‹ Le Canada, son histoire, ses produits et ses resources naturellesChapitre 24 sur 29 · C.B. Pictou. Cumberrd · texte numérisé non relu

C.B. Pictou. Cumberrd

Eau 3.04 1.29 1.40

Combustible volatile 31.14 2.5.44 31.25

Carbone fixe 01.50 61.54 61.58

Cendre 4.32 10.25 5.76

A partir du Nouveau-Brunswick, allant vers l'ouest, on ne trouve plus de mines de charbon qu'arrivé au Manitoba.

Du Manitoba et des Territoires du Nord-Ouest, le Dr Georsfe M. Dawson, directeur de la Commission de Géologie, dit : " Les régions houillères et de lignite connues, pour leur qualité, longent la base des Montagnes Rocheuses, des frontières internationales, au voisinage de la rivière de la Paix — une distance de 150 milles, sur une largeur, en moyenne.

de 100 milles, donnant une superficie totale de 50,000 milles carrés.

Loin de nous l'idée d'affirmer que toute cette superficie se compose de charbon, mais les gisements à l'affleurement sont d'une occurrence si commune, que rapprochés de la nature et la régularité des strates, on peut avancer sans crainte de se tromper, que toute cette superficie constitue un immense terrain houiller. Une autre région qui s'étend vers l'est, jusqu'à la rivière Souris et les Montagnes de la Tortue, ne rapporte que des ligaites, mais qui sont parfois d'excellente qualité et propres à l'usage domestique ; cette région couvre une superficie d'environ 15,000 milles carrés."

La troisième région houillère du Canada est celle des Montagnes Rocheuses. Bien que ne couvrant pas une grande éteaJue superficielle, elle renferme beaucoup de houille de la meilleure qualité. Plusieurs veines d'antracite de qualité supérieure ont été trouvées. Le bassin des Cascades mesure un^i superficie de 60 milles carrés. L9"Crow's Nest Pass," quoique de peu d'étendue, est reconnu pour la richesse de sa houille. Les rapports pour la production du charbon dans les Teri'itoires, donnent pour l'année 1898, le cliifii'e de 456,000 tonnss, dont 20,000 tonnes d'antracite.

Li quatrième région est celle de la côte du Pacifique. L'Ile de Vancouver contient deux régions houillères, Nanaimo et Comox, mesurant, la première 200 et la seconde 300 milles carrés, en superficie. Les régions houillères de l'ile Charlotte ont une superficie, d'à peu près 800 milles carrés.

Au point de vue pratique, les houilles bitumineuses de l'Ile de Vancouver, sont supérieures à toutes les variétés de charbon de la côte du Pacifique, A. San Francisco, on les place au même rang, que les houilles de " West Hartlev-" Ces houilles, de si vaste étendue, de l'Ile de Vancouver, ont mérité à cette province le surnom de la Bretagne du Pacifique Nord.

La Colombie Britannique qui ne produisait, en 1874, que 10,000 tonnes de charbon, a vu le chifi're de sa production s'accroître en 1898, à 1,272,000 tonnes.

Dans le district de Comox, les gisements forment des

lits ou filons, d'une épaisseur totale de 29 pieds et trois pouces, le plus profond mesurant dix.

La qualité de la houille est démontrée par l'analyse suivante :

Cuisson lente. Cuisson rapide.

Eau 1.47 1.47

Combustible volatile 2S.19 32.69

Charbon fixe 64.05 59.55

Cendre 6.29 6.29

Asbeste. — Le minerai produit, en Canada, sous ce nom n'est pas précisément de l'asbeste, mais une forme de serpentine appelée chrysotite. Il forme des veines sur certains points de la zone de roche serpentine des townships de l'Est de la province de Québec.

Les parties soyeuses et fibreuses doivent être séparées do la roche, avec soin. Le produit de l'asbeste, en 1898, a été <de 23,785 tonnes, de la valeur de 8486,227.

Puis viennent ensuite, dans l'ordre que nous avons indiqué, les minéraux réfractaires que possède le Canada, savoir la plombagine, le mica, la pierre de savon, le grès.

La plombagine est un pur cristallin qui se rencontre partout, de même que les autres que nous avons mentionnés.

L'argile à brique, à potterie et à verre abondent. La chaux communs est abondante, de même que la chaux hydraulique, etc., etc.

Les minéraux propres à la mouture et le polissage se rencontrent dans toutes les provinces. Le coruudum a été trouvé récemment en grfinde quantité, et le Bureau des Mines d'Ontario, (statistiques de 1897) a publié un rapport de 40 à 50 pages sur ce siijet.

Le Canada possède, en abondance, comme minéraux propres à la construction, le granit qui ne le cède en rien au meilleur des autres pays. Les grès, de toutes sortes, sont eu grand nombre. Les collections de marbres, dans le musée de géologie, à Ottawa, sont en profusion. Les ardoises, les dalles, les pierres à lithographier, en abondance, sont d'excellente qualité.

122 LE GUIDE CAXADIEX.

Les agates, l'améthyste et le jaspe se rencontrent dans la région du lac Supérieur, et ailleurs, en Canada.

Le Canada possède un grand nombre de sources d'eau minérale ; une grande partie est embouteillée, et la Commission de Géologie constate, dans son rapport, que près d'un million de gallons sont ainsi mis en bouteilles, pour la consommation.

Manufactures.

L'Augmentation dans le nombre des établissements industriels, au Canada a été très considérable.

