INDUSTRIES DU CANADA
Divisant les industries du pays en deux catégories, celle de l'extraction et celle de la fabrication, le nombre des personnes employées dans la première, d'après le recensement de 1891, «tait de 790,210, comme suit :
Dans l'agriculture 735,207
" pêcheries 27,079
" le bois 12,757
" les mines 15,168
Par la même source, il appert que le nombre des personnes employées dans les industries manufacturières et de mécanique, au Canada, était de 370,256, formant un total de 1,160,466 personnes.
Ainsi, en tenant compte du chiffre total de la population, par groupe de 10,000 personnes, ces deux branches d'industries employaient 2,287 personnes, la proportion étant de 1,521, dans la première catégorie, et de 766 dans la seconde.
Aux Etats-Unis, d'après le dernier recensement par chaque groupe de 10,000 personnes, 2,252 étaient employées
LE GUIDE CAXADTEX.
dans ces deux branches d'industrie: 1,489 dans l'extraction et 813 dans la fabrication.
Il a été impossible d'obtenir les données nécessaires, quant aux autres pays, sur les mêmes bases, afin de pouvoir établir un point de comparaison, avec le Canada. Le tableau suivant indiquera suffisamuient, du reste, la position du Canada, mise en regard des autres pays.
Peksoxxes par Groipes d:î 10,000 engagées dans
Agriculture
Industries et Mines
Commerce et Transport
Professions
Domestiques
fcD
D'après ce qui précède, il est évident que le développement du Canada marche de pair avec celui du Continent, et que la répartition du travail, en 1S90, correspondait à celle des Etats-Unis en 1880, surtout, en ce qui concerne les industries extractive et de Tiiécanique.
Agriculture.
Sous le rapport de l'agriculture, le Canada occupe une position enviable.
Il possède un sol fertile, un bon climat, des voies de communications faciles, et d'autres avantages particuliers, source de la réputation dont il jouit dans l'élevage des bestiaux, la production du blé et d'autres céréales de première qualité.
Nous nous contenterons de faire une faible esquisse des rendements agricoles que chaque province est susceptible de donner.
La superficie de l'Ile du Prince Edouard est de 2,000 milles carrés, soit, 1,280,000 acres, dont 1,214,249 habitées, et
718,092 améliorées, en 1890. De ce total, 536,175 acres étaient en culture, 3,845 acres en vergers et en jardins, 178,082 acres en pâturage, et 496,156 en terres boisées et en forêts. Pratiquement, 44 pour cent en culture, 41 pour cent en terres boisées et en forêts et 15 pour cent en pâturage. LeDrSaunders,(lirecteur en chef des fermes expérimentales, s'exprime ainsi : le climat de l'Ile en été, est humide et frais. Il ne tombe pas plus que 35 à 40 pouces de pluie et de .^eige en tout. Le sol est gras et fertile. Les principaux produits de la ferme, jusqu'à récente date sont . 1 c^voine, le blé et les pommes de terre et une faible proportion d'orge et sarrasin. Les récoltes de nav^ets et de foin sont abondantes. L'élevage des bestiaux et des moutons va sans cesse en progressant. Les œufs sont en grande abondance. Depuis ces dernières années les fermiers de l'Ile se sont livrés à l'industrie laitière, avec beaucoup de succès. La superficie de la Nouvelle Ecusse est de 13,152,241 acres, dont 6,080,000 s 3nt peuplées, et 4,000,000 se composent de terres boisées et forêts ; 969, 54S acres sont en culture ; 994,113 acres en pâturage et 30,000 acres en vergers et en jardins. Les produits agricoles dans cette province sont l'avoine, les pommes de terre, l'orge, le sarrasin et le foin. Le commerce de bestiaux, moutons et porcs a. une grande expansion, et la prouluction annuelle du beurre et fromage a beaucoup augmenté depuis ces dernières années.
