‹ Le Canada sous l'Union, 1841-1867 (volume 4)Chapitre 3 sur 31 · MINISTÈRE DRAPER-OGDEN · texte numérisé non relu

MINISTÈRE DRAPER-OGDEN

Proclamation de l'Union. — Formation du ministère. — Elections. — Obsen-ations sur les représentants du peuple. — Conseil législatif.— Ouverture de la législature. — Débats sur la réponse au discours du trône. — Gouvernement responsable. — Elections contestées. — Sommes votées pour améliorations publiques. — Exilés politiques. — L'acte des écoles, lois criminelles, aotes des municipalités du Haut-Canada, etc. — Résultat de la session.— Mort de Lord Sydenham, jugement sur sa politique. — DiflBcultés internationales. — Chapitre de Montréal. — Monseigneur de Nancy et M. Vattemarre. — Décès des Canadiens remarquables.

Le 5 février 1841, l'Hon. M. Thompson, qui venait d'être nommé baron de Sydenham et de Toronto, lança une proclamation annonçant que l'union des provinces du Haut et du Bas-Canada serait en force le 10 du même mois. Il prêta serment ce jour-là, 10 février, comme gouverneur de la nouvelle province, entre les mains du juge en chef Sir James Stuart, à

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l'hôtel du gouvernement, à Montréal. Une salve de 19 coups de canons fat tirée pour la circonstance. Dans Taprès-midi, le gouverneur tint un lever, et les réjouissances se terminèrent par un bal à son château.

Le môme jour. Lord Sydenham publia une seconde proclamation, dans laquelle il annonçait que, conformément aux ordres de Sa Majesté, il prenait les rênes du gouvernement de la province-unie. Voici un extrait de cette proclamation, qui nous indiquera quels sentiments éprouvait le gouverneur à l'égard des habitants de chaque province :

<( Par l'acte impérial qui fixe l'Union, le gouvernement représentatif est rétabli (pour le Bas- Canada), et le contrôle du peuple sur ses propres affaires, qui est regardé comme le plus haut privilège des Anglais, lui est encore une fois rendu. L'acte qui pourvoit à cela, attache à cet octroi certaines conditions sur lesquelles la législature provinciale ne peut exercer aucune autorité, tandis ■qu'il laisse à l'arbitrage délinitif de la législature toutes questions autres que celles que le parlement impérial, dans sa sagesse, a cru essentiel de décider lui-même : la réunion législative, rétablissement d'une administration sûre et ferme du gouvernement, et le maintien des relations convenables entre la colonie et la métropole. On s'est étudié à tromper sur ce point les ignorants, et particulièrement quelques-uns de nos co-sujets d'origine française ; à représenter ces dispositions comme injustes, à les traiter comme susceptibles de changement ici, et à exciter une opposition qui ne pourrait qu'être aussi malfaisante qu'elle sera nécessairement inutile.

<( Je me flatte cependant que ces efforts seront infructueux, et j'en appelle à la loyauté et au bon sens des habitants du Bas-Canada, de quelque origine qu'ils soient, dans l'assurance qu'ils useront du pouvoir qui leur est maintenant remis entre les mains, de manière à justifier la confiance que notre souveraine et le parlement impérial ont reposée en eux, et à participer cordialement à un effort pour avancer les intérêts communs de la province- unie.

« Dans le Haut-Canada, le sentiment du peuple a été pleinement et librement exprimé par ses organes constitutionnels, sur la grande question de l'union elle-même, et sur les principes sur lesquels elle devait être basée. Ces principes ont été adoptés par le parlement impérial; et ce sera toujours pour moi un sujet de la plus grande satisfaction que mes humbles efforts aient aidé à l'accomplissement d'une mesure qui, comme je le crois fermement, assure à cette province (le Haut-Canada), pour laquelle j'éprouve des sentiments d'affection aussi bien que d'intérêts, des avantages qu'elle n'aurait pu autrement atteindre.

« Habitants de la province du Canada, puissiezvous dorénavant être unis de sentiments comme, de ce jour, vous l'êtes de nom ! Qui pourrait visiter, comme j'ai eu la bonne fortune de le faire, les régions étendues qui sont maintenant réunies sous une dénomination commune, et ne pas reconnaître les immenses ressources qu'elles présentent pour tout ce qui peut contribuer au bien-être et au bonheur de l'homme ? Faisant partie du puissant empire de l'Angleterre, protégés par ses armes, aidés de ses trésors, admis à tous les bénéfices du com-

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merce comme ses citoyens, la liberté voas est garantie par ses lois, et vos droits soutenus par la sympathie de ses habitants vos co-sujets ; aucun pays du monde ne jouit d'une meilleure position que celle du Canada.

« C'est à vous, ses habitants, de cultiver ces avantages, de profiter de l'ère nouvelle qui s'ouvre devant vous. Notre gracieuse souveraine et le peuple d'Angleterre attendent avec anxiété le résultat du grand changement qui vient de s'opérer aujourd'hui. Le premier vœu de la reine est de régner dans les cœurs de ses sujets, et de sentir qu'ils sont contents et qu'ils prospèrent sous son gouvernement doux et juste ; son parlement et son gouvernement, en vous conférant de nouvelles institutions, n'ont cherché que votre bonheur et votre avantage. En vos mains est maintenant votre sort ; et de la manière dont vous aurez profité de l'occasion dépend votre destinée. » (^)

Le 13 du même mois. Lord Sydenham organisa son ministère, qu'il composa d'abord de huit membres, et dont les chefs ou leaders étaient MM. Draper et Ogden, ci-devant procureurs-généraux dans leur province respective. Cinq des ministres appartenaient au Haut-Canada, et trois au Bas. Voici leurs noms :

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