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On remarque plus que jamais l'inconstance politique des Hauts-Canadiens, en préférant MM. Brown, Mackenzie et Harimun à des hommes aussi intéressés et dévoués que MM. Baldwin et Price, auxquels ils devaient la liberté constitutionnelle et la législation heureuse du dernier parlement. “ Ces chefs comme le disait M. Brown lui-même, dans son adresse électorale, ont pendant presque vingt ans servi leur pays fidèle. ment; ils ont combattu le combat du peuple, et
Kamouraska,,,,,,,..,,,,,,,,. Jean-Charles Chapais UT NE PT ... George Browu.
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bien que nous puissions différer avec eux, et penser qu'ils vont trop vite ou trop lentement, celui qui nie qu'ils ont droit au respect et à la reconnaissance du parti, qu'ils ont défendu si longtemps et avec tant de succès, n'est pas un vrai réformiste.”
Près de la moitié des représentants étaient nouveaux dans la politique. MM. Young, Okill Stuart, Sicotte, Tessier, , re Chapais, Langton, Gamble et Crawford, se faisaient surtout remar-
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M. Scott étant mort eu après son élection, le comté des Deux-Montagnes choisit l’ifon, M, Papineau.
M. Hincks, élu dans les deux divisions de Niagara et d'Oxford, opta pour cette dernière, La ville de Niagara choisit M.J.-C. Morisson pour son représentant.
En 1853, M. T.-L, Terrill fut élu pour Stanstead, et M. Galt, pour la ville de Sherbrooke.
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quer ou par leurs talents, ou par leurs positions honorables. Les hommes distingués de chaque parti étaient nombreux, et en jetant un coup d'œil sur la liste des députés, on voit que les électeurs avaient été heureux dans leur choix.
Trois nouveaux conseillers législatifs furent nommés en 1852, M. N.-F. Belleau, maire de Québec, M. C. Wilson, maire de Montréal et M. Louis Panet.
Le quatrième parlement du Canada fut ouvert le 19 août 1852, à Québec, l’ancienne capitale de la province. Quinze années s'étaient écoulées depuis la dernière réunion des mandataires du peuple sur ce théâtre des anciennes luttes politiques.
Ce fut M. John-Sanfield McDonald, que l’assemblée législative choisit pour son président, par un vote de cinquante-cinq contre vingt-trois ; la minorité se composait en grande partie des conservateurs. M. McDonald, réformiste de talents distingués, avait été solliciteur-général sous l'administration LaFontaine, et avait rendu des services signalés à son parti, depuis son entrée en chambre en 1841.
Le discours du trône embrassait Les plus grandes questions politiques du jour: la tenure seigneuriale, les réserves du clergé, l’augmentation de la représentation, l’extention du suffrage, l’agriculture et la colonisation, enfin l’établissement d’une ligne de vapeurs ccéaniques.
L'adresse, proposée par M. Sicotte, donna aux députés l’occasion de discuter longuement la politique du ministère, et les questions mentionnées dans le discours officiel. Tous les paragraphes furent votés à l’unanimité, à part ceux des
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réserves du clergé et de la tenure seigneuriale. qui furent adoptés néanmoins à une majorité très-forte.
M. Hincks donna des explications sur la formation du ministère dont il était le chef, développa la politique financière de la province, et se prononça pour la sécularisation des réserves du clergé. Il voulait promouvoir toutes les réformes utiles, et suivre la voie du progrès ; il comptait sur l’appui de tous les libéraux pour les exécuter. M. Morin déclara qu'il aurait beaucoup préféré ne pas être appelé à faire partie du cabinet, et qu’il n’y avait consenti que par un profond sentiment du devoir. Après avoir rendu hommage au patriotisme des membres du ministère La Fontaine, il démontra la nécessité d’augmenter le nombre des représentants et de régler la question des réserves; mais aucune idée socialiste ne devait présider au règlement de cette dernière ; il ajouta que la chambre aurait encore à s'occuper de la reconstitution du conseil législatif, M. Papineau se déclara hostile au ministère Hincks-Morin, qui, semblable à l’administration précédente, disait-il, donnait le même exemple de corruption. Il contredit l’assertion lite dans le discours du trône, que la province était tranquille et prospère. MM. Chabot, Drummond, Cartier, Turcotte, Chauveau et autres, défendirent l'administration et sa politique.
M. Cauchon ne vota pas contre l'adresse, parce qu'elle ne contenait rien de contraire à ses principes ; mais il condamna l'alliance de MM. IHincks et Morin avec les cleargrits. Lors de la formation du ministère, on lui avait offert le poste d’assistant-secrétaire provincial ; n'ayant pas confiance
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dans la nouvelle administration, il l’avait refusé. Il était d'opinion que M. Hincks n'aurait pas dû s’allier aux cleargrits, qui professaient des idées démocratiques et socialistes, et qui montraient de la haïne contre les catholiques. Il accorda dès lors sa sympathie aux conservateurs, préférant leur alliance à celle des libéraux avancés.
