‹ Le Canada sous l'Union, 1841-1867 [microforme]Chapitre 19 sur 76 · CHEMIN DE FER.—CANAUX.—RETRAITE DE MM. LAFONTAINE ET BALDWIN · texte numérisé non relu

CHEMIN DE FER.—CANAUX.—RETRAITE DE MM. LAFONTAINE ET BALDWIN

Remaniements ministériels. — Sess'on de 1850, discussion de

l'adresse, motions de changements constitutionnels.- — Projet de réforme électorale perdu.— Discussion des Aéerzes di clergé. Allocation, réciprocité entre le Canada et les provinces maritimes, loi des écoles dans le Haut-Canada.— Réforme postale. —Exposition de 1851.—Incendies à Montréal.-—Eveénements religieux, premier concile provincial, nouveaux diocèses.—Canaux et autres améliorations navales.— Session de 1851.— Discussion sur la tenure scigneuriale.—Projet de la représentation, confédération des provinces.—Acte des écoles, des élections contestées, du recensement, de la primogeniture, etc.—Loi des chemins de fer, chemin intercolonial.—-Cour de chincellerie.— Retraite de M. Baldwin suivie de ceile de M. La Fontai deux grands hommes.

Plusieurs changements eurent lieu dans le ministère avant la convocation des chambres.

Au mois de novembre, M. L.-M. Viger donna sa démission, parce qu'il était opposé à la translation du siége du gouvernement à Toronto; et M. Caron se retira également du cabinet, tout en conservant son poste de président du conseil législatif. M. Taché, qui avait été jusqu'alors premier commissaire des travaux publics, remplaça M. Viger comme receveur-général. Le 1 décembre, M. Chabot fut nommé a nenite

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en chef des travaux publics, poste qu'il n’occupa que jusqu'à la fin du mois de mars suivant ; il fut remplacé par M. Merritt, président du conseil exécutif. Ces changements mettaient à la tête des travaux publics un homme d’une grande expérience, et dont les talents et l'énergie avaient été constamment mis au service de la prospérité matérielle de la province.

M. Malcolm Cameron donna aussi sa démission comme assistant commissaire des travaux publics : 1l avait réclamé le portefeuille de commissaire des terres, et s'était plaint de ce que son salaire n’était pas aussi élevé que les autres. Non ambition déplut à ses collègues qui refusèrent de se rendre à ses désirs ; il passa à l’oppostton comme chef du nouveau parti cleargrit.

la place de M. Cameron fut d'abord donnée à M. Wetenhall. Ce dernier, se voyant abandonné dans la lutte électorale par ses anciens amis, fut attaqué d’une aliénation mentale, et ne connut pas sa défaite ; 1l mourut quelque temps après à l'hospice des aliénés. Ce fut M. Joseph Bourret, ancien maire de Montréal et conseiller législatif, qui fut nommé assistant commissaire des travaux publics ; il remplit en même temps les fonctions de président du conseil exécutif. Enfin, M. Blake ayant été élevé au poste de premier chancellier du Haut-Canada, la place de solliciteur-général de cette province fut acceptée par M. John-$. McDonald, sans siége dans le cabinet.

Au mois de mai 1850, le ministère ne comptait plus que huit membres, MM. LaFontaine, Taché, Leslie et Bourret pour le Bas-Canada, et MM.

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128 LORD ELGIN. [1850 . Le session de 1850 (8e session du 3e parlement) fut ouverte à Toronto, le 14 maï(1). Le gouver. nement avait choisi cette ville pour capitale, conformément à l'adresse votée par la chambre d'assemblée, à la suite des excès commis par la population de Montréal, à la dernière session. L'arrivée du gouverneur au parlement fut saluée par des applaudissements frénétiques.

Dans le discours du trône, Lord Elgin meutionna le rétablissement du crédit de la province sur le marché anglais. Il suggéra l’idée d'établir la liberté de commerce entre le Canada et les provinces maritimes, de passer des règlements pour assurer un tarif postal uniforme et peu couteux, d'augmenter la représentation, d'adopter une loi du jury, etc. Il parla aussi de la nécessité où il s'était trouvé de sévir contre les annexionnistes.

