JOURNAUX
Que le Canada fût doté d'une presse à imprimer avant la. cession à l'Anf^leterre, en 1673, c'est possible. Dans tous les cas, on a dû la remporter en France, avant la prise de possession du Canada par les Anglais.
Halifax, capitale de la Nouvelle-Ecosse, possédait unepresse à imprimer, en 1752, et de là, date la première publication au Canada. Dans Québec, le premier journal date d& 1764-; au Nouveau-Brunswick de 1765; à l'Ile du Prince- Edouard, de 1791. Dans le Haut-Canada, (maintenant Ontario), la première publication remonte à 1793. Le premier journal fit son apparition, à la Colombie Britannique, en 1858; au Nord-Ouest, en 1859, et au Manitoba, en 1872. Les premiers journaux parus, en 1898, dans le Territoire du. Yukon, sont : le " Klondike Nugget," et le " Midnight Sun."
En 1855, il y avait au Canada, 100 journaux et publications périodiques, dont 30 dans le Bas Canada, et la balance, dans le reste du Dominion, la majeure partie dans Ontario.
Le recensement du Canada, en 1851, fixait le nombre desimprimeurs à 900 ; celui de 1891, à 6,550.
En 1885, le Canada comptait 646 journaux et publications périodiques, dont 71 quotidiens, 484 tri-hebdomadaires, bi-hebdomadaires et hebdomadaires ; 13 semi-mensuels et 73 mensuels.
En 1898, le chiffre total de toutes les publications en Canada, était de 1,219, dont 113 quotidiens ou plus, 855 semi et bi-hebdomadaires et hebdomadaires et 251 mensuelles et semi- mensuelles.
En 1885, il y avait 7 journaux publiés en allemand, 51 (dont 15 quotidiens,) en français, le reste en anglais.
En 1898, il y avait 98 journaux, (dont 8 quotidiens), en français, 9 en allemand, et un dans chacune des langues suivantes : gaélique, Scandinave et islandaise, etc., et 1 publié dans trois langues à la fois, savoir: le cris (Indien), le françaiset l'anfrlais.
LE GUIDE CÂXADIEX.
Par provinces, le nombre de publications quotidiennes «t périodiques est comme suit :
Ontario
Québec
]N aivelle Ecosse
IS'ouveau Brunswick ,
Wanitoba
Ile du Prince Edouard
Cl )loinbie Britannique
Territoires du Nord-Ouest.
Naturellement l'augmentation se fait plutôt sentir dans les nouv^elles provinces que dans les anciennes.
Les provinces de Québec et Ontario gardent à peu près leur position relative de 18S5 sous ce rapport.
Le nombre de journaux publiés dans la langue anglaise ■dans la province de Québec est de 104, savoir: 8 quotidiens, 54 hebdomadaires, 7 semi-hebdomadaires, 32 mensuels et 3 trimestriels. Les journaux français de la province de Québec, sont au nombre de 82, dont 8 quotidiens, 42 hebdomadaii-es, 5 semi-hebdomadaires, 24 mensuels et 3 semi-mensuels,
Ontario ne possède que trois journaux français. Nous av(-)ns la preuve de l'activité intellectuelle qui règne au Canada dans l'augmentation considérable des journaux traitant de sujets spécifiques. Les organes spéciaux ont aussi augmenté considérablement. En 1885, nous comptions 22 ordres de connaissance représentés par 44 journaux ; en 1898 ces branches scientifiques avaient plus que doublées et comptaient 338 journaux du genre traitant de l'industrie du papier, d'épicerie, d'horticulture, de l'élevage du bétail, l'exploitation des mines d'or et du charbon, de l'industrie laitière, de l'industrie des abeilles, et celle du fer, etc.
D'après le recensement de 1871, le nombre des ateliers d'imprimeurs était de 308, celui des employés 3,407, et le chiffre du capital placé était de 82,158.000. En 1881 l'on
comptait 394 ateliers, 5.811 employés et le montant du capital était de $4,291,136.
En 1891 les ateliers étaient au nombre de 589, les employés de 7,705 et le montant du capital placé était de 88,589,68(3.
Outre la publication des feuilles périodiques, beaucoup de li\res, etc., sont aus.si imprimés au Canada. Le nombre de droits d'auteur enregistrés donne une idée du mouvement intellectuel du pays ; ce nombre en 1868 était de 34 et en 1898 de 734. Parmi les livres imprimés avec droits d'auteur au Canada en l''*98, on compte 23 ouvrages historiques, 1.5 biographiques, 30 scientifiques, 6 sur l'économie politique, 33 sur le droit et la jurisprudence, 25 sur la théologie, 52 sur l'éducation, 11 sur les voyages, etc., et 34 romans et nouvelles. Ces ouvrages sont loin de donner une idée complète du goût littéraire du peuple canadien. La nouvelle loi sur les droits d'auteur ne permet-t-elle pas la concurrence aux livres étrangers en ce pays ? C'est pour cela que l'importation étrangère s'est élevée en 1899 à la somme de $750,000.