‹ Le Canada, ses institutions, ressources, produits, manufacturesChapitre 8 sur 28 · TOUT LB CANADA · texte numérisé non relu

TOUT LB CANADA

Bétail

0rBiDS

Autres produits

Articles manutactarés.

Bœufetlard

Total

La valeur des mêmes objets dans l'Ohio, à la même époque, était comme suit :

Bétail ôei2,793,587

Grains 11,134,393

Autres produits 4,788,479

Articles manufacturés -. 1,794,805

Bœuf et lard 1,859,811

Total «£32,371,075.

Ce total de <f 32,371,075 donne à TOhio un produit d'un quart plus considérable que celui que nous venons de trouver pour ie Canada, ce qui ne fait que compenser ce que l'Ohio a de terres en culture de plus que le Canada. Il eût peut-être été plus juste de ne pas inclure le bétail qui n'est pas un produit direct de la terre ; la différence alors eût été en faveur du Canada. Mais nous avons préféré donner à l'Ohio ses plus grandes chances de succès, et nous devons reconnaître que finalement il n'a pas l'avantage, puisque dans les deux derniers tableaux nous n'avons pas inclus la valeur du produit des forêts, qui, en l'année 1851, s'est élevé pour le Canada à plus d'un million et demie de louis. Cette addition, qu'il n'est que juste de faire, fait pencher la balance du côté du Canada, qui d'ailleurs avait h. la même époque une population moins forte de près de 150^000 âmes que celle de l'Ohio.

Le revenu considérable provenant de Texploitation des forêts, tel que nous venons de le constater, était alors dû pour la plus grande partie à TOutaouais, qui, comme le disait Lord Elgin en 1853, " bien que tributaire du St. Laurent, est une des rivières les plus consi- , dérables qui coulent, sans interruption, de leur source à leur embouchure " sur le sol Canadien.

" L'Outaouais, continue Lord Elgin, reçoit les eaux d'une vallée de 80,000 milles superficiels et de rivières dont quelques-unes sont aussi grandes que les principales rivières de la Grande-Bretagne. Ces rivières ouvrent à l'entreprise du marchand de bois des forêts presque inépuisables de pin qui couvrent ce vaste pays, et leur servent de route pour porter leur produit au marché. Les particuliers dépensent chaque année des sommes considérables à l'amélioration de ces rivières. Le Parlement, dans sa dernière session, a voté ,£50fi00 pour rendre navigable la partie supérieure de l'Outaouais "

L'Outaouais a environ 200 lieues de longueur et quelques-uns de ses tributaires ont eux-mêmes une longueur de 100 lieues. L'honorable M. Cauchon, député de Montmorency, évaluait l'an dernier à 661,000,000 la valeur du bois carré coupé sur l'Outaouais et ses tributaires pour le marché de Québec, et il .ajoutait que " le prix, du transport du bois, du lieu où il est coupé jusqu'à Québec, est' trois sous, et un sou et demie de Bytown à Québec."

Depuis Tannée 1852, la grande vallée du St. Maurice et de ses tributaires est ouverte au commerce de bois, et est une source de revenu qui promet de rivaliser avec l'Outaouais.^ Le St. Maurice est une grande rivière qui possède de nombreux tributaires, dont vingt-quatre sont assez considérables pour pouvoir servir à diriger le bois ver» l'embouchure du St. Maurice. Tous ces tributaires traversent un pays couvert de pin, et la plupart conservent leurs eaux à une hauteur considérable jusqu'à une période avancée de la saison, ce qui est d'un grand avantage pour les exploiteurs de bois. " Le bûcheron de l'Outaouais, dit l'honorable M. Cauchon, en remontant l'un des tributaires de cette Eivière (le Gatineau), vient couper le bois dans le lieu même arrosé par les tributaires du St Maurice. C'est dire que le bois du St. Maurice est de plus de 150 lieues plus près du marché que celui de l'Outaouais, et que le commerce de la première rivière aura bientôt atteint les proportions du commerce de la dernière:" L'honorable M. Cauchon ajoute que le St. Maurice soutire les eaux d'un pays d'au moins 80,000 milles en superficie. C'est âatant que l'Outaouais.

PKOPUCTIONS ViGiTALBS ET AlilBfALBS.

Plus bas, en deseendant le St. Latureat, se trouve le Saguenay, antra grande rivière tributaire du Bt. Laurent et possédant elle-même de nombreux tributaires. C'est encore là une grande route pour le produit des forêts, et il en sort annuellement une quantité considérable de bois, qui du reste abonde sur toute la surface non-cultivée du ^ territoire canadien et est exploité par des compagnies et des p«r* ticuliers. '^

Ne eonnaîssant pas la quantité exacte de bois qui a pu être coupée aor les rivières que nous venons d'énumérer, et comme d*ailleuzs l'exploitation s'en fait aussi sur plusieurs autres rivières, nous avons ora que pour donner une idée de cette indust^e, nous ferions bien d'insérer iei le tableau suivant de la quantité de certains articles de boia ^ni formaient l'approvisionnement du Port de Québec dans les années qui se sont écoulées de 1844 à 1854 :

Années.

Ëpinette rouge.

Merisier.

Frêne.

Orme.

Chêne.

Pin rouge.

Pin blanc.

Pieds.

Pieds.

Pieds.

Pieds.

Piedt.

Oe tableau fait voir que la quantité de pieds cubes de ces articlea de bois pendant cette période a été comme suit, au port de Québec :

Années. Nombre de pieds cuben

On voit par ces chiffres Tefifet de la crise commerciale de 1847, qwi a si profondément affecté le Canada. Aujourd'hui la Province passe

PRODUCTIONS VÉOéTALB^ ET ANIMALES, 55^

«sicore par une crise semblable, mais selon toute apparence Teffet en sera moins général^ tû la posiMoa actuelle du pays Tis-à-vis des Etats« Unis et les Provinces du Golfe. La réciprocité commax^iale pour un ixès grand nombre d'articles et spécialement pour le bois, entre nous et la République voisine, nous donnera en effet l'avantage du marché des Etats-Unis en outre de celui de la Grande-Bretagne. La chose est si bien comprise, que des citoyens entreprenants de TTInion Américaine exploitent actuellement le bois dans nos forêts, afin de l'exporter aux Etats-Unis. Ils jouissent pour cela des mêmes privilèges que ceux que possèdent les habitants du Canada.

Quiconque en effet veut se livrer à l'exploitation du bois peut obtenir aux encans publics, que le gouvernement annonce de temps à autre, une ou plusieurs étendues de terrain appelées " limites" qui ont 50 milles en superficie dans les townsfaîps non-arpentés, et 25 milles dans ceux qui sont arpentés. Ces " limites" sont louées pour un certain nombre d'années, moyennant une certaine redevance qui augmente annuellement. L'exploiteur paie en outre sur le boia qu'il coupe certains droits dont les principaux sont comme suit :

Chêne et Noyer (par pied cube) Ijd.

Pin Rouge, merisier, frêne, orme, par pied cube Id.

Pin Blanc, cèdre, épinette, par pied cube ^d.

Pin Rouge (bois carré), par morceau de 12 pieds de long. 7d.

Phi Blanc " " " « " ôi.

Epmette *' « " " ** 2jd.

Bois de corde (dur) et lattes par corde 8d.

Bois de corde (mou) par corde 4d.

Chaque morceau de pin blanc est considéré contenir 70 pieds cubes» chaque morceau de pin rouge 38 pieds cubes, et chaque morceau d'autres bois 34 pieds cubes.

En parlant des produits végétaux, nous avons dû nécessairement empiéter un peu sur le terrain des productions animales ; oe ne doit cependant pas être une raison de ne point leur consacrer un chapitre spécial et même de ne point répéter quelques-uns des chiflfres qui se rapportent à elles, d'autant plus que nos remarques sur ce sujet se* ront inévitablement limitées. D'ailleurs cette répétition aura pour effet de produire des rapprochements qui pour -ont être honorables pour l0 Canada, et qui, dans tous les cas, ne pourront manquer de nous être profitables, en nous montrant de quel côté nous devons porter davan^ tage nos soinâ et notre énergie.

Nous avons vn qne le nombre de livres de bernre, de fromage, et de laine, et le nombre de barils de bœuf et de lard avaient été commo suit en 1851 :

Nombre de livres de beurr»

Nombre de livres de fromage Nombre de barils de bœuf Nombre de barils de lard Nombre de livres de laine

HAVr-OàMADA.

BAB'OAVABA.

Dans la même année et dans les années 1827, 1831 et 1844, le Bas- Canada possédait le nombre suivant d'animaux :

Gros bétail

Chevaux

Moutons

Porcs

Nombre.

Nombre.

Nombre.

Nombre.

Total de ces 4 articles.

En la même année 1851 et dans les années 1842 et 1848, le Haut- Canada possédait les mêmes animaux dans les proportions suivantes r

Gros bétail ....

Chevaux

Moutons •»». .»... •• • ....

irorcs ...s ...a •••• •••• ....

Noipbre.

Nombre.

Nombre.

TotaIdeee8 4artieles

Et le Canada tout entier possédait en 1851 le nombre suivant des mêmes animaux :

HAUT-OANADA.

BAS-CAKASA.

TOTAL

Nombre de vaches

Nombre de bœufs de trait ....

lllSld

Nombre de têtes de ctos bétail ....

Nombre de chevaux de tout âge . . .

Nombre de moutons

Nombre de porcs ».

De ces tableaux, nous pouvons conclure que, si en général le Canada a fait des progrès constants en ce qui a rapport auz produits animaux»

sa production de beurre et de fromage n'est pas suflBsante, et la faute en est au Bas-Canada, puisque chacune de ses vaches n'a produit que 32 livres de beurre et une livre et demie de fromage, tandis que chacune de celles du Haut-Canada a produit 54 livres de beurre et 7 livres et demie de fromage. Le Canada, quoique possédant 46,939 vaches à lait de plus que TOhio, produit en effet 3 fois moins de beurre et presque huit fois moins de fromage que celui-ci. Il est vrai que le climat de l'Ohio est plus favorable à Télève des bestiaux que celui du Canada, surtout du Bas-Canada ; néanmoins il faut admettre qu'il y a ici, à ce sujet, en outre de longs hivers, soit indifférence chez le cultivateur, soit infériorité dans la race des vaches laitières. Nous inclinons du côté de cette dernière raison.

Après des remarques aussi sévères à l'endroit de notre pays, nous avons bien le droit de dire que l'Ohio est un des Etats les plus remarquables sous ce rapport, et que pour le beurre le Haut-Canada l'emporte de 9 par cent sur la moyenne de tous les Etats-Unis.

Ce que nous disons du climat, par rapport aux vaches laitières, s'applique également au jeune bétail, qui est de beaucoup plus nom« breux dans l'Ohio qu'il ne l'est en Canada, quoique nous ayons plus de 4 fois autant de bœufs que n'en a l'Ohio.

Il en est de même des moutons, dont l'élève est si difficile dans un climat rigoureux comme l'est celui du Canada. Aussi n'est-il pas étonnant que l'Ohio l'emporte à ce sujet de plus du double sur le Canada. Il est néanmoins digne de remarque que, si cette Province est inférieure à l'Ohio sous le rapport du nombre de moutons, elle lui est supérieure en ce qui regarde l'accroissement et la qualité des moutons, comme le fait voir le tableau suivant :

Augmentation des moutons aux Etats-Unis en 10 ans. . 10 par 100

" dans le poids de la toison " . . 32 "

" des moutons en Canada en 9 ans 35 "

" dans le poids de la toison " 64 "

Pesanteur moyenne de la toison aux Etats-Unis 2tV livres

" " " en Canada 2§ "

Ce tableau donne une supériorité marquée au Canada.

Ajoutons que le Canada possède proportionnellement autant de moutons que les Etats-Unis, la proportion étant d'environ 9 moutons pour 10 habitants, et que le Canada a aussi l'avantage sur tous les Etats-Unis si l'on prend la proportion des moutons par rapport aux terres occupées, la proportion étant en Canada de 9 moutons pour chaque cent acres occupés et aux Etats-Unis de 8 moutons pour chaque cent acres.

Gomme ombre au tableau se présentent les poarcs^ dont le nombre est en Canada de plus de moitié moms considérable que dans l'Ohio. Le Haut-Canada, sous ce rapp<^, a mieux fait son devoir que la partie inférieure de la Province ; mais tous deux doivent faire des efforts pour se içettre à cet égard au niveau de TOhio.

Enfin» pour les cbevaux, nous nous trouvons sur le même pied que les Etats-Unis ; nous avons environ un cheval pour chaque cinq habitants, ce qui est à peu près le terme moyen aux Etats-Unis. Le Canada devrait néanmoins se livrer davantage à l'élève des chevaux, et surtout des chevaux de pure race. Les ohevaux canadiens sont en effet très recherchés ; ils sont petits et trapus, mais particulièrement adaptés aux besoins des habitants de cette Province et des Etats voisins, parce qu'ils ont le pas sûr et sont presque infatigables.

Ajoutons pour mémoire qu'en 1851 le Canada a produit 58,614 barils de poisson, dont 48,363 dans le Bas-Canada et 10,251 dans la section supérieure de la Province. Il est inutile de dire que c'est là qne production insignifiante pour les Pêcheries si riehes du Canada.^ — Nous traitons ce sujet plus au long au chapitre des Pêcherie*.

— ^5*^v^t^%4^ïV^^^:

PRODUCTIONS MffiÉRALE&

L'btude géologique du Canada n'a été commencée qu'en 1842, maïs elle se poursuit avec activité et sans interruption. Cette étude a mis au jour bien des richesses que Ton ignorait ou que Ton ne faisait que pressentir. L'Exposition Universelle, tenue à Londres en 1851, a fait connaître à l'étranger quelques-unes de nos ressources minérales, et ce premier essai a de suite donné au Canada une réputation que le développement des productions de ses mines devra lui conserver, si toutefois il ne l'augmente pas. Ce succès est dû en partie à la manière intelligente dont le Géologue Provincial, M. Logan, a classé et distribué les produits minéraux du pays, comme le remarque avec droit M. Dufresnoy, membre de l'Institut National de France, dans son rapport sur la partie minérale de la grande Exposition.

Cette classification ayant si bien réussi à Londres, nous croyons devoir la conserver ici. Nous essaierons seulement de rendre notre nomenclature aussi complète que possible, et attirerons plus particulièrement l'attention du lecteur sur les produits qui paraîtront mériter une mention toute spéciale.

Pdmtf tt htxt PintrabL

Minerai de fer Magnétique. — Se trouve dans Marmora, Madoc, Bedford, Crosby sud, Hull, au Portage du Fort, à Newboro, dans Grenville, Sherbrooke sud, Bolton, Leeds, Sutton, Brome, sur la Rivière Chaudière et à New Carlisle.

Minerai de fer oligiste. — Se trouve sur le lac Huron, dans Bedford, Bastard,* St. Armand est et ouest, Sherbrooke, Bolton, Sutton, Brome, Leeds et la seigneurie de Rigaud-Vaudreuil ; aussi dans McNab et Landsdown. ,

Minerai de fer limoneux. — Se trouve dans la seigneurie de Vaudreuil, à la Eivière du Chêne, dans la seigneurie de Portneuf, dans celle de St. Vallier, à Stanbridge, dans Campden, Eardley, Simpson, Ireland, la seigneurie de Lauzon, aux Forges de St. Maurîcç ; aussi, dans le grand marais près de l'Ile du Calumet, à la chute de la rivière

Noire, dans les townsliips de Charlotteville, Middleton et Windham, derrière London et Ghatham, et dans Bastard.

Note. — " Tous ces minerais, dit M. Logan, ont été examinés avec beaucoup de soin et d'attention par les agents de la Eussie ; ils ont paru frappés d'étonnement, en voyant qu'il se trouvait d'aussi prodigieuses sources autre part que dans leur pays." La rareté du charbon en Canada a néanmoins rassuré un peu les Busses et aussi les mineurs anglais, qui, " accoutumés à suivre dans les entrailles de la terre des lits de minerai de six pouces à un pied contenant de trente à quarante pour cent de cet important métal, ont regardé avec surprise de vastes blocs de fer tirés de lits de 100 à 200 pieds d'épaisseur et donnant de 60 à 70 par cent." Pour nous, qu'il nous suffise de constater ces richesses, et de nous rappeler que si nous n'avons pas encore découvert de nombreuses mines de charbon, il est cependant de fait qu'il se trouve, dans le cap même sur lequel Québec est bâti, une substance qui, si elle n'est pas du charbon, semblerait pouvoir en tenir lieu, sans compter que les ressources de nos forêts et tourbières sont incalculables.

Fer titane. — Se trouve à St. Armand, dans Sutton, Brome et •Vaudreuil-Beauce.

Ilménite. — Existe à St. Urbain et à la Baie St. Paul.

