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L'intention de la majorité des membres était de convertir ces biens à l’éducation de toutes les sectes. Quelques libéraux avancés, M. Malcolm Cameron entre autres, auraient même voulu enlever aux églises et aux titulaires les revenus qu'ils recevaient, sans leur donner aucune compensation ; mais ils ne réussirent pas dans leurs vues injustes. D'un autre côté, les conservateurs proposèrent, sur motion de MM. Caley et John- À, McDonald, de conserver les appropriations qui existaient alors,, et de repartir les fonds en caisse et les revenus futurs entre l’église d’Ecosse, les méthodistes et les différentes sectes, les catholiques compris, qui n'avaient pas participé jusqu'alors à cette sourcede richesse. Seize députés seulement donnèrent leurs concours à cette motion.
La plupart des membres d’origine française, MM. LaFontaine, Cauchon, Chauveau, LaTerrière, etc., votèrent contre la résolution qui déclarait qu'aucune dénomination religieuse ne devait être considérée comme ayant des droits acquis aux revenus des réserves. M. La Fontaine était d'opinion que ces terres appartenaient également à toutes les sectes protestantes pour des fins religieuses. Il maintenait fermement que les dotations, créées par l’acte de 1791, devaient être sacrées, et qu'on pouvait régler la question de manière à ce que toutes les sectes religieuses eussent leur juste part. Le discours qu'il prononça fit une impression profonde, et fut considéré par la plus grande partie de la presse comme le discours le plus logique et le plus convainquant qui fût prononcé sur le sujet.
Les adversaires de la sécularisation des réserves
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1850] LORD ELGIN. 141 essayérent à gagner les députés catholiques en faveur de leur cause. Ils employèrent même les menaces, et dirent que si l’on prenait les réserves du clergé pour les employer à des usages séculiers, on pourrait également s'emparer des biens d'église possédés par les catholiques du Bas- Canada. Ils prétendaieut que les dotations faites à ces derniers n'étaient pas assises sur de meilleures bases que les réserves du clergé protestant. On leur répondit, avec raison, qu’il y avait une différence énorme entre les propriétés des catholiques et les réserves du clergé protestant. Les premières gvaient été données par des particuliers, et payées par les catholiques pour l’usage des panvrés et pour l'instruction religieuse, et elles avaient été en outre assurées par la foi des traités ; les réserves, au contraire, étaient un octroi venant de l’état, révocable d’après les termes de la loi, sous le contrôle du parlement.
L'adresse, proposée par M. Price, fut à la fin adoptée sur une division de 46 contre 28, Dixhuit députés du Haut-Canada l’approuvèrent de leur vote, et dix-sept se prononcèrent contre. Mais parmi ces derniers, plusieurs approuvèrent le principe de la sécularisation des réserves, tout en différant d'opinion sur certains détails; les députés du Bas-Canada en sanctionnèrent le principe, parce qu’ils voyaient que la majorité du Haut-Canada demandait depuis longtemps cette rélorme ; ils désiraient en outre faire cesser l’ag'itation créée à ce sujet dans cette province.
Le ministère de lord John Russel se montra disposé à agréer la demande des représentants du Canada, et reconnut qu’il n’appartenait qu’à k législature provinciale de régler ses affaires locales. Mais le ministère Derby, qui lui succéda
en 1852, refusa de présenter au parlement impt. rial une mesure qui permettrait au Canada de régler la question d’après les termes de l'adresse, Il douta que l’on püt détourner de sa destination les seuls fonds appliqués au soutien du culte divin ; et comme une élection générale eut lieg au Canada, en 1851, il déclara qu'il ne connais. sait pas les vues de la nouvelle représeutation. Ce ne fut qu'en 1854, comme nous le verrons plus loin que la sécularisation des réserves fui consommée.
L'assemblée législative, à la demande de M.
LaFontaine, s’occupa sérieusement de la tenure seigneuriale ; maïs elle ne vint encore à aucune décision sur ce sujet. Nous donnerons plus loin l'opinion des membres sur cette question si importante.
Parmi les scmmes affectées aux améliorations publiques, se trouvent Æ£90,017 pour le canal Welland, et £58,712 pour les cananx Beauharnois, Lachine et Chambly. Une somme de £15- 000 fut destinée à la construction d’une école normale dans le Haut-Canada, et une égale somme à l'achèvement de l'asile des aliénés à Toronto. Grâce à la sollicitude de M. LaTerrière, la législature vota £2,000 pour favoriser l’établissement d’une école de marine à Québec.
Cette école ouvrit ses cours en 1853, sous la direction de M. Kingston ; mais faute d’encuragement, elle tomba avant d'avoir accompli les résultats qu’on en attendait (1).
(1) Un: nouvelle école de Navigation vient d’être établie à Québec (1871), par M. Mitchell, ministre de la marine. Déjà plusieurs Canadiens ont obtenu des brevets de capitaine de navires On a vu avec plaisir la fondation de cette école, qui et deitinée à faire un grand bien.
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