L'adresse, proposée par M. Fergusson, fut le sujet d'interminables débats, et de discours sur des questions déjà discutées ou inutiles pour le moment. Près de deux semaines furent employées à des récriminations violentes, à des luttes persounelles, l'opposition ne cessant d'amener amendements sur amendements, dans le but d’embarrasser le ministère.

Le colonel Prince commença par demander l'abolition de la cour de chancellerie du Haut- Canada. La majorité des membres des deux sections de la province s'y opposa; elle voulait donner un temps d'épreuves à cette cour, qui

(1) Les nouveaux députés élus depuis la session de 1849, à part les ministres qui furent réélus, étaient MM. Louis Lacoste (Chambly), Peter Perry (York East), J.-S. Sanborn (Sherbrooke comte), C. Hopkins (Halton) et Dunbar Ross (Mégantic).

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avait été réorganisée à la session de 1849. Le colonel aborda ensuite le sujet de l’annexion, et proposa un amendement tendant à blämer le ministère d'avoir destitué les officiers de la milice et les magistrats signataires de l'adresse annexionniste. Il avait auparavant essayé de présenter une pétition de quelques Canadiens qui demandaient l'indépendance ; mais la chambre avait refusé de la recevoir, sept membres seulement avaient voté en sa faveur. Le colonel déclara que nulle menace ne l’'empêcherait d'agir librement comme sujet anglais. Tout homme, disait-il, est libre de pétitionnér sans être censuré, et ceux qui avaient signé l'adresse annexionniste avaient droit de le faire. Il ajouta que le gouvernement avait montré peu de magnanimité, en destituant les signataires des charges qu'ils occupaient.

M. Holmes parla en faveur de l’annexion, et dit que ses constituants la désiraient, si elle pouvait être obtenue avec le consentement du gouvernement anglais. MM. DeWit, Holmes, Papineau et quelques conservateurs, quatorze en tout, votèrent en faveur de l'amendement de M. Prince. M. DeWitt, ancien patriote, conservait de la mauvaise humeur contre le ministère, à “ause de sa conduite envers les annexionnistes.

M. Boulton, de Norfolk, engagea la chambre à “emander l'extension du principe électif au conseil législatif. Ce fut la première démarche faite dans ce sens depuis l'Union ; treize députés seulement se prononcèrent en sa faveur : MM.

Papineau, Malcolm Cameron, Christie, Prince, DeWitt et Holmes étaient de ce nombre. Les ministres déclarèrent qu’ils n'étaient pas prêts à dire, que rien ne pourra être fait dans la suite

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pour mettre le conseil sur un meilleur pied, L, temps n’était pas arrivé pour la discussion, et Je peuple devait être consulté sur ce sujet impor. tant. M. Merritt alla jusqu’à dire que si le peuple demandait un conseil électif, il l'aurait, M LaTerrière se prononça pour le conseil électif mais contre l'annexion aux Etats-Unis.

Un autre amendement du même M. Boulton demandait d'effectuer des réductions dans Jes dépenses du gouvernement ; il ne réunit que vingt membres. M. Malcolm Cameron parla des réserves du clergé, et reprocha au cabinet de n'en point faire une question ministérielle.

Comme dans la session précédente, M. Papi.

neau condamna les actes du ministère, et déploya dans ses attaques une grande acrimonie. || reprocha surtout aux ministres leur manque de fermeté lors de l'incendie du parlement, condamna les destitutions des annexionnistes, et vota pour tous les amendements, quoiqu'il ne les approuvât pas tous. Dans un de ses discours, il déclara qu'aucun de ses compatriotes, ses collègues, ne comprenait les questions sur lesquelles ils votaient tous aveuglement à la suite des ministres. M. Papineau fut le seul Canadien- Français qui se ligua avec les cunservateurs, et fit avec eux une guerre souvent peu loyale au ministère.

Sir Allan McNab, suivant son habitude, se montra d’une violence extrême envers les mi nistres, et leur donna souvent le titre de rebelles. Son but était d’exciter les passions, en rappelant des scènes désagréables. Mais il dégoûta plusieurs de ses amis, entre autres le colonel Gugy, qui se rangèrent au parti ministériel. Ce dernier

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