Minerai de Zinc. — Se trouve à la Pointe des Mines sur lé lac Supérieur.

Minerai de Plomb (Galène). — Se trouve au Cap du Tonnerre, à la Pointe des Mmes, dans Bedford, Fitzroy, l'Anse des Sauvages, Gaspé ; aussi, dans Landsdown, sur la rivière Gatineau, sur la rivière Noire, et dans la seigneurie de la Petite Nation.

Minerai de cuivre (Pyrite). — Se trouve à la Pointe des Mines et ailleurs sur le lac Supérieur, sur la rivière aux Racines, sur le lac Echo, sur le lac Huron, dans Bastard ; aussi, dans Fitzroy, McNab, Invemess, Ascot, Upton, Burgess et Sherbrooke.

Minerai de cuivre (Pyriteux panaché). — Se trouve à la Pointe au Porphyre (lac Supérieur), aux Mines de Bruce (lac Huron), et à Invemess.

Minerai de cuivre (Vitreux) — Se trouve à la Location de Prince et à celle d'Harrison (lac Supérieur), aux Mines de Bruce (lac Huron), au lac Echo.

Minerai de cuivra (Natif). — Se trouve à la jLf>ca^îVw d'Harrison, à celle d'Ewart, et-dans l'Ile Michipicoton.

Minerai de cuivre (Pyrite argentifère). — Se trouve dans Upton et dans Ascott.

Minerai de cuivre (Jaune), — S'obtient aux Mines de Bruce sur le lac Huron.

PRODUCTIONS MINÉBALEÔ. 61

Cuivre (Natif). — Se trouve dans Tlle St, Ignace, (lac Supérieur).

Note. — Les nombreuses localités, où le cuivre existe en Canada, et la qualité supérieure de celui que l'on extrait des mines des lacs Huron et Supérieur, méritent une mention particulière. M. Murray l'Assistant Géologue Provincial, parlant du cuivre du lac Huron, s'exprime comme suit : " Que le rivage septentrional du lac Huron soit destiné à devenir tôt ou tard une région minérale importante, c'est ce qui parait très probable. La localité la plus importante que j'ai eu occasion d'examiner est située sur la terre ferme, entre les Iles Française et Peladeau. Il y existe des gîtes de cuivre qiii ont acquis à l'endroit le nom de Mines de Bruce. Le minerai est en plus grande partie un sulfure jaune, mais le cuivre bigarré et le cuivre vitreux s'y rencontrent aussi. La Location paraît être bien située sous tous les rapports ; les indications minérales sont extrêmement encourageantes : le port est excellent pour les bateaux et les petits vaisseaux, et les moyens de transporter le produit de ses mines sont faciles et commodes." M. Logan ajoute: "Les filons varient en largeur de quelques pouces à trente pieds quelquefois. On n'a trouvé, dans aucune partie de la contrée explorée depuis les environs du Sàult Ste. Marie jusqu'à Obëbaouénahing, aucune aire étendue absolument dépourvue de filons cuprifères, et il serait bien singulier qu'une région qui s'étend sur un espace d'i;n à deux mille milles carrés, et où les indices sont si prononcés, ne donnât pas, dans le

cours du temps, des résultats de grande valeur .Autant que

j'ai pu l'observer, il m'a paru être constaté que le cuivre abondait le plus dans la diorite, le moins dans le grès ou quartzîte, et plus copieusement dans l'ardoise que dans les conglomérats syénitiques." Nous pouvons dire de plus que les rivages du lac Huron sont couverts de bon bois, et lorsque sur le lac Supérieur le bois manque, le charbon étant admis franc de droit peut être obtenu à peu près aux mêmes conditions et aux mêmes taux que ceux auxquels les citoyens de la Bépublique voisine l'obtiennent pour l'exploitation de leurs propres mines. D'ailleurs, qui sait si la substance trouvée dans le roc de Québec n'est pas du charbon, et ce qu'une pareille découverte produirait en Canada? Ajoutons que, dans les deux années 1851 et 1852, le Canada a exporté du cuivre et du minerai de cuivre pour un montant d'environ 0^21,000, en 1853 pour c£23,500, et en 1854 pour 6625,800. L'exploitation de nos mines n'est pourtant qu'à son début. On peut du reste juger par ce qui suit de ce que sont les mines du lac Supérieur : un journal des Etats-Unis donne les noms de trente quatre compagnies qui sont organisées pour l'exploitation des mines de cuivre du lac Supérieur, et dit que les mines de ces compagnies

62 PRODUCTIONS MINâ&AJUBS.

sont évaluées à $7,033,000 et que les actiomiaires ont d^à payé pour les exploiter la somme de $2,240,000.

Minerai de Nickel (Sulfure). — Se tarouve aux Mines de Wallae» sur le lao Huron.

Argent (Natif.). — ^Existe à la Location de Prince et à celle d'Harrison sur le lao Supérieur.

Note. — ^M. T. S. Hunt, le Chimiste de Texploration géologique de la Province, rapporte avoir fait une expérience sur du minerai de la Mine de Prince, et avoir obtenu 3^ pour cent d'argent, équivalant à 72 livres d'argent par t(Hineau de minerai ; 7000 parties de cet argent contiennent une partie d'or.

Or (Natif). — Se trouve à la Touffe des Pins, au lac Etchemin ; sur les rivières Chaudière, du Loup et Famine ; sur les ruisseaux Pozer, Guillaume, des Plantes, Metgermet, St. François, etc.

Note. — ^M. Logan, dans son Eapport Annuel pour 1849, dit " qu'il parait que l'existence de l'or, dans l'Amérique septentrionale, se montrant en plus ou moins grande quantité dans des filons ou des dépots d'alluvion, a été reconnue et suivie, à des intervalles dont quelquesuns sont considérables, depuis la Géorgie, les Caroline^, la Virginie et autres Etats du sud, et même du Mexique, jusqu'à la Eivière Chaudière dans le Bas-Canada." Il ajoute qu'il est assez probable que l'or " suit le cours d'une seule et même formation par toute la distance, et qu'on le trouvera finalement dans Gaspé" qui est à l'extrémité orientale de la Province. " Le long de toute la ligne, il paraît être associé avec les roches ou se trouver dans le voisinage de roches fortement caractérisées par la magnésie." M. Logan dit aussi dans le même rapport que " la seule localité, où un filon avec traces d'or qui ait encft*e été déterminé dans les townships de l'Est, se trouve dans les environs de Sherbrooke, dans Ascot. La quantité de métal paraît pourtant n'être que très peu de chose." La présence de l'or en cet endroit a fait connaître le dépôt de ce métal situé dans la Beauce. " I^a localité est sur une petite Rivière appelée la Touffe des Pins."

" Il a été constaté, continue M. Logan dans son Eapport de 1850-1, que la région aurifère s'étendait sur une aire comprenant probablement entre 3,000 et 4,000 miUes carrés. Elle paraît occuper presque toute la partie de la Province située du côté du sud-est du prolongement des Montagnes Vertes en Canada et s'étendre jusqu'à la ligne frontière entre la Colonie et les Etats-Unis. Le point le plus bas dans la vallée de la Chaudière où le terrain de comblement a fourni des traces d'or se trouvait sur un petit ruisseau, qui tombe dans la rivière, sur sa rive gauche, non loin de la borne sud-est de la Seigneurie de

PROÏ>t?CTIONS MTNÊRALBS. 03

Sakte-Marîe.^ M. Loga& ajoute que très probablement la région au. rîfère atteint la vallée de la Eivière Saint- Jean. Et dans son rapport pour 1851-2, il donne de nouveaux renseignements» qui devront intéresser même après les merveilles que Ton sait de la Californie et de TAustralie, puisqu'ils sont bien propres à donner des espérances à ceux qui s'occupent de Texploitation des mines, ou qui croient que des mines d'or ecmt une bonne fortune pour un pays. M. Logan dit donc, en parlant d'un essai d'exploitation fait sur la Eivièr« du Loup (Beauce) à environ dix arpents de sa jonction avec la Eivière Chaudière :

*' La quantité totale d'or obtenue dans la saison a été d'environ 1900 gros, et quinze hommes ont été employés à l'ouvrage, mais il n'est pas facile de dire combien il a été employé de temps au lavage. Tout le temps du travail a été do cinq mois, mais îL en faut déduire une partie considérable pour les accidents. La quantité d'or s'est montée à 143H gros, dont la valeur, comme m« l'ont appris srubséquemment des nég!Ociants de Londres à qui il en avait été montré un échantillon, était de oC3 10s. 6d. sterling l'once, ou d'environ quatre schelliitgs et quatre deniers courant le gros. Cela donnerait une valeur totale de <£31 3 schellings ; les gages payés se montaient à <£15, laissant oomme profit la somme de «£16 3s: ; d'où il paraîtrait que le dépôt donnait environ le double des gages."

M. Logan ajoute que, par une expérience, on a constaté qu'un tonneau de sable de la loct^lité donnait 1601% gros d'or, dont la valeur serait d'environ «£36, mais " qu'il paraît évident que ce qu'il y a de connu du dépôt suffît pour autoriser à croire qu'en général il ne rémunérera pas un travail fait sam habileté, et que les agriculteurs et autres, adonnés aux occupations ordinaires du pays, ne feraient que perdre leur temps en devenant des chercheurs d'or ! "

Complétons ces renseignements en constatant qu'à la Touffe des Pins on trouve un plus grand nombre de gros morceaux d'or que sur la Eivière du Loup; le plus grand venant de la Touffe des Pins, dit encore M. Logan, " pesait près de quatre onces, tandis que le plus grand venant de la Eivière du Loup pesait moins de deux onces." Des échantillons, provenant de l'exploitation faite à la Touffe des Pins, ont été portés à Londres lors de la grande Exposition Universelle de 1851, et, selon M. Logan, *' ils n'étaient égalés par aucun de ceux qui se trouvaient dans le bâtiment, à l'exception d'une masse pesant 18 livres, venue de la Californie ; et avec d'autres pépites

de moindre grandeur ils furent examinés avec intérêt," et il en

fat fait mention honorable dans le rapport du jury.

Ijlkemiti^'mgeant m ixwittmd cl^imqite pli» tomp&qtu ftm ttxtimm tasyt.

OcHRE d'Urane (jaune). — Se trouve dans Madoc.

Fer chromique. — Se trouve dans Bolton, Ham et Potton.

Note. — ^M. Adams, le Géologue de l'État de New- York, ayant découvert du minerai de chrome, en quantité suffisante pour pouvoir être exploité, dans la serpentine de Jay et dans celle des environs de Troy qui sont des prolongements des bancs de serpentine du town- ^Mp de Potton, il est probable qu'une exploitation semblable pourrait être faîte avec profit dans ce dernier townshîp, ce métal étant, comme Ton sait, " d'un grand usage comme matière colorante pour la teinture des indiennes et des toiles peintes, pour la peinture de la poterie, de la faïence et de la porcelaine, pour la peinture en émail et à l'huile, pour la teinture du Terre, et même comme conservateur du bois." Dans Bolton, d'après M. T. S. Hunt, ce précieux métal se trouve aussi dans la serpentine, le filon y étant d'un pied de diamètre.

Rhodoise (Cobalt arseniaté). — Se trouve à la Mine de Prince sur le lac Supérieur, et aux Mines de Bruce sur le lac Huron.

Manganèse Limoneux. — Se trouve dans les Townships de Bolton» Stanstead et Tring, dans les Seigneuries d'Aubert-Gallion, Sainte- Marie et Sainte- Anne.

Pyrite de Fer Magnétique. — Se trouve à Lanoraîe et dans la Seigneurie d'Autre, et en quantité considérable près du Portage du Fort dans Clarendon.

MoLYBDÉNiTE. — ^Existo à TAnso de la Terrace sur le lac Supérieur.

Dolomie. — Se trouve dans Dalbousîe, Litchfield, Dunham, Leeds et Stukely.

GioBERTiTE. — Se trouve en quantité considérable dans Bolton.

Cobalt. — Existe aux Mines de Wallace sur le lac Huron, et à celle de Prince sur le lac Supérieur.

Magnésite. — Se trouve dans Bolton et Sutton.

OcHRE de fer. — Se trouve à Samte-Anne (Montmorency), à Sainte-Rose, à la Pointe du Lac (district des Trois-Rivières), sur la Petite Rivière Romaine (Saguenay), aux Iles de la Madeleine, à Gaspé ; aussi, dans Beauhamais, Stanstead et Durham, à Hemmingford et à Vaudreuil.

Note. — ^M. Logan dit avoir appris, des principaux fabricants de peinture de Londres, que les ochres de fer du Canada sont de la meilleure qualité et égales à celles de France, et que " l'abondance de cette matière dans ce pays devrait ôter lieu à la nécessité d'y en importer, non plus que dans les colonies voisines." Un citoyen des Etats-Unis a acheté, depuis plusieurs années, un lot de terre (à la

PROOTCTIONS AUNiRALlÊS. W

Pointe du Lac) dont îl a exploité l'ochre qui s'y tronTe ,M1 en a fa^ une exportation de plusieurs oentaines de baiîls aux Etats-Unis.

Baryte. — Se trouve à l'Ile Baryta (lac Supérieur), dans Bedford, MacNab, et la Seigneurie de Vaudreuil-Beauce ; aussi, aux Mines de Bruce, dans Bastard, Bathurst et sur le Bras (Beauce).

Talc Ollairb, Schiste Talqueux. — Se trouve dans Stanstead, Leeds, Potton et Brome.

Phosphate &e fer. — ^Existe à Vaudreuil,

Pierre Lithographique. — Se trouve aux Mines de Marmora» et en dîflFérents endroits à Test du lac Simcoe.

NoTE.-^Les pierres lithographiques de Marmora ont attiré tout spécialement l'attention du Jury de l'Exposition de Londres, qui en s fait mention dans son rapport " Jusqu'ici, dit M. Logan, on ne trouvait ces pierres que dans les roches de la série oolitique, mais en Canada on les trouve près de la base du terrain silurien inférieur, cette découverte élargissant le champ dans lequel ceux qui pratiquent la lithographie peuvent chercher cette pierre."

Agates. — Se trouvent aux Iles Michipicoton et Simpson, et sur le Rivage septentrional du lac Supérieur ; elles sont très belles.

Jaspe. — Se trouve sur les bords du lac Supérieur et dans Sherbrooke ; en ce dernier endroit, il est en lits épais, dont un de six

Quartz-agate grossier (Chert) rubanê. — Se trouve à la Baie du Tonnerre, sur le lac Supérieur.

Pbristérite, Perthite, Labradorite. — Se trouve dans Bathurst, Burgess ; aussi dans Drummond, où le labradorite abonde.

CoRUNDUM. — Se trouve dans Burgess.

Note, — ^M. T. S. Hunt, Chimiste Provincial, déclare avoir trouvé cette pierre si précieuse et si "rare dans du mica. Elle était " par très petits grains cristallins dont la couleur variait du rosâtre au bleu foncé du saphir." La dureté en est telle qu'elle raye facilement la face d'un cristal de topaze ! M. Hunt croit que des examens prolongés feront trouver des échantillons plus considérables. Ce Corundum se trouve dans le même calcaire que celui. dans lequel on l'a trouvé dans l'Etat' de New-York. M. Hunt ajoute que " l'existence du Corundum est encore intéressante sous un autre rapport ; c'est la substance qui, sous une forme massive grossière, constitue l'émeri des Indes orien-

taies, si prisé comme matière propre à tailler et polir les pierres précieuses, et à aiguiser les rasoirs et autres articles de coutellerie."

Pa&WH projfws a la fabricalkm b» bzxït.

Grès q;uartzeux, ou quartzite blanc. — Se trouve dans le chenal aux vaisseaux sur le lac Huron, dans Ham, Nepean, Vaudreuil, rile Perrot, à la Rivière du Chêne et dans Stukely ; aussi, dans Williamstown (comté de Beauhamois) et sur l'Ile de la Redoute (visà-vis Brockville.)

Note. — Le quartzite blanc, avec lequel se fabrique le verre à Vaudreuil, a été mentionné par le Jury de l'Exposition de Londres, et une grande maison manufacturière d'Angleterre a pris des renseigne- • ments auprès de M. Logan pour savoir à quel prix ce grès pourrait être expédié pour le Royaume-Uni. " Une matière propre à faire de bon verre, dit ce monsieur, peut ainsi devenir un important article d'exportation." L'exemple des Etats-Unis est là pour nous encourager, puisque c'est depuis l'exposition de 1851 que ces Etats exportent de ce grès en Angleterre.

Ektinite. — Se trouve dans l'Ile de Michipicoton (lac Supérieur.)

Pfa&rts xtimxtauoL

Talc ollaire. — Se trouve dans Bolton, Seymour, Sutton, Brome et Potton ; aussi dans Chatham.