Lors de l'exposition de Paris en 1855, le Canada ne pouvait alors montrer à sou crédit, qu'un nombre de 28 à 80 établissements industriels, par tout le pays, tels que : moulins à scie, moulins à farine, moulins à carde, et fabrique de laine» distilleries, tanneries, brasseries et fonderies, et encore en petit nombre et de peu d'importance. Quant aux autres, ils étaient de moindre conséquence et moins nombreux encore. Tout ce que le pamphlet, de 1855, pouvait dire de mieux, c'est que la plus importante industrie du pays, consistait dans la construction des navires, donnait le site du principal chantier de construction, le nombre de navires construits dans la cité de Québec, savoir : 48 en 1853, évalués à 82,500,000. De la même source, nous apprenons encore que les mines de fer de la rivière St-Maurice employaient 300 hommes, qu'il y avait eu un progrès marqué dans le nombre des manufactures employant le fer et l'acier, comme base de leur industrie, tels que : locomotives, voitures, instruments tranchants et aratoires, etc., etc ; que les fabriques de coton étaient rares ; que les lainages étaient d'assez grande importance; que 1,631 moulins à scie produisaient 722,600,000 de pieds de bois, par année, et que les moulins à farine étaient au nombre de 1,200 avec un capital de 85,000,000.

Le chiffre total de la classe industrielle était d'un pou plus de 71,000.

En 1891, les 30 différentes manufactures de 1851, se chiffraient dans les 300, et la classe industrielle, dans les 370,000.

Le recensement de 1891, qui est le dernier, (le recensement se faisant tous les dix ans,) démontre que le nombre total des industries manufacturières et mécaniques a augmenté de 49,722 qu'il était en 1881, à 75,968 eu 1891, une augmentation de 53 pour cent ; que le capital placé a augmenté de 8164,958 000 à 8354,621,000, une augmentation de 115 pour cent, et que le chiffre de la production s'est élevé de 8309,- 700,000 à 8476,200,000. une différence de 53 pour cent, nonobstant une grande dépréciation, dans les prix, entre 1881 et 1891.

Comme il est naturel, pour un pays si densement boisé, comme le Canada, les industries manufacturières exploitant le bois, forment une large proportion du capital placé dans l'industrie manufacturière ; cette proportion est de 28 pour cent du total.

Le développement des établissements industriels concernant les aliments végétaux et animaux, a été naturel.

Le seul rapport de 1855, que nous ayons sur ce sujet, a trait aux moulins à farine, avec un capital de 85,000,()00. Les boulangeries étaient en petit nombre et éloignées les unes des autres, on faisait surtout usage du pain de ménage.

Il n'y avait pas alors de fromageries au Canada : on fabriquait bien peu de fromage pour la consommation domestique ; et d'après le recensement de 1851, le chiffre total de la production annuelle est de 4,182,000 livres.

Beaucoup du fromage employé dans la consommation, était alors importé des autres pays.

En 1891 le montant du capital placé, dans l'industrie manufacturière ayant pour base l'aliment végétal et animal, est de 842,700,000, les moulins de blé et à farine ayant augmenté d'au delà de 818,000,000 le chiffre de leur capital, depuis 1851.

Sous le rapport du fromage, la fromagerie est venue s'ajouter à la fabrication domestique et les deux réunies donnèrent en 1890, un total de 114,982.000 livres ou près de 30 fois le montant de 1851. Après avoir été un importateur de

fromage, le Canada est devenu, à son tour, le plus grand exportateur parmi les pays du monde, nos exportations de 1898 s étant chiffrées dans les 198,000,000 de livres.

Les industries de conserves, sont de création comparativement récente. Toutefois le capital placé dans cette industrie, en 1891, était d'environ 89,000,000 qui a considérablement augmenté depuis lors.

Dans l'imprimerie et la publication, la lithographie et fabrique de billets de banque et autres du même genre, le capital placé en 1891, s'élevait à $10,500,000 ; dans la carosserie, $11,000,000 ; dans les breuvages et stimulants, $27,500, 000 ; les brasseries, S8,533,000, et les rafineries de sucre, $6,000,000.

Le nombre des établissements pour la préparation des eaux gazeuses s'est accru considérablement, la valeur du produit annuel étant de près de $1,000,000. Dans l'industrie du tabac, le montant du capital placé était de $2,160,000.

Toutes les industries mentionnées dans le groupe du cuir, chaussures et harnais, se sont considérablement développées, le capital engagé, en 1891, s'élevant à près de $19,000,000.

Nos plus grandes villes et cités étaient depuis quelques années éclairées au gaz, lors de l'exposition de Paris, en 1855, cependant l'usage du gaz commençait seulement à se répandre. Tout naturellement l'électricité était encore inconnue. Le montant du capital placé dans les appareils d'éclairage, on 1891, était de 821,335,000, une augmentation durant la dernière décade, de 1881-91, de $13,500,000.

Dans les fabriques de tissus et de robes, le Canada ne comptait guère dans l'exposition de 1855. Depuis, un grand changement s'est opéré, pour le mieux, et en 1891, le capital mis dans ces deux branches, était de $43,100,000, dont $13,200,000, dans les fabriques de coton et $9,500,000 dans les fabriques de laine.

On peut juger, par ce qui précède, que le Canada d'aujour- <i'hui, en tant que pays manufacturier, n'est plus celui de 1855.

A tout prendre, le développement de notre industrie manufacturière et de mécanique à marché de pair, avec le développement de nos industries d'extraction et les ressources toujours croissantes du pays.

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