‹ Le Canada sous l'union, 1841-1867. -- (volume 2)Chapitre 9 sur 26 · RIR ED.AIUND H EAU · texte numérisé non relu

RIR ED.AIUND H EAU

.•ervi'O important et nii immense avantage. Une antre loi autorisait les mem])re8 du conseil législatif à élire leur présid'.^nt.

Un projet de loi, préparé par M. Cartier, concernait les bureaux cVeiiregistrement et les priri loges et hypothèques dans le Bas-Canada. Il reçut d'abord une grande opposition, surtout du côté des libéraux ; mais il lut reconnu bon plus tard, lorsque le gonyernement promulgua en 18b2, le tarif des honoraires, f|ue devaient recevoir les régistrateurs. La réduction des frais d'enregistrement fit dispa,raître une grande partie du mécontentement.

Une autre mesure de M. Cartier amendait les actes de l'administration de la justice dans le Bas-Canada, apportait des changements dans les clauses concernant Vhabeas corpus, et rejetait les dépenses des jurés et autres sur les fonds locaux (i). Les libéraux présentèrent plusieurs amendements à cette loi. M. Dorion proposa sans succès cjue la cour du banc de la reine n'accordât plus de permission d'apjoeler de ses décisions au conseil privé en Angleterre,

L'acte de la représentation fut amendé en ce c|ui concernait les villes de Québec, de Moiitréal et de Toronto. Les deux premières furent séparées en trois divisions électorales, et Toronto en deux. Ces changements furent bien accueillis, à l'exception de la subdivision de Montréal contre Incjuelle Cjuelques membres s'opposèrent.

(i) En 1S59, M. V\'.-C. Mercdith fut- fait juge de la cour d'appel, et ?1M. Andrew Stuart, Aimé LaFontaine, J.-A. B-rthelot et J.- (i. Thompson, juges de la cour supérieure du Bas-Canada. En 1860, MM. Antoine Pcjlelte et J.-T. Tasehereau, furent nommés juges puisnés de la cour supérieure, et M. Jacques Crémazie, recordzr de Québec.

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Deux niesuros commerciales, présentées par M. Galt, reçurent Tapprobation générale des membres, l^une établissait des ports d'entrée libre à G-aspé et à Sainte-Marie. Par ce dernier port, on voulait faciliter l'exploitation des mines du lac Supérieur, et attirer le commerce de la Ïlivière-Rouge vers le Canada ; par celui de Graspé, on voulait faciliter l'exploitation des pêcheries et faire de ce port un grand centre de commerce. Ces ports libres ne produisirent J^as de bons résultats, et furent supprimés en septembre 186G.

Le deuxième acte réduisait les droits sur les A'ins de trente à vingt pour cent, ceux de l'eaude-vie de cent à trente pour cent. Le gouvernement voulait par là favoriser les relations commerciales avec la France, et obtenir d'elle en retour une réduction sur les bois, les vaisseaux et les autres produits canadiens. C'est ce qui eut lieu en effet. Le gouvernement français diminua son taiif de manière que les produits canadiens fusseni admis en franchise ou avec des droits peu élevés. Les relations commerciales entre les deux pays augmentèrent. Depuis 18u2, on a construit chaque année des vaisseaux pour le compte des armateurs irançais et expédié plusieurs cargaisons de bois dans les ports de la France. D'un autre côté, il nous est venu chaque année des ports fiançais quelques navires chargés d'eau-de-vie, de vins, etc. Ce résultat était dû aux efforts de M. le Baron Grauldrée Boileau, consul français.

La législature passa encore un acte qui confirmait les arrangements faits par M. Gralt en Angleterre, relatils au fonds d'amortissement pour le

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rac-hal. de rompriint i>uraiiti ]y,iY le gouveriicniciit impérial.