M. Brown ne trouva pas satisfaisantes les explications données par M. Hincks sur la formation du ministère ; il condamna la conduite du prenier ministre, et il ridiculisa la position de M. Cameron. Il préférait, cependant, conserver le ministère du jour, que d’avoir une administration conservatrice. Cette déclaration ne l’empêcha pas, toutefois, de faire une guerre presque continuelle aux membres du cabinet, de concert avec M. Mackenzie et quelques autres cleargrits.
M. George Brown, natif d’Ecosse, était arrivé jeune au Canada, où il publia le Globe, journal qui prit une grande importance. Doué des plus grands talents et d’une forte énergie, amateur du travail, il acquit bientôt des connaissances variées, et se fit remarquer comme journaliste. Il prêcha d’alord l’alliance des réformistes avec les Français du Bas-Canada, et loua ces derniers de la consistance et de la fermeté de leurs principes. Enfin, il se montra l’ardent partisan de MM.
LaFontaine et Baldwin, et défendit leur politique avec le plus grand talent.
Après la retraite de M. Baldwin, en 1851, il abandonna ses anciens amis. Puis il commença sa célèbre croisade religieuse, et inscrivit surson nouveau programme—bpoint de distinction ecclésiastique, de corporations religieuses, d’allocations sectaires ni d'écoles séparées.—Ce déma-
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gogue passionné et ambitieux, qui avait jusqr'alors parlé des catholiques avec respect, ne cessa, depuis cette époque, de les injurier, et d'outrager leur clergé et leurs institutions. Il représenta les Français du Canada comme des hommes ignorants, haineux, se laissant conduire par leur clergé et conspirant la chute du protestantisme. Non journal, très en vogue dans le Haut-Canada, répandit ces mensonges, et le peuple y puisa son éducation politique. M.
Brown acquit une grande popularité au moyen de ce fanatisme religieux. Nous le verrons bientot s'emparer d’une nouvelle arme, la représentation repartie d’après la population, efin d’exciter les préjugés populaires et de dominer plus facilement sur le Bas-Canada.
Cette mémorable session fut divisée en deux parties, par un ajournement qui commença le 10 novembre 1852, et qui se prolongea jusqu’au 14 février suivant.
Les députés discutèrent encore d’une manière sérieuse la question des réserves du clergé. Ils votèrent, à une forte majorité, une adresse à la reine, dans laquelle ils réclamaient, d’une manière énergique, le droit de régler ia question suivant leurs désirs, et se plaignaient de ce que le gouvernement impérial avait refusé d'accéder à la demande de la législature et de le rappeler l’acte de 1840. Dans les débats, les ministres et la plupart des députés se déclarèrent favorables à la sécularisation des réserves.
Le ministère de lord Derby ayant, en 1853, lait place à celui de lord Aberdeen, ce dernier reconnut le droit qu'avait la législature coloniale de disposer des réserves du clergé. Le parlement
impérial autorisa, par uue loi, le parlement canadien à abolir ces réserves, à condition que les membres du clergé, qui recevaient des salaires provenants des revenus des terres réservé Os, CON: tinuassent à en jouir jusqu'à leur mort.
Le ministere Ilincks-Morin fit, en 1852. Jos premières démarches pour établir une ligne ré. eulière de vaisseaux à vapeur entre PAngleterre et le Canada. À sa recommandation, la lécisla. ture alloua une somme annuelle de £19,000 sterling, destinée au service des malles. Une compagnie anglaise, celle &e MM. McKean, McLarty & Cie. obtint le contrat, et commença le service au printemps de 1853 (1). Ce contrat ayant été annulé en 1855, le gouvernement en passa un autre avec la célèbre compagnie des vapeurs océaniques de Montréal, que les propriétaires, MM. Edmonstone, Allan & Cie., venaient de former. Le subside fut alors élevé à Æ£24,000, et lorsque plus tard, la compagnie rendit le service hebdomadaire, la subvention fut portée à £55,000 courant.
La législature s'occupa aussi des chemins de fer d’une manière très-active. C'était la grande qwestion du jour. Nous avons déjà dit, que la loi de 1851 Jlimitait la garantie de la province, pour la moitié du coût, à un chemin que traverserait toute la province, et qu’on appell erait le Grand Tronc. On limita cette ligne à la Rivièredu-Loup à l’est et à Sarnia à l'ouest. Dans les sessions de 1851, 1852 et 1853, les lignes de Québec à Richmond, de Québec à la Rivière-du- Loup et de Toronto à Montréal furent incorpo-
(1) Les samers employés à cette première ligne étaient le Cleopatra, le Genova, le Lady Eglinton, et le Sarah Sands.
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