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L.V DESTINATION ET LE CHIFFRE DE l' EXPORTATION DES PoiSSONS

DU Canada en 1876 et 1898

Xo.M DU Pays.

Etats-Unis

Les Indes Occidentales Britanniques Les Indes Occidentales Espagnoles . .

Grande Bretao:ne

Amérique du Sud

La Gniane Anglaie

L'Italie ••

Haïti

Les Indes Occidentales Danoises

Le Portugal

La France

L'Australie

Madère

Gibraltar

Japon

Autres pays

Total

19,700 :ô. 2 II. 221

Afiu d'aider au développement de cette industrie, des mesures efficaces de protection ont été mises en vigueur, dans ces dernières années. Le gouvernement fédéral dépense annuellement 8150,000 à 8160,000 en primes, réparties entre les vaisseaux, bateaux et les hommes qui font le service des pêcheries. Cette politique a eu pour résultat d'augmenter le nombre des bateaux de pêche, et la construction de vaisseaux supérieurs et mieux équipés, pour cette fin.

En 1885, deux ans après l'inauguration de ce système, le nombre des employés dans l'industrie des pêcheries était de 59,493, le nombre de vaisseaux 1,177, d'un tonnage de 48,728 tonnes et d'une valeur de 82,021,633. Le nombre des bateauxpêcheurs était de 28,472, d'une valeur de 8852,257 ; le ni mbre de brasses de filets employés 3,014,384, et la valeur 81,219,284. La valetir totale des vaisseaux, bateaux, filets, rets, naces, trapes à homard, bâtisses à fumer et à conserver le poisson, bateaux et smacks à vapeur, en usage, dans les pêcheries, est de 86,697,459. En 1897, le nombre des hommes était de

79,059; vaisseaux, 1,18 i; tonnage, 40,679 ; bateaux, 37,693; nombre de brasses de tilets, 5,602,462, le montant total étant de 89,370,794 placé dans le matériel de pêche.

Le nombre des pêcheurs employés a augmenté d'un tiers. Le tonnage des vaisseaux a diminué d'un sixième, le nombre lui-même reste stationnaire. Le nombre des bateaux a augmenté d'un tiers, et la valeur du matériel de pêche a augmenté d'un peu plus d'un tiers.

Le nombre des pêcheurs, employés sur les vaisseaux, a diminué de 560 ; le nombre de ceux employés sur les bateauxpêcheurs a augmenté de 16,800.

Ceci prouve que l'augmentation a été tout en faveur des bateaux- pêcheurs.

Le gouvernement de la puissance a pris sur lui, d'inaugurer des établissements de pisciculture, au nombre de 15 actuellement répartis un peu partout. De ces établissements datant de 1874, on a distribué 2,428 millions d'alevins, — une moyenne annuelle de 93 millions. La distribution annuelle durant les cinq années 1894-98 a été en moyenne de 230 millions.

La distribution consistait principalement en alevins de poisson blanc, homard, saumon de l'Atlantique, truite des grands lacs et truite saumonée.

L'alevin distribué, en 1S98, consistait :

En Saumon 12,452,000

En Truite saumonnée 2,778,000

En poisson blanc des lacs 118,000,000

En Homards 100,0.0.000

Le Gouvernement a pris sur lui, d'établir et d'approvisionner les couches d'huîtres, et fait tout en son pouvoir, pour la préservation et le développement des pêcheries du Canada,

Industrie du Bois.

La troisième grande industrie, dont nous avons à nous occuper, est celle du bois.

Les forêts de l'est du Canada comprenaient autrefois presque toute cette étendue de terrain, à partir ue l'Océan

102 LE GUIDE CANADIEl^.

Atlantique, jusqu'à la tête du lac Supérieur, soit une distance de 2,000 milles.

Les grandes plaines du Nord-Ouest, ont toujours été, depuis, mémoire d'homme, çà et là, couvertes d'arbres. Mais sur le versant des Montagnes Rocheuses, jusqu'au littoral de l'océan Pacifique, on trouve des arbres géants qui peuvent être avantageusement comparés avec ceux d'aucun autre pays du globe.

Depuis la première prise de possession du pays par les Français, la richesse forestière des l'égions arrosées par le St- Laurent, a attiré l'attention du Gouvernement de la France, qui a de suite apprécié les avantages qu'il pouvait retirer de ces ressources considérables, pour ses chantiers de construction de navires. On a fabriqué nombre d'espars et de mâts du bois de ces forêts, et le gouvernement a mis en vigueur des règlements sévères, pour la préservation des arbres, entr'autres du chêne.

