LES CANAUX DU CANADA
Les Commissaires des Travaux Publics du Canada disaient dans leur Rapport de 1848, en parlant des canaux canadiens :
" Il n'y a point dans la Province entière de travaux qui, sous " le rapport de l'importance, puissent leur être comparés ; et les Com- " missaires sont d'avis qu'une impossibilité absolue, faute de ressour- " ces pécuniaires, pourrait seule justifier le moindre' retardement à " mettre la dernière main à l'accomplissement d'une entreprise de la- " quelle le pays a de grandes raisons d'espérer, à une époque peu " éloignée, un revenu proportionné aux énormes sacrifices qu'elle lui " a coûtés."
La Province a partagé cette opinion, parce qu'elle était d'avis, comme elle l'est encore, que c'est le meilleur et le plus sûr moyen " de créer dans la Province un commerce en rapport avec les propor- " tiens colossales de ce vaste continent, et d'assurer au fisc un revenu " ample et proportionné aux capitaux employés dans la confection de " ces travaux." Elle croyait, comme elle croit encore, que " la libre " navigation du fleuve St. Laurent et un commerce avec les Etats- ** Unis fondé sur le libre échange et la réciprocité doivent assurer au " Canada une ère de prospérité inconnue jusqu'ici."
Voilà pourquoi elle n'a pas hésité à employer une grande partie de ses revenus et' à escompter l'avenir pour mener à fin les travaux gigantesques qui ont ouvert au commerce du monde la large et magnifique voie du St. Laurent. On jugera mieux, par le tableau suivant, des sacrifices que la Province s'est imposés :
Tableau du coût ^es principaux canaux du Canada jusqu'à 1855.
Canal Welland 661,501,380
Canaux du Saint Laurent, de Williamsburg,
Comwall, Beauhamais et Lachine 1,687,883
Canal de Chambly 134,812
Canal de la baie de Burlington 87,695
Canal dç Ste. Anne 37,312
, Formant une somme de près de 063,500,000.