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L'acte des écoles du Bas-Canada, passé en 1846. fut de nouveau amendé. Une des clauses nou:
velles permettait au gouverneur üe nommer un certain nombre d’inspecteurs d'écoles, qui allaient être d'un grand secours au surintendant ; car ce dernier, malgré sa bonne volonté, ne pouvait suffire à la surveillance des écoles qui augmentaient considérablement en nombre, aplanir toutes les difficultés, et faire face à l’opposi:ion que l’on suscitait à l'opération de Ja loi Nous devons remarquer, que les ennemis de l'éducation se portèrent, en 1850 surtout, à des désordres et même à des émeutes, notamment à Saint-Grégoire et à Saint-Michel d’Yamaska. La loi sévit sévèrement contre les émeutiers. Ceux-ci avaient été malheureusement conseillés par des démagogues, hommes sans principes, qui voulaient acquérir de la popularité, en conscillant au peuple de ne pas payer les cotisations. Cette sévérité eut un bon effet, et les quelques paroises encore rebelles au fonctionnement de la loi, firent dès lors leur soumission. Une autre clause pourvoyait à la création d’une école normale ; mais elle ne fut pas établie. Une nouvelle loi passée en 1856 pourvut à la fondation de trois écoles normales,
La législature pourvut par un acte, à ce qu'un recensement général et uniforme des deux Canadas füt fait en 1852, un deuxième en 1861, ct ensuite à tous les dix ans. Le recencement de 1851-52, fait d’après cette loi, porta à 1,842,20 âmes la population du Canada, et 890,265 au Bas-Canada. Le recensement de 1861 donna à la province le chiffre de 2,506,000 âmes.
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encore adoptées; celle de M. Hincks, qui chanseait les divisions territoriales, et celle qui abolissait la loi de primogéniture. Les libéraux considéraient comme injuste la loi de primogéniture, par laquelle lorsqu'un père mourait, tous ses biens passaient à l’ainé de ses fils. Ils désiraient depuis longtemps la changer de manière que, dans ce cas, tous les enfants eussent une part égale des biens paternels. Les conservateurs, au contraire, attachés aux vieilles institutions, la considéraient comme essentielle au bonheur du peuple. Cette réforme, due à M. Baldwin, fut bien vue par la grande majorité des Hauts-Canadiens.
L'administration n’hésita pas à adopter l’entreprise la plus gigantesque soumise jusqu'alors à la législature, en donnant l’appui et la respcnsabilité de la province à la construction d’un chemin de fer qui traverserait le Canada d’une extrémité à l’autre. Cette mesure rappelait l'acte de 1849, qui accordait la garantie. provinciale à tout chemin de soixante-quinze milles, et limitant cette protection à cette voie qu'on appelerait le Grand Tronc. Les chemins du Great Western, et de Montréal à Richmond, qui s'étaient prévalus des dispositions de l'acte de 1849, furent compris dans ce grand réseau, ainsi que celui de Québec à Richmond. Les travaux de ce dernier laurent commencés en 1852.
Le même acte pourvoyait à la construction du chemin intercolonial. Des négociations eurent lieu à Toronto, en 1851, avec les autres provinces, et l’on conclut un arrangement, par lequel on s’engageait à suivre le tracé du major Robinson. Le gouvernement impérial, par la
voix du comte Grey, avait promis une aide où la garantie impériale. Mais en 1852, Je ministère {lincks-Morin céda aux exigences du Nouveau-Brunswick, en changeant la ronte déji adopté pour celte de la vallée Saint-Jean. Lorsque M Hincks et les délégués des provinces maritimes se rendirent en Angleterre pour régler les matières de détail, et assurer la garantie impériale, le nouveau ministre des colonies, Sir John Pakington, refusa l’aide promise, parce que là nouvelle route n'offrait pas, sous le rapport militaire, les mêmes avantages que celle du major Robinson. M. Hincks laissa le chemin intercolonial, et s’entendit avec des capitalistes anglais pour la construction du Grand Tronc. On à accusé M. Hincks d’avoir négligé en dernier lieu l’entreprise du chemin intercolonial, et même d’avoir assuré son insuccès, parce qu'il portait plus d'intérêt au Grand Tronc. Cette belle entreprise, qui aurait été si utile à la province. et surtout au district de Québec, échoua pour plusieurs années. Plus tard, nous verrons le gouvernement canadien renouer, à divers:s reprises, les négociations ; mais le succès ne sera pas assuré avant l'avènement de la confédération.
Ce fut en 1851, que le Canada se trouva, pour la première fois, à communiquer avec les Etats- Unis par les voies ferrées. La ligne de Montréal à Saint-Jean fut continuée à Rouse’s Point, où elle fut réunie, à la fin de 1851, au chemin de fer central de Vermont, qui communique avec la ville de Boston. Le chemin du Saint-Laurent et de l’Atlantique, qui relie Montréal à Portland, fut aussi inauguré en 1853. Ces chemins don-
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nèrent pendant l'hiver un débouché aux produits canadiens, et augmentèrent considérabiement les rapports commerciaux. Au mois d'octobre 1851, eut lieu à Boston une fête splendide, le grand jubilé des chemins de fer, en présence du Président Fillmore et de Lord Elgin, entourés des dignitaires des Etats-Unis et du Canada ; on y <élébra l’union plus intime entre les deux
ays.
| ke législature fit disparaitre les aroits de tonnage imposés sur la navigation, pour l'entretien des phares, et pourvut à ce que les dépenses fussent à l'avenir défrayées avec les fonds provnciaux. Elle destina $166,00 à la construction de plusieurs jetées et phares dans le bas du lleuve, $40,000 à la construction de glissoires sur le Saint-Maurice, et une autre somme de $472.- 000 à la réparation des canaux. Comise on le voit, le Bas-Canada n'était pas oublié par l’administration LaFontaine-Baldwin.
Le 31 août, Lord Elgin vint clore la session, et félicita les chambres sur les mesures importantes qu’elles avaient passées. L’abolition de la loi de primogéniture, la nouvelle loi des chemins de fer, les actes concernant les élections contestées et le recensement, étaient les travaux les plus remarquables de la session de 1851.
Au milieu de la session, un vote très-regrettable causa la retraite de M. Baldwin du minietre. Depuis quelque temps, l'opinion publique s'était prononcée contre l'existence de la cour de chancellerie dans le Haut-Canada, parce que, Sans aucun doute, cette cour avait été mal admihistrée, dans les premières années qui suivirent on établissement. Le peuple désirait son aboli.