Depuis une époque récente, la culture des fruits s'est accrue d'une manière remarquable. Les vallées d'Annapolis et Cornwallis, grâce à leur climat et à leur situation, sont spécialement aptes à la croissance des gros fruits, et les espèces choisies de pommes, poires, prunes, cerises, y viennent en abondance. Dans ces vallées, on compte 450 milles carrés de terrains, éminemment propres à la culture des fruits. Ces dernières années, la récolte des pommes, pour l'exportation a été d'un demi million de barils
^ Le commerce de fromage et de beurre est augmenté considérablement ; le doublement du nombre de fromageries et beurreries, depuis dix-sept ans, le prouvent, à l'évidence. Le Nouveau-Brunswick, voisin la Nouvelle-Ecosse et l'Ile du
Prince-Edouard, a une superficie de 17,984,130 d'acres, sur lesquelles 4,471,250 sont utilisées, dont 1,018,704 en moissons, 479,609 en pâturages, 2,691,460 en terres à bois et 737 en vergers et jardins. La plupart des terrains sont riches et fertiles et, bien cultivés, ils donnent de fortes récoltes de grains. Le professeur Johnston, F.R S. d'Angleterre, a examiné avec soin, le sol du Nouveau-Brunswick. Voici ce qu'il en dit, dans son rapport : " lo Le sol du Nouveau-Brunswick peut sustenter une population de cinq à six millions d'habitants. 2o Au point de vue de la production des céréales, servant à l'alimentation des hommes et des bêtes, il est supérieur à celui des régions les plus fertiles de l'Etat de New-York, 3o Le climat est très sain, et très propre à la fertilisation du sol, de sorte que, toute proportion gardée, les produits agricoles ne sont pas inférieurs, en qualité et quantité, à ceux des terres moyennes en Angleterre, Dans ces dernières années, on a apporté une grande attention aux produits de la ferme. Depuis 17 ans les fromageries et beurreries ont augmenté, de 4 à 59, et ce développement s'est fait plus sensible depuis 5 à 6 ans.
La Province de Québec a une superficie de plus de 222,000,000 d'acres de terre, dont plus de la moitié consiste en forêts et en terres boisées. C'est un pays très pittoresque, avec ses chaînes de montagnes et ses collines, entrecoupés de rivières et de lacs. Le climat est très ^-arié, suivant les différentes parties de la province, mais la température d'hiver est invariable, et l'atmosphère est pur et vivifiant, sans compter une couche de neige sutfisante, procurant de bons chemins d'hiver. L'été est chaud et agréable, et la végétation pousse rapidement. Une grande partie du pays est en bon-^e condition pour la culture, le sol est gras et fertile. Les principales céréales récoltées sont l'avoine, le blé, les pois, le sarrasin, l'orge, le riz et le maïs. Les pommes de terre et les navets poussent en abondance. L'élevage des bestiaux, augmente sans cesse^ le nombre des vaches à lait, était de 35 pour cent plus considérable en 1891 (ju'en 1871, et depuis le recensement de 1891, cette auo'mentation a été encore plus sensible.
La récolte du tabac compte pour beaucoup dans la province. Les fruits viennent à point dans quelques-unes des localités les mieux favorisées, et il y a plusieurs bons vergers dans la vallée du St-Laurent, et nulle part ailleurs, la célèbre pomme " Fameuse " n'acquiert son degré de perfection conmie dans l'Ile de Montréal, où Ion cueille aussi plusieurs variétés de poires et de prunes, d'une grande saveur. Dans les Townships de l'Est, la culture des fruits se fait sur une grande échelle.
Dans Québec, comme dans les autres provinces, on s'est appliqué, depuis dix pns, cà perfectionner l'industrie laitière. Qué'oec avait, en 188], l-iO fromageries et 22 crémeries et en 1891, 617 fromageries et 111 crémeries. En 1898 le nombre des fromageries s'élevait à 1,192, crémeries 404<, beurreries. et fromageries réunies 307, formant un total de 1,903, donc une augmentation de 1,775 pendant la décade.
La superficie d'Ontario est de plus de 142,000,000 d'acres (220,000 milles carrés), dont 100,000 milles carrés se composent de forêts et de terrains boisés. Par le recensement, le nombre total des terres défrichées dans la province était de 14,156,000 acres, do!it 10,336,280 étaient sous culture, 3,461,- 620 en pâturages et 330,000 acres en jardins et vergers.
Ontario est reconnu pour la diversité de son climat ; les aspérités de l'hiver et la trop grande chaleur de l'été, sont tempérées par l'infiuence de ses grands lacs.
