etats-Unis.
Les deux tableaux suivants feront mieux connaître encore l'augmentation de certains {froduits dans les deux sections de la Province :
80 PBODUCTiONS VéG^TÀLBS ET ANIMALES.
BAS-CANADA-
Récolte de
Minoto.
Minots.
Minots.
Boisseaux.
Mé
Pois ....
Avoine
Orge •
Sefgle
MftU
PommeB de terre
Sarrasin •
Total de ces 8 articles. • . .
HAUT-CANADA
Récolte de
Minots.
Minots.
Minots.
Blé
Pois
Avoine
{^Tge .«•• .... .••• •••.
Seigle
Maïs
Pommes de terre
Sarrasin
Total de ces 8 articles. . . .
Quoique les Etats-Unis produisent beaucoup plus de m^Js que le Canada, raccroissement a été plus rapide ici qu'aux Etats-Unis, puisque notre augmentation pendant les neuf dernières années a été de 163 par cent et la leur n'a été que de 56 par 100 pendant les dix dernières années. D'ailleurs, ce n'est que depuis peu d'années que le Haut-Canada semble porter plus spécialement son attention vers la culture du maïs, et il est probable que les dix années qui se «eront écoulées de 1850 à 1860 présenteront un résultat encore plus favorable. Car le maïs parait maintenant très recherché en Angleterre, où néanmoins le climat humide ne permet pas de le cultiver ; et comme nous sommes en Amérique le pays le plus rapproché de la Grande-Bretagne, notre intérêt est de cultiver le maïs en grand, puisque nous sommes surs de toujours trouver en Angleterre un marché sur lequel nous pourrons vendre avantageusement ce produit.
Ce que nous disons 1|l de l'accroissement qu'a pris ici la culture du maïs peut en partie s'appliquer à l'avoine, dont l'augmentation, durant la même période, a été de 41 par cent dans le Bas-Canada, de 133 dans le Haut-Canada et de 70 par cent dans tout le Canada, tandis qu'elle n'a été aux Etats-Unis que de 17 par cent.
Pour les po»B» }« Cs^a4a est Tégal de k moitié de rUnioû Xm6^
^e&ae; et la i^éoolte de^ pommer de terre ea Canada esA double 4^
celle de TOhio, '
Bemarquo&s «assi que, quoique dans TOhio ie nombre d'acres ««1^
tivés soit d'un quart plus oonsidérablè qu'en Canada, savoir:
Ohio 9,800,000 acres
Canada 7,300,000 **
néanmoins la récolte du Canada a été d'un douzième plus grande ^pe
celle de TOhio, le nombre de boisseaux récoltés ayant été comme «oil
dans les deux pays :
Canada - 16,202,272 boisseaux,
Ohio 14,487,000
Si des produits agricoles proprement dits, nous passons à ceux qoie
les habitants de la campagne manufacturent ou préparât, nous aiTOVi
les résultats suivants pour Tannée 1851 :
HAUT-CANADA
BAS- CANADA
TOUT LE CANAOliL
Nombr« d« hreee ée snere d'érable .
Valeur totale du soore d'érable .
Nombre de livres de beurre
Valeur totale du beurre
Nombre de livres de fromage .
Valeur totale du fromage
Nombre de gallons de cidre
Valeur totale du cidre
£î2bn
Nombre de verges de flanelle .
Valeur totale de la flaneUe
Nombre de verges de toile
Valeur totale de la toile
Nombre de barils de bœuf
Valeur totale du bœuf. . . * *
Nombre de barils de lard
Valeur totale du lard
Nombre de livres de laine
Par ee résultat, le Bas-»Canada se trouve avoir fait près d'une moitié plus de sucre d*érable que rOhio, qui est si loin d'en avoir fait b moitié autant que tout le Canada.
Pour le beurre, le fromage et la laine, le Canada cède le pas à i'Ohio ; et pour les autres articles les termes de comparaison manquent.
£n somme, le Canada n'a pas à rougir de l'état de son agricultttf«L Il pourrait dans son intérêt s'adonner davantage à certaines culture»; il pourrait et devrait, par exemple, comme le suggère le Secrétaire Ai Bureau des Statistiques, cultiver plus de trèfle, de plantes fourragères, de maïs et de tabac. Il pourrait en outre améliorer la race de ses vaches laitières, afin de produire plus de beurre et de fromage, ei
5^ PRODUCTIONS VÉg£T4LBS ET ANIMALES.
élever plus de moutons pour se procurer une plus grande quantité de laine. Néanmoins il peut en général soutenir sans difficulté la comparaison avec les pays étrangers, et ^ela est vrai non seulement par rapport à la quantité des produits, mais aussi sous le rapport de leur valeur.
Eappelons-nous en effet que le nombre d'acres en culture était en 1851 d'un quart moins considérable en Canada que dans TOhio qui est le terme de comparaison le plus favorable aux Etats-Unis. Or, la valeur du bétail et des produits du Canada à cette époque était comme suit :
HAUT-OANAPA.
BAS- CANADA