Note. — Cette pierre s'emploie comme réchaud durant les longs voyages, les voyageurs la faisant chauffer, l'enveloppant ensuite d'une couverture et la posant à leurs pieds. On s'en sert aussi avec avantage pour paver des appartements ; celle de Potton est bien propre h cet usage.

Pierre a calumets. — Se trouve à la chute du Calumet.

Plombagine. — Se trouve à Grenville et dans Westmeath.

Note. — M. Logan dit qu'il en a été trouvé sur la Rivière Madaouaska (Outaouais), et que c'est la plombagine la plus pure qu'il ait encore rencontrée.

Grès blanc. — On le trouve auu mines de St. Maurice.

Asbeste. — Se trouve dans Dalhousie.

(Kngrais mxmmrxx.

Phosphate de chaux. — Se trouve dans Burgess, Hawkesbury ouest et Grenville, à la chute des Allumettes (Outaouais), et à la pointe extérieure de la Rivière-Ouelle dans des lambeaux détachés d'un lit de conglomérat calcaire associé à d'autres calcaires.

Note. — M. Logan paraît attacher beaucoup de valeur au phosphate de chaux de Burgess, comme applicable aux fins de l'agricul-

PRODUCTIONS MINERALES. 67

ture ; il attache aussi de rimportance à celui de la Èivière-Ouelle. Il les regarde comme étant de bonne qualité, surtout celui de Burgess.

Gypse. — Se trouve dans Dumfries, Brandtford, Onéida et à la Grande-Rivière.

Note. — Le Gypse de ces trois premières localités a été considéré à TExposition de Londres, où il a obtenu une mention honorable, comme assez pur pour être employé comme plâtre statuaire.

Marne coquillière d'eau douce. — Se trouve à Montréal, à Belleville, Vaudreuil et Gaspé ; aussi, sur le chemin de Ste. Thérèse (vis-à-vis Ste. Eose), à la Grande Côte (entre la traverse de Ste. ' Thérèse et St. Eustache), au Grand-Brulé (St. Benoit), derrière la Pointe-à-Cavagnol (Seigneurie de Vaudreuil), dans Hawkesbury est, dans Argenteuil, Gloucester (près Bytown), Nepean, McNab, le lac au Vison, Olarendon, Tlle du Calumet, St. Armand, Stanstead, la Seigneurie de St. Hyacinthe; de plus, dans Bentick, Brant, Yonge et Elmsley.

Note. — Cet engrais minéral est, comme Ton voit, fort abondant dans les deux sections de la Province. Dans Yonge, il a six à sept pieds et en quelques endroits quatorze à quinze pieds de profondeur sur 20 à 25 arpents en superficie. Dans Elmsley, sa profondeur est de 3 à 4 pieds. Dans St. Armand, sa profondeur est souvent de 7 pieds sur 30 à 40 arpents en superficie. Dans plusieurs autres localités, Tabondance de ce métal n'est pas moindre. " La marne coquillière d'eau douce, disait M. Logan en 1846, étant un carbonate de chaux pur à l'état pulvérulent, n'a besoin ni d'être tirée avec peine de la carrière, ni de passer par le fourneau, pour pouvoir être employée, et ne pourra manquer, bien qu'elle paraisse maintenant négligée, d'acquérir graduellement de la valeur aux yeux des cultivateurs intelligents, à mesure que la culture de la Province avancera."

Patieres ftoipt^ n aigmaer tt polir»

Pierres a aiguiser. — Se trouvent dans Madoc, Potton, Stanstead, Hatley, Finwick, sur le lac de la Chaudière, à la chute des Allumettes ; aussi, dans Shipton et Bolton.

EocHE MEULIÈRE. — ^Existc daus Rouville, Stanstead, Brompton, la seigneurie de St. Joseph ; aussi, dans Argenteuil, et particulièrement entre Grenville et Carillon, aux Cascades, à la Pointe du Grand Détroit, dans Brome, Shefford, Hereford, Bamston and Bolton.

Terre de Tripoli. — M. Logan dit que l'échantillon de cette terre, provenant de Montmorency et exposé à Londres, excita par son caractère infusoire l'intérêt de ceux qui sont habitués à observer avec le microscope.

68 PRODUCTIONS MmfiRALBS.

Ardoises tégulaires. — Se trouvent dans Tring (sur le Eîviêre du Loup), à Kingsey et à Frampton, sur la rivière Montréal, et sur la rive sud du St. Laurent vis-àrvis Québec.

Note, — L'exploitation des carrières d'ardoises, commencée depuis quelques années, promet de prendre un nouveau développemeiit par l'incorporation de deux compagnies auxquelles le Parlement Provincial vient d'accorder des chartes à ce sujet.

Granité Rouge. — Se trouve à Bathurst.

Granité Blanc. — Se trouve à Stanstead, au Grand Calumet, &c.

Calcaire. — Se trouve à Québec et Bytown, au Cap du Tonnerre, à l'Ile à la Bataille (lac Supérieur), à Eama et Madoc, au Portage du Fort, dans MacNab, Wentworth, Eouville, Philipsburg, Montréal, Mac^N^ab et Clarendon.

Note. — La Province contient en abondance les matériaux propres à la construction en pierre. La pierre de Stanstead est recherchée. Il se trouve aussi d'exqellente pierre à bâtir au Cap-Eouge, à la Pointe-aux-Trembles de Québec, au Château-Eicher, à Beauport, Terrebonne, l'Ile Bizard, Eigaud, l'He Perrot, dans le comté de Beanhamais, à Ste. Geneviève et à Ja Pointe Claire. H est presque impossible de nommer toutes les localités où il existe en Canada de bonne pierre à bâtir. Si la Province veut s'en donner la peine, elle peut faire h, Paris une beUe exposition de cette matière, et elle doit le faire pour réparer l'étrange oubli qu'elle fit à ce sujet en 1851.

Serpentine. — Se trouve dans Burgess, Orford, l'Ile de Whetstone (dans le lac Memphrémagog), Leeds, Invemess, Stukely, Shipton, Melbourne, à la chute du Grand-Calumet, et sur le Bras (Beauce).

Note. — ^Dans les Townships de l'est (Bas-Canada) la serpentine s'étend sur un espace de 135 milles, et est une pierre qui mérite l'attention du Canadien et de l'étranger. M. Logan en fit couper et préparer, à Londres en 1851, un bloc provenant du lac Brompton. Cet échantillon fut admiré pour ses belles qualités, et un ouvrier habile dit à M. Logan que cette pierre aurait un prompt débit en Angleterre.

Marbre. — Se trouve dans Dudswell, Saint Armand, Pakenham, Philipsburg, St. Dominique, GrenvUle, au Portage du Fort ; aussi, à Terrebonne, l'Ile Bizard, l'embouchure de la Madaouaska (dans McNab), sur le Mississipi derrière le township de Barrie, dans TJpton, Acton, Wickam, Dudswell, Beverley, Charleston, Comwall, Charlottenburg, Lancaster, Winchester, jet sur la rivière de la Petite-Nation dans Finch.

Note. — Le calcaire des cinq dernières localités prend un bon poli et donne un marbre noir assez agréable à la vue. Les calcaires

Qoogle

4'UptoiL, Acton et Wîckam saut blanchâtres et assez semblables à ceux de Philipsburg; ils prennent aussi un bon poli. Celui de Dudswell est gris; mais il s'en trouve aussi quelques lits de couleur crème qui produiraient un beau marbre. Les carrières de Terrebonne fournissent une pierre d'un gris brun foncé, qui, polie, donne un marbre un peu sombre, La pierre de Pile Bizarre est nuancée de rouge et aurait probablement un bon effet. Le marbre de Packenham est noir de fumée ou brutf tabac; mais celui de Grenville, selon M. Logan, est préférable, étant de couleur blancbe et marqué de petites taches vertes. Enfin le calcaire cristallin de McNab porte des bandes grises, tantôt plus étroites, tantôt plus larges, courant dans la direction de la stratification primitive, et produisant un marbre régulièrement rayé ayant l'apparence d'un bois onde.

Argile a brique et poterie. — Se trouve à Campden, sur tout le pays plat entre l'Outaouaîs et le St. Laurent au-dessous de Bytown, dans le voisinago des plaines de -Stanstead, dans les environs de London, dans Westminster, deuis le voisinage immédiat du village de Eeauharnais, sur la Eivière Chateauguay (au Portage), sur la Eivière des Anglais (près de St. Jean Chrysostôme), dans Chatham, près de Montréal et des Trois-Eivières, à St. Jean des Chaillons, etc., etc.

Note. — La manufacture de la brique et de la poterie commune est très étendue dans la Province, et a paru rémunérer pendant plusieurs années ceux qui s'y sont adonnés. L'an dernier, néanmoins, il y a eu une baisse considérable dans les prix, par suite de la répugnance que le public avait de commencer des travaux importants an milieu de la crise financière qui affecte encore l'Amérique et plusieurs contrées européennes. Cette baisse peut aussi être attribuée au prix élevé de la main d'œuvre et probablement un peu à la trop rapide extension donnée à cette industrie.

Avant de terminer cette neuvième classe des productions minérales, il peut n'être pas hors de propos de dire qu'it se manufacture de bonne chaux commune dans un grand nombre de localités, et entre autres dans le voisinage de la Chiite sur la Eivière du Nord, sur la Bavière GatLneau, à la Pointe Claire, Caugnawaga, Ste. Geneviève, Chatham, Beauport, etc. On se procure aussi de la chaux hydraulique dans Hawkesbury et Argenteuil ; aussi, sur la rive droite de la rivière près de Bytown, et à Chatham.

Caoutchouc minéral. — Se trouve dans Enniskillen. Note. — " Ce lit de bitume, dit M. Logan, qui dans quelques parties âr k consistan/^e du caoutchoux minéral, se rencontre sur le 16" lot de

la seconde concession d'Enniskillen, dans le comté de Kent ; mais son étendue ne paraît pas être anssi considérable qn'on nous Pavait donné à entendre ; il ne paraît pas excéder un demi-arpent, s'étendant l'espace de cinq chaînes dans la direction du nord-est, sur une largeur d'un peu moins d'une demi-chaîne. Par différents trous d'épreuve qui ont été faits dans le dépôt, il paraîtrait avoir une épaisseur de deux pieds sur environ vingt pieds carrés, vers l'extrémité du sud est, d'où il s'amincit graduellement vers le bord dans toutes les directions, variant dans quelques parties, le long d'Une petite ride qu'il forme, d'un pied à quatre pouces. Le bitume est supporté par une argile très blanche, qui, comme j'en fus informé, avait été forée, en une partie, à la profondeur de 30 pieds. On a observé que le pétrole avait pénétré plus ou moins dans la portion supérieure de

l'argile On a vu une huile bitumineuse s'élever à la surface

de l'eau sur le Ruisseau Noir, branche. du Ruisseau de l'Ours, en deux endroits, et j'ai été informé qu'on avait observé la même chose à d'autres points plus bas sur le Ruisseau." Une huile semblable s'élève dans la Thames^ près de sa rive droite, sur deux lots de Mosa. Tourbe combustible. — Se trouve à St. Dominique, dans les profondeurs des seigneuries de Vaudreuil et de Rigaud, dans Oaledonia, aux sources, de la Rivière au Pain, dans Roxburg, Osnabruck et Finch, aux sources du Ruisseau de l'Ours, dans Gloucester, et Oumberland, et aussi dans Olarence, où elle constitue une partie du pays plat et marécageux appelé la Mer Bleue ; de plus, dans NepeaB et Golboum en trois grandes étendues de 1000 à 5000 acres, dans le 8me rang de Beckwith, et dans Westmeath où il s'en trouve une aire d'environ 3000 acres; enfin, dans Brant etDurham.

Note. — M. Logan remarque que " là où la tourbe ne pourrait pas être employée comme combustible, elle pourra encore devenir utile à l'agriculteur, comme engrais, lorsqu'il y aura une plus grande éten« due de terres défrichées et en culture.

Eaux Minérales. — Sur l'Outaouais et ses affluents il existe 41 sources d'eaux minérales, dont 20 sont sulfureuses, 18 salines et 3 ferrugineuses. A trois lieues au sud de Brantford, se trouve la " source sure^' de Tuscarora ; dans Charlotteville, il y a une source sul« fureuse, ainsi qu'à moins de deux lieues du village d'Ancaster, qui possède aussi à la même distance une source saline. La Paroisse de Varennes a deux sources salines, qui sont fréquentées durant l'été et dont les eaux ont une réputation égale à celle des eaux de Calédonia et de Plantagenet. St. Léon a aussi sa source saline, qui est en grtnde renommée. Il en est de même de la source de Caxton dont les eaux sont bien recherchées. Ajoutons que l'on trouve des sources

minérales à Kingston, dans la seigneurie de Sabrevois, à St. Benoît, au faubourg St. Jean de Québec, à Lanoraie, Belœil, L'Orignal, la Baie St. Paul, les Eboulements, dans le township d'Alfred, à Ste. Martine, Chambly, la Eivière-Ouelle et Ste. Anne Lapocatière.

Note. — Ces eaux minérales pourront devenir plus tard, lorsqu'on les exploitera avec plus de soin et plus d'art, de vraies sources de richesses, par les produits qu'elles pourront fournir.

Charbon. — On vient de découvrir, dans le cap sur lequel Québec est bâti, des veines d'une substance qu'on dit être du charbon et que M. De Eottermund est occupé à étudier. On nous informe que, depuis plusieurs années, on connaissait l'existence de veines semblables sur différentes terres du Cap-Eouge, et que M. Gilmour en a transmis dernièrement un très gros échantillon, provenant de la base du Cap Souge, à M. de Eottermund pour qu'il l'étudiât. Il est de fait que cette matière, que bien des personnes croient être du charbon, brûle bien, donne beaucoup de chaleur et a toutes les qualités d'un bon charbon. Il faut ajouter qu'il y a encore beaucoup d'incrédules qui nient l'existence de ce combustible à Québec, et prétendent que c'est ce que les Anglais appellent " indurated hitumenr Que ce soit du charbon ou toute autre matière, si l'effet produit par sa combustion est le même que celui produit par le meilleur charbon, il n'y a pas de doute qu'on ne devrait pas dédaigner cette substance ou la rejeter sans examen.

Il est aisé de voir par ce qui précède que le Canada n'a rien à envier aux pays étrangers sous le rapport des richesses rflinérales. Il est aussi riche à cet égard que les pays les plus favorisés, en exceptant toujours la Californie et l'Australie. Il n'a besoin pour utiliser les mines immenses que recèle son sol, que d'un peu de travail, d'un travail intelligent et appuyé de capitaux que de simples individus n'ont pas d'ordinaire à leur disposition. Pour surmonter cette difficulté^, il liji faut avoir recours à l'association, mais celle-ci ne doit pas être trop multipliée si l'on ne veut pas, par une compétition excessive, ruiner toute exploitation dès le début. Ainsi, il est très probable qu'avec les connaissances et les fonds nécessaires, et aussi avec de la persévérance, le Canada peut tirer, de ses richesses minérales, des objets d^exportation d'une grande valeur, qui, attirant ici l'étranger, contribueront grandement à la prospérité du pays.

Depuis que ce qui précède est écrit, nous avons obtenu un exemplaire du Eapport de M. Logan pour 1852-3, Nous ne pouvons que faire mention des matières économiques dont il parle, et qu'il dit se trouver aux endroits suivants;

72 PRODUCTIONS KINÉftALES.

Minerai de fer limoneux. — Se trouve entre Bte. Aime des Plaines et St. Lin, dans Kildare, Tangmentation de la Seigneurie de Lanoraie et Dantre, Taugmentation du townsMp de Caxton, le fief St. Etienne, la Seigneurie de la Pointe du JjSug ; au^si, généralement dans la contrée située entre le St. Maurice et la Rivière Batiscan, etc.

OcHRES DE FER. — Se trouveut dans la Seigneurie de Lanoraie et Dautré, près de l'augmentation de Caxton, à la Pointe du Lac, aune demi-lieue au-dessous des forges de St Maurice (du côté opposé de la rivière), dans la Seigneurie du Cap de la Magdeleine^ à Ste. Anne 4e Montmorency, sur la Rivière des Envies.

Note. — M. Logan parle avec beaucoup d'avantage des ochres de la Pointe du Lac qui sont exploitées depuis 1850; il attache aussi de Pimportance à celles de la Seigneurie du Cap de la Magdeleine, ainsi qu'à celles de Ste. Anne de Montmorency qui se trouvent sur la propriété de M. E. Caron, à un mille et qu^rt au-dessus de l'embouchure de la Rivière Ste, Anne.

Sable de fer. — Se trouve sur le rivage du St. Laurent entre les Rivières Batiscan et Champlain.

Plomb de mer ou Manganèse limoneux. — Se trouve sur le che- »ûn St. Louis à quatre milles et demie de Québec.

Pierres a moulanges. — Se trouvent à St. Cuthbert.