Le« siil)sides furent le sujet de longues discussions, et furent fortement censurés par les libéraux. M. Brown j^roposa son amendement habituel, par lecjuel il blâmait le g'ouvernement d'avoir, sur sa seule responsabilité, dépensé plusieurs centaines de mille piastres. 11 voulut encore faire censurer l'achat fait par le gouvernement des bateaux à vapeur de M. Baby, au prix de $225,000, et condamner l'intention d'employer ces bateaux aux frais de la province. 11 s'opposa également aux subsides accordés aux institutions religieuses. Ces diverses motions furent rejetées par une grande majorité. M. Piché proposa d'interrompre les travaux des édifices publics il Outaouais, jusqu'à la fin des prochaines élections générales, vu que le peuple devait se prononcer alors sur la confédération des provinces. Cet amendement fut également repoussé. Parmi les diverses allocations, on remarque un item de $411,000 pour les canaux, les ]>hares et autres travaux sur le Saint-Laurent. La charnière d'assemblée pria le gouverneur de pourvoir aux dépenses nécessaires à la réception du Prince de Gralles.

Le subside annuel accordé à la compagnie des vapeurs océaniques de Montréal, fut porté de $216,000 à $416,000. En 1863, il fut diminué a l'ancien taux. Cette compagnie venait d'éprouver des pertes considérables par le naufrage de plusieurs de ses vapeurs ; et comme elle avait fait de grands sacrifices pour établir une ligne si utile au commerce, on trouva juste de la rénumérer de ses pertes. On pourvut, par la môme

loi, à l'extension de la ligne télégraphique de la Pointe-anx-Pères au Détroit de Belle-Lsle. La compagnie de MM. Allan, Iiae& Cie a augmenté p3U à peu le nombre de ses vaisseaux, qui se compose aujourd'hui de vingt-deux splendides vapeurs. C'est certainement une des lignes les plus belles et les plus prospères du monde entier.

Plusieurs autres lignes de vapeurs océaniques ont été établies : Dominion, Borrow Infern£ss,Beaver et London Temjjciiaij^i. Cette dernière existe depuis plusieurs années, mais les trois autres n'ont commencé qu'au printemps de 1872. On peut dire que le Canada n'a rien à envier aux autres pays quant à la facilité des communications avec l'Europe. Il en est de môme des communications intérieures. Plusieurs lignes magnifiques relient entre eux les principaux centres commerciaux de la Puissance. Nous mentionnons entre autres des Coui/ma^nies du RicJte/ieu et des Vapeurs du Golfe, qui sont des plus florissantes (i).

Le gouvernement se décida à abolir les péages sur les canaux canadiens, sous certaines conditions ; un ordre du conseil exécutif, en date du

(l) Ce fut en 1S45, 41''"'! Cc)nii);ilriote entie[iiL-nant, M. Siiicennes, CDiiij'ut l'idée première de la Coi)it>ngnie du Khlielicit. Elle fut formée \i\ï les habitants échelonnés sur la rivière Chaml>ly, et con truisit un premier bateau à vapeur, qui fit le trajet de cette rivière à Montréal, et peu après un deuxième appelé y,u<}itc's-CtirlicT. La comp^^nie reçut un fjiand encouragement et progressa beaucoup. En ro56, elle mit à flot les vai^eurs Victoria et S'apoléon, et commença le service régulier entre Québec et Montréal. Trois magnitu|Ues vapeurs appelés Qiic'lhr, Moit'.rcal et Canada, font aujourd'hui le tr.ijet entre les deux villes. {Li Patrie de 1S57.)

La Compagnie des Vapeurs de Qiiébee et des Forts du Golfe possède actuellement les vapeurs suivants : Secret, Miramic/ii, Georgia, Aliiainhra et Piéton. Ces vapeurs visitent les ]iorts de la Nouvelle- Ecosse, du Nouveau-15runs\vick, des isles du Prince-Edouard et de Terreneuve.

20 mai 1860, sortit dans ce but. Cette mesure n'eiit pas l'etfet d'attirer, autant que l'on s'y attendait, le commerce américain par la route du Saint-Laurent. Les libéraux s'y opposèrent, et rétablirent les droits, lorsqu'ils montèrent au pouvoir quelques années plus tard.

Plusieurs autres lois, non présentées par le ministère, furent encore adoptées. L'une d'elles, préparée par M. Growan, avait pour but d'empêcher les fraudes électorales ; une autre, présentée au conseil par Sir Etienne Taché, et par M. Cauchon à l'assemblée législative, incorparait les pilotes du Saint-Laurent, en bas de Québec.