Voici quel fut le résultat de ses récoltes en 1898, d'après les statistiques : blé, 32,000,000 de minots ; avoine, 80,800,000 ; maïs, 23,400,000 ; pois, 13,500,000 ; orge, 12,660,000 ; pommes de terre, 14,400,000 ; navets, 647,000,000 ; betteraves à vaches, 21,900,000; carottes, 4,300,000. La récolte du foin et du trèfle fut de 4,400,000 de tonnes.
La Province d'Ontario est renommé pour la variété et la quantité de ses fruits. Les vergers,jardins et vignobles couvrent . une superficie de 335,000 acres d'après le dernier recensement. Il a été récolté 11,726,000 livres de raisin et 5,800,000 minots de pommes, pêches, poires, prunes et fruits de toutes sortes.
Depuis cette époque, la culture des fruits s'est encore -
considérablement développée. La récolte des pommes, en 1896, s'est élevée à 55,900,000 minots, et en 1897 l'on comptait 0,100,000 pommiers de 15 ans et plus, et 3,435,000 de moins de 15 ans.
Les vignobles couvraient une superficie de ^,000 acres en 1890, et de 11,100 acres en 1897.
Dans la péninsule de Niagara et sur les rives de .a partie ouest du lac Erié, les pêches viennent en abondance, et il a été planté près d'un demi million de pêchers.
Les tomates sont en abondance et les conserves de fruits et légumes.sont devenues une industrie consitlérable et payante.
Une attention toute spéciale a été donnée derLièrement à la culture du tabac, et avec un tel succès, que les rapports de 1898 accusent une augmentation de 10,500,000 livres, contre 314,000 livres en 1890.
Le nombre des bêtes à cornes, accuse aussi une augmentation ; les vaches à lait ont augm.enté en 1897 de 74,070 sur 940,236 en 1891. Les autres bêtes à cornes (à l'exclusion des bœufs), ont augmenté de 187,680 de 1,052,008 qu'elles étaient en 1891. Les porcs dépassent de 163,570, le chiffre de 1,121,- 391 en 1891, et les moutons de 678,580 oelui de 1,021,769.
Dans l'industrie laitière, le développement s'est aussi fort accentué. En 1871, la province avait 323 fromaq-eries et crémeries, contre z3 crémeries et 551 fromageries, soit un total de 574; en 1891, 45 crémeries et 893 fromageries, soit un total de 938; en 1899, 282 crémeries et 1,181 fromageries, soit un total de 1,463.
Mais ce que le nombre ne dit pas, c'est que les manufactures nouvellement établies, sont beaucoup plus spacieuses et bien mieux outillées, que leu»-s devancièies.
Sur la frontière ouest d'Ontario, est située la province de Manitoba, d'une superficie de 47 millions d'acres. C'est une surface plane couverte d'immenses prairies interceptées ça et là par de larges vallées, sillonnées de petites rivières et de ruis-
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seaux, dont les rivées sont plus ou moins bordées d'arbres. Les forêts et les terres à bois forment 40 pour cent, de cet immense territoire. La plus grande partie du sol est couverte, d'une couche épaisse d'humus, de la plus grande fertilité. La récolte du blé constitue la richesse principale de cette région ; la semence de 1,630.000 d'acres, en 1899, a rapporté 28,000,000 minots, d'après les rapports officiels. La semence de 575,000 acres d'avoine, a rapporté 22,500,000 minots et la récolte totale du grain au Manitoba, en 1899, a été de 51,000,000 minots.
La récolte des pommes de terre est considérable ; on s'occupe aussi de la culture du lin. Le climat du Manitoba est chaud, en été, et très froid, en hiver, mais l'air est sec et vivifiant. L'hiver commence vers la fin de novembre, et finit dans les derniei s jours de mars, avec quelques gelées de nuit, durant les semaines suivantes.
L'industrie du beurre et du fromasfe a augmenté considérablement, dans cette province. En 1881, nous n'avons pas de rapports sur le nombre des fromageries et crémeries. En 1891, les rapports donnent 8 crémeries et 23 fromageries, et, en 1898, 31 crêmei'ies et 35 fromageries. Ce chifii'e en dit plus long, que tout le reste, pui.squ'il constate une augmentation de trois cent pour cent, sur 1891.
Tout porte à croire que le Manitoba est destiné à devenir un grand centre, pour l'élevage des bestiau.K.