Grès propre a la manufacture du verre. — Se trouve près de Ste. Scholastique.

Tourbe. — Existe sur le chemin de St. Janvier à St. Jérôme, près de l'Bglise de Ste. Anne des Plaines, au-dessus du Village de L'Assomption, dans les Seigneuries de Lavaltrie et Lanoraie, dans le fief St. Etienne, dans la Seigneurie de Champlain, etc.

Schiste bitumineux. — Se trouve entre Ste. Anne la Pérade et Ste. Anne de Montmorency, et en particulier près du Cap Santé, de la Rivière Jacques Cartier, des Ecureuils, et la Rivière St. Charles.

Minerai de cuivre. — Se trouve dans l'augmentation de Lanoraie et Bautré, sur la rive gauche de la Rivière L'Assomption à environ une lieue au-dessus du pont.

Note. — ^M. Logan paraît croire que cette découverte ne devrait pas être perdue de vue.

Terre de tri poli. — Se trouve en grande quantité à Laval, près de Québec ; elle est très bonne.

Ardoises têgulaires. — Se trouvent à Kingsey.

Note. — ^M. Logan dit que ces ardoises ressemblent beaucoup à celles d'Angers en France, et sont d'excellente qualité.

Quiconque a VU les plaines immenses du Canada a dû comprendre de suite que ce devait être un pays agricole riche et commerçant. Mais quiconque a aperçu nos nombreux et immenses pouvoirs d*eau et s'est rappelé que l'hiver tient dans une demi-inaction une partie considérable de la population pendant près de 5 mois de Tannée, a dû aussi comprendre de suite que le Canada est destiné à être grand pays manufacturier en même temps que pays agricole. C'est ce qu'a bien senti M. S. C. Keefer lorsqu'il dit :

" Le Canada-est contient une population naturellement intelligente " et facile à conduire et diriger, mais qui, pendant 6 mois de l'année, " est presque forcée de mener une vie oisive ; or, nous ne pourrons " jamais atteindre au même degré de richesses et de prospérité que " nos voisins, à moins que nous ne nous levions aussi à bonne heure, " que nous ne travaillions aussi fort, et que nous n'économisions ;ios " ressources avec le même soin qu'eux. Avec une population qui " s'accroit rapidement par l'immigration; possédant des moyens de " subsistance en abondance, des pouvoirs d'eau illimités, un fleuve " magnifique et les plus beaux canaux de l'univers, le Canada qui " commande le littoral est destiné à devenir le facteur ou l'agent " commercial d'une portion importante de l'intérieur de l'Amérique, " et fera par la suite un pays manufacturier."

Jusqu'à ce ^moment le système seigneurial, qui a été en vigueur dans le Bas-Canada, a nui au développement de manufactures domestiques. Néanmoins le^ Bas-Canada ne se trouve pas beaucoup en arrière du Haut-Canada sous ce rapport. On en peut juger par le tableau qui va suivre.

Ce tableau est loin d'être complet, mais comme il est oflSciel et le plus récent, nous croyons devoir le publier. Ce sera au lecteur à tenir compte des lacunes. Nous devons ajouter que le recensement de 1851 est loin de donner une idée de ce que sont nos manufactures tant du Haut que du Bas-Canada, puisqu'il ne fournit guère de renseignements sur le nombre d'articles ou la quantité d'effets qu'elles produisent, sur le nombre de bras employés, le nombre de jours que chaque

manufacture a été en activité durant Tannée, et le coût de chaque établissement. Au reste, voici le tableau tel que nous l'avons :

HAUT CANADA

BAS-OANÀDA.

TOTAL

Manufactures de laine ^ . .

" seaux

« formes à souliers, eto,

" bardeaux ....

" d'empois

" de barils (incomplet) ....

« moulins à battre ....

haches

« râteaux ....

" chaises

" drap

« clous

" d'ameublements ....

" de machines à vapeur et autres

" coton\

" voitures

« d'allumettes

" de gingembre et sirop

salaratus

" d'ouvrages eu marbre. . . .

de rails

lattes

" vases de grès et terre

" châssis et jalousies. . . ,

" savon et chandelle

" cigares

" pompes (incomplet) d'habits ( « )

** de vinaigre

" chapeaux ....

" bottes et 8ouliers(incomplet)

tabac

" d'orgues (incomplet) ....

" de peignes

balais

" poudre

" harnais (incomplet)

** cribles à van ....

fer blanc

" d'instruments d'agriculture

" de tôle, ferblano et cuivre

" toile cirée . . • .

" cuir verni ....

" fusils et carabines ....

" colle

" verre

Moulins à carder et fouler

ui

" moudre l'avoine (incomplet)

" planer .... ....

huile

papier

plâtre

*• fourrage

MANUFACTRUES.

Manufactures, Usines, etc. — (Continué.)

HAUT-CANADA

BAS-CANADA

TOTAL

Moulins à orge ....

" écorce .... ....

" moutarde et épiées ....

" douve....

" farine. ...

" scies ....

" tourner

Tanneries

Potasseries

Fonderies ....

Poteries

Brasseries et distilleries ....

Briqueteries

Corderies

Chantiers de construction .... ....

Fours à chaux

Fonderies de caractères d'imprimerie

Fabriques de cidre

Forges (de St. Maurice)

Toutes ces manufactures et industries ont surgi au milieu de nous sans efforts et par la seule force des choses. Nos magnifiques pouvoirs d*eau, ^abondance des produits agricoles, et la salubrité de notre climat ont été remarqués par d'intelligents artisans, qui se sont mis à rœuvre et ont commencé pour le Canada une carrière manufacturière dont nous ne faisons qu'entrevoir les progrès.

Le Bas-Canada en effet devra tout spécialement, dans la seconde moitié de la décade de 1850 à 1860, prendre sous le rapport manufacturier un essor beaucoup plus rapide que le Haut-Canada dont le climat est plus favorable aux entreprises agricoles. Pourquoi, par exemple, n'exploiterait-il pas en grand ses mmes si précieuses de fer, de cuivre, etc. ? Pourquoi ne se livrerait-il pas à toutes sortes de manufactures en bois? Et la glace, pourquoi la laisserait-il disparaître avec le printemps, et ne la forcerait-il pas à lui payer tribut, en la taillant par grands blocs et en en chargeant des vaisseaux qui iraient la porter là où le climat rCest pas favorable à sa production ?

Allons plus loin, et demandons-nous ce qui empêcherait les Canadiens d'importer directement par le fleuve et par d'autres voies le coton des Etats du Sud de l'Union Américaine, et d'en exploiter à leur profit les manufactures les plus grossières. Jusqu'ici, nous avons eu contre nous le systènie seigneurial qui nuisait au développement de nos manufactures, en plaçant entre les mains des seigneurs les plus beaux pouvoirs d'eau; nous avons eu contre nous le tarif américain qui a été un obstacle à notre esprit d'entreprise. Mais aujourd'hui ces barrières, ont disparu devant la législation des deux

pays, et nous nous demandons comment il pourrait se faire que l'Angleterre pût exploiter avec profit le coton que lui envoient les Etats- Unis, tandis que nous, avec des facilités extraordinaires, nous ne pourrions pas en faire autant. 11 e^t donc tout naturel de croire que, dans les six dernières années de cette décade, nos manufactures prendront un développement en rapport avec les avantages de notre position.

En attendant que nous voyions ces heureux résultats, contentonsnous d'examiner ce que sont aujourd'hui les manufactures, usines, etc., dont nous venons de donner les noms et le nombre.

1°. De nos 1,153 moulins à farine, 45 étaient mus par la vapeur, 31 par le vent, et 1,077 par Teau; quatre cents produisaient annuellement 2,376,651 barils de fleur, 294 donnaient un produit annuel ou loyer de 6648,420 ; 82^ de ces 1,153 moulins remboursaient leur capital qui était de 66947,186. Le nombre de personnes employées dans ces moulins, en autant qu'il a été constaté, était alors de 1,957.

2*'. De nos 2,632 moulins à scies, 158 étaient mus par la vapeur, 41 par le vent et 2,473 par l'eau; ,1,184 produisaient annuellement 772,012,770 pieds de bois ; 453 donnaient un produit annuel ou loyer de 0^70,061 ; 1,869 de ces 2,632 moulins remboursaient leur capital qui était de 66728,580. Ils employaient 7,304 personnes.

3**. De nos 340 moulins à carder et fouler, 260 étaient en rapport et remboursaient leur capital se montant à «£95,823 ; le produit annuel de ces 260 moulins était de 707,672 livres de laine et de 287,502 verges de drap. Le nombre de personnes qui y avaient de l'emploi, en autant qu'on Fa constaté, était de 495.

4**. De nos 92 fabriques de laine, 78 étaient en rapport et produisaient annuellement 1,108,500 verges de drap. Le nombre de personnes employées y était de 786.

5**. De nos 169 distilleries et brasseries, 100 étaient en rapport et remboursaient leur capital se montant à «£53,417 ; leur produit annuel était de 2,479,083 gallons, et le nombre d'employés y était de 384.

6**. De nos 427 tanneries, 253 étaient en rapport et remboursaient leur capital se montant à ^6107,788 ; leur produit annuel était de 06146,736, de 124,266 peaux et 70,000 livres de laine; elles employaient, autant qu'on l'a constaté, 900 personnes.

T. De nos 132 fonderies, 79 étaient en rapport et remboursaient leur capital se montant à «£105,600 ; leur produit annuel était de «£94,375, et elles employaient 1,122 personnes.

8°. Les Forges de St. Maurice, qui depuis quelque temps ont pris du développement, employaient alors 350 hommes.

Un homme distingué des Etats-Unis (M. 0. L. Woodbnry) disait. Tannée dernière en parlant du Canada, que la ricliesse d'un pay» ne consiste pas seulement dans la fertilité de son sol et Tactivité de sa population, mais qu'elle réside dans ce génie et cette prévoyance qui l'engagent à se créer de nouveaux marchés, où il puisse vendre ses produits, et obtenir le plus avantageusement possible les chose» nécessaires à sa consommation et à ses manufactures, ainsi que des frets pour ses vaisseaux et des occasions nouvelles de commerce.

M. Woodbury est d'avis que ce principe n'est pas perdu de vue en Canada, et qu'au contraire il y est suivi avec constance et énergie. Ce témoignage est trop flatteur pour notre pays pour le passer sous silence.

Le but constant des efforts de nos hommes d'état, au moins depuis l'Union, a été en effet de créer à cette grande et magnifique Province un commerce proportionné à son étendue, à sa position, à ses destinées. Ils ont compas qu'un territoire aussi vaste, dont une bien grande partie est très-productive, et que sillonnent en tous sens des fleuves et rivières gigantesques ; qu'un territoire qui occupe toute la partie de l'Amérique au nord des Etats-Unis et est naturellement par son grand fleuve le débouché du commerce des immenses pays de l'ouest ; qu'un pareil pays doit faire de grands sacrifices pour ne pas se voir ravir par le travail de ses voisins ce que la nature lui offre d'une main si libérale. De là la création de nos canaux, et de tous ces ouvrages- provinciaux qui font l'honneur du pays en attendant qu'ils en fassent la richesse et l'une des contrées les plus commerçantes du globe.

Tels que nous sommes, n'ayant encore pu ressentir les avantages de cette réciprocité commerciale, dont nous parlions depuis huit années, mais que nous ne faisons que d'obtenir, nous sommes loin de rougir de l'état de notre commerce. Il est aussi florissant que celui d'aucun autre pays, et la gêne momentanée que quelques-uns de nos établissements commerciaux ont ressentie depuis quelques mois ne peut nous

être reprochée, puisque la même crise s'est étendue aux Etats de l'Union Américaine et à la Grande-Bretagne.

Nous ne pouvons mieux commencer à donner une idée de ce qu'est notre commerce, que par un état des arrivages aux ports de Québec et Montréal de 1843 à 1855 : (♦)

Port de Québec.

Port de Montréal.

Années.

No. de yaisscauz.

Tonnage.

No. de vaisseaux.

Tonnage.

Voici maintenant un état de tous les arrivages de la mer aux ports réunis de Québec et Montréal de 1838 à 1855 :

Années.

No. de vaisseaux.

No. de tonneaux.

Années.

No. de vaisseaux.

No. de tonneaux.

On voit par le premier de ces tableaux que le tonnage au port de Québec pour 1854 est le plus élevé que nous ayons encore eu ; il en est de même du tonnage au port de Montréal. Par le second tableau, il est clair que Tannée 1854 a été pour le Canada Tannée la plus commerçante de toutes celles qui Tont précédées. Il est vrai qu'en 1845 il était arrivé 20 vaisseaux de plus qu'en 1854, mais ceux de cette dernière année compensent cette différence, puisque tout en étant inférieurs en nombre, leur tonnage est de 60,000 tonneaux plus fort que celui des vaisseaux arrivés en 1845.

(*) Voir Appendice B.

Des 1,670 vaisseaux arrivés en 1854 aux ports de Québec et de Montréal, 129 ont pris leur chargement à Montréal, 27 n'y ont pris qu'un demi-chargement (la seconde moitié devant être prise à Québec), et les autres 1,514 vaisseaux ont été chargés aux endroits suivants: à Québec, 1480 : — au Saguenay, à la Pointe-aux-Pères et au Cap Chat, 34.

On comptait parmi ces 1,670 vaisseaux, 166 vaisseaux étrangers, savoir :

Nations.

No. de Taisseaux.

No. de tonneaux. .

Américains

(Etats-Unis)

Norvégiens

Prussiens

Portugais

Allemands

Suédois

Français

Autrichiens

Espagnols

Total

On voit par là que les vaisseaux qui ont fréquenté nos ports de Québec et Montréal en 1851 ne forment que le dixième du nombre total. Il serait désirable pour nous qu'ils fussent plus nombreux, parce que la conséquence serait que nous obtiendrions directement des produits importants dont nous ne pouvons nous passer et que nous importons actuellement par les Etats-Unis. Les facilités nouvelles qu'offrent les arrangements commerciaux, conclus récemment entre le Canada et les Etats-Unis et que nous pourrons étendre à d'autres pays, auront pour effet d'engager les étrangers à visiter nos ports.

Le nombre de vaisseaux qui ont quitté le port de Québec en 1854 est de 1,504, jaugeant 664,345 tonneaux.

Les importations et exportations du Canada depuis 1842 sont aussi très satisfaisantes. Elles prouvent à l'évidence que le Canada est entré dans une' ère de prospérité qui tout probablement durera longtemps. Ses exportations en effet n'ont guère été jusqu'ici que le produit de son propre sol ; mais avec la réciprocité commerciale et tous les avantages que notre libre navigation intérieure offre au commerce américain, nous devons nous attendre à voir nos eaux sillonnées par les vaisseaux de nos entreprenants voisins et leurs produits de l'ouest prendre la voie du St. Laurent pour se rendre à la mer. Il n'en est pas moins remarquable cependant que, par ses propres forces et par un travail constant, le Canada est parvenu en deux aimées, de 1851

COMMERCB.

à 1853, à presque doubler la valeur réunie de ses importations et exportations, comme le fait voir le tableau suivant :

Tableau des importations et exportations du Canada, pour la période de 1842 à 1854 :

Valeur des

Valeur des

Total

importations.

exportations.

(sterling)

tt

(argent courant)

Ce tableau fait aussi voir que les importations et exportations du Canada n'ont cessé de s'accroître depuis 1849, et il n'est guère possible que ce progrès se ralentisse longtemps, grâce à la réciprocité qui est maintenant établie entre nous et nos voisins du sud et aussi entre nous et les Provinces du Golfe. C'est à cette occasion que M. Woodbury, qui craint évidemment que la voie du St. Laurent ne devienne bientôt le grand chemin du commerce du nouveau monde, n'hésite pas à dire que, si les Etats-Unis n'y prennent pas garde, le Canada accaparera bientôt la plus grande partie du commerce de l'ouest,' et dans ce cas, dit-il, " Québec et Montréal deviendront le rendez-vous de la marine au détriment de nos ports," et Québec pourra bien devenir le premier port de mer de l'Amérique, puisqu'on ce moment " il en est le second, exporte plus, proportionnellement à sa population, qu'aucune cité des Etats-Unis, et emploie à ses exportations un tonnage plus fort qu'aucun autre port américain à l'exception de New- York." Mais n'anticipons pas, et parlons d'abord de nos importations, qui méritent une attention spéciale, non seulement considérées comme un tout, mais encore dans leurs détails.

L'honorable M. Hincks disait en 1849 : " Il n'y a aucune branche " de la statistique qui indique. plus clairement l'état de la prospérité " d'unjpays que la comparaison de la consommation des articles im- " portés en rapport avec la population." M. Hincks entrait ensuite dans les détails de nos importations. Nous ne suivrons pas sa trace sur ce dernier point, parce qu'elle nous mènerait trop loin. Nous nous contenterons de faire voir quelle a été la proportion de nos importa-

COMMBBCB.

