‹ Le Canada sous l'Union, 1841-1867 [microforme]Chapitre 15 sur 76 · EE 2 À À · texte numérisé non relu

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lions, édifices el propriétés des habitants, el par la saisie, le vol ou l'enlèvement de leurs biens et effets.

On sait qu'avant l'Union, le Haut-Canada avait passé une loi appropriant £40,000 à l'indemnité des pertes que ses habitants avaient subies pendant les troubles. Cette loi était demeurée sans exécution, parce que le trésor public était vide. Mais à la session de 1844-45, le ministère Viger-Draper avait passé une mesure pour la mettre à effet, et avait approprié le revenu des licences du Haut-Canada au paiement de cette somme. Les libéraux du Bas-Canada réclamèrent aussitôt la même faveur pour leur province: et avant de voter la mesure, la chambre adopta, à l'unanimité, une adresse au gouverneur, alin qu'il prit des mesures pour assurer au Bas-Canadiens une indemnité suffisante des pertes essuyées en 1837-38.

Conformément à cette adresse, le œouvernement nomma une commission chargée de classer, en des catégories différentes, ceux qui uvalent trempé dans la rébellion, et ceux qui n'y avaient pas pris part, d'indiquer la nature et la cause des pertes, etc. Les commissaires, dans leur rapport, constataient que les réclamations de toutes sortes se montaient à £250,000 ; mais ils étaient d'opinion qu'il faudrait au moins approprier €100,000 pour y faire droit. Le ministère LaFontame- Baldwin adopta, comme on le voit, la recommandation des commissaires nommés par l’administration précédente, et appuya sa mesme sur le même principe qui avait inspiré celle du Haut- Canada.

Les conservateurs avaient donc admis le principe de cette mesure d’indemnité, dans l'adresse

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votée nu gouverneur, et dans les instructions qu: leurs chefs, alors ministres, avaient données aux commissaires. Ils convenaient bien, commr les Hbéraux, que les personnes qui avaient souffert injustement, soit par la faute des troupes, soit par celle des révoltés, avaient droit à une indemnité; mais ils crurent trouver dans cette question un moyen dereprendre par l'agitation et la violence, l'influence qu'ils avaient perdu dans les dernières élections. Ils ravivèrent les anciennes haines contre les libéraux ; leurs organes propagèrent le mensonge, et excitèrent les passions populaires en affirmant que le ministère voulait récompenser les rebelles français, et punir par là les l/oyaux de leur dévouement à l'empire.

La question de l'indemnité souleva des orages difficiles à peindre. Ce fut une lutte acharnée entre les conservateurs et les libéraux ; ils se dévoilèrent mutnellement leurs intrigues et leur politique passées, et répétèrent l'histoire de l’insurrection, ses causes, les abominations qui l'avaient accompagnée. Ce fut un spectacle aussi curieux qu'émouvant de voir aux prises, dans l'arène politique, ceux que l'insurrection avait même conduits sur les champs de bataille : Sir Allan MeNab, le Dr Nelson, M. Papineau, les colonels Prince, Gugy, Holmes, ete.

M. KSherwood ouvrit les débats, en demandant que la considération de l'indemnité fut remise à dix jours plus tard, afin de donner aux Canadiens le temps d'exprimer leur opinion. Il s'étendit ensuite sur la question, et nia que dans le Haut-Canada et parmi la population anglaise du Bas-Canada, on püt trouver un parti politique

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