‹ Le Canada sous l'Union, 1841-1867 [microforme] (volume 2)Chapitre 12 sur 33 · WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

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furent bien accueillies, surtout celle du Dr Meilleur, qui avait en tout temps montré un zèle éclairé pour la cause de l’éducation.

Une ciause de cet acte allouait, pour aider au soutien des écoles, une somme annuelle de cinquante mille louis, dont trente mille furent accordés au Bas-Canada, et vingt mille à la province supérieure. Pour avoir part à l’allocation, les habitants de chaque arrondissement étaient obligés de se mettre sous le contrôle des commissaires, et de contribuer pour une somme égale à l'octroi du gouvernement. Le système de cotisations déplut d'abord aux Canadiens. Ils avaient les taxes en horreur, et ils auraient préféré soutenir leurs écoles an moyen de contributions volontaires. (Cette difficulté retarda pendant quelque temps le progrès de l'instruction publique, et contraignit le gouvernement d'obliger les habitants à se cotiser, Ceux-ci reconnurent plus tard que c'était le moyen le plus propre e à propager l'éducation.

Le clergé catholique protesta d’abord contre le projet de loi, parce qu'il lui enlevait le controle qu'il aurait désiré conserver sur les écoles. Quelques modifications ayant été faites, :1 l’accepta cependant, faute d'une meilleure loi. Bien que cette mesure ne fût pas parfaite dans tous ses détails, elle était destinée à faire progresser la cause de l'éducation.

L’allocation donnée pour le soutien des écoles était très-libérale, Le ministère suivait une tout autre marche que l’ancien gouvernement du Bas-

Canada, qui avait adopté peu de mesures pour propag nr ‘éducation populaire. En 1801, avait été fondée l'Institution Royale dans le dessein

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d'anglilier la population primitive du pays; et chaque gouverneur reçut instruction de travailler à atteindre ce but imique. Cette institution fut repoussée presque partout. Dans sa plus orande prospérité, le nombre d'écoles placées sous sa direction atteignit à peine le chiffre de quarante. Pour y suppléet, le clergé ouvrit quelques rares écoles de campagnes. À plusieurs reprises, cependant, les représentants du peuple proposèrent des projets de loi d'éducation, mais ils furent rejetés les uns après les autres par le conseil législatif.

Dans la session de 1823-4, la législature passa 4 loi des écoles de fabriques, qui permettait aux

Canadiens d'appliquer jusqu'au quart du revenu des fabriques pour le soutien des classes dirigées par elles. Un certain nombre d'écoles furent établies d’après cet acte.

En 1829, le parlement passa la première loi œénérale d’ éducation. Elle fat révoquée et remplacée par une autre en 1831. Cette dernière expira en 1856. Mais, sous l'empire de ces diverses lois, l'éducation populaire fit peu de progrès, bien que dans les dernières années quelques sommes d'argent fussent accordées par la législature aux sociétés d'éducation des villes, à certains colléges et à l'institution royale. Voilà l'encouragement donné jusqu’en 1841 pour le développement de l'instruction élémentaire des Canadiens.

Mais, par bonheur, le clergé prit en main la cause de l'éducation de la jeunesse canadienne. Nous la domination française, elle avait été confiée principalement aux soins des Jésuites, qui possédaient un vaste collége à Québec (transformé

depuis de nombreuses années en casernes). Ce collége, après avoir rendu les plus grands services au pays, fut, iors de la conquê te, fermé aux iettres et aux sciences. Le gouvernement supprima l'ordre, et s'empara de ses biens, qu'il possédait encore en 1841. Les Récollets qui s'étaient un peu occupés de l'éducation élémen-

taire, laissèrent le C'anada à la conquête, pour

n'y plus revenir.

Jusqu'alors, le séminaire de Québec, fondé en 166% par Mor de Laval, d'heureuse mémoire, et celui de Saint-Sulpice, établi en 1677 par la compagnie de Montréal, s'étaient, conformément à leur constitution, exclusivement occupés à préparer des sujets pour le sanctuaire. Ils n’hésitèrent pas à faire les plus grands sacrifices, afin de continuer la belle œuvre commencée par les institutions qui venaient d’être supprimées. Ils modifièrent donc leurs règlements et établirent chacun un collége sur le même pied que celui des Jésuites. Beauc oup de Canadiens puisèrent dans ces deux institutions une éducation des plus soignées, et se préparèrent à jouer, sous la constitution de 1791, un rôle sinon brillant du moins utile, soit dans la politique, soit dans les professions libérales.

Plus tard, de 1804 à 1832, d’autres établissements, rivalisant de zèle avec ces derniers, furent fondés par de dignes et sincères amis de l'éducation, la plupart pauvres curés de la campagne : c'étaient les colléces de Nicolet, de Saint-Hyacinthe, de Sainte- Thérèse, de Chambly, de Sainte- Anne et de l’ Assomption.

L'éducation des jeunes filles avait été donnée par quelques communautés relisieuses. Le mo-

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