SI

Hons pax rapport au cMfire de notre population à différentes époques. Ce sera le moyen de connaître réellement la prospérité de notre pays.

Années.

Population.

ImportationB.

Par individo.

Ainsi, en 1848| chaque individu se trouvait avoir dans les importations une part de d£l 15s. 2d., et trois ans plus tard cette part se montait à ^2 7s. 9d. ; elle s'était accrue ainsi annuellement de 4 schellings et 2 deniers. Mais en 1853 c'est bien autre chose encore ; chaque Individu se trouve avoir «eS 17s. 7d. comme sa part des importations. En sorte que, dans les deux années qui se sont écoulées de 1851 à 1853, la part de chacun a augmenté annuellement de 14 schellings et onze deniers,' c'est-à-dire que l'accroissement durant chacune de ce* deux dernières années a été plus de trois fois aussi considérable que durant chacune des trois précédentes. C'est un résultat que nous pouvons enregistrer avec orgueil, car il indique au sein de nos populations des ressources et une prospérité considérables.

Nous pouvons compléter cet aperçu général de nos importations par k tableau qui va suivre. Ce tableau fait connaître de quels paye nous avons le plus importé durant les années 1850, 1851, 1852, et 1853, et nous apprend aussi en quelle proportion nous avons importé de ces différents pays.

Importé de la Grande-Bretagne ....

Importé des colonies de TAmérique

septentrionale

Importé des Indes occidentales ....

Importé des Etats-Unis ....

Importé d'antres pays étrangers. . . .

Il est clair que nos relations avec la Crande-Bretagne sont Mn de diminuer, mais il est évident aussi que nos rapports commerciaux avee les Etats-Unis augmentent considérablement, ainsi qu'avec les Pro^ vînmes du Golfe. Néanmoins il est bien digne de remarque que, de 1851 à 1852, nos importations de la Grande-Bretagne ayant diminué de c£344,250 et celles des Etats-Unis au Canada ayant augmenté de <£27,982, nous nous soyons trottvés en 1853 h importer des flUàth Unis pour seulement «6826,113 de plus qu-en 1B52, taaotâis que nœ

COMMEBCB.

importations de la Grande-Bretagne ont excédé (dorant la même année) celles de 1852 de ô£1,954,497.

Ces grandes importations ne paraissent cependant pas suffire à l'activité de la classe mercantile et aux besoins du pays ; car durant les 2 années qui se sont écoulées de 1851 à 1853, nos importations " d'autres pays étrangers " ont presque doublé et promettent d'être bientôt beaucoup plus considérables.

Nos importations par la voie du St. Laurent en 1853 représentaient une valeur de 064,817,065, dont «£261,991 étaient la valeur des articles destinés aux Etats-Unis.

Aux six principaux ports du Canada nos importations ont ét4 comme suit en 1850, 1853 et 1854 :

Port».

Québec

Montréal ..

Toronto

Hamilton . .

Kingston

Stanley

Le chiffre des importations de Québec est beaucoup plus grand qu'il ne' paraît l'être par ce tableau, les marchands de Québec ayant depuis plusieurs années l'habitude de rapporter une partie de leurs importations à la douane de Montréal. Au reste, tel qu'il est, ce tableau montre l'accroissement suivant :

Port de Québec (en 4 ans) 255 par 100

Montréal

Toronto

Hamilton

Kingston

Stanley

H est évident que les importations de Québec et des quatre autres ports ont augmenté beaucoup plus rapidement en 1854 que celles du port de Montréal qui donne néanmoins plus du tiers du revenu des Douanes. Il est aussi remarquable que, pour cette même année, c'est le port de Québec qui montre le plus grand accroissement ; et cet accroissement ne parait pas être passager, puisqu'il est très-pro nonce pour la période de 1850 à 1853. Au reste, ce qui donne davantage la mesure de l'augmentation des importations, c'est le fait que depuis 1850 Toronto était après Montréal le port qui importait le plus, et qu'en 1854 Québec a repris la seconde place et mis Toronto au troisième rang.

Voîcî maintenant la valeur des différents articles importés en 1850, 1851, 1852 et 1853 :

Articles,

Café, sucre, mêlasse, thé, tabac, spiritueux, sel,

Fruits, épices, pâtisseries, confitures, macarons, vinaigre,. . . .

Animaux, grains, provisions, houblon, son,

Aile et bierre, cidre, coco, chocolat, poisson, fourrures, verrerie, cuir tanné, huile, papier, patates, lard, graines, riz, bois, madriers ou planches, chandelles, coton, cuir, caoutchouc, fer et quincaillerie, mécanismes, toile, soie, laine, etc. .

Millet, écorce, soies de cochon, meules, cïtbles, charbon, teintures, coton filé, lin, chanvre, étoupe, peaux crues, vieux cordages, saindoux, graisse et déchets, plomb, minerais et métaux, poix et goudron, cordes, résine et rosine, acier, suif, fer en barre, etc., huile de coco et de palmier, etc.

Marchandises admises franches de droits

Les premiers articles sont sujets à des droits spécifiques et ad valorem; les seconds à 30 par cent; les troisièmes à 20 par 100; les quatrièmes à 12j par 100; les cinquièmes à 2J par 100, et les derniers sont admis en franchise.

Nous aurions beaucoup désiré donner ici la valeur et le détail des importations de 1854; mais l'année douanière ne finissant que le 5 Janvier et les retours des Officiera de Douanes ne pouvant raisonnablement être faits sans délai, U a été impossible à M. le Commissaire des Douanes de nous foupir ce renseignement avec ceux pour 1853 qu'il nous a donnés avec empressement. Nous nous contentons donc de publier ici ce que nous connaissons, par les journaux ou autres voies, des importations de 1854:

Valeur des importations de 1864^

Fort de Québec £1,764,829

«* Montréal 8,816,082

« Toronto 1,362,706

«* Hamilton 1,276,699

« Kingston 276,397

" Stanley 102,676

COMMBRCB,

S'il y a en une aa^meDftatîon coTrespondante aux autres ports d'eU' trée, la valeur des importations du Canada en 1854 se sera élevée h plus d« £9,500,000, Cette augmentation au port de Montréal porte pour un tiers sur les marchandises en entrepôt, dont la valeur était en 1853 de de643,000 et a été en 1854 de dÊ860,000, et aussi pour près d'un tiers sur les marchandises admises en franchise et dont la valeur était en 1853 de oei28,494 et a été en 1854 de 06321,347, donnant un accroissement de 06192,853, égal à plus de 1^ par cent

Si maintenant nous passons aux exportations dont nous avons donné la valeur annuelle, les statistiques officielles nous font voir que ces exportations ont été dirigées en 1852 et 1853, dans les proportions suivantes, vers les pays dont suit la nomenclature :

KN 1862.

ArtideB.

oi

Produits des mines ....

Produits de la mer ....

Produits des forêts , . . .

Produits agricoles et animaux

Articles manufacturés ....*.

Atiferes objets

Yaisseaux construitsà Québec

20 pour 100 à ajouter à la

yaleur des exportations des

ports intérieiira ....

^Ebtal pour 1452^ £

En 186a.

Produits des nriiw» , ....

Produits de la mer ....

427ro

Produits des forêts ....

Produits agricoles et animaux

Articles manufacturés ....

"kso

A^tttres objets

20 par 100 à ajouter à la va-

leur des exportations des

ports intérieurs ....

Total poupl85a.> £

Ces tableaux font voir que la différence entre les exportations de ces 2 années est en faveur de 1853 dans la proportion suivante :

Produits des mines £ 18945, ou trois fois aussi grande,

** de la mer 10558, ou plus grande d'un septième,

«« des forêts 710671, « ^* de près d'une demie,

i^ri<ole« S87041, « ^ de plue d*ua tiers,

Articles manufaetnrés. .• 15323, '^ ** de plus des trots quarts, Vaisseaux construits à

Québec 867587, '* ** d'une fois «t un tiers.

Ces tableaux nous montrent aussi que la valeur de nos exportations aux différents pays qui y sont nommés a été comme suit:

Années.

Grande-Bretagne.

Australie

Provinces an> glaises de l'Amérique dû nord.

Etats-Unis.

Autres pajs.

C'est un progrès important, puisque nous noua trouvons à avoir exporté de plus ^1 18é3 qu'en 1852:

A la Grande Bretagne, pour. « £1177117

En Australie, pour 1556

Aux Provinees anglaises de l'Amérique du nord, pour. . . . 142214

Aux Etats-Unis, ponr 661964

A d'autres pajs, pour 5324

Faisant un accroissement total de.« £1988174

Auquel il faut ajouter la valeur additionnelle de 20 par 100

pour les exportations des ports intérieurs 184360

Ce qui donne un grand total de £2122534

Ces chififres nous font aussi voir qu'en 1652 les exportations dïi Canada à la Grande-Bretagne et celles faites aux Etats-Unis étaient presque égales, les premières n'excédant les secondes que de <£100» 000. Mais en 1853, c'est toute autre chose ; la différence en faveur de la Grande-Bretagne est de plus de «£633,000.

Si maintenant nous comparons le chiffre de nos exportations avec celui de notre population, nous obtenons le résultat suivant :

Années.

Population.

Exportations.

Par individu.

AOvu .... ...« ...• ....

COMMERCB.

donnant pour Tannée une augmentation de 13 schellings et 9 deniers par chaque individu.

Nos exportations de 1853 aux ports suivants se sont montées aux sommes qui suivent :

PortdeQuébec de2,443,457 19

« de Montréal 746,050 8

« deGaspé 32,667 19 11

" . de New-Carlisle 29,942 14 6

" d'Amherst 14,597 1 6

Ports intérieurs 2,236,341 7

Addition de 20 par 100 pour les ports

intérieurs 447,268 5

Et durant les années 1850 et 1853, nos exportations ont été comme suit aux six principaux ports :

PortB.

Ports.

Québec

Québec

Montréal

Montréal

Toronto

Toronto

HamiltoQ

Hamilton

Dalhousie

Dalhousie

St. Jean

StJean

Enfin, aux deux seuls ports de Québec et Montréal nos exportations des 14 dernières années se sont élevées aux sonmiea suivantes :

Années.

Port de Québec.

Port de Montréal.

Années^

Port de Québec

Port de Montréal

Ainsi, de quelque manière que nous considérions nos exportations» celles des deux dernières aimées sont un progrès extraordinaire sur les aimées précédentes. Et quant au port de Québec en particulier, ces tableaux démontrent que la valeur de ses exportations en 1853 est trois fois aussi grande que la valeur collective des exportations des 4 autres principaux ports extérieurs, double de la valeur collective des exportations des cinq autres principaux ports intérieurs ou extérieurs» et aussi considérable que la valeur réunie des expor--

tations de tous les ports intérieurs. D'un autre côté, les exportations de Québec en 1853 sont de près de 06400,000 plus fortes que les plus considérables que cette ville ait encore faites, tandis que Montréal n'atteint pas en la même année le chiffre de ses exportations de 1844, bien qu'il y ait chez nos compatriotes de Montréal un progrès très marqué dans leurs exportations jusqu'à 1854 exclusivement. Que ne pourrions-nous pas dire après cela des exportations du port de Québec en 1854 qui sont encore plus élevées que celles de 1853 1 Mais laissons ces considérations générales sur nos exportations pour parler un peu des articles qile nous exportons.

Nous ne parlerons pas longuement du produit des mines, car ce n'est là qu'une minime fraction de nos exportations actuelles. Néanmoins il est bon de remarquer que c'est une source de richesses à laquelle on no puise que depuis peu do temps, et que, si en une seule année la production de nos mines a été trois fois plus grande que l'année précédente, c'est un encouragement considérable et qui devra avoir pour résultat l'exploitation de nos richesses minérales d'une manière plus étendue, et par conséquent une exportation importante de métaux et minerais.

Voici quelle était la valeur de nos exportations des produits de nos mines pour les années suivantes :

Nos exportations de poisson, etc., ne s'élèvent pour 1853 qu'à «£85,000, ce qui n'est qu'un progrès peu remarquable sur l'année précédente, nos ^exportations du produit des pêcheries ayant été comme suit durant les trois années précédentes :

Jusqu'ici le Canada a beaucoup négligé cette grande source de richesses. On dirait qu'il renferme dans son sol trop de ressources pour que sa population de 2 millions d'habitants ait eu le temps de se livrer à l'exploitation des richesses inépuisables du Golfe St. Laurent. Néanmoins, depuis trois à quatre années, nos hommes d'état ont paru s'alarmer de l'indifférence apparente des Canadiens à l'endroit des pêcheries. Ils en ont recherché la cause» et ont cru la trouver dans l'absence de protection de la part des autorités. Ils ont donc essayé de donner plus de sécurité au pêcheur canadien, mais malheureuse-

B8 GOMMjBBCB.

ment ils se sont arrêtés là* Ils ont para oublier les primes d'encouragement que Ton accorde ailleurs, en France et aux Etats-Unis par exemple ; en sorte que nous en sommes encore pour aind dire à commencer l'exploitation de nos pêcheries. Espérons toutefois que notce gouvernement sentira bientôt la nécessité de venir au secours des pécheurs canadiens, et alors nous devrons compter avee confiance sur iine exportation de poisson, huile, etc., double, triple, quadruple de celle que nous faisons aujourd'hui. En attendant, contentons-nous» avec nos quelques douzaines ou cinquantaines de pêcheurs, de regarder les Français, les Anglais et les Américains, qui se partagent ce à quoi nous aurions bien, ce semhley quelques droits. Il suffit pour cela de savoir quels sont le personnel et le matériel que ces trois peuples employaient en 1850 aux pêcheries du golfe et du fleuve St. liaurent* et les résultats qu'ils obtenaient alors :

Anglais. Français. Américains.

Total.

Kombre dliommes employés Kombre de bâtiments

grands

ITombi^ 4^ chaloupes • . • .

Nombre de quintaux de poisson

Valeur du poisson . , . .

Valeur du loup-marin . . . .

87000 [ 2000 de

I 80 à 180 ton.

Ajoutons à ce tableau 326 bâtiments, jaugeant ensemble 30,196 tonneaux^ et montés par 11,629 hommes, qui, en 1850, laissèrent les ports de Terreneuve pour la pêche du loup-marin.

Et si nous examinons les résultats de la pêche de 1854, nous avona les chiffires suivants :

Pour les Américains : — Valeur de la morue £750000

« de l'huile 136000

" '* ** du saumon 8200

Pour le» Français: • de la morue 800200

" « de l'huile 12000

« " " du saumon 4000

Pour les Anglais: " de la morue. 600000

" « *• del'hmle 830000

" « « duhareng 66000

" " « du saumon 18000

" ** ** des peaux de loups-marins . , , . 6600O

" " « de la morue du Labrador 160000

^ ^ " delTiuîle lOOOOO

TotftL £âÛ3740^

COMMBRCB.

Ces résultats doivent nous convaincre de plus en plus que nous nous laissons ravir un commeixîe que nous pourrions faire facilement nous-mêmes, et qu'au lieu d'importer chaque année beaucoup de poisson et d'huile, nous devrions en exporter en grande quantité.

Si des pêcheries nous passons à nos forêts, le spectacle est bien différent. L'exploitation des bois se fait en effet en Canada sur un très grand pied ; la seule chose à craindre, c'est qu'elle se fasse quelque fois sans discernement et sans intelligence ; en sorte qu'il est très probable que l'intervention législative sera nécessaire avant longtemps pour empêcher cette source de richesses de s'épuiser. Cette intervention ne paraît cependant pas encore nécessaire à nos législateurs, qui, n'en doutons pas, sauront bien en temps convenable mettre fin à Tabus. En attendant, qu'il nous suffise d'examiner les résultats actuels, et pour cela voyons d'abord quel a été depuis 1844 jusqu'aujourd'hui l'approvisionnement annuel des principaux articles de bois du port de Québec. Nous aurons ainsi une idée de l'exploitation de nos forêts, Québec ayant toujours été et étant encore le grand entrepôt de bois du Canada.

Tableau de l'approvisionnement des principaux articles de bois du port de Québec pour les onze dernières années :

Morceaux.

Morceaux.

Piedfi.

Pieds.

Pieds.

Pieds.

Pieds.

Pieds.

Pieds.

Voici maintenant un état de nos exportations des mêmes articles de bois durant les mêmes années, ce qui nous aidera à nous rendre compte de certaines diminutions et de certains accroissements dans la quantité des différents articles de bois.

Tableau de rexportatîon des principaux articles de bois du port de Québec de 1844 à 1854 :

Morceaux.

Morceaux.

Pieds.

Pieds.

Pieds.

Pieds.

Pieds.

Pieds.

