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la majorité de la représentation, oui, je voterai ponrrapplicatipn générale dece principe essentiel au gouvernement constitutionnel, la représentation proportionnelle à la population. Il n'y a aucun risque à ce que la différence de deux cent mille Ames, qu'il y avait en 1843, entre le Haut et le Bas-Canada, s'efface rapidement, pour que le procureur-général et le représentant de Saint- Maurice soient de leur vivant mis à l'épreuve, sur la manière dont ils auront à voter, dans l'évantualité d'un surplus de population dans le Haut-Canada. Loin de se décourager à la ^ne d'un accroissement beaucoup plus rapide de population dans un# section que dans l'autre, la seule conclusion raisonnable et patriotique qu'il en faut déduire, c'est qu'il n'y a pas un jour, une heure à perdre, mais qu'il iaut au plus vite demander le rappel de l'acte d'union."
Dans un autre endroit, M. Papineau dit que l'annexion est inévitable, que tout l'amène. Ce n'est pas la guerre qui y conduira, ce sont les négociations. Elle n'est plus qu'une question de temps, nullement un sujet de doute et d'incertitude. Dans cett» pré\ision, ceux-là seraient aveugles, qui imagineraient devoir ajourner jusque là la demande du rappel de l'Union. Il ne faut pas attendre que le fait soit accompli pour commencer à préparer le peuple à pouvoir se gouverner sous l'action de ses nouvelles destinées.
M. Papineau se plaignit de ce que le quorum de la chambre, fixé à vingt membres, n'était pas assez élevé, et il trouvait absurde la qualification des députés. Il n'y avait que le riche qui pût être envoyé au parlement ; un homme sans pro-
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priété, eût-il les plus grands talents, ne ponrait jouir du même droit. Aux Etats-Unis cette qualification n'existait pas. U blâma l'administration d'avoir placé deux de ses membres sur le banc des juges, quoiqu'il reconiiût leur capacité. Les juges doivent être pris hors de la chambre. Suivant lui, les canaux ne valaient rien, et les vaisseaux d'outre-mer ne monteraient jamais jusqu'aux lacs. Enfin, il déclara que le ministère tory, dont il avait pensé tant de mal, et le ministère libéral, dont il avait esi>éré tant de bien, avaient également trompé ses espérances.
M. La Fontaine se leva pour répondre à M. Fapdneau, et dans un discours vraiement éloquent il déclara qu'il s'était cru obligé d'accepter le pouvoir après les vives sollicitations de ses amis politiques. S'il avait alors commiiïune faute, ceux qui l'avaient supporté en étaient responsables autant que lui. " Toujours, dit-il, si cette faute a été heureuse pour quelqu'ui^ c'est pour le représentant du comté de Saint-Maurice (M. Fapineau). Mais loin d'avoir commis une faute, je crois avoir rempli un devoir. Tous auront la conviction que les intérêts du Canada, loin d'avoir été K>ulés aux pieds, sont sortis vainqueurs de la lutte. Un des heureux résultats qui en soient découlés, est le rétablissement de l'usage de la langue française en parlement. C'est une preuve que pendant que nous étions en minorité, nous ne perdions pas de vue la pensée de l'Union,
*' Quelles auraient été les conséquences de l'adoption du combat à outrance qu'on nous reproche de n'avoir pas adopté ? Si alora^ les représentants du Bas-Canada . s'étaient tenus
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isolés, au lieu d'accepter les offres quo leur donnaient le moyen de faire disparaître cette clause de proscription, les Canadiens n'auraient jamais pris part à l'administration; ils auraient été écrasés. Auriez-rous obtenu, avec ce système d'opposition à outrance, le rappel de cette clausi^ de l'acte d'union ? Non, vous n > l'auriez jamais obtenu, et mes compatriote:; scn'aient aujourd'hui
écrasés
" Si, en 1842, nous avions adopté le système de l'honorable membre, aurions-nous été dans une position à solliciter, à presser, comme nous l'avons fait, le retour au pays de nos compatriotes exilés ? Si nous n'avions pas accepté une placîe dans l'administration, en 1842, aurionsnous été dans une position à obtenir, pour l'honorable membre en particulier, la permission de rentrer dans sa patrie, permission, pour l'obtention de laquelle je n'ai pas hésité, pour vaincre des refus réitérés de la part de Sir Charles Metcalfe, d'offrir ma démission à des emplois largement rénumérés, que je possédais alors. Voilà cependant l'homme qui, obéissant à son ancienne habitude de déverser l'injure et l'outrage, ose en présence de ces faits, m'accuser, ainsi que mes collègues, de Ténalité, d'amour sordide des emplois, de servilité devant le pouvoir."