Parmi les autres projets de loi soumis à la discussion des représentants, se trouve celui de M. Sicotte, qui donnait des moyens plus expéditifs de décider les élections contestées, en laissant cette décision aux tribunaux judiciaires ; un deuxième projet, présenté par M. Scott, d'Outaouais, amendait l'acte des écoles séparées du Haut-Canada ; un troisième, rédigé par M. Cauchon, fixait le taux de l'intérêt ; un quatrième abolissait la qualification exigée des membres de l'assemblée législative. Ces divers projets de loi furent abandonnés après de longues discussions. Au conseil législatif, M. Tessier soumit aussi une mesure destinée à activer le projet du chemin de fer intercolonial.

La question de la représentation fut encore discutée. M. Wallbridge proposa qu'elle fut repartie d'après le chiffre de la population. M. Dorion proposa un amendement par lequel il réi^udiait ce principe, tant que l'Union subsisterait. Il protesta contre l'accusation i)ortée contre lui par ses adversaires, savoir qu'il était en

faveur de la représentation en rapport avec le chiffre des habitants. Il n'y eut pas de vote sur la question.

Nous avons vu que les libéraux avaient attaqué plusieurs des mesures ministérielles, ainsi que quelques articles du budget, et que tous avaient été résolus en faveur du cabinet à de grandes majorités. Ils firent une attaque directe contre le ministère par un vote de nonconfiance, proposé par M. Foley. On prétendait que ce ministère ne possédait pas la confiance de la majorité des députés Haut-Canadiens, et qu'il nommait aux emplois publics, contrairement aux vœux de cette majorité. M. Foley accompagna sa motion d'un discours modéré, et plaida sa cause d'une manière très-habile. M. Sidney Smith répondit à M. Foley, lui demanda quel remède il désirait f)orter à l'état des choses. Puis il accusa le ministère Brown-Dorion d'avoir tenté de gouverner la province, lorsqu'il était en minorité dans le Bas-Canada.

M. Oui met proposa en amendement à la motion de censure de M. Foley, une motion directe de confiance dans l'administration. Il prononça à ce sujet un éloquent discours. On se plaignait, disait-il, de ce que la majorité du Bas-Canada soutenait un gouvernement c[ui n'avait pas la confiance du Haut-Canada. Pourquoi cette majorité abandonnerait-elle sa position avantageuse ? Quelle garantie aurait-elle que justice lui serait rendue par ropposition,si elle venait au pouvoir, lorscjue les chefs de cette opposition étaient reconnus pour être hostiles au princij)e de la double majorité ?

M. Laberge proposa un sous-amendement, par

lequel il déclarait " que la conduite de l'admiuistration, en gouvernant continuellement et systématiquement une section de la province en opposition aux vœux de cette section, mettait en grand danger le bien-être de la province."

M. John-S. McDonald avoLia que l'administration Brown-Dorion ne serait pas restée au pouvoir à moins de posséder la confiance des deux provinces. M. Dorion déclara également avoir dit à M. Brown, lors de la formation de ce ministère, cju'il donnerait sa démission s'il ne commandait pas une majorité dans le Bas-Canada. M. John-A. McDonald reprocha aux libéraux du Haut-Canada leur conduite agressive et intéressée; et la fit contraster avec la modération des déjratés du Bas-Canada. Il les ridiculisa sur l'insuccès de la convention de Toronto.

M. .Tolin-H. Cameron se rallia au ministère et lui accorda sa confiance. M. Langevin expliqua sa conduite politique, et vota aussi en faveur du cabinet, bien qu'il n'approuvât pas tous ses actes. M. Loranger suivit le même exemple. Ces députés abandonnèrent les animosités politiques et se rallièrent au ministère Cartier, plutôt que de donner les rênes du pouvoir à M. Brown, et de lui permettre de donner effet à ses doctrines injustes. M. Cauchon avait aussi abandonné l'opposition depuis que M. Brown avait déclaré que son programme consacrait le principe de l'inégalité représentative.

L'amendement de M. Ouimet fut adopté sur une division de soixante-dix contre quarantequatre. Celui de M. Laberge ne réunit que quarante-quatre députés.