Le premier de ces tableaux nous fait voir que c'est en 1852 que Papprovisionnement de bois a été le plus considérable au port de Québec, mais aussi que l'approvisionnement de 1854 a été de beaucoup plus considérable que celui de 1853, étant presque égal à celui de 1852, et Tapprovisionnement total de bois pour les quatre dernières années a été comme suit au port de Québec :

Bois carré (pieds cubes)

Doures de 1ère qualité (mille de 1200)

DouYcs à tonnes (miUe de 1200)

Madriers de 1ère qualité

Cordes de lattes

Le second tableau nous fait voir que l'exportation de bois au port de Québec a été plus grande en 1854 qu'en toute autre année, l'exportation totale y ayant été comme suit durant les 4 dernières années :

Bois carré (pieds cubes)

Douves de 1ère qualité (mille de 1200) Douves à tonnes (mîUe de 1200) . . . .

Madriers de 1ère qualité

Cordes de lattes

Par le moyen de ces tableaux, il est facile de s'expliquer la raison de la diminution de l'approvisionnement de certaines années comparé à celui d'autres années. Par exemple, on voit que l'approvisionnement de bois carré en 1852 est de 34,842,146 pieds cubes en outre de plus de 6,800,000 pieds restés de l'année précédente, tandis que l'exportation de bois carré en 1852 n'a été que de 20,361,360 pieds cubes. On conçoit alors que l'approvisionnement et l'exportation de 1853 aient pu s'égaler sans que le marché de 1854 ait eu à souffrir, puisque le bois carré resté à Québec en hivemement devait être (en outre de la consommation locale) de douze à treize millions de pieds cubes. C'est aussi sur la plus ou moins grande quantité de bois hivemée que les exploiteurs s'appuient en grande partie pour étendre ou restreindre leurs exploitations ; ce qui explique l'approvisionnement plus ou moins grand que reçoit chaque année le port de Québec. Voilà aussi sur quoi nous nous basons, en outre de la crise monétaire, pour dire que l'approvisionnement de 1855 sera à peine aussi grand que celui de 1853.

A cette occasion, nous devons dire qu'en ce moment notre commerce de bois passe par une épreuve très sévère, causée principalement par la guerre contre la Eussie, et aussi par les prix élevés du fret au printemps et au commencement de l'été derniers. Néanmoins, comme une portion considérable de nos exportations de bois a été faite à ordre, la perte produite par la baisse dans le prix du bois retombe en partie sur les pays étrangers. Il n'en est pas moins vrai pour cela que cette grande industrie reçoit en ce moment un choc bien grave, dont elle devra se ressentir plus ou moins longtemps selon la tournure que prendront les affaires politiques de l'Europe.

Ne connaissant pas la valeur du bois exporté en 1854, nous devons nous borner à insérer ici un état de la valeur de celui exporté durant les quatre années précédentes, savoir:

En 1850 <3ei,360,754

D'un autre côté, les produits animaux et agricoles et un très grand nombre d'articles manufacturés n'ont pas subi les atteintes de la crise qui met le commerce de bois dans une position si critique. Aussi, la production des grains, légumes, fourrages, etc., est-elle très considérable et augmente-t-elle chaque année.

En 1793, nos exportations de blé et de fleur par le St. Laurent étaient de 100,000 quarts ou barils, et en 1802 elles s'élevèrent à 230,000. En 1841, elles furent de 400,000 barils, et dans les années

COMMEBCIS.

de 1840 à 1846 inclusivement elles s'élevèrent à quatre millions et un quart de barils de fleur et de minots de blé, l'exportation de 1846 par le Bt. Laurent ayant été d'un demi-million de barils de fleur et d'un demi-million de minots de blé. En 1850, 1851, 1852 et 1853, nos exportations de blé et de fleur furent comme suit:

Années.

Blé.

Flenr.

1295029 miiioto 933766 ** 1883598 « 2666908 «

656489 bttrik.

La valeur du blé et de la fleur exportés par la voie du St. Laurent a été pour ces quatre années comme suit :

Années.

Blé.

Fleur.

Et la valeur totale des produits animaux et végétaux exportés s'est montée aux sommes suivantes :

Années.

Produits animaux.

Produits végétaux

TotaL

Quant aux articles manufacturés, la valeur des exportations totales qu'en a faites la Province, dans les mêmes années, a été comme suit:

Articles manufacturéB.

En 1850 «£6,676

Comme dans des chapitres particuliers nous parlons des produits animaux, de la production végétale et des manufactures, nous n'en disons pas davantage ici, et passons à la construction des vaisseaux dont Texportation est si importante pour le Canada, et qui forment le . dernier article mentionné dans le tableau que nous avons donné de nos exportations.

Lord Elgin disait en 1853 que " peu de ports offrent autant de " facilité que Québec pour la construction des bâtiments, tous les ma-

COMMEBCfi*

" térîaux employés dans la construction des navires y étant à bon " marché, la main d'œuvre abondante et peu chère durant l'hiver, et " les .chargements toujours certains." C'est ce qui explique pourquoi cette grande industrie prend depuis quelques années de si grands développements, bien qu'elle ne fasse encore, pour ainsi dire, que commencer à s'étendre. Le tableau suivant fera voir, mieux que tout ce que nous pourrions dire, les développements et par fois la décroissance de cette industrie.

Tableau du nombre de vaisseaux construits à Québec, et du tonnage de ces vaisseaux de 1843 à 1854.

AiméeB.

No. de vaiaseaux.

No. de teaneaux.

Aimées.

No. de yaÎBseauz.

No. de tonneaux

Quoiqu'on dût s'attendre à une grande diminution dans la construction des vaisseaux en 1854, ce tableau nous fait voir que le nombre en a été le même cette année qu'en 1853 ; seulement il y a eu dans le tonnage de 1854 une diminution de 4,229 tonneaux. C'est un résultat satisfaisant, si Ton se rappelle que les constructeurs ont dû, durant l'été, restreindre leurs entreprises par suite de la guerre de Eussie et de la difficulté qu'il y avait pour eux, comme pour tant d'autres, à se procurer les crédits suffisants pour faire face à leurs affaires. Ce sont les mêmes raisons qui restreindront beaucoup la construction des vaisseaux cette année. Il est bien vrai qu'à Québec nous avons déjà sur les chantiers environ 25 vaisseaux dont le jaugeage total sera d'à peu près 30,000 tonneaux. Mais plusieurs de ces vaisseaux ont été commencés à une époque où la gène monétaire était moins grande qu'en ce moment, et il ne serait pas surprenant qu'un certain nombre de ces vaisseaux ne fissent que peu de progrès pour le moment.

Quoiqu'il en soit, cette grande et importante industrie a pris des développements assez considérables pour qu'on puisse lui prédire un bien bel avenir. Une crise commerciale peut bien en arrêter l'élan pendant une ou deux années ; mais, la crise passée, la construction des vaisseaux recommencera sur un pied plus étendu- qu'aitparavant, et se doublera en peu de temps. Nous craignons si peu d'être démenti par les résultats, que nous consignons ici le fait qu'en 1853 le nombre total de vaisseaux à voiles et à vapeur construits dans la Province a été de 138, représentant un tonnage de 59,070 tonneaux.

Quant aux 76 vaisseaux construits en 1854 dans le port de Québec, . ils appartenaient aux classes suivantes :

Bateaux-à-vapeur 8 jaugeant 518 tonneaux

Barques ou goélettes 25 " 2,625 "

Navires 43 " 44,165 "

Terminons ce chapitre par quelques rapprochements entre le commerce des Etats-Unis et le nôtre.

Les Etats-Unis ont fait durant les 10 dernières années des importations pour les montants suivants :

Ces $267,978,647, représentant la valeur des importations des

Etats-Unis en 1853, sont égales à 6666,994,661 15s. courant. Or, la population libre et esclave des Etats-Unis, en la même année, était de 25,811,147 habitants. D*où nous concluons que les importations de rUnion Américaine en 1853 ont été proportionnellement moindres que les nôtres, puisque le montant de celles des Etats-Unis ne donne que <£2 Ils. lld., courant, par chaque individu, tandis que le montant de nos importations donne c£3 17s. 7d., courant, par chaque habitant du Canada.

Et si nous passons aux exportations des Etats-Unis, nous trouvons qu'elles ont été comme suit durant les dix mêmes dernières années :

Ce dernier montant étant égal à «£57,613,062 10s. courant, chaque habitant des Etats de l'Union Américaine se trouve à avoir

participé à ces exportations pour un montant de <£2 4s. 8d., courant, tandis que durant la même année la proportion de chaque habitant du Canada dans les exportations du pays a été de <£2 12s. lld. D*où nous concluons encore que, proportionnellement à la population, le Canada a exporté en 1853 pour un plus fort montant que les Etats-Unis.

' Pour ce qui est des importations d'objets de manufacture anglaise, le Canada et les Etats-Unis se trouvaient en 1851 dans la position suivante :

Importations de manufactares anglaises.

Canada dg 2,475,643,

Etats-Unis c£23,461,999,

ce qui donne 26 schellings pour chaque habitant du Canada, et environ 16 pour chaque citoyen des Etats-Unis.

En somme, le commerce canadien est dans un état très florissant et a fait depuis quelques années des progrès étonnants. Les Etats- Unis le comprennent si bien qu'ils ne cessent de faire de prodigieux eflPbrts pour l'attirer à eux, et annuler pour ainsi dire par des moyens artificiels tous les avantages que la voie du St. Laurent offre tout naturellement au commerce canadien et à celui d'un grand nombre d'Etats de l'Union Américaine. . C'est ce qui explique le fait qu'ils ont dépensé plus de $150,000,000 pour construire des chemins de fer qui relient l'Atlantique aux grands lacs et au St. Laurent, et plus de $75,000,000 pour ouvrir des canaux qui puissent accaparer notre commerce. M. Woodbury dit à ce sujet : " La valeur de ces ouvrages " est plus grande que le coût de tout notre tonnage étranger, qui est " aussi intéressé ou employé au même commerce. Quant aux cités " dont la valeur de la propriété foncière dépend en grande partie de ** ce commerce, on peut à peine l'estimer, mais on ne risquerait rien à " dire que la prospérité réelle et une grande partie du revenu d'un " capital de plus de $500,000,000 dépendent matériellement de cette " question et en dépendront encore davantage plus tard. Ce com- " merce est en effet d'une importance vitale pour les intérêts des " chemins de fer du Maine, du New Hampshire, du Vermont et de la " partie septentrionale de l'Etat de New- York, et d'une très grande " importance pour tous les chemins de fer des Etats de New- York, " Pensylvanie et Ohio qui sont en communication avec les lacs."

Devant des sacrifices aussi grands que ceux que font les Etats- Unis, devant l'intérêt si considérable qu'ils ont à nous enlever le commerce de l'ouest, nous serions condamnables de montrer si peu d'énergie et d'esprit de conservation que de nous fier à la supériorité de la voie du St. Laurent et de demeurer inactifs et sans in-

96 COMMEECB.

qmétude sur Tavenir. Nous devons m, contraire veiller partout et à toute heure à ce que TUnion Américaine n'accapare pas à son profit un commerce pour lequel la main de la Providence a construit une large voie, que des esprits superficiels peuvent croire faîte uniquement pour Tusage de cette Province, mais que Texpérience d'aulnes temps et d'autres lieux nous dit être destinée à servir de débouché à une grande partie de TAmérique septentrionale, comme le Danube sert de grande route à plusieurs empires et royaumes d'Europe. Les dimensions du St. Laurent sont trop gigantesques pour que ce grand fleuve soitexclasivement à l'usage d'une Province ou d'un Etat quelconque. Ce n'est pas en vain qu'il prend sa source au cœur même de l'Amérique ; ce n'est pas en vain qu'il semble avoir figiit un suprême effort, par l'extension qu'il s'est donnée dans nos immenses mers int^ rieures, pour engager les populations occidentales de ce vaste continent à se servir de ses eaux. H faut que les préjugés disparaissent et que la nature reprennent ses droits ; et alors nous verrons ce que nous ne faisons encore qu'entrevoir, c'est-à-dire les pavillons de toutes les contrées du globe flotter sur nos eaux, qui porteront à tous les pays au nord de TOhio les productions de l'Europe et des Indes, et en rapporteront en échange les céréales, les produits animaux, et les minerais de l'Amérique du nord.

—«^vv^çà^^îv»—

IMMIGRATION

L'immigration mérite bien d'avoir à lui seul un chapitre dans un Essai destiné à faire connaître ce qu'est le Canada et quelles sont ses ressources. L'immigration est en eflfet une richesse pour cette Province, qui paj elle voit peupler ses déserts et augmenter ses res^ sources et ses revetius^

Jusqu'à ces années dernières, l'immigration était en Canada presqu'exclusivement irlandaise ou écossaise. Elle continue actuellement à être irlandaise et écossaise pour une grande partie, maïs elle voit aussi grossir ses rangs des enfants inquiets de l'Allemagne, qui viennetit en Amérique chercher cette liberté que leur imagination a rêvée et que leurs poètes ont célébrée dans leurs chants.

• Cette immigration est eependant bien loin d'être ce qu'elle devrait être et ce qu'elle sera indubitablement du moment que l'Irlandais, l'Ecossais, l'Allemand et le Français sauront ce qu'est la terre dtt Canada et les facilités qu'offrent à l'émigrant la voie si belle, si rapide et si économique du St. Laurent. Elle est néanmoins déjà assez considérable pour attirer l'attention de nos amis de New- York, qui suivent avec une anxiété bien naturelle les progrès que nous faisons dans notre navigation intérieure, et les facilités nouvelles que nou« offrons à l'immigration d'outre-mef.

Le tableau suivant indique les variations de l'immigration par la voie du St. Laurent durant les quinze dernières années, et fait voir en même temps que, si l'immigration de 1847 a été plus considérable que celle de 1854, le nombre d'immigrés durant cette dernière année a été beaucoup plus élevée que celui des immigrés de chacune des autres années qui se sont écoulées de 1840 jusqu'aujourd'hui.

Aimées. Nombre d'immîgrfe.

98 IMMIGRATION

Années. Nombre d'immigrés.

Ce tableau est certainement très satisfaisant, parce qu'il prouve qu'enfin les avantages de la voie du St. Laurent commencent à être appréciés de l'autre côté de l'Atlantique, et que la politique, que nos hommes d'état suivent sous ce rapport depuis plusieurs années, est couronnée de ce succès qu'elle mérite si bien pour sa libéralité.

Il ne faut pas croire cependant que tous ces immigrés soient destinés au Canada. Un grand nombre d'entre eux ne se servent do notre fleuve et de nos canaux que comme du chemin le plus convenable pour les conduire vers les terres occidentales de l'Union Américaine. Même avec cette destination, les immigrés sont un bien et une richesse pour la Province, puisque chacun d'eux, selon des calculs sur lesquels on peut compter, doit laisser en 'Canada ôêI 6s. 3d. depuis Québec jusqu'à Buffalo, et dans cette somme ne sont pas compris les frais de nourriture. Or, comme la moitié des immigrés qui ont suivi la route du St. Laurent de 1840 à 1852 ont franchi la frontière et se sont établis dans l'ouest des Etats-Unis, si nous admettons la même proportion pour les années 1852, 1853 et 1854, nous devons reconnaître que ces 280,739 immigrés nous ont laissé «£368.470 pour leurs frais de transports. Et si à cette somme nous ajoutons 15 schelings par tête pour la nourriture, nous aurons une somme totale de 66579,024 représentant le profit que la Province a retiré depuis 1840 de l'immigration destinée aux Etats-Unis. Avons-nous donc raison d'inviter par toutes sortes de facilités l'émigration étrangère à suivre la voie du St. Laurent? Nous devons néanmoins remarquer que les statistiques de l'immigration pour 1853 prouvent que moins d'un tiers des immigrés qui ont suivi, cette année-là, la voie du St Laurent, ont traversé la frontière, puisque 11,504 immigrés seulement sont passés aux Etats- Unis, tandis que 19,000 se sont établis dans le Haut-Canada, et les 6000 autres sont restés, au moins momentanément, dïtns le Bas-Canada, où des travaux publics leur fournissaient de l'emploi.

IMMIGRATION

En 1854, rîmmigratîon s'est accrue considérablement, se trouvant d'environ une moitié plus nombreuse qu'en 1853. C'est un progrès très rapide et probablement beaucoup plus rapide que celui d'aucun autre port. La raison* en est dans le fait que les émigrés trouvent la route du St. Laurent* préférable à celle des Etats-Unis, bien que l'immigration à New- York soit encore beaucoup plus forte qu'à Québec. Nous pouvons ajouter que, si l'émigration irlandaise et allemande est aussi considérable en 1855 que durant l'année dernière, le nombre d'immigrés au port de Québec sera probablement d'au moins 70,000, parce que, comme le remarque un écrivain (l'bonorable M. Cauchon), " on a vu cette année (1854), à Québec, des " hommes qui ont toute leur vie été employés à diriger les émigrants " d'Angleterre vers l'Amérique, et qui, étonnés de la beauté du " Canada, de la grandeur de ses ressources et de la supériorité de la " voie du St. Laurent sur celle de New- York, se sont promis de diri- " ger à l'avenir, vers Québec, autant qu'ils le pourront, le flot de l'é- " migration." Il est probable qu'en 1856 nous aurons aussi une immigration française, qu'attireront vers nos rives nos terres si étendues et si riches et notre population de mœurs et d'origine françaises.