M. LaFontaine s'exprima ainsi au sujet des remarques de M. Papineausur la représentation : " Il (M. Papineau) trouve injuste la clause de l'acte d'union qui veut que l'une des proWnces ne puisse pas avoir un plus grand nombre de députés que l'autre. Je dis moi que la seule clause dans l'acte d'union qui puisse nous sauver, est
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celle qui dit qu'il faudra les deux-tiers de la chambre à la deuxième et à la troisième lecture d'un bill tendant à changer la représentation, pour le faire passer. Je déclare ici, que jamais je ne consentirai, quelque soit la population respective des deux provinces, à ce que le Haut-Canada ait une représentation plus forte que la nôtre, de même que je n'en désirerai jamais une plus forte pour le I>as-Canada. Je ne dirai pas moi. pour jeter de la poudre aux yeux du pays : " Périsse la patrie plutôt qu'un principe," (paroles qu'il attribuait i\ M. Papineau) je dirai au contraire : " Que je périsse moi, s'il le ikut, mais que ma patrie soit sauvée ! Voilà les convictions que le devoir m'inspire. "
Le premier ministre soutint qu'il n'avait pas marché à la remorque du Haut-Canada ; preuve, c'est qu'il avait obtenu le changement du siège du gouvernement, et par ce déplacement, ses amis du Haut-Canada en avaient souffert ; il en avait fait une question ministérielle. La coutume de choisir les juges parmi les membres de la législature était suivie en Angletepre : là, l'administration de la justice était respectée plus qu'ailleurs ; presque tous les juges avaient été membres, et des solliciteurs et procureurs-généraux avaient été pris parmi les juges. Il fit voir que le système de représentation aux Etats-Unis n'était pas uniquement basée sur le nombre des habitants. Les plus grands états n'avaient pas le droit d'envoyer plus de deux membres au sénat, les plus petits états avaient les mêmes privilèges ; là, un blanc avait une voix tandis que vingt noirs n'en avaient point. Il voyait que le but de M. Papineau était de faire passer la province
SOUS la domination des Américains, ou de lui faire adopter leurs institutions : c'était là le rêve de sa vie, son unique pensée.
M. La Terrière seconda Tamendement de M. Papineau, au sujet du rappel de TUnion. La constitution était, à son avis, plus que jamais nuisible aux intérêts du Bas-Canada.
M. Hincks fit un excellent discours en réponse à M. Papineau. Il dit que les canaux payaient déjà assez bien, et il espérait que dans la suite ils donneraient des reveus considérables. Comme les deux provinces avaient des coutumes et des lois différentes, ce serait, suivant lui, un malheur que l'une d'elles eût la prépondérance sur l'autre. Il était évident que bientôt la population du Haut-Canada excéderait celle du Bas-Canada ; il ne pouvait s'expliquer comment M. Papineau pouvait désirer un système qui mettrait les Bas- Canadiens sur un pied d'infériorité. Quant à lui, il ne consentirait jamais, pas plus que M. La Fontaine, à ce que le Haut-Canada, devînt-il supérieur en population à l'autre province, eût une plus forte représentation.
M. Christie chercha à démontrer que l'acte d'union, loin d'être une mesure hostile dirigée contre le Bas-Canada, était plutôt un acte bienfaisant, destiné à son bonheur. M. Boulton, de Norfolk, espérait voir le principe de la représentation répartie d'après le chiffre des habitants, dominer définitivement dans les colonies. Sir Allan McNab ne voulut pas proposer d'amendement à l'adresse. En Angleterre, on ne le faisait que dans des cas exceptionnels. Il se plaignit de ce que plusieurs Canadiens impliqués dans les troubles (le capitaine Morin entre autres) avaient
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reçu un emploi officiel. Il blâma aussi le ministère de refuser la publication de la correspondance concernant Tamnistie. Si cette correspondance feisait honneur au cabinet, pourquoi, disait-il, refusait-on de la mettre au jour? Le gouvernement fit observer qu'il lui était impossible de rendre publique une correspondance purement confidentielle.
M. Cauchon, démontra que le salut du Bas- Canada se trouvait dans la clause qui sanctionnait l'égalité de la représentation, et dans celle qui exigeait le concours des trois quarts des députés, pour apporter des changements dans la représentation. Il ne pouvait y avoir de garanties ni de sécurité pour les institutions et pour les lois de chaque province que dans cette égalité. Il ajouta que l'objet de M. Papineau, en attaquant le ministère, était de rendre le gouvernement impossible, et de pousser de nouveau ses (concitoyens dans la voie des luttes à outrance.