M. Brown tenta de faire triompher les clian-

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gements constitutionnels, qui avaient été adoptés, en 1859, par la convention des clearfçrits, à Toronto. Il soumit à la considération des députés les résolutions suivantes, qu'un grand nombre de Haut-Canadiens avaient approuvées dans de nombreuses pétitions :

" Que l'union législative existante du Haut et du Bas-Canada n'a aucunement réalisé l'attente de ceux qui en ont été la cause ; qu'elle a eu pour résultat d'endetter considérablement le pays, d'augmenter les taxes, a été suivie de grands abus politiques et du mécontentement de tous les partis, et que cette assemblée est fermement convaincue, d'après les divisions provenant des différences d'origine, des intérêts ào. localité et d'autres causes, cj[ue l'union dans sa forme actuelle ne peut pas exister longtemps avec avantage pour le peuple.

" Que cette chambre est d'avis que le meilleur moyen de remédier aux maux qui existent dans le gouvernement canadien, serait de former deux gouvernements locaux ou plus, auxquels serait confié le contrôle de toutes les affaires locales ou sectionnelles, et de charger quelque autorité collective de l'administration des aflaires nécessairement communes à toutes les sections de la province. "

M. Brown, dans un long et habile discours, fit le procès de l'union ; il déclara qu'elle avait manqué son but, que tous les maux politiques dont on se plaignait découlait de la constitution, et que cet état avait été prévu par les hommes politiques de l'Angleterre. H déroula ensuite tous les prétendus griefs dont le Haut-Canada avait eu à souffrir sous la pression de l'autre

province. Le Haut-Canada n'avait pas le nombre de représentants auquel il avait droit, le tarif commercial qu'il subissait était injuste, les abus politiques étaient criants, etc. Si le Haut-Canada, dit-il en terminant, n'obtenait pas de changements constitutionnels, il devait alors avoir recovirs au parlement impérial pour les avoir.

M. Benjamin, dans un discours passionné, répondit à M. Brown, et se déclara favorable au maintien de la constitution. La population du Haut-Canada ne désirait pas de changements ; toutes les pétitions signées dans cette province ne méritaient guère qu'on s'en occupât, parce qu'elles avaient été signées à peu près sans examen.

M. McGree lit preuve d'une grande éloquence ; il se montra plutôt favorable à une confédération de toutes les provinces anglaises qu'à une simple union fédérale des deux Canadas. Il vota cependant pour le projet de M. Brown. M. Dorion donna aussi son appui au chef fleargrU, et se prononça en faveur de ses résolutions. M. John- S McDonald parla modérément contre le projet dont il s'était déjà déclaré l'adversaire, lors de la convention de Toronto. Il ne voulait plus subir le joug de M. Brown, ni porter la resjjonsabilité cîe ses actes.

La principale résolution, la deuxième, fut repoussée par un vote de soixante et quatorze (contre trente-deux. Elle fut approuvée par vingthuit membres du Hatit-Canada ; MM. Cameron, Connor, Foley, Merritt, McDougald, Howland et Mowat étaient du nombre. Vingt-cinq votèrent le maintien de l'Union ; la majorité aurait été' contre M. Brown si tous les membres eussent

été présents. MM. Dorion, Drummond, McGee et D.-E. Papineau furent les seuls membres de l'opposition du Bas-Canada qui restèrent fidèles à M. Brown, et votèrent ]:>our son projet constitutionnel. Les Bas-Canadiens repoussèrent presque unanimement les exigences des clear grils ; se voyant appuyés par un fort parti du Haut- Canada, ils préférèrent profiter encore des avantages qu'offrait la constitution plutôt que d'agiter de nouveaux changements.

M. Brown éprouva donc une défaite dans ses projets. Il put A'oir combien il lui fallait peu t'ompter sur les libéraux du Bas-Canada. Sa conduite lui avait aliéné la plupart de ces derniers, qui le reniaient pour leur chef ; il n'y eut que MM. Drummond, Dorion et McGee c^ui s'obstinèrent à marcher à sa suite. M. Brown iut abandonné de même de M. .Tohn-^!5aniield McDonald ; en outre, plusieurs de ses partisans, MM. Foley et Connor, membres influents du Haut- Canada, laissèrent percer leur mécontentement contre lui dans leurs discours en chambre. L'influence considérable que M. Brown avait exercée depuis 1854, se mit à décroître gTaduellement, jusc^u'à ce que ses i)rox:>res électeurs refusassent de lui confier un mandat en 1861. En effet, cet homme était impossible comme chef politique, et tant C[ue le parti libéral l'aurait eu pour chef, il n'aurait pu arriver au pouvoir. C'est pour s'être montré intolérant, c'est pour avoir renié ses engagements, et montré une haine implacable aux catholiques, que plusieurs de ses partisans l'abandonnèrent.