Disons, en terminant, que le nombre total d'émigrés partis d'Europe et des ports du Golfe en 1854 a été de 53,716, dont 487 sont morts dans la traversée.' Parmi ces émigrés, se trouvaient 3,421 pauvres dont 28 d'Angleterre, 2,971 d'Irlande et 422 d'Allemagne. Ils ont dû payer à la Province, en débarquant, 063,271.

Enfin le tableau comparatif qui suit fera voir le progrès de l'émigration des différents pays vers le Canada, depuis 1847.

Angleterre et Pays de Galles.

Irlande

Ecosse

Ports inférieurs .... . . .

Continent d'Europe

Par ce tableau, il est facile de voir que nous avons raison de dire que l'émigration européenne apprécie de plus en plus les avantages de la route du St. Laurent, car sans cela elle ne grossirait pas chaque année les flots qu'elle dirige vers nos rives.

L'émigration étrangère sait d'ailleurs qu'en aucun autre pays elle n'est mieux traitée qu'en Canada. La Province entretient en effet sur plusieurs points de nos côtes des dépôts de provisions, et tient tout prêts des secours pour les naufragés. D'un autre côté, l'établisse-

100 IMMIGBAtlON.

ment de la Grosse-Ile, à dix lieues de Québec, offre anx immigrés malades des hôpitaux où Qs ont les seconrs de Tart et de la religion, et à tous nn lieu commode pour se purifier après une longue trayersée et se préparer au grand voyage de l'intérieur de TAmérique. A Québec, ils reçoivent au Bureau de Timmigration tous les renseignements, avis et conseils possibles, et si quelques uns d'entre eux y tombent malades, THÔpital de la Marine est là pour les recevoir et leur fournir les secours désirables. Enfin, de Québec jusqu'au lieu de sa destination, l'immigré est transporté sur de bons et rapides bâteaux-à-vapeur et chemins de fer, qui lui font oublier les lenteurs et ennuis qu'il a éprouvés sur l'Océan, sans compter que le plus souvent il trouve de l'emploi sans difficulté du mom«it qu'il met pied à terre.

— «^^^'^çà^-^v»--

Fableb de la voie du St. Laurent, c'est parler des ressources et de Tavenir tout entier du Canada. Etablir la supériorité de cette voie çur ses rivales, c'est assurer les ressources et l'avenir du pays. C'est ce que nous essaierons de faire dans ce chapitre, mais nous voulons Je faire loyalement et sans ôter à nos voisins ce qui leur appartient et ce à quoi leur énergie et leur esprit d'entrepi^e leur donnent droit.

On a prétendu longtemps que les rivières qui suivent la direction d'un méridien ont des avantages très prononcés sur celles qui suivent des parallèles do latitude, parce que, disait-on, les méridiens traversent des climats différents et sont de cette manière plus favorables au commerce; c'est ainsi qu'on eût voulu donner la préférence au Mississipi sur le St. Laurent. Voyons ce que vaut cette prétension.

Le fleuve St. Laurent, considéré sous le point de vue commercial, commence maintenant au fond du lac Supérieur, puisque le canal du Sault StcMarie doit être livré à la navigation ce printemps. C'est sur les bords de cette grande mer intérieure que se trouvent les riches mines qui doivent plus tard faire de cette région une des plus florissantes de l'Amérique. Plus bas, dans l'Archipel du lac Huron, il y a une magnifique pêcherie d'eau douce, et en descendant le cours du fleuve on a d'abord d'un côté la partie occidentale de l'Etat de New -York et de l'autre le Haut-Canada ; et plus tard, sur les deux rives^ le territoire bas-canadien, si riche en productions de toutes sortes. Et si nous poursuivons notre route, nous rencontrons les vastes cajeux de bois de rOutaouais et du St. Maurice, nous passons devant l'opulente ville de Montréal, et puis devant Québec la ville maritime la plus commerçante du nouveau monde après New-York, et ensuite nous touchons aux mines si précieuses du Cap Breton et de la Nouvelle Ecosse, pour finir par franchir les inépuisables pêcheries du golfe.

Mais h> quoi bon, dira-t-on, parler de tous ces trésors qui bordent le St. Laurent, puisque notre climat est plus chaud en été et plus froid en hiver que celui de pays semblablement situés en Europe ? A quoi bon ? Mais à ajouter un nouveau motif à tous ceux que la voie du St. J^au-

rent présente aux Canadiens et à l'étranger de se servir de cette grande route naturelle.

Et d'abord, le climat du Canada, on Ta calomnié. Nos hivers sont rudes, c'est admis ; mais le Canada occidental produit des fruits, tels que les raisins et les melons, que le climat humide de l'Angleterre ne laisse pas mûrir ; mais le Bas-Canada produit le blé que la Norvège ne fournit pas. A quoi bon alors nous reprocher nos longs hivers, si nos étés sont suffisants pour permettre aux fruits des pays les plus chauds de mûrir sur notre sol ? Bien loin de nous en plaindre, nous devons en bénir la Providence, puisque la neige que nos hivers nous apportent est un engrais naturel qui produit des effets bienfaisants, en permettant à la terre de se reposer.

D'ailleurs que nous font voir les états des arrivages à Québec % Que la date du premier arrivage au port de Québec est, terme moyen, pour les 29 dernières années, " le 29 ou le 30 d'Avril," et que celle du premier arrivage de Montréal au port de Québec durant la même période est " le 25 d'Avril." Sommes-nous donc sous ce rapport en arrière des États-Unis et particulièrement en arrière de l'Etat de N-ew-York? C'est ce que va nous montrer l'état suivant, qui nous donne la date de l'ouverture du canal Erié pour les 12 dernières années :

Années.

Ouverture.

Années.

Ouverture.

Années.

Ouverture.

1er mai.

18 avril.

15 avril

16 avril.

1er mai.

1er mai.

1er mai.

22 avril

15 avril.

20 avril.

20 avril.

1er mai.

On voit par ce tableau que le canal Erié, durant les 12 dernières années, s'est ouvert 5 fois le 1er de Mai, 1 fois le 22 d'Avril, 2 fois le 20 d'Avril, une fois le 18 et une fois le 16 d'Avril, et seulement 2 fois à la mi- Avril. Le terme moyen de ces douze années est le 23 ou le 24 d'Avril, et celui des 25 dernières années est le 21 d'Avril. H y a aussi ceci de remarquable, c'est que durant les années 1847, 1848 et 1849 le canal Erié ne s'est ouvert que le 1er de Mai, tandis que nous avions à Québec des bateaux-à-vapeur de Montréal dès le 17 d'Avril et des vaisseaux d'outre-mer dès le 24.

Qui ignore d'ailleurs ce qu'il faut de temps pour remplir d'eau le canal Erié, et faire les préparatifs nécessaires après la disparition do la neige ? On peut donc dire qu'en général la voie du St. Laurent et la voie de l'Erié sont ouvertes à la même époque, c'est-à-dire vers le 1er de Mai, •

^ D'un autre côté, le canal Erié se ferme d'ordinaire (c'est la moyenne des vingt-cinq dernières années) avant le cinq de Décembre. Or, au port de Québec, les vaisseaux peuvent, chaque année, être expédiés au 5 de Décembre et quelquefois jusqu'au 10 et au 15, et il» rencontrent moins d'obstacles et ont à essuyer moins de tempêtes que s'ils étaient partis dans le mois de Novembre. Au reste, les améliorations faites par la Province dans le bas du fleuve et celles qui sont projetées auront pour effet de faire disparaître ces obstacles et de fournir aux vaisseaux des lieux de refuge contre les tempêtes.

Si maintenant nous considérons la position du Mississîpi, nous devrons avouer qu'il a sur nous d'une manière l'avantage durant l'hiver, mais aussi qu'il ne l'a pas pour le commerce auquel nous aspirons. Les pays à blé se trouvent en effet au nord et sur les rivières qui se jettent dans le Mississipi ; et le climat de ces pays étant à peu près celui du Canada, les glaces y interrompent la navigation durant l'hiver. En sorte que, pour ce qui a rapport au commerce auquel le Canada est intéressé, la route du Mississipi n'est pas plus favorable que celle du St. Laurent.

Ainsi, sous le rapport du climat, le St. Laurent n'a rien à envier à ses rivaux, et nous ajoutons que, sous celui de la navigation, la voie du St. Laurent est supérieure à celles de l'Erié et du Mississipi.

De même en effet que l'on a calomnié notre climat, de même aussi on a exagéré les difficultés de notre navigation. Et pour ne parler que du Golfe, il faut se rappeler qu'il a trois sorties : 1**. celle du Détroit de Belle-isle ou bouche septentrionale, qui est probablement destinée à êtr^ la plus fréquentée, parce qu'elle sera la plus courte et la plus sure, du moment que le gouvernement y aura placé des phares comme il Ta décidé ; 2*. celle du centre entre le Cap Breton et l'Ile de Terreneuve; 3**. celle du Détroit de Canseau. La première a une largeur de 10 milles et la seconde est d'environ 50 milles.

C'est au sujet d'un de ces chenaux que l'on a tant écrit sur les dangers du Golfe ; on faisait allusion au courant qui, se précipitant dans le Golfe par le Détroit de Bellisle, fait refluer les eaux vers le Cap Rosier et y pousse les vaisseaux qui fréquentent ces parages. Mais on avait bien soin de ne pas ajouter que, comme ce courant est toujours le même et comme la cause en est bien comprise, les marins ictelligents et capables ne le craignent pas, parce qu'il n'offre réellement pas de dangers pour quiconque en connaît les effets. On se gardait bien aussi de parler des embarcations qui le plus souvent font le commerce de cabotage entre les Provinces d'en bas et Québec, car on eût fait voir qu'il faut en vérité que les dangers de la navigation du Golfe soient peu redoutables pour que de semblables vaisseaux parviennent sains et saufs i leurs ports de destination,

M4 LA VaiB DU ST. LAURENT.

Mais la vérité a fini par triompher et aujourd'hui on en voit les effets dans la baisse qu'ont subie les primes d'assurances. Précédemment, on exigeait des primes plus fortes à Québec qu'à New- York» parce qu'en Europe on s'était laissé prendre aux tableaux chargés que des étrangers faisaient des dangers de notre navigation. Plus tard les Américains, qui savaient bien ce que valait la voie du St. X<aurent, assurèrent nos vaisseaux moyennant des primes réduites, en sorte qu'à l'heure qu'il est nous ne payons pas plus à Québec qu'à New- York.

Une des raisons qui ont fait baisser les primes d'assurances, c'est le petit nombre de vaisseaux qui se perdent dans le golfe et le fleuve St. Laurent. Ainsi, en 1850, deux vaisseaux seulement ont été naufragés dans nos eaux, et sans l'imprévoyance et le manque de soins de ceux qui les commandaiant, ils eussent été sauvés ; car ils se sont perdus en un temps favorable. Or, cette année-là, il est arrivé à Québec, 1341 vaisseaux, et il y en a été construit 45 ; d'où il faut conclure qu'il a été fait au moins 2,727 voyages d'aller et de retour. En 1851, sur 1,469 arrivages, il n'y eût que 8 naufrages, et 11 en 1852 sur 1,234 arrivages. L'an dernier (1854), la perte des vaisseaux a été peu considérable, quoique les arrivages aient été de 1670 ; ce qui fait encore mieux comprendre que, si le nombre de vaisseaux naufiragés a été plus graàà en 1853, il ne faut pas en accuser la navigation du fleuve, mais se rappeler qu'ils ont été perdus dans une de ces tempêtes pontre lesquelles il n'y a presque pas à se prémunir. Ajou- ^ tons que la maison Gilmour de Québec, qui, de 1839 à 1853 inclusivement, a reçu à Québec 1,077 vaisseaux jaugeant 673,472 tonneaux, n'en a perdu que deux, et elle est tellement convaincue* des avantages et de la sûreté qu'offire la voie du St. Laurent, qu'elle n'assure ^as ses vaisseaux.

C'est avec de pareils faits devant les yeux que l'on a tant et tant écrit au sujet des difiicultés et des dangers de la navigation du golfe et du fleuve St. Laurent. On a semblé se complaire à dénaturer les faits, comme si la vérité ne devait pas tôt ou tard se faire jour. On s'est surtout bien gardé d'établir une comparaison entre les pertes que le commerce et la marine essuyaient dans nos eaux et celles qu'ils subissaient dans les eaux des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. On s'est contenté d'avancer que l'unique compagnie d'assurance locale, qui existait contre les dangers de la mer, a été ruinée pir les pertes que lui ont fait subir les naufrages du fleuve et du golfe St. Laurent ; et l'on a bien eu soin de ne pas ajouter que cette coinpagnie eût été florissante et n'eût jamais failli, si elle se fût bornée à assurer contre les dangers de notre navigation, et n'eût pas assuré

contre ceux de la navigation du Missîssîpi, du golfe du Mexique, de la navigation aux Indes occidentales.

Nous allons plus loin, et, consultant les statistiques maritimes des Etats-Unis, nous voyons qu'en 1848 pas moins de 585 vaisseaux américains se sont perdus, 477 personnes ont péri dans ces naufrages, et la perte des marchandises a été de plus de 061,100,000. Sur la route du Mississipi le nombre de vaisseaux naufragés sur le récif de la Floride a été de 41 en 1848 et de 48 en 1849 ; il est, année commune, de 35 à 36. D'autres tables statistiques nous montrent que le nombre de vaisseaux qui ont péri en 1853, dans les domaines de la Grande-Bretagne, a été de 2000, et dans les eaux de TUnion Américaine de 1,100.

Que sont après cela les quelques naufrages qui ont lieu annuellement dans les eaux canadiennes ? Et comment expliquer Timmense déception dont une partie du monde commercial a été la dupe à Tendroit de la navigation du golfe et du fleuve St. Laurent 1

Nous ne prétendons point que notre navigation soit encore parfaite. Nous désirons seulement démontrer qu'on Ta calomniée, et qu'elle offre réellement moins de dangers que la route du Mississipi ou les côtes atlantiques des Etats-Unis. Et nous pouvons ensuite ajouter que notre gouvernement a si bien senti le besoin dans l'intérêt du pays et pour la sûreté du commerce, de faire de grandes améliorations, qu'il a demandé à la Législature et en a obtenu de nombreux votes d'argent pour les faire exécuter. C'est ainsi qu'il a fait construire, moyennant plus de «£100,000, des quais et jettes en diiférents endroits du fleuve, en bas de Québec, pour donner au commerce les facilités qu'il demandait depuis longtemps, et offrir aux vaisseaux des lieux de refuge contre la tempête. Ces quais sont situés sur la rive nord à la Malbaie et aux Eboulements, et sur la rive sud à Berthier, rislet, la Pointe-aux-Orignaux, la Rivière du Loup et Eimouski. Il est maintenant question d'en construire d'autres au 'Bic, à Métis et à l'Ile d'Anticosti, ce qui assurera davantage, dès l'embouchure du St. Laurent, une navigation rapide et sans dangers, maintenant surtout que. la Province fait ériger de nouveaux phares au Cap Rosier, à la pointe occidentale de l'Ile d'Anticosti, sur une île près de l'extrémité occidentale du Détroit de Belle-isle, et sur l'Ile de Belle-isle à l'entrée orientale de ce Détroit, et que de plus elle entretient à grands frais, dans le bas du fleuve, cinq steamers remorqueurs dont les vaisseaux d'outre-mer peuvent se servir, quand besoin est, particulièrement dans les tempêtes.

Nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire de nous étendre davantage sur les prétendus dangers du St. Laurent. Pour tout le monde,

il doit être actuellement prouvé que la voie du St. Laurent est aussi sure, sinon plus sure, que toute autre route. Voyons maintenant si elle est, comme on Ta prétendu, moins avantageuse que celle de New- York, sous le point de vue de la longueur du trajet.