Telle était Topinion de plusieurs des hommes d'état canadiens sur les questions de l'Union et de la représentation. Mais les principes de MM. Papineau et La Fontaine fixèrent surtout l'attention publique. Tous deux étaient également chers à la population du Bas-Canada ; tous deux avaient un passé glorieux, et avaient servi leur pays avec honneur et patriotisme. On les voyait maintenant en opposition directe, avec des principes tout à fait diflerents, bien qu'on les crût, sans aucun doute, animés d'un même zèle pour le bonheur de leurs concitoyens. M. Papineau n'avait que des paroles de blâme à jeter sur la constitution et sur les hommes qui la régissaient : il voulait rappeler l'acte d'union, et imposer à sa patrie les
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idées démocratiques et le système du gouvernement américain. L'idée même d'annexion à la république voisine s'emparait de lui, et tôt ou tard le Canada finirait par cette voie ; il voulait déjà préparer le peuple à ce changement suivant lui inévitable. Mais ces opinions étaient trop nouvelles ix>ur trou ver d'écho dans la chambre. Comme il l'était arrivé à son parent, M. Vig^er, le vide se fit autour de l'ancien tribun populaire. Ses compatriotes, ses anciens amis restèrent sourds à sa voix. Sa parole, si puissante sous l'ancien régime, cette parole qui tonnait avec tant de force contre l'oppression des droits et des libertés des Canadiens, n'avait plus la même éloquence ; elle ne trouvait de sympathie que chez quelques adversaires des Franco-Canadiens. Les choses étaient changées. Avec la nouvelle constitution et la politique conciliatrice de l'Angleterre, le système d'opposition à outrance n'était plus possible ; la revendication complète de nos droits ne pouvait être l'efiet que d'une politique calme et modérée.
M. LaPontaine fut l'homme de la circonstance. Il avait compris la nouvelle constitution, avec le gouvernement responsable, comme si elle eût été une vieille institution. Il était persuadé que le Canada, au sortir des malheurs de 1837-38, et après les tempêtes tant de fois soulevées, pour la conquête du régime constitutionnel, au sein des chambres, avait besoin de calme et de repos pour discerner les réformes utiles à faire, et les entreprises nationales à réaliser. L'agitation était à son avis inopportune. Il avait donc accepté la constitution, tout en cherchant à Tamender à l'avantage de ses compatriotes. Il voulait obtenir,
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avec le concours de ses collègues, tous les avantages possibles du nouveau régime de gouvernement, qui avait commencé la regénération de ses compatriotes, les avait placés dans une position plus avantageuse, et avait déjoué les dessins pervers des ennemis de leur nationalité. Déjà cette conduite, approuvée par le Bas-Canada, avait eu de magnifiques résultats. On espérait qu'avec le temps, viendrait le redressement des autres griefs auxquels la constitution avait donné naissance.
Trois députés seulement appuyèrent M. Papineau dans ses amendements (x). Mais sur l'adoption de l'adresse elle-même, la division fut de 48 contre 18. MM. Papineau et Christie votèrent contre avec le parti conservateur.
La question de la représentation fut encore discutée, lorsque le premier ministre, M. LaFontaine présenta 'sa mesure de réforme électorale, qui portait à 75, au lieu de 42, le nombre de députés dans chaque section de la province. Lrt but de Tauteur était de diminuer Tinfluence des petites villes, en divisant les comtés populeux, et de faire en sorte que chaque localité fût, autant que possible, également représentée. Le projet était accompagné d'un tableau contenant le chiffre de la population, calculé d'après les derniers recensements. Ce calcul à peu près exact, donnait 45,000 âmes de plus au Bas-Canada qu'à l'autre section de la province.
Avant de voter le projet à sa seconde lecture, M. Chau veau proi>osa plusieurs résolutions. Elles
(l) MM. Christie, LaTerrière, Papineau et Prince votèrent pour le premier amendement, et MM. Boulton de Norfolk, Christie, Laurin et Papineau, pour le second.
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déclaraient qu'il était regrettable que les habitants du Bas-Canada n'eussent pas été consultés lors de la passation de Tacte d'union ; que cet acte contenait des clauses injustes, particulièrement celle qui fixait à un nombre égal la représentation de chaque section de laprovince; enfin elles concluaient qu'il était expédient de faire, aux frais du trésor public, un nouveau recensement dans le Bas-Canada.