Il fallait à l'opposition, pour réussir, un chef plus modéré dans ses opinions et dans ses prin-

cipes. C'est ce qui faisait que la désunion régnait plus que jamais dans les rangs des libéraux, et que les chefs différaient d'opinion sur les principales questions politiques, celle de la constitution entre autres. Les uns tenaient à conserver encore M. Brown.pour chef; les autres le répudiaient ouvertement on indirectement. Il n'est pas étonnant que les députés du Bas-Canada aient refusé toute alliance avec les deargriis ; ceux-ci s'obstinaient jiour la j)lupart, à garder M. Brown i:)Our chef, et à admettre ses principes injustes. On a vu ces mêmes hommes demander l'abolition des écoles séparées, la suppression des institutions religieuses et de bienfaisance, refuser l'incorporation des sociétés religieuses, l'abolition des derniers vestiges de la tenure seigneuriale; tant qu'ils professeraient ces principes, ils ne ])ou valent s'attendre à une alliance avec les députés du Bas-Canada. C'est pour se venger de cette résistance, que les deargriis demandaient la représentation en rapport avec la population, et refusaient les écoles séx")arées.

Les Bas-Canadiens se reposaient sur le concours de la population anglaise, dans le Bas- Canada, et sur celui de la population modérée du Haut-Canada. Ils préféraient accorder leur confiance aux chefs du parti libéral-conservateur, MM. John-A McDonald, Ross, Morrison, etc. L'alliance politique qu'ils avaient contractée avec eux, avait offert jusque là plus de garantie et de sécurité. Il suffit de comparer la conduite des deux partis pour s'en convaincre. M. John-A. McDonald et ses collègues avaient secondé M. Cartier dans l'accomplissement des grandes réformes que ce dernier avait entreprises comme

seccesseur de M. LaFontaine. Ils s'étaient montrés libéraux, sans fanatisme contre les catholiques ; ils n'avaient pas décrié, comme les cleargrits, les institutions du Bas-Canada, et il les favorisaient, au contraire, de leur concours. Ils étaient favorables au maintien de l'Union et à l'égalité représentative, et se montraient disposés à favoriser également les deux provinces. Les conservateurs étaient donc les vrais libéraux, les héritiers de la politic^ue Baldwin et Hincks, tandis cjue les libéraux remplissaient le rôle des conservateurs de l'ancien régime. Il y avait encore entre les conservateurs des deux provinces plus d'vmion, et leurs chefs avait une politique commune dans les principales questions parlementaires.

Seulement, il était regrettable de voir M. John- A. McDonald avec une constante minorité dans sa province. Il nous semble qu'il aurait pu contracter une alliance avec cjuelques réformistes modérés, et obtenir par là la confiance de la majorité des représentants. Il se serait mis d'accord avec sa conduite de 1856, lorsqu'il avait donné sa démission, parce qu'il ne pouvait administrer les affaires avec le degré de vigueur nécessaire. M. McDonald était cependant encore le chef le plus populaire du Haut-Canada. Après la session on lui donna, dans x:)lusieurs endroits, des dîners officiels pour approuver sa conduite politique. C'est dans une de ces démonstrations, cju'il se montra attaché à l'Union, et qu'il se déclara déterminé à maintenir les écoles séparées, conduite approuvée de ses collègues, et qui lui acquit des catholiques un surcroit de sympathies.

La visite du Prince de G-alles au Canada fait

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époque dans les annales historiques. Ce fut au mois d'août 1860, que le fils aîné de la reine Victoria arriva da,ns la province. I/auguste visiteur était guidé par les avis du ministre des colonies, le duc de Tsewcastle. Après avoir parcouru les provinces maritimes, le Trince Royal entra, le 12 août, dans le bassin de Gaspé, où il fut reçu par Sir Edmund Ilead et les ministres canadiens, rendus là pour lui souhaiter la bienvenue (i). Le 18 le Prince débarqua à Québec, où il fut accueilli avec le plus grand enthousiasme. Le maire, M. Langevin, lui lut une adresse do. bienvenue. Pendant son court séjour, il y eut illumination, feux d'artifices, etc. Il tint un lever officiel, reçut plusieurs adresses, entre autres celles du conseil législatif et de l'assemblée législative, qui s'étaient réunis pour la circonstance, et créa chevaliers leurs présidents, MM. N.-F. Belleau et Henry Smith.