Il n'y a que quelques années, on ne consultait guère que les cartes à projection de Mercator, et au moyen d'une carte unie, on prouvait que New- York est beaucoup plus près de la Grande-Bretagne que ne Test Québec. Mais, dit M. T. C. Keefer, "si Ton étend un fil sur le globe, d'un point quelconque du chenal britannique jusqu'à Toledo sur le lac Erié, et qu'on le dispose de manière à suivre la ligne la plus courte, on trouvera que ce fil traverse presque toute l'Amérique, en suivant le cours des eaux an St, Laurent, sans en dévier sur aucun point de plus de 30 milles ; et si l'extrémité du fil est alors tîliangée de place et posée sur Glasgow ou au nord de l'Angleterre, la direction la plus courte se trouvera par le détroit de Belle-llcy entre Terreneuve et la côte du Labrador. Maintenant si l'on pose un des bouts de ce fil sur New- York et l'autre sur Liverpool, dans la position la plus courte possible, on verra que le fil passe sur Vue de Terreneuve, bien que sur les cartes unies cette île paraisse aussi en dehors de la voie que le Groenland. Kingston (qui est dans le Haut-Canada à 369 milles ou 123 lieues de Québec) est aussi près de Liverpool, et Hamilton aussi près de Glasgow, que New- York l'est de l'une ou l'autre de

ces villes par la voie de la navigation La côte de l'Amérique

Britannique du nord est de 1000 milles plus près de la Grande-Bretagne que New- York En étendant un fil depuis les vastes

régions à céréales de l'Amérique jusqu'au pays de l'Europe qui en consomme le plus, la Grande-Breta^e, nous trouvons que le St. Laurent traverse presque la ligne d'un grand cercle, et qu'il présente à la fois LA LIGNE LA PLUS COURTE et le mode de communication le plus rapide et le plus économique.'*

M. Keefer fait voir ensuite que la partie de l'Atlantique la plus" exposée aux tempêtes se trouve sur la route entre New- York et Liverpool, et il ajoute que c'est là que le Great WesUrn a failli périr et que le "Président a ét-é vu la dernière fois. Et il continue comme suit : " De deux navires qui font voile en même temps de New- York, celui qui prend la route du nord, longeant la côte de la Nouvelle-Ecosse, éprouve un passage heureux, tandis que l'autre, après une lutte tumultueuse contre les éléments, sort de cette lutte brisé et endommagé, et est obligé de mettre dans quelque port pour réparer ses dommages, avant de pouvoir continuer sa route. Le courant du golfe incline à l'est sur les bancs de Terreneuve, et se dirige du côté de la Méditerrannée ; la route du St. Laurent n'en ressent donc aucun

effet nuisible. Les steamers Cunard prennent la route du nord ; c'est là tout le secret de leurs rapides traversées." Après cela vient le tableau suivant :

Distance de la Nouvelle-Orléans à Liverpool 5300 milles,

Distance de New- York à Liverpool 3500 "

Distance de Québao à Liverpool, par le Détroit de Belle-

Isle et le nord de l'Irlande 3000 "

Distance de la Nouvelle-Orléans à la Méditerrannée. . . 5230 "

Distance de New- York à la Méditerrannée 3690 "

Distance de Québec à la Méditerrannée, par le Cap Eay

et St. Paul * 3550 "

Distance de Québec à la Méditerrannée, par le Détroit de

Belle-Isle 3475 "

Ainsi Québec est plus près de Liverpool et de la Méditerrannée que ne le sont la Nouvelle-Orléans et New- York. Québec est aussi plus près de tous les ports de TEurope, de TAfrique ou de la Mer des Indes que ne le sont ses deux rivales.

Lord Elgin corrobore tout ce qui précède dans une de ses dépêches de 1852 ; il dit :

" Il n'est pas suflBsamment connu que la distance de Liverpool à Québec, si Ton prend le Détroit de Belle-Ile, est d'environ 400 milles, et si Ton prend la voie du sud, de 100 à 200 milles plus courte que celle de Liverpool à New- York, et cette route pour conduire à TOcéan n'offre pas de dangers particuliers pour les bons bâtiments dirigés par des officiers au fait de cette navigation."

On voit donc que le même esprit d'intérêt local, qui a fait prétendre longtemps que la navigation du golfe et du fleuve St. Laurent est exposée à de très grands dangers, a engagé à dire que la route de notre fleuve est plus longue que celle qui conduit à New- York ou à la Nouvelle-Orléans.

Il était important d'établir par des chiffres et des faits que la voie du St. Laurent est plus sûre et plus rapide que toute autre voie, avant d'en venir à considérer la questipn de savoir s'il est plus avantageux, aux émigrés d'Europe et au commerce destiné à l'intérieur de l'Amérique ou en sortant, d'adopter la voie du St. Laurent que celle de New-York ou celle du Mississippi. Car, dès le début, nous établissions un avantage en faveur de notre voie, qui devra être préférée pour sa sécurité et sa célérité, s'il ne se présente pas, dans la navigation au-dessus de Québec, quelque chose qui détruise ces avantages. Aussi nous hâtons-nous d'examiner ce qu'est notre navigation intérieure depuis Québec jusqu'à l'extrémité du lac Supérieur.

LA VOIB DU ST. LA.UBBNT,

U American Rail-Road Journal donne aux grands lacs les dimensions suivantes :

Longueur.

Largeur.

Lac Supérieur

Lac Michigan

Lac Huron

Lao Ste. Claire

Tiac Erié

Lao Ontario

420 milles. 340 « 270 « 18 « 240 « 180 '*

135 milles,

Total '

1468 milles.

. 602 milles.

Hunt's MerchanVs Magazine, citant un journal bien renseigné du Haut-Canada, donne aux lacs Supérieur, Michigan, Huron, 'Erié et Oitario une longueur dB 1585 milles qui, avec les 18 milles du lao Ste. Claire, feraient un total de 1603 milles.

Prenant ce dernier calcul comme correct, nous aurions une navigation intérieure non-interrompue d'environ 20Q0 miUes ! Pans tout le cours de cette navigation, les vaisseaux n'ont à franchir en descendant que 29 milles de canal et 49 écluses, auxquelles cependant il faut ajouter les écluses du petit canal Ste. Marie qui ne sont certainement pas au nombre de plus de 6. Le reste de la navigation se fait sur les lacs et le fleuve, et n'est surpassée par aucune autre navigation au monde. En remontant, le^ vaisseaux ont 71 milles de canal à traverser pour se rendre à l'extrémité du lac Supérieur.

Si maintenant nous comparons cette navigation à celle du, canal Erié, nous verrons qu'un vaisseau qui partira aussi du fond du lac Supérieur et se rendra à New-York aura la même distance à parcourir que s'il venait à Québec, mais il devra franchir 365 milles de canal et 81 écluses en outre de celles du canal Ste. Marie.

La différence en faveur de la voie du St. Laurent sur celle du eanal Erié est donc énorme, puisque nous avons ici 630 milles de canal et 32 écluses de moins à franchir. Et si nous calculons la durée du trajet d'un vapeur de force moyenne de 500 tonneaux, nous aurons les résultats suivants pour les deux routes, en prenant notre point de départ à Chicago au fond du lac Michigan :

De Chicago à New-York par l'Erié 16 jours

De Chicago à Québec par le St. Laurent 10 '*

Différence- en faveur du St. Laurent , . . 6 *^

Mais si, laissant de côté la partie de la navigation qui commence au fond du lac Michigan et aboutit è. l'extrémité inférieure du lao Erié, parce qu'elle est la même pour les deux routes, nous prenons

LA Vom t>U ST. LAtJBfiNt. 109

notâce poM de départ an pied du lac Erié, à Buffalo d'un côté et à Port Maîtland de l'antre, nous aurons les résultats suivants :

(*) " Une cargaison de 300 tonneaux, arrivant à Buffalo, sera ** transbordée dans cinq petits bateaux qui mettront 12 jours, terme " moyen, à se rendre à New-York, tandis que la même cargaison» " parfaitement entière et sans éprouver de dérangement, franchira le " canal Welland et parviendra en quatre jours à Québec, c'est-à-dire " dans le tiers du temps que la cargaison morcelée sm le canal amé- " ricain mettra à se rendre à New- York ; et en supposant que le bâti»- " ment, arrivé à Québec, transborde de suite sa charge dans un navire " faisant voile pour TEurope, ce navire avec un vent favorable aura " atteint les bancs de Terreneuve avant que la cargaison passée par " le canal Erié ait été déchargée à New- York ! "

Ajoutons que Télargissement du canal Erié ne peut pas produire d'autre résultat que celui de permettre aux vaisseaux qni le fréquentent de porter environ le tiers de la cargaison des vaisseaux qui franchissent les écluses des canaux du Canada, et ne fera pas disparaître la nécessité et l'inconvénient de plusieurs transbordements, qu'on évite entièrement en suivant la voie du St. Laurent.

En voilà assez pour prouver que la voie de notre fleuve est beaucoup plus expéditive que celle du canal Erié. Voyons maintenant ce que nous devons penser de celle du Mississipi.

Le Mississipi est navigable pour les bateaux-à-vapeur sur une longueur de 2,660 lieues en comptant la navigation de ses principaux tributaires. Le premier bateau-à-vapeur y fut construit en 1817, environ cinq ans après la construction dans le Bas-Canada du premier bateau à vapeur qui fut bâti en Amérique ; et 16 ans après on y en comptait 230, en 1842 il y en avait 450, et on en comptait 572 en 1849. Aujourd'hui, on prétend que le nombre doit en être de plus de 1,200.

Eh bien ! sur ce nombre, il en périt plus de cent chaque année et voici comment : " Le Mississipi, étroit et profond, coule avec une vitesse uniforme de 3 milles à l'heure. Quand les eaux s'élèvent par une crue périodique, elles entraînent dans leur cours des troncs d'arbres qui atteignent le fond à presque tous les points du fleuve et y adhèrent par leur partie la plus lourde ; l'autre extrémité, inclinée vers le courant et invisible à l'œil du navigateur, se présente au vapeur remontant le courant comme une lance en arrêt et le perce. Ces troncs d'arbre^, auxquels les anciens voyageurs canadiens ont donné le nom pittoresque de Chtcots, font ainsi périr plus de cent va-

(*) Rapport da Colonel Taehé, alors Oommissaire des IVaTauz Publics, et d«* puis plusieurs années Beceyeur-Général.

peurs par année, ou un cinquième de tous les bâtiments qui naviguent sur le Mississipi ; perte annuelle de plus d'un million de piastres." (*)

Le taux des assurances y est de 12 à 18 par cent ; néanmoins, en descendant le fleuve, le fret est peu élevé, parce que le courant rapide emporte facilement les bateaux plats, que Ton charge des produits de l'intérieur et que Ton construit à peu de frais. Mais, dit M. Keefer, " l'accroissement du nombre et les frais qu'entraîne la " construction de ces bateaux plats, à mesure que le bois disparaît et " que les produits augmentent, devront avoir l'effet d'élever le prix du " transport au lieu de le diminuer, et comme il est peu probable qu'on " puisse remorquer à bas prix des berges vides en refoulant cons- " tamment le courant pendant tout le cours d'un trajet de 5 à 700 ** lieues, le transport devra se faire en grande partie au moyen de ba- " teaux-à-vapeur. Même à présent une bonne partie des produits de " la vallée de l'Ohio est expédiée au nord par les lacs."

Disons de plus, avec le même M. Keefer, que le tabac, la fleur, le lard, le jambon, le saindoux, le beurre, le fromage, etc., sont des articles qui souffrent et sont souvent détériorés en passant par un climat tel que celui du Bas-Mississipi ; et si l'on se rappelle que les frais de charriage, d'agence et d'assurance contre le feu sont exorbitants, parce qu'à la Nouvelle-Orléans où le climat est si dangereux on ne se contente pas des mêmes profits ou rémunérations que dans les pays du nord ; si l'on se souvient de plus que le prix du fret est de moitié plus élevé à la Nouvelle-Orléans qu'aux ports de l'Atlantique, on ne devra pas être étonné d'apprendre " que des marchands haut " placés dans le commerce de l'Atlantique préfèrent expédier par la " route du nord ou par l'intérieur aux taux ordinaires, plutôt que de " recevoir les articles que nous venons d'indiquer, à la Nouvelle Or- " léans, libres de tous frais de transport jusqu'à ce point."

Avons-nous besoin après cela d'ajouter un seul mot pour engager les émigrés à adopter la voie du St. Laurent de préférence à celle du Mississipi? Ne suflSt-il pas de constater que le climat est très dangereux sur celui-ci et d'indiquer les dangers et la lenteur de la navigation de ce fleuve surtout en le remontant ? Il est en effet hors de doute que, si le courant rapide -du Mississipi sert à descendre les bateaux qui le fréquentent, il est un obstacle très considérable à la navigation de l'extérieur à l'intérieur.

Il est donc prouvé que, sous le rapport de la sûreté, de la durée et de la facilité du trajet, ainsi que sous celui du climat, la route du St. Laurent est bien préférable à celle du Mississipi pour les immigrés et le commerce d'importation. Elle est aussi préférable pour le commerce

(*) Journal de Québec, de 1861.

d'exportation, puisque, tout en ne présentant point les dangers de la navigation du Mississipi et étant exempte de ceux du climat du Bas- Mississipi, elle a en sa faveur les prix plus élevés que Ton obtient sur les marchés du nord que sur ceux du sud. D'où il faut conclure que le transport des produits à Boston et à New- York par la route du nord est plus économique que par la voie du Mississipi.

Voyons à présent quels avantages la route du St. Laurent offre sur celle de l'Erié en ce qui regarde les frais de transports.

En 1850, le coût du transport d'un baril de fleur de Buffalo à Albany par le canal Erié était comme suit :

Fret S0,31

Péages sur le canal 0,46

Total $0,77

En la même année, le coût du transport d'un baril de fleur de Port Maitland à Québec par le St. Laurent était aussi comme suit :

Fret $0,20

Péages sur les canaux 0,15

Total , $0,35

La différence en faveur de Québec sur Albany était donc de $0,42 par baril de fleur, sans compter qu'à Albany il fallait, pour l'expédier pour la mer, l'envoyer à New- York où il se trouvait encore à 300 ou 400 milles plus éloigné de Liverpool que le baril de fleur qui pour $0,35 s'était rendu à Québec.

La différence n'est pas moins frappante pour ce qui regarde les importations. En 1850, on transportait 100 livres de marchandises d' Albany à Buffalo par le canal Erié au taux suivant :

Fret $0,15

Péages sur le canal.' 0,24

Total $0,39.

Le transport du même poids de, marchandises coûtait de Québec à Port Maitland ce qui suit :

Fret $0,05

Péages sur les canaux 0,10

Total $0,15.

Ce qui faisait par le canal Erié $7.80 par tonneau, tandis que par le St. Laurent ce n'était que $3. La différence en faveur du St. Laurent était de $4,80 par tonneau, en outre du fret de New- York à Albany.

La proportion n'a pas changé depuis 1850. La route du St. Laurent, sous le point de vue de Téconomie, est aujourd'hui aussi supérieure à celle de TErié qu'elle l'était en 1850. Nous n'en voulons pas d'autre preuve que celle que nous donne le tableau de nos importations et exportations pour les dernières années. Il nous fait voif qu'elles se sont accrues dans une proportion beaucoup plus rapide que celle de l'augmentation déjà si remarquable de notre population. Et la raison s'en trouve surtout dans le discernement des marchands canadiens et américains qui ont compris que leurs marchandises leur coûteraient moins par la voie du St. Laurent que par toute autre route ; aussi, dans l'intelligence des marchands de l'Ohio, de l'Indiana, deriUinois, du Michîgan, du Wisconsin et mêm« d'une partie de la Pensylvanie, qui importent et exportent par le nord, par les grands lacs Erlé et Ontario ; enfin, dans l'intérêt qu'ont les marchands du Kentucky, du Missouri, du Tennessee et de l'Iowa à importer et exporter en grande partie par les routes septentrionale^ afin d'éviter les frais qu'occasionne la navigation du Mississipi.

Au reste, la navigation de notre beau fleuve n'a pas encore eu ses franches coudées. Laissez la réciprocité commerciale et la libre navigation du St. Laurent avoir leurs eflFets, nous verrons alors si le commerce ne se servira pas de préférence de cette route naturelle que la Providence a faite pour lui, et qui lui présente des avantages tellement marqués sur ses rivales que, quelque soit la politique des hommes, elle devra triompher de tous les obstacles et mériter le nom de " Grande route du Nouveau-Monde." Nous verrons, comme nous le voyons déjà, que notre beau et grand fleuve " nous indemnisera amplement de la courte durée de la saison des affaires, en nous donnant une navigation facile pour les plus grands vaisseaux, et d'une rapidité telle qu'elle nous permettra d'épuiser le surplus des vastes régions de l'ouest dans le peu de mois que la saison des affaires nous laissera après les récoltes." Nous verrons que les primes d'assurances cessant d'être exorbitantes comme elles l'ont été lorsqu'on a exagéré les dangers de notre navigation, et le fret de retour existant par suite de la connaissance que l'on aura obtenue des avantages de la voie du St. Laurent, le transport des articles pesants, tels que le sel et le fer, et des émigrés se rendant aux vastes régions qui bordent les grands lacs, se fera de préférence par cette voie magnifique, et assurera à notre pays un avenir de prospérité commerciale sans exemple.

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