Lors de la cession du Canada à la Grande Bretagne, on avait d'abord prêté peu d'attention à l'approvisionnement considérable de bois qu'on pouvait tirer de ces forêts, parceque tout le commerce de la Baltique se faisait dans les eaux britanniques, et le bois du nord de l'Europe suffisait à la consommation d'alors. Cependant lorsque les troubles de l'ère Napoléonnienne commencèrent, et principalement lorsque le blocus continental eut été mis en vigueur, l'approvisionnement du bois devint incertain et insuffisant. C'est alors que les imj3ortateurs de bois de l'Angleterre ont porté leurs regards sur les colonies de l'Amérique Britannique du Nord, et ont trouve du coup non seulement le bois dont ils avaient besoin, mais encore de l'emploi pour tous les vaisseaux qui restaient inaciif dans les ports, faute de chargements. Et le résultat a été une augmentation dans la quantité de bois exporté, laquelle augmentation a été de 2,000 tonnes, en 1800, à 125,000 tonnes, en 1810 et à 308,000, en 1820.

Lorsque les droits de guerre imposés sur le bois de provenance européenne commencèrent à diminuer, il y eut à craindre que le Canada ne put pas continuer plus longtemps à

faire la concurrence sur les marchés anglais, à raison de la courte saison de navigation, du coût élevé du fret océanique, des taux de courtage et primes d'assurance, etc. Mais ces craintes n'avaient pas leur raison d'être, ainsi que l'on pourra en juger, par le tableau suivant :

1850 bois exporté dans !e Roj-aume-Uni 1 ,052,817 tonnes

Ces chiffres représentent des années de commerce dans son état normal ; car le commerce de bois comme tout autre commerce a ces périodes de dépression et de progrès.

Un fait à noter, dans les rapports, est la diminution coustante dans la quantité du bois équarri exporté en Angleterre, et la quantité croissante du bois scié et manufacturé.

Ainsi dans la première année de la Confédération, (1867), le bois équarri expédié du Canada formait 42 pour cent du bois équarri et ramufacturé exporté. En 1897, il n'était plus que de 15 pour cent, pour les deux espèces.

Ceci parle en faveur du propriétaire de limites à bois et ses employés, au Canada ; la plus grande somme de travail utilisée dans la manufacture y étant tout à la fois à l'avantage du capital et du travail.

Durant la première partie du siècle, l'exportation du bois de commerce du Canada se faisait uniquement avec le Royaume-Uni et les Indes Occidentales. Il s'est opéré cependant, un grand changement depuis ce temps-là.

Les pinières des Etats du nord est de la république voisine ont été dépeuplées de pins, et incapables de répondre aux exigences du commerce, dans ces états. De sorte que les ressources du Canada, sous ce rapport, ont été mise à une telle contribution, que les exportations aux Etats-Unis, durant la période de la Confédération, se chiffre dans les 350 millions de dollars, une moyenne de $11,300,000 p<ir année ; la moyenne des dix premières années, étant de $8,100,000, et celles des

dernières années $12,000,000 ; ceci ne prouve-t-il pas la confiance toujours croissante que l'on a dans les richesses forestières du Canada.

Le bois a été longtemps le principal article d'exportation du Canada, mais depuis le développement du pays, l'exportation des produits de la ferme a pris le premier rang.

L'exportation du bois comprenant les billots, le bois de construction et les autres produits forestiers, a été en 1868, de 818,000,000, et en 1898, de $26,050,000. Dans les mêmes années, les exportations des produits de la ferme ont augmenté de 819,700,000 à 877,400,000.

Bien que l'industrie du bois soit loin d'être comparativement ce qu'elle était autrefois, sous le rapport du commerce d'exportation du Canada, n'empêche pas que cette industrie contribue encore, pour une large part, aux revenus et à la prospérité du pays. A part les sommes considérables placées dans les limites de bois, le capital engagé dans les moulins à scie et les autres industries, dont le bois est en grande partie la matière première, s'élevait, d'après le recensement de 1891, à près de 8100,000,000, les salaires à plus de 830,000,000, et le produit annuel à près de cent vingt millions et demi de dollars.

Le nombre des employés dans ces diverses industries forme le chifire de 12,750 que nous donne le recensement de IbUL

La richesse forestière du Canada est immense. La consommation annuelle par tête, y compris les exportations, est de 300 pieds cubes. Pendant plusieurs années le flottage des billots de pin, sciés, en amont et en aval d'Ottawa, sur la rivière Ottawa, a été de près de quatres millions annuellement. L'année du recensement, la production des billots de pin, épinette et autres, fut de 33,538,000 mesure de planche, de 100 pieds chacun.

LE GUIDE CANADIEX. 105

En ajoutant les produits forestiers du Canada, tels que donnés dans le recensement de 1891, la valeur totale est de plus de 880,000,000, ou environ %\Q par tête, de la population.