M. Chauveau était d'opinion que la population du Bas-Canada était beaucoup plus considérable que ne le supposait le tableau accompagnant la mesure électorale. Avant de législater d'après des chiffres supposés, il fallait s'assurer des faits par un nouveau recensement. Il approuvait le I^rojet de loi ; mais il voulait, par ses résolutions, protester contre l'acte d'union ; on ne devait négliger aucune occasion de le faire, afin de conserver le droit d'en demander le rappel quand on le jugerait à propos. Il lui semblait bon de donner au Haut-Canada, l'occasion de repousser le principe de la représentation repartie d'après la population : car lorsqu'il aurait refusé de reconnaître ce princijio, le Bas-Canada serait plus fort cx>ntre lui.
M. Laurin seconda les résolutions de M. Chauveau. Il voulait que le nombre de députés fut proportionnel à la population de chaque province, pour forcer le Haut-Canada à demander le rappel de l'Union.
M. Papineau approuva aussi les résolutions, et repoussa le projet de la réforme électorale, parce qu'il consacrait la clause de l'acte d'union la plus injuste et la plus odieuse, c'est-à-dire l'égalité de la représentation. Il ne voulait d'injustice pour
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personne ; l'égalité de la représentation était mauvaise alors, pour le Bas-Canada, et le serait également dans la suite pour le Ilaut-Oanada, s'il venait, comme on le supposait, à dépasser la population de l'autre section. Il se déclara encore fortement pour le rappel de l'Union : les discussions orageuses qui avaient eu lieu, prouvaient que ni l'Union ni le gouvernement responsable ne pouvaient fonctionner. MM. Papineau et Laurin furent les seuls députés qui votèrent pour les résolutions de M. Chauveau.
M. LaFontaine fit observer que sa mesure, sans contenir de protestations formelles contre l'acte d'union, n'en renfermait pas non plus racceptation entière. Les clauses les plus vexatoires de la constitution étaient disparues ; il ne trouvait pas injuste celle qui proclamait l'égalité de la représentation ; au contraire, suivant lui, elle protégeait le Bas-Canada, et empêcherait le Haut- Canada de se faire une position de supériorité. Le premier ministre, entrant dans les détails de la mesure, démontra qu'elle rendait justice à la I)opulation anglaise ; elle renfermait à peu près les dispositions de l'acte de 1829, dont le pays avait été satisfait. Il ajouta qu'avec un peu de réflexion il était aisé de se convaincre que, dans un i>ays comme le Canada, la population ne pouvait être strictement la base de la représentation. Et alors, disait-il, pourquoi demander ce qu'on savait ne pouvoir obtenir ?
MM. Cauchon et Nelson firent chacun un discours remarquable en faveur du projet ministériel. Les conservateurs le regardèrent comme une question de parti, et votèrent contre à l'unanimité. M. Sherwood prétendit que la
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mesure avait pour but d'opprimer la population anglaise du Haut et du Bas-Canada, particulièrement cette dernière, qui se trouvait placée sous la domination de la race française. Le plan systématique du ministère, par l'acte d'amnistie, celui de l'indemnité et celui de la représentation, était de placer la population anglaise sous l'influence prépondérante des Franco - canadiens. Suivant M. Eobinson, rien ne prouvait la nécessité d'augmenter le chiflfre de la représentation ; on pouvait continuer encore quelques années sous le même système.
On sait que l'acte de l'union exigeait le vote des deux-tiers des représentants, c'est - à - dire cinquante-six voix, pour changer les divisions électorales, et le nombre des députés. Le projet ministériel fut rejeté faute d'une voix. M. Papineau avait dit que, s'il était la cinquante-sixième voix, il n'hésiterait pas à la donner contre la mesure. C'est ce qui eut lieu, en eflfet. Il fut le seul membre Canadien-Français qui s'opposât à ce que ses compatriotes fussent représentés d'une manière plus équitable, et retarda par là de trois années cette réforme importante. Le vote de M. Fapineau fut sévèrement condamné, et cela à bon droit, par tous ses concitoyens.
Le gouvernement présenta et fit passer une mesure pour amender et refondre les différentes lois d'élection. D'après la nouvelle loi, les registrateurs dans le Bas-Canada, et les shérifs dans le Haut-Canada étaient nommés officiers-rapporteurs, un bureau de votation était établi dans chaque paroisse ou canton, et la votation durait deux jours. Sans être parfaite dans toutes les dispositions, cet acte avait de grands avantages