A l'Ouest du Manitoba se trouvent les quatre districts provisoires du Nord- Ouest Canadien. Assiniboine, a une superficie de 90,340 milles carrés ; Saskatchewan de 114,000 ; Alberta, 100,000, et Athabasca, de 251,300 milles carrés.
Ces grandes divisions qui s'étendent depuis la frontière ouest du Manitoba, jusqu'aux Montagnes Rocheuses, sont en partie traversées par des chemins de fer, qui ont ouvert le pays au défrichement. Une population comparativement minime est dispersée, sur cette immense étendue de plus de 350,000,000 d'acres, dont la plus grande partie est propre à l'agriculture. A l'heure qu'il est, près de 7,000,000 d'acres sont passées entre les mains des colons, et 1.000,000 sont converties en ranches.
Immenses plaines unies ou vallonnées, tel est. le caractère des Territoires, le long de leurs frontières méridionales. Un& vaste zone, au nord du 49 parallèle, s'étendant du 102 parallèle de longitude ouest, jusqu'au pied des Montagnes Rocheuses,, possède un climat sec, provenant des vents chauds du grand désert américain, qui soufflent dans la direction du Nord. Cette partie des Territoires contient, paraît-il, environ 50,000,- OCO d'acres. Le sol de cette région plus ou moins aride, est généralement très fertile, se composant en grande partie, d'une riche couche d'humus, entremêlée çà et là de lits de sable et de gravois. La pluie qui tombe annuellement, sur cette région aride varie, suivant les endroits, de 7 à 14 pouces, la. moyenne totale étant de 10.91 pouces ; cette pluie tombe, en mai, juin et juillet. Avec un peu plus d'eau, cette terre arrosée, par des moyens artificiels, serait d'un bon rendement agricole.
A la fin de la saison de 1898, Ton comptait 177 fossés d'irrigation et canaux en opération dans Alberta sud et Assiniboine ouest, d'une capacité suffisante, pour arroser- 103,000 acres:
Les résultats ont été des plus satisfaisants. Avec ce système d'irrigation, une grande partie de l'Alberta et de l'Assiniboine deviendra indubitablement de plus en plus fertile, chaque année.
A 125 ou 175 milles, au nord de la frontière internationale,, oii les courants d'air chaud cessent de faire sentir leur influence,. se trouvent d'immenses districts assez bien boisés et bien aiTosés ; le sol est prodigieusement riche et fertile, égalementpropre à la culture, l'élevage des animaux et l'industrie laitière. L'herbe à cet endroit, pousse naturellement, en plus grande abondance que dans les prairies plus au sud, tandis que les bosquets et massifs d'arbres interceptés de clairières tout en étant favorables à la culture, ofl"rent un abri protecteur pour le bétail. Le climat des Territoires, au nord de cette zone aride, ressemble à celui du Manitoba, et le printemps O'^mmence à Athabasca en même temps, qu'à la Rivière Rouge,
En 1881, dans les Territoires du Nord-Ouest, il n'y avait-
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ri crémeries ni fromageries. En 1891, elles étaient au nombre de sept. En 1898 ou comptait 19 crémeries et 13 fromageries.
Les pamphlets publiés par le Département de l'Intérieur à Ottawa, fournissent toutes les informations désirables, sur les Territoires du Nord-Ouest.
La Colombie Britannique, province du Dominion, bornée par l'Océan Pacifique, mesure 383,300 milles carrés. A l'ouest de la chaîne de la côte, le climat est tempéré et agréable, ressemblant beaucoup à celui de certaines parties de l'Angleterre ; le houx, le laurier, le rhododendron, toute la flore enfin y vient en pleine terre, sans compter les arbres fxuitiers, tels que : le pommier, poirier, prunier, cerisier et jusqu'au pécher en certains endroits.
Dans cette partie de la province entre la chaîne de la cote et les Montagnes Rocheuses, on rencontre de magnifiques vallées propres à la culture et à l'élevage du bétail. Cependant nombre d'entr 'elles ont besoin d'irrigation, vu l'absence de pluie suffisante, pour faire venir le grain à maturité. Plusieurs ruisseaux qui descendent des montagnes environnantes sont utilisés, dans ce sens, avec profit. Plusieurs de ces ranches ont produit de belles récoltes de grain et de fruits, entr'autres les pommes.