La population de Montréal montra le même enthousiasme pour le. Prince Royal, qui présida à l'inauguration du T'ont Vicforia, le but principal de son voyage, et assista à l'exposition des industries de la province. Le Prince lit une courte visite aux villes des Trois-EJvières, de Saint- Hyacinthe et de Sherbrooke, puis il se rendit à Outaouais, la nouvelle capitale, où il présida à la pose de la première pierre des édifices du parlement. Le passage du Prince dans le Bas-Cnnada ne fut partout qu'une marche triomphale ; la

(l) La suite du Prince se composait du duc de Ncwcastle, du comte Saint-Germain, du lord Stafford, du major-général Bruce, etc.

L'escadre royale se composait du //tw de 91 canons, de VAriadiie et du Flvins Fis h .

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'population l'accueillit avec la plus respectueuse fidélité, lui donna des fêtes dignes d'un hôte royal.

Le Prince x)arti d'Outaouais rentra dans le Haut-Canada, arrêtant un instant à Brockville avant d'aller à Kingston. Un incident regrettable l'empêcha de faire son entrée dans cette ville. La société orangiste avait résolu de sortir en corï)s avec ses insignes, et avait élevé des arcs de triomphe portant les emblèmes de la société. Les catholiques avaient protesté contre le projet des orangistes, et en avaient informé le duc de Newcastle. Ce dernier déclara que toute démonstration de ce genre devait être sui:)primée, et que si les orangistes ]iersistaient dans leur dessein, il aviserait le Prince de changer son itinéraire. On avait pareillement refusé de recevoir une adresse des francs-maçons. Le Prince attendit une journée pour leur donner le temps de changer leur dessein. Les orangistes voulant satisfaire leurs sentiments de rancune et de vanité, refusèrent de se rendre aux désirs du duc, et imposèrent leurs caprices à la majorité des citoyens, qui désiraient accueillir le Prince et lui montrer leur loyauté. Ils firent peser sur l'administration la conduite du duc de Newcastle à leur égard. Cette malheureuse afiaire souleva de nouvelles passions et créa de graves mécontentements.

La même chose se passa à Belleville, où les orangistes avaient préparé de semblables démonstrations. Le Prince continua sa route sans y débarquer, et arriva à Toronto. Les orangistes avaient promis de ne faire comme corps aucune démonstration ; quelques-uns d'entre eux insultèrent cependant le duc de Newcastle. La popu-

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lation fit au Prince iiiio brillante réception, et ces démonstrations se répétèrent à London, à Hamilton et dans les autres villes que le Prince visita. Ce dernier laissa le Canada après un séjour d'un peu plus d'un mois, et s'en retourna par les Etats-Unis qu'il parcourut inœgmlo.

Le prince Alfred, deuxième fils de la reine, visita le Canada l'année suivante, et reçut de la population les mêmes marques d'estime et de loyauté. Il suivit le même itinéraire que celui du prince de Galles. Un autre personnage distingué visita la même année (1860) le Canada : le prince de Joinville, descendant d'une race illustre. Ce prince, le troisième fils de l'ex-roi Louis- Philippe, évita soigneusement toute démonstration publicjue ; il excita cependant de vives sympathies parmi les Canadiens.

Ce fut aussi en 1860 cjue M. Rameau, l'auteur de La France aux Colonies, voulut visiter les lieux dont il aA^ait si bien parlé. M. Rameau a lait dans son excellent ouvrage des études consciencieuses sur les développements de la race française en Amérique, surtout sur les Canadiens et les Acadiens. Ce livre précieux, qui est répandu en France, a contribué beaucoup à faire connaître les Canadiens d'origine française.

Un autre prince français, le prince Napoléon, fils du prince Jérôme, et neveu de Napoléon 1er, fit aussi en 1861, un voyage au Canada, où il fut reçu partout avec le plus grand enthousiasme.

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