Depuis le recensement il s'est fait pratiquement une révolution, dans Findustrie du bois, surtout dans la valeur relative de l'épinette. Le développement de l'industrie de la pulpe de bois a donné à l'épinette du Canada, une valeur, qui dépasse de beaucoup la valeur du pin, si l'on prend en considération l'immense étendue de terrain que couvre l'épinette.

Le capital placé dans les manufactures de pulpe, au Canada, en 1891, s'élevait à 82,800,000. En 1899, ce chiffre était monté à 815,000,000. La production totale, en 1891, était environ 81,000,000. Le rendement des manufactures, en 1899, était d'au-delà de 1,200 tonnes par jour.

Le Canada possède aussi une grande variété d'arbres de toutes sortes, tels que, pin, épinette, pruche, chêne, orme, érable, hêtre, merisier, ïioyer tendre, noyer, bois blanc, cerisier, etc.

La superficie des forêts et terres à bois du Canada, est de près de 88 pour cent, de toute l'étendue de son territoire ; elle est donc plus grande, que la superticie d'aucune des contrées de l'Europe, la superficie des forêts de la France n'étant que 18 pour cent, de sa superficie totale.

La Colombie Britannique passe pour posséder le pays le plus densement couvert de bois, du monde entier. Le littoral, vers le nord, jusqu'à l'Alaska, est fortement boisé; la chaîne des f oi'êts suit les sinuosités des rivières et des prairies et boise le versant des montagnes. La superficie des forêts est évaluée à 285,000 milles carrés et contient plusieurs sortes de bois. Le sapin Douglass est l'arbre géant, non-seulement de la Colombie Anglaise, mais de tout le Canada.

Sur les 340 espèces d'arbres que l'on trouve, sur le continent nord Américain, 123 poussent au Canada, dont 94, à l'est des Montagnes Rocheuses, et 29 sur les côtes du Pacifique.

Outre l'étendue des forêts de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick, du sud de Québec, et d'Ontario, du Manitoba et de la Colombie Anglaise, il y a encore la grande forêt septentrionale du Canada qui s'étend du détroit de Belle-

Isle, en contournant l'extréraité nord de la Baie Jamos, jusqu'à l'Alaska, sur un parcours d'environ 4,000 milles de longueur, sur 700 milles de largeur. De cette chaîne de forêts, voici, en quels termes, nous en parle le Docteur Robert Bell, assistant directeur de la Commission de Géologie : — " Cette vaste forêt offre partout les mêmes caractéristiques. Les arbres, en règle générale, sont petits, et ils se composent inmanquablement des neuf espèces suivantes ; l'épinette noire et blanche, le pin gris ou cyprès, l'épinette rouge, le sapin-baumier, le tremble, le pcuplier-baumier, le bouleau blanc, le cerisier, le cèdre blanc, le pin blanc et le pin rouge, le frêne noir est rare dans le sud de cette région."

Avec une étendue si considérable de forêts comme patrimoine, le peuple du Canada n'a pas cru devoir se préoccuper de la sylviculture, croj'ant que la nature est de taille à opposer ses forces à celles de la destruction. En conclusion, nous pouvons dire, que les forces respectives de ces deux adversaires sont aujourd'hui, à peu près égales.

Le Docteur Bell, ajoute :

" Le tronc des plus gros arbres reste généralement debout plusieurs années, après un grand feu de forêt. L'été suivant la conflagration, la terre noircie se trouve en partie couverte par la croissance de plantes herbacées telles que : groseilliers et bourgeons provenant des racines et des souches des arbres décidus qui ont gardé un reste de vitalité, à raison d'un nombre considérable de rejetons émergeant tout autour. Les bouquets de framboisiers sauvages qui viennent en abondance les premières années, surtout dans un terrain pierreux et silicieux, sont chargés de fruits. Ils ont poussé sur de vieilles racines se trouvant, en abondance, dans les épais fourrés, bien qu'invisibles et dépourvus de fruits. Dans 15 ou 20 ans, la terre est couverte de peupliers, merisiers et saules, etc., de trente pieds environ

de hauteur. Durant cet intervalle, les vieux troncs d'arbres de l'ancien brûlé, ont perdu presque toutes leurs branches, et les plus petites sont tombées. En regardant sous cette croissance, on apperçoit plusieurs rejetons conifères pleins de sèves couverts par des arbres désidus, d'une venue plus rapide. Au bout de cinquante ans les conifères, émergent partout de la tête, sous la forme de cône, dont la couleur foncée est d'un conti-aste frappant avec les juiances plus pâles des autres arbres. Dans leurs efforts, pour dépasser les arbres décidus, leurs troncs ne s'allongent que pour développer leurs branches, qu'à une grande hauteur. Dans cent ans, les peupliers meurent, puis tombent, et le bouleau blanc ayant atteint sa maturité, donne bientôt des signes de décrépitude. Cependant les vieux conifères dépassent de la taille tous les autres arbres et donnent à la forêt une apparence toute nouvelle. Les plus jeunes conifères de différents âges, poussés des graines tombées tous les ans, prennent la place des arbres disparus, et dans 150 ans, la forêt est devenue presqu'entièrement conifère, pour une seconde fois. Telle est l'évolution qui s'opère dans la transformation des arbres et qui va se perpétuant dans ces régions. Un tiers, peut-être, de toute cette vaste région se compose d'arbres de seconde venue, de moins de 50 ans, un autre tiers de 50 à 100 ans, le reste peut avoir 100 ans et plus."

L'industrie Minière.

La quatrième grande industrie dont il est question, à la page 89, sous le nom d'industrie extractive, est l'industrie minière. D'après le recensement, le nombre des employés dans les mines à l'exclusion des employés supérieurs et carriers, était en 1890, de 13,417.

Ce chiffre constitue une augmentation de 6,876, sur celui du recensement, de 1881, et dénote un grand développement, dans les industries n»inières du pays.

LE GUIDE CAXADIE^\

Voici comment se distribuent, par province, les ouvriers de mines :

Provinces.

Colombie Anglaise

Manitoba

Nouveau-Brunswick

Kouvelle-Ecosse

Ontario

Ile-du-Prince-Edouard

Québec

Territoires du Xord-Ouest

AUGMEX- TATION.

Total.

Le noTiibre des mineurs est une indication certaine des endroits du Dominion où le développement de l'industrie des mines a été le plus ou moins considérable.

La Colombie Britannique et la Nouvelle-Ecosse sont depuis des aimées les provinces minières par excellence de la Confédération ; plus de 76 pour cent des mineurs appartiennent à ces deux provinces.

La comparaison des chiffres fournis par les deux recensements, fait voir, cependant, que les autres provinces, avaient fait plus de progrès que les deux précédentes, puisqu'en 1S91 ils employaient 23i pour cent du nombre des mineurs, contre 15h pour cent en 1881.

Le développement de l'industrie des mines, depuis 1891, a été plus rapide que durant la décade précédente. L'exploitation est plus économique. L'administration est sous le contrôle d'hommes disposant de lumières et de procédés scientifiques plus parfaits, les résultats obtenus en sont la preuve. Ainsi, dans la Colombie Britannique, en 1888, la production du charbon donne une moj^enne de 339 tonnes par tête, en 1894, une moyenne de 370 par tête, et, en 1898, 500 tonnes par tête.

Les rapports annuels fournis à la Commission géologique, donne la statistique minérale du Canada, depuis 1886.

LE GUIDE CAXADIEX. 109

Le montant total, depuis IS^SG jusqu'à 1898 inclusivement, s'élève à $250,161,200.

On pourra juger de la moyenne du développement de la production minérale, par période de trois ans, repartie comme suit : —

1SS6-S8 Moyenne Annuelle $11,355,500

Le tableau suivant donne la valeur totale des produits métalliques et non métalliques :

Produits métalliques...

Produits non métalliques

Depuis 1880-8, produits métalliques,

gain 826,558,492

Depuis 1886-8, produit- nou-métal-

liques, gain 9,611,515

Ainsi la plus grande augmentation est dans la production des substances métalliques.

Parmi celles-ci, les plus importantes sont : le cuivre, dont l'augmentation de valeur a été de .^454,629 à 82,655,319 ; l'or de 81,202.563 à 821,0-50,000 ; le plomb de 812,230 à 81,206,399 ; le nickel de zéro à $2,067,840 et l'argent de 8317,932 à 81,834,371.

Dan^ le groupe des substances non métalliques, les plus grands gains ont été : charbon, de 85,000,000 cà 89,040,000 ; graphite, de zéro à 816,180 ; mica, de 829,677 à 8163,000 ; gaz naturel, de zéro à $387,271.

La richesse minière du Canada est telle qu'un auteur Américain a pu dire : "Il faudrait des volumes pour décrire, les ressources inexploitées de cette tci-re du nord."

110 LE GUIDE CAXADIEX.

Comme on pouvait s'y attendre, on regard de sa vaste étendue et de la diversité de ses formations géologiques; le Canada est merveilleusement riche en métaux et minéraUX^ les plus importants desquels, au point de vue économique, d'après les renseignements contenus dans le repport du service géologique, se repartissent, comme il suit :

o. Métaux et leurs minerais.

o. Minéraux employés dans certaines fabrications. 3o. " utilisés dans la culture.

4o. " usités comme colorants.

5o. Matières combustibles